Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

La guerre afghane d’un père… belge

Un coup de cœur du Car­net

Alain LALLEMAND, Ma plus belle déc­la­ra­tion de guerre, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2026, 420 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑39077–012‑1

lallemand ma plus belle declaration de guerreSi Ma plus belle déc­la­ra­tion de guerre a con­nu une pre­mière édi­tion en 2014 chez Luce Wilquin, cette reparu­tion chez Weyrich a gardé toute son actu­al­ité. La toile de fond en est l’Afghanistan en 2008–2009 sous tutelle des États-Unis et de leurs alliés à l’époque, mais la sit­u­a­tion de ce pays désor­mais sous régime tal­iban est cat­a­strophique, en par­ti­c­uli­er pour les Afghanes, totale­ment oubliées. De plus, l’Histoire bégaie et d’autres bour­biers human­i­taires se sont mul­ti­pliés depuis. Quant à la rela­tion intime entre un par­ent et son enfant, ici un père et son fils con­fron­tés à des choix cru­ci­aux, elle a cette uni­ver­sal­ité qui fait la qual­ité d’un grand roman. Con­tin­uer la lec­ture

Souffles et lueurs de la nuit

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Véronique GOOSSENS, Avant que nos corps s’illuminent, Chat polaire, 2026, 60 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931028–42‑1

emmanuel avant que nos corps s'illuminentDans l’atelier de Véronique Goossens, dont il appré­cie depuis longtemps les gravures, François Emmanuel décou­vre un jour une série inti­t­ulée Errance et Aubade. Lui vient alors l’envie d’écrire à par­tir d’elle un réc­it poé­tique ; ayant choisi vingt-et-une planch­es, il les range dans un ordre pré­cis, pré­fig­u­rant ain­si le cours du texte dont il entre­prend la rédac­tion. Avec la vig­i­lante éditrice Marie Taffore­au, les images sont recadrées puis repro­duites, la mise en page ajustée, le for­mat accru, aboutis­sant aujourd’hui à ce livre mince et mag­nifique où la vie d’une femme aimante est saisie dans sa pure intéri­or­ité, de l’enfance jusqu’à l’approche de la fin… Les gravures ini­tiales, cepen­dant, n’ont rien de flat­teur ou de char­mant : en noir et blanc sur un fond légère­ment jaune-vert qui les réchauffe à peine, elles présen­tent une allure fan­toma­tique, par­fois même inquié­tante, telles des appari­tions dans la brume. Sauf une excep­tion, chaque image com­porte d’un à trois per­son­nages adultes ou enfants, ici immo­biles et là en mou­ve­ment, alter­na­tive­ment debout, assis ou couchés sur le sol. Par­fois nus, par­fois vêtus, le plus sou­vent mécon­naiss­ables, les corps peu sex­ués élu­dent toute forme de séduc­tion ou d’érotisme. Au con­traire, la fac­ture cré­pus­cu­laire, voire cauchemardesque, sem­blerait se prêter à un drame fan­tas­tique mieux qu’à une rêver­ie amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture

Valse avec Camille Claudel

Veroni­ka MABARDI, Sous le regard des stat­ues de Camille Claudel, Esper­luète, 2026, 260 p., 20 €, ISBN : 9782359842067

mabardi camille claudelCom­ment abor­der Camille Claudel après les visions romanesques, dra­maturgiques, ciné­matographiques, choré­graphiques offertes par Anne Del­bée, Michèle Des­bor­des, Lau­rence Cre­ton, Bruno Nuyt­ten, Bruno Dumont, Marie-Claude Pietra­gal­la et d’autres ? C’est à par­tir d’un dou­ble geste que Veroni­ka Mabar­di inter­roge l’œuvre et la vie de l’artiste. D’une part, comme le titre l’énonce, le réc­it se tient au plus près du geste créa­teur de Camille Claudel. Veroni­ka Mabar­di écrit depuis un lieu, sous un angle défi­ni : sous le regard des stat­ues, depuis la mise en abyme de l’œil de Camille Claudel dans ses sculp­tures. D’autre part, tail­lé à coups de burin, le bloc textuel décrit le chemin d’une ren­con­tre élec­tive qui s’inscrit dans une tem­po­ral­ité longue. On suit Veroni­ka Mabar­di sur les traces géo­graphiques, esthé­tiques de Camille Claudel, sur les lieux où elle vécut ; elle nous fait entr­er dans le ven­tre des musées qui abri­tent ses œuvres. Con­tin­uer la lec­ture

L’Autre est-il un autre ?

