Théorie du fantastique

Un coup de cœur du Car­net

Daniel LAROCHE, Le réc­it fan­tas­tique, Un algo­rithme com­plexe, Académie royale de Langue et Lit­téra­ture français­es, 2025, 241 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8032–0090‑0

Laroche Le récit fantastiqueCom­ment car­ac­téris­er le réc­it fan­tas­tique? Cette ques­tion et les nom­breuses qui en dérivent ont fait couler beau­coup d’encre. Force est de con­stater qu’il n’y a pas eu de réponse opéra­toire per­me­t­tant de définir ce qu’est le « fan­tas­tique ».

Le livre de Daniel Laroche, Le réc­it fan­tas­tique, Un algo­rithme com­plexe, représente indé­ni­able­ment une étape majeure dans la réflex­ion. L’auteur com­mence par faire le bilan des ten­ta­tives précé­dentes qu’il classe en cinq grands groupes de thès­es. Pour cha­cune, il mène un exa­m­en nuancé, mon­trant autant l’intérêt de cer­taines propo­si­tions que leurs faib­less­es. Aucune cepen­dant « ne con­stitue une déf­i­ni­tion sat­is­faisante, c’est-à-dire à la fois pré­cise et total­isante ». Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Christian Hubin

Christian Hubin

Chris­t­ian Hubin

Nous apprenons le décès, sur­venu à  Beau­raing le 5 juin, du poète Chris­t­ian Hubin. Con­tin­uer la lec­ture

Lire la préhistoire

Pierre SCHOENTJES, Inven­ter des grottes : pré-his­toires romanesques, Le mot et le reste, 2025, 450 p., 28 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782384315673

schoentjes inventer des grottesBien que la Préhis­toire con­stitue la péri­ode la plus longue de l’hu­man­ité et qu’elle fascine les sci­en­tifiques, les artistes et le grand pub­lic depuis le 19e siè­cle, l’his­toire lit­téraire n’a accordé qu’une place mar­ginale aux fic­tions met­tant en scène les orig­ines de l’homme. C’est par ce con­stat que Pierre Schoen­t­jes, pro­fesseur de lit­téra­ture française à l’U­ni­ver­sité de Gand, ouvre son dernier essai : Inven­ter des grottes : pré-his­toires romanesques. Con­tin­uer la lec­ture

On a tous en nous quelque chose de Keetje trottin

Neel DOFF, Keet­je trot­tin, post­face d’Élisabeth Costa­dot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 208 p., 9,50 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875687098

doff keetje trottinCom­mençons par la fin, com­mençons par saluer la post­face de la nou­velle édi­tion de Keet­je trot­tin, dans la col­lec­tion Espace Nord. Extrême­ment bien doc­u­men­tée, due à Élis­a­beth Costa­dot, elle est net­te­ment plus réussie que celle de la précé­dente édi­tion (1999) qui n’avait pas perçu l’originalité de l’écriture de Neel Doff, allant jusqu’à affirmer qu’elle écrivait mal, notam­ment en rai­son des néer­lan­dismes qu’elle employ­ait. Rap­pelons sim­ple­ment qu’à une époque, Gus­tave Flaubert fut égale­ment accusé de malmen­er la gram­maire française, et Mar­guerite Duras de même. Autant dire que ce type de reproche man­quait l’essentiel : l’originalité et la nature de la langue de Neel Doff. Con­tin­uer la lec­ture

Quand les inséparables doivent chacun suivre leur chemin

Marie COLOT, Les oiseaux rares, Actes Sud jeunesse, 2025, 188 p., 14,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑33020–555‑3

colot les oiseaux raresVio­lette est une petite fille de 9 ans qui a pour seule amie sa tante Hort­ense, atteinte de tri­somie 21. Mal­gré les trois décen­nies qui les sépar­ent, ces deux-là sont insé­para­bles. Amoureuses de la nature, elles vivent la vie comme une aven­ture joyeuse, guidées par leur imag­i­na­tion débor­dante. Leur duo est mal­heureuse­ment mal­mené lorsque Hort­ense est envoyée dans l’institution des Qua­tre Vents car son père (qui est aus­si le papy de Vio­lette) est trop fatigué pour s’en occu­per tout seul. Vio­lette voit désor­mais moins sou­vent son ray­on de soleil, le temps se fait long, la vie est plus terne. Con­tin­uer la lec­ture

