Archives par étiquette : Laura Delaye

Le Printemps Simenon : un festival qui ouvre des fenêtres

georges Simenon

Georges Simenon

Du 8 au 11 mars, la Cité Ardente a célébré les 120 ans de la nais­sance de Georges Simenon en lui con­sacrant un fes­ti­val, Le Print­emps Simenon, dont l’objectif était de faire décou­vrir ou redé­cou­vrir l’œuvre de l’auteur lié­geois, mais aus­si et surtout de mon­tr­er son actu­al­ité.

Expo­si­tions, col­lo­ques, ren­con­tres lit­téraires, rétro­spec­tives ciné­matographiques, prom­e­nades thé­ma­tiques et con­férences ont ain­si ani­mé la ville natale de l’écrivain pen­dant qua­tre jours. Un pro­gramme riche et var­ié, fruit d’une col­lab­o­ra­tion entre la ville de Liège, John Simenon et l’ULG (Benoit Denis, directeur du Fes­ti­val, est pro­fesseur de lit­téra­ture à l’ULG et directeur du Cen­tre d’études Georges Simenon), dont on épin­glera ici quelques moments forts. Con­tin­uer la lec­ture →

Écrire l’indicible, dit-elle

Nicole MALINCONI, Le mot ne dit pas tout, dia­logue avec Frédérique Dol­phi­jn, Esper­luète, coll. « Orbe », 2023, 64 p., 12 €, ISBN : 9782359841619

malinconi le mot ne dit pas toutHuitième opus de la col­lec­tion « Orbe », créée en 2017 par les édi­tions Esper­luète, Le mot ne dit pas tout résulte d’un dia­logue entre Frédérique Dol­phi­jn et Nicole Mal­in­coni. La méth­ode a fait ses preuves et ne change pas ici : Nicole Mal­in­coni se prête au jeu et pioche des petits papiers sur lesquels fig­urent des mots, choi­sis par son inter­locutrice, qui con­stitueront le point de départ d’une réflex­ion sur l’écriture. Le style est spon­tané, le tutoiement naturel et les silences traduisent les hési­ta­tions et les doutes.

Ce n’est pas racon­ter qui prime pour moi, explique l’autrice, ce serait plutôt le désir de dire « au présent », de laiss­er aller l’écriture au départ d’une sit­u­a­tion, d’un événe­ment, d’un réel… Con­tin­uer la lec­ture →

La littérature par le menu

COLLECTIF, La cui­sine de nos écrivains, Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200672

collectif la cuisine de nos écrivains“Il n’y a que les imbé­ciles qui ne soient pas gour­mands. On est gour­mand comme on est artiste, comme on est poète”.

Inci­tant le lecteur au péché de gour­man­dise, Yves Namur cite Guy de Mau­pas­sant dans son intro­duc­tion aux actes du col­loque con­sacré à La cui­sine de nos écrivains qui s’est tenu en octo­bre 2021, à l’occasion du cen­te­naire de l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique. La gour­man­dise est en effet de mise pour évo­quer un sujet d’une telle ampleur. C’est que les écrivains ne man­quent pas, qui ont fait de la nour­ri­t­ure un sujet à part entière  ou la métaphore de leur art, et du repas, le sub­til décor de leur roman ou le sym­bole de l’appartenance sociale de leurs per­son­nages. Et que l’on ne s’y trompe pas, les auteurs et autri­ces dont il est ques­tion ici, « nos écrivains », sont belges ou français. Ce sont les écrivains de notre pat­ri­moine lit­téraire, ceux qui ont façon­né (et façon­nent encore) notre imag­i­naire. La gour­man­dise, comme la lit­téra­ture, n’a pas de fron­tière. Con­tin­uer la lec­ture →

Polyphonie du combat

Un coup de cœur du Car­net

Lucas BELVAUX, Les tour­men­tés, Alma, 2022, 352 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑36279–608‑1

belvaux les tourmentésSol­dat, avant d’être légion­naire puis mer­ce­naire, Skender ren­tre trau­ma­tisé de toutes ces guer­res où il a tué et vu mourir. Impos­si­ble pour lui de repren­dre la vie tran­quille qu’il menait avec sa femme et ses enfants. Sa vio­lence fait peur, il doit quit­ter le domi­cile con­ju­gal. Pour aller où ? Chez sa mère, les reproches sont sans fin. La haine est trop grande.  

Sans emploi ni mai­son. Sans rai­son d’être. Sans ver­gogne. Il erre dans les bois autour de la ville jusqu’à ce que Max le retrou­ve. Con­tin­uer la lec­ture →

Déambulations mémorielles

Un coup de cœur du Car­net

Isabelle SPAAK, Des monts et mer­veilles, Équa­teurs, 2022, 267 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑38284–062‑7

spaak des monts et merveilles« Chas­seur de baleines et chimères, éleveur de renards, tra­duc­teur de nuages, querelleur poly­glotte, clown pour tous les âges, écrivain du dimanche, éru­dit, poète, Michel est aus­si un épis­toli­er infati­ga­ble ». Sa dis­pari­tion, en 2019, plonge sa demi-sœur, Isabelle Spaak, dans un pro­fond cha­grin. Très vite, les sou­venirs se bous­cu­lent, dis­parates, frag­men­taires, soumis par­fois aux défail­lances de la mémoire. Il y a les vacances d’été sur l’Île de Ré dont les pho­tos en kodachrome pris­es par la mère recon­stituent l’heureux film, les cris et blessures d’enfant que seul Michel sem­ble pou­voir apais­er puis les let­tres échangées, innom­brables. Con­tin­uer la lec­ture →

Passion posthume

André VERSAILLE, Armande ou le cha­grin de Molière, Press­es de la cité, 2022, 366 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑258–20011‑1

versaille armande ou le chagrin de molièreDix-sept févri­er 1699. Voilà vingt-six ans que Jean-Bap­tiste Poquelin, dit Molière, a quit­té Armande Béjart. Seule la mort sem­ble être par­v­enue à sépar­er le cou­ple qu’ils ont for­mé durant de longues années. Leur mariage fut briève­ment heureux, le temps que la jeune femme demeure admi­ra­tive du dra­maturge à la notoriété gran­dis­sante. Dev­enue comé­di­enne pour incar­n­er ses per­son­nages et mère pour répon­dre à ses désirs, elle s’éloigne peu à peu de l’auteur lorsqu’elle réalise qu’elle veut égaler sa célébrité par ses inter­pré­ta­tions. Elle se met en quête de recon­nais­sance dans ses rôles comme dans ses rela­tions extra­con­ju­gales. Ils font alors sem­blant. Molière l’aime et est pro­fondé­ment attaché à elle, il refusera de la quit­ter. Et ce n’est que quelque temps après la mort de Madeleine, sa pro­pre mère mais aus­si la pre­mière femme de son époux, qu’Armande réalis­era à quel point elle tient à celui qui l’a façon­née sans jamais cess­er de l’aimer. Con­tin­uer la lec­ture →

Des chats, des souris et des hommes

Anne RICHTER, La four­mi a fait le coup, Sam­sa, 2021, 20 €, ISBN : 9782875933645

richter la fourmi a fait le coupAnne Richter a quinze ans lorsqu’elle rédi­ge les dix-sept con­tes rassem­blés dans le recueil, La four­mi a fait le coup, réédité aujourd’hui par Sam­sa.

Et si le titre peut paraître enfan­tin, que l’on ne s’y trompe pas, l’écriture et les sujets traités témoignent de la grande matu­rité de l’autrice en devenir. Dans ce pre­mier ouvrage annon­ci­a­teur du réal­isme mag­ique qui imprégn­era plus tard l’ensemble de son œuvre, les ani­maux et les insectes se met­tent à par­ler et les objets à s’animer parce qu’ils ont des choses à dire et à faire com­pren­dre aux humains qui les chas­sent, les utilisent, les ignorent ou les délais­sent. Con­tin­uer la lec­ture →

Contre vents et marées

Do LEVY DEWIND, Amar­res, Sablon, 2021, 15 €, ISBN : 9782931112199

dewind amarresIl est marin pêcheur, c’est ce qu’il voulait faire depuis tout petit. La vio­lence des flots, les tem­pêtes, la lutte pour maîtris­er l’immaîtrisable, il en a besoin.

Elle, douce, légère et solaire, passe son temps à l’attendre et se demande sou­vent s’il revien­dra lorsqu’il l’abandonne au petit matin.

Lui, c’est Hel­mut, un prénom alle­mand qui ne plai­sait pas à son insti­tutrice. Enfant, déjà, il avait dû se bat­tre. Le com­bat vain qu’il menait alors ne se jouait pas con­tre la mer. À l’époque, c’était con­tre le père alcoolique qu’il fal­lait lut­ter. Du haut de ses huit ans, Hel­mut ne savait jamais ni où ni quand le coup allait tomber, ni même s’il en réchap­perait. Con­tin­uer la lec­ture →

Le Top 3 de Laura Delaye

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Lau­ra Delaye. Con­tin­uer la lec­ture →

Papyrus – palimpseste

Eddy DEVOLDER et Aimé MPANE, Au-delà de la mort : le con­te du Naufragé, Esper­luète, 2021, 40 p., 12 €, ISBN : 9782359841442

devolder mpane au dela de la mort le conte du naufrageLe con­te du Naufragé sem­ble com­mencer par la fin :

Enfin
Tout est bien qui finit bien
Nous ren­trons au Pays.

Une fin heureuse, digne des con­tes pour enfants, qui con­traste avec le vis­age grave et som­bre dess­iné à l’encre de Chine en regard de ces quelques lignes d’ouverture. Con­tin­uer la lec­ture →