Giuseppe SANTOLIQUIDO, Let­tres à l’Autre, Ker, 2026, 108 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87586–532‑8

santoliquido lettres a l'autreLet­tres à l’Autre, de Giuseppe San­toliq­ui­do est con­sti­tué de deux réc­its qui alter­nent rigoureuse­ment. D’une part, celui d’un homme en prison qui écrit à quelqu’un, dans une nar­ra­tion en « je ». Et d’autre part, la descrip­tion en « il » de la vie de Pierre Augi­er ; il vit avec sa femme Mireille et ses deux enfants dans le domaine agri­cole de ses beaux-par­ents. Il est infir­mi­er à l’hôpital et essaye d’aider à la ferme le reste du temps. Lui aus­si écrit, des let­tres à « l’Autre », autant à l’hôpital qu’à la ferme, en se cachant. Ce n’est que pro­gres­sive­ment et par petits indices (par exem­ple, un pronom per­son­nel inat­ten­du) que l’on devine l’identité de la per­son­ne à laque­lle ces let­tres, de cha­cun des réc­its, sont des­tinées. Et la révéla­tion de cette iden­tité crée une sur­prise à la fin du roman. Le titre Let­tres à l’Autre indique autant le nom­bre élevé de let­tres que la dou­ble orig­ine de celles-ci, la prison et le domaine. Con­tin­uer la lec­ture

Ligne claire sur fond noir 

Arnaud COLLETTE, Cathé­drale Nord, Ker, 2026, 186 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87586–537‑3

collette cathédrale nordArnaud Col­lette, qui a tra­vail­lé pour L’Avenir, La Libre ou Le Matin, avait déjà coécrit une biogra­phie poli­tique d’André Cools, par­ticipé à divers pro­jets tour­nant autour de Liège ou de la Wal­lonie, mais Cathé­drale Nord est son pre­mier roman, un polici­er qui vient de décrocher le prix du Roman noir de la Foire du Livre de Brux­elles 2026, la neu­vième édi­tion d’un prix (ex-Fin­tro) réservé aux nou­veaux con­teurs. Con­tin­uer la lec­ture

De cœur à cœur

Frank ANDRIAT, Je vous aime, Ker, 2026, 177 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87586–529‑8

andriat je vous aimeMax­ence est un jeune homme de 16 ans qui s’est forgé une image de glan­deur assis dans le fond de la classe pour cacher les mille et une ques­tions qui le tra­versent en per­ma­nence. Plutôt soli­taire, il est en décalage avec ses cama­rades con­stam­ment penchés sur leur smart­phone. Il reste un peu en retrait jusqu’au jour où Manon, une fille de la classe, annonce qu’elle a un can­cer et qu’elle va subir une chimio­thérapie. Max­ence n’est pas ami avec elle, mais cette annonce le touche et il ose le man­i­fester auprès de la jeune fille. Une ami­tié se tisse peu à peu entre eux, leurs dif­férences s’effacent alors pour laiss­er la place à l’essentiel. Con­tin­uer la lec­ture

Scènes de la vie de campagne et de la destinée humaine

Un coup de cœur du Car­net

Hubert KRAINS, Mes amis, Pré­face d’Éric Brog­ni­et, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2026, 260 p., 20 €, ISBN : 9782803200955

krains mes amisSi vous avez aimé Hors champ, le dernier et beau livre de Marie-Hélène Lafon, pré­cip­itez-vous sur la réédi­tion de Mes amis d’Hubert Krains (1862–1934), pub­lié ini­tiale­ment en 1921, salué en son temps par le prix tri­en­nal de lit­téra­ture française. Son Can­tal à elle tient lieu de sa Hes­baye à lui. Leur région affec­tion­née n’est pas un décor : elle est le suc et l’humus de leur écri­t­ure, l’air et la chair de leurs per­son­nages ordi­naires et inou­bli­ables. En rap­prochant ces deux livres, dis­ons-le sans ambages, nous cher­chons à appâter le lec­torat nom­breux de Marie-Hélène Lafon, lui don­ner envie de se plonger dans ce chef‑d’œuvre d’Hubert Krains, parce que, out­re leur pro­fonde human­ité, leur écri­t­ure apurée, les deux ouvrages se ressem­blent par leur organ­i­sa­tion : com­posés de textes indépen­dants, ils se dévorent, réc­it par réc­it, comme un recueil, ou, dans la foulée, comme un roman. Au final, ils sont comme les pan­neaux d’un polyp­tique rur­al où l’être humain est tout à sa place. Con­tin­uer la lec­ture