Délivrance

Dominique MEESSEN, Tra­vers­er l’enfer, F dev­ille, 2025, 63 p., 9 € / ePub : 6,49 €, ISBN : 978–2‑8759–9197‑3

meessen traverser l'enferDeux hommes arpen­tent un sen­tier de grande ran­don­née en Corse. Des amis d’adolescence, le nar­ra­teur et Chris. Ils s’étaient per­dus de vue durant des décen­nies, ils se sont retrou­vés par hasard dans un aéro­port, se sont promis de se revoir… et ont tenu rapi­de­ment parole. Que cherchent-ils ? À s’immerger dans la nature pour le plaisir partagé ou l’oubli momen­tané de vies en pagaille, à guet­ter la flamme de l’Éternel retour, de l’amitié égarée, de la remise sur les rails du sens, de la con­nex­ion à l’autre, au monde ? Con­tin­uer la lec­ture

Véronique Bergen et Zoë Lund : « Tu cherches l’infini »

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Voy­age avec Zoë Lund, Lan­sk­ine, 2025, 48 p., 14 €, ISBN : 978–2‑35963–162‑3

bergen voyage avec zoe lundGar­rotée d’existence, Zoë Lund est un être flam­boy­ant. Elle est née en 1962 et morte en 1999 – ceci pour ren­seign­er les fanas de Chronos. Zoë Lund est aus­si immortelle – ceci pour les fanas d’Aïon. Et pour les fanas de Kaïros : saluez la sor­tie de cet opus de Véronique Bergen, qui opère un saut magis­tral, et sans filet, dans la Lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture

« (…) La manigance des mots … »

Patrick DEVAUX, Ne le dites à per­son­ne, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2025, 55 p., 18 €, ISBN : 978–39052-070–2

devaux ne le dites a personnePoète pro­lifique, Patrick Devaux pub­lie ses recueils avec une régu­lar­ité de métronome. Sa bib­li­ogra­phie (par­tielle !) donne le ver­tige et pour­rait don­ner à crain­dre une pro­fu­sion dévelop­pée au détri­ment de l’inspiration. Ce n’est certes pas le cas ici.

Avec Ne le dites à per­son­ne, Devaux se laisse porter par la nos­tal­gie d’un temps qu’il regrette de n’avoir pu sauve­g­arder. Loin des réseaux soci­aux (qu’il pra­tique pour­tant avec une gour­man­dise allè­gre), ce temps-là préser­vait les vrais con­tacts (que le poète développe avec une non moins grande affa­bil­ité, ne serait-ce que dans l’exercice de ses respon­s­abil­ités au sein de l’AREAW dont il est le prési­dent). Con­tin­uer la lec­ture

La psychanalyse en mode mineur

Un coup de cœur du Car­net

Fab­rice BOURLEZ, Tacts. Remanier la psy­ch­analyse avec les fémin­istes et les queers, PUF, coll. « Per­spec­tives cri­tiques », 2025, 435 p., 24 € / ePub 19,99 €, ISBN : 9782130869559

bourlez tactsEn France, les mois qui ont précédé l’adoption du mariage pour tou·tes (2013) ont été par­ti­c­ulière­ment pénibles à vivre. Le plus offen­sant, insul­tant, blessant à subir a été pour certain·es de se voir définir par des psy­ch­analy­ses gonflé·es d’a pri­ori, à qui l’on offrait micros et tri­bunes à tout va. Iels avaient décidé d’interdire. Rien de ce qui était ânon­né ne cor­re­spondait à ce que nous sommes et vivons, nous, les queers. À chaque fois, c’était un coup de marteau asséné directe­ment au cœur par celleux qui, au con­traire, auraient dû mieux nous com­pren­dre s’iels avaient réelle­ment enten­du ce qui se dis­ait sur leur divan. Con­tin­uer la lec­ture

La sélection Petite Fureur 2025–2026

petite fureur 2025-2026

La sélec­tion 2025–2026 du con­cours la Petite Fureur est désor­mais con­nue. Elle rassem­ble 15 livres, pour les lecteurs et lec­tri­ces de 3 à 15 ans, selon 5 caté­gories d’âge. Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles, je t’aime moi non plus

Daph­né TAMAGE, Brux­elles, Arbre qui marche, coll. « Pre­mier voy­age », 2025, 160 p., 13,90 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9789998772496

tamage bruxellesAprès avoir quit­té Brux­elles depuis plusieurs années, la nar­ra­trice, Daph­né, revient dans sa ville natale pour l’enterrement d’un ami cher, Stanis­las Can­drix. Un homme qui a changé sa vie, du moins son regard sur le monde et surtout sur le jazz. Elle a été son assis­tante jusqu’à ce qu’elle décide de quit­ter son pays, sa ville et son nom. On recon­naitra à tra­vers les traits du défunt le jour­nal­iste Marc Dan­val à qui le livre est dédié. Après l’enterrement, alors que Daph­né veut repar­tir au plus vite et pren­dre son train, on lui con­fie une mis­sion : don­ner le petit chat de Stan à l’une de ses amies. Pré­texte pour que Daph­né Tam­age nous entraine dans les rues de Brux­elