Archives par étiquette : première oeuvre

Pourquoi pas moi ?

Lola MANSOUR, Ceinture blanche, Ker, 2018, 103 p., 12€ / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-242-6

L’auteure est une judokate belge ayant reçu de nombreuses médailles, notamment la médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse 2010 et au championnat d’Europe des moins de vingt ans en 2012. Pourtant, ce n’est pas une autobiographie qu’elle nous donne à lire, mais une fiction qui dévoile le parcours d’Anya, douze ans. Celle-ci cherche un but à sa vie et en trouve un : elle veut devenir une championne, pendant que ses copines rêvent de devenir princesses. D’où lui vient cette idée ? Pas de ses parents artistes, en tout cas. Mais peu importe. Anya est habitée par cette idée fixe. Le hic, c’est qu’elle ne sait pas dans quel sport briller. Continuer la lecture

Le pervers guette

Élodie WILBAUX, Le voisin de la cité Villène, M.E.O., 2018, 170 p., 16 €, ISBN : 978-2-8070-0168-8

Suffit-il d’une mention sur la couverture et d’un avertissement pour faire d’un témoignage un roman ?

Cette histoire est basée sur des faits réels. Par souci de confidentialité, les noms des personnes, lieux et dates ont été changés.

L’écriture attentive d’Élodie Wilbaux, entre reportage et procès-verbal, fait nettement pencher la balance vers le témoignage. À la fois celui des victimes, une bande de garçons de sept-huit ans pris dans la sordide confusion des sentiments orchestrés par un adulescent pédophile, et sa propre expérience : Continuer la lecture

La preuve vivante

Adeline DIEUDONNÉ, La vraie vie, L’Iconoclaste, 2018, 270 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978-2-37880-023-9

« À la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents, et celle des cadavres. »
Papa tire du gros gibier, dès qu’il peut. Ici et jusqu’en Himalaya. Cette « chambre des cadavres« , c’est celle où il dispose ses trophées. Il y a des têtes de sanglier, d’antilopes, de zèbres, même un lion entier. Et une hyène dans un coin. Prédateur, papa l’est aussi envers maman, bien sûr, et maman esquive la violence conjugale en se faisant la plus transparente, la plus molle possible, encaissant juste les coups. La narratrice et son petit frère Gilles vivent une relation fusionnelle. À l’aube de la puberté, ils dorment encore ensemble, se partagent tous leurs secrets et réenchantent leur quotidien en jouant dans une casse de voitures. De retour de l’école, lorsque c’est la saison, ils achètent quotidiennement une glace au marchand ambulant – avec supplément chantilly pour elle. On ne peut pas dire que ce soit une vie rêvée, mais au moins rien ne viendra s’interposer entre Gilles et elle. Rien, jusqu’à l’accident. Continuer la lecture

Confession éperdument amoureuse

Anne KAREN, Rouge encor du baiser de la reine, Quidam,  2018, 118 p., 14 €, ISBN : 978-2-3791-060-4

Étonnant, ce premier livre d’Anne Karen, qu’on n’ose appeler roman tant son atmosphère est poétique et son étrangeté féerique par endroits. Non seulement Rouge encor du baiser de la reine nous renvoie à Nerval, mais il nous transporte loin dans l’Histoire.

« Ces vingt feuilles auraient été écrites il y a presque dix siècles, en 1054 » nous annonce l’adresse au lecteur. Cet avant-propos est signé par un certain René Nanak, historien et professeur honoraire  à l’Université de Paris et membre de l’Institut d’histoire et de civilisation de Byzance au Collège de France. Ce savant chercheur fictif aurait retrouvé et publié un manuscrit palimpseste restituant un texte traduit du grec en l’attribuant à un inconnu, Nicétas, eunuque nain. Ce personnage est dévoué à l’impératrice Zoé Porphyrogenète et  il envoie ces écrits à son aimé Michel Psellos. Continuer la lecture

Instants de vie

Olivier ODAERT, Solitudes, Illustrations de Sylvain Delcourt, Academia, 2018, 121 p., 15 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978-2-8061-0381-9

odaert solitudesSolitudes. Un recueil de nouvelles brèves, saisissant des instants qui marquent notre vie, et que nous gardons secrets, cachés dans les plis du quotidien.

Ici, un homme assis depuis des heures sur un banc, dans un parc, immobile, silencieux, ne semble pas conscient de la présence à ses côtés d’un jeune garçon qui lui prend la main, cherche son regard perdu dans le lointain. Il se lève, s’en va marcher sans but dans les allées, revient, interroge doucement : « On y va, Papa ? », ne reçoit pas de réponse. Le soir tombe, le froid pince, les passants ont déserté le parc. Et le garçon part à son tour, après avoir une dernière fois posé contre sa joue une main désormais froide et rigide, et murmuré un bonsoir à l’accent d’adieu. (Papa) Continuer la lecture

Un premier roman belge prometteur

Adeline Dieudonné

Adeline Dieudonné

Alors que l’été commence à peine, le monde du livre s’est déjà mis à l’heure de la rentrée littéraire d’automne. C’est aussi le cas du jury du prix Stanislas. Alors que les livres ne seront disponibles en librairie que dans deux mois, les finalistes sont dès à présent connus. Parmi eux, un premier roman signé d’une auteure belge. Continuer la lecture

Contre toute attente

Un coup de cœur du Carnet

Étienne VERHASSELT, Les pas perdus, Tripode, 2018, 15€, 140 p., ISBN : 9782370551634

verhasselt les pas perdusAprès Emmanuel Régniez et son Notre château aussi raffiné qu’effarant, les éditions du Tripode accueillent à nouveau un auteur résidant en nos terres, pour notre plus grand plaisir. C’est avec un recueil d’une quarantaine de courtes et vives nouvelles qu’Étienne Verhasselt – licencié en psychologie clinique et travaillant dans une communauté thérapeutique – fait son entrée dans leur catalogue singulier. À noter également que ce sont Les Pas perdus qui ont été choisis pour leur opération annuelle Les 400 coups, qui voit vingt illustrateurs et sérigraphes – dont Mehdi Beneitez qui signe la couverture, ou Anna Boulanger, auteure du Haret québécois ou de L’absence – s’emparer de la matière du livre pour en extraire des estampes de leur cru.  Continuer la lecture