Du sens et des lames

Mar­cel LECOMTE, Le Sens des Tarots et autres sou­venirs, avec des images de Pierre ALECHINSKY, La Pierre d’Alun, coll. « La petite pierre », 2025, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–109‑8

lecomte alechinsky le sens des tarotsMar­cel Lecomte (1900–1966), poète, écrivain, chroniqueur, com­men­ta­teur des arts plas­tiques, des let­tres – et même de poli­tique – , mem­bre du trio sur­réal­iste qui pub­lia les tracts de Cor­re­spon­dance au milieu des années 1920, a tou­jours man­i­festé un grand intérêt pour l’ésotérisme, une thé­ma­tique récur­rente dans son œuvre. Y cher­chant des points de jonc­tion entre les cul­tures anci­ennes et son pro­pre présent, sans doute, mais ten­tant égale­ment d’en dégager quelques lignes essen­tielles qui pou­vaient peut-être expliciter cette forme d’autonomie créa­trice exis­tant entre les mots, la poésie, et les idées : une voie ini­ti­atrice dans la lit­téra­ture dont il se voulait à la fois l’observateur, le prati­cien, et le com­men­ta­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Les tremblements de la nomination

Un coup de cœur du Car­net

Yves NAMUR, Fig­ures de l’éphémère, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2026, 274 p., 12 €, ISBN : 9782875687388

namur figures de l'éphémèreL’œuvre d’Yves Namur se tient sous le signe de la poésie pen­sante au sens où l’espace du poème se con­stru­it comme un lieu de médi­ta­tion et de réflex­ion méta­physique. Fig­ures de l’éphémère, mag­nifique­ment post­facé par Daniel Laroche, abrite des frag­ments de trois recueils poé­tiques des années 1990, Frag­ments de l’inachevée (1992), Une parole dans les failles (1997), Fig­ures du très obscur (2000). La matière lan­gag­ière, l’acte de la nom­i­na­tion sont au cœur de l’imaginaire du poète, médecin des corps-âmes et médecin des mots, qui plante son inter­ro­ga­tion dans la ques­tion tout à la fois philosophique, poé­tique, exis­ten­tielle et spir­ituelle du dire, de la rela­tion (pos­si­ble et impos­si­ble) entre les mots et les choses. Liée à la con­ci­sion, à une ligne orac­u­laire, à un mou­ve­ment heuris­tique, la pré­va­lence de la forme ques­tion­nante est exigée par la rad­i­cal­ité du geste namurien : remon­ter aux sources du pas-de-deux entre le réel et la parole. L’oreille col­lée aux écrits d’Héraclite d’Éphèse, des Pré­socra­tiques, aux mys­tères du nom (sacré et pro­fane), Yves Namur aus­culte les promess­es, mais aus­si les failles, les lim­ites, l’impuissance du verbe, les para­dox­es dans lesquels le souf­fle de la parole nous entraine. Con­tin­uer la lec­ture

Saut hors de la surface du miroir

Tris­tan SAUTIER, Michel AUDOUARD, Miroy­ances, Coudri­er, Coll. « Sor­tilèges », 2025, 52 p., 20 €, ISBN : 9782390520795

sautier audouard miroyancesC’est à pas de loup ou de colombe, de colombe-loup qu’on entre dans Miroy­ances, dans son jeu de miroirs entre les poèmes de Tris­tan Sauti­er et les encres de Michel Audouard.  Le recueil se place sous le signe du miroir pul­vérisé, d’un ébran­le­ment de la sur­face miroi­tante de la page en vue d’une ren­con­tre avec soi-même. L’ombre de René Char se lève. On pense à son recueil Le poème pul­vérisé, on vibre à l’hommage-détournement dis­cret que Tris­tan Sauti­er opère au détour de vers épars rap­pelant ceux du poète. Con­tin­uer la lec­ture

Marre de la vie morose ? Lisez Christophe Poot (ou inventez la grâce)

Christophe POOT, FOVÉA, 5e couche, 2026, 220 p., 26 €, ISBN : 9782390081265

poot fovéaDans FOVÉA, Christophe Poot écrit, peint, des­sine, trace pour dire la grâce. Ne pas se mor­fon­dre, ne pas végéter dans ce qu’énigmatiquement Christophe Poot nomme la grande blessure et qu’en tant que lec­trice et lecteur, on devine liée au fait d’être là, les deux pieds sur terre, la vie dans le noir, dans le bour­bier où, des fois, on se traine. Sans autre point de repère que notre corps et son incroy­able capac­ité à capter. À s’élever, obstiné­ment, sans dieux, sans “voix de son maitre”, dans des instants de grâce, à dix mille lieues au-dessus de sa con­di­tion. Juste pour ça : se sen­tir en vie, énig­ma­tique­ment en vie. Tra­vail à faire et à refaire mille fois par jour. Tra­vail que fait et refait Poot mille fois par jour. Tra­vail de résis­tance que Poot effectue, obstiné­ment, mille fois par jour, dans des dessins urgents et de courts textes, énig­ma­tiques eux aus­si, que ses lecteurs et lec­tri­ces devi­nent rapi­de­ment tracés, comme impro­visés à la sauvage. Ces textes et ces dessins, Poot nous en livre tous les jours sur Face­book, comme si, au-delà de les trac­er, il impor­tait de les partager, dans l’urgence et la rapid­ité, en vue de je ne sais pas quoi. Nous inspir­er peut-être. Nous ren­voy­er à nos pro­pres instants de grâce. Ou quelque chose du genre. Con­tin­uer la lec­ture

Promenade au crépuscule

Héloïse HUSQUINET, Couler le ciel con­tre ma joue, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2026, 100 p., 15 €, ISBN : 9782930822426

husquinet couler le ciel contre ma joueHéloïse Husquinet, avec son recueil Couler le ciel con­tre ma joue pub­lié aux édi­tions L’arbre de Diane dans leur col­lec­tion « Les deux sœurs », nous prend douce­ment la main et nous emmène en balade dans des endroits qu’elle a con­nus ou seule­ment tra­ver­sés, dans une Amérique du Nord jamais nom­mée mais que la mai­son d’édition nous souf­fle à l’oreille. L’autrice nous offre des bribes de lieux, des bouts de nature, des frag­ments plus urbains qu’elle fait vivre à tra­vers de petits instants de vie y étant rat­tachés. Con­tin­uer la lec­ture

Autopsie d’une fugue

Céline DE BO, In my mind [Autop­sie d’une fugue], Lans­man, coll. « Les petits car­nets », 2026, 44 p., 8 €, ISBN : 9782807104624

de bo in my mindSacha attend son ami Justin devant le McDo. Il lui laisse un pre­mier vocal pour le lui sig­ni­fi­er. Mais au bout de plusieurs min­utes, son ami ne vient pas. Il sem­ble l’avoir lâché. Pour­tant Sacha veut aller jusqu’au bout de ses actes. Il a décidé de pren­dre le large et il le fera. Après une cer­taine léthargie, il décide de se met­tre à marcher, le long de la route pleine d’immondices. Il a peur, faim et froid. Ses pen­sées se cog­nent dans sa tête. Il a mal, mais à qui racon­ter ? À quoi s’accrocher ? On sent qu’il vit des moments dif­fi­ciles. Con­tin­uer la lec­ture

Une première enquête de l’équipe du commissaire Profonde

David DEMAUDE, Entre ville haute et ville basse, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2026, 496 p., 26 €, ISBN : 978–2‑87489–995‑9

demaude entre ville haute et ville basseDans le roman polici­er belge, qui a déjà quelques fig­ures célèbres à son act­if, il fau­dra désor­mais compter avec un com­mis­saire de plus, au nom assez bizarre, Pro­fonde. Mais, dans ce pre­mier roman dont le titre, Entre ville haute et ville basse, devrait par­ler à tout Car­olorégien, David Demaude met autant en avant son équipe que le chef, insis­tant sur la col­lé­gial­ité qui pré­side à une enquête. Une enquête autour de cadavres de… policiers ! Con­tin­uer la lec­ture

Hauts potentiels en quête de liberté

Olivi­er PAPLEUX, Les enfants de Voyn­ich, M.E.O., 2026, 250 p., 22 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0555‑6

papleux les enfants de voynichDoc­teur en neu­rolo­gie, Topaze joue une nou­velle fois la bonne poire pour son directeur de recherche, Régis. Inca­pable de rébel­lion voire de sim­ple protes­ta­tion, le sci­en­tifique réu­nit con­scien­cieuse­ment les enfants au haut quo­tient intel­lectuel sélec­tion­nés par son patron afin d’observer les inter­ac­tions entre ces jeunes esprits par­ti­c­ulière­ment vifs. Con­tin­uer la lec­ture

Résister, quelle que soit l’issue

Alex LORETTE, Sauvages, Émile & Cie, 2025, 96 p., 13 €, ISBN : 978–2‑8071–0459‑4

lorette sauvagesDeux étranges per­son­nages, A et B, ouvrent le réc­it et pla­cent l’action : c’est jour de marché dans un petit vil­lage belge et Chris­t­ian, le bourgmestre, vient ser­rer des mains en vue des prochaines élec­tions. En par­faites nar­ra­tri­ces, A et B com­mentent tout ce qui se passe. C’est qu’il a mau­vaise mine le Chris­t­ian ! Prob­lème de bud­get. Que faire alors pour relancer la région ? La réponse se trou­ve dans sa boite mails : sa com­mune se situe sur le tracé d’un nou­veau réseau de pipelines. S’il par­ticipe, l’entreprise Pipelines High­way lui promet de béné­fici­er de revenus de con­ces­sion de vingt-cinq ans min­i­mum, de dévelop­per les col­lec­tiv­ités locales et d’y créer des entre­pris­es liées au pétrochim­ique. Chris­t­ian y voit du poten­tiel : nou­veaux habi­tants, créa­tion d’emplois, retombées économiques… Ni une ni deux, il appelle les  bourgmestres des com­munes alen­tour pour créer une inter­com­mu­nale. Il se sent pouss­er des ailes. Con­tin­uer la lec­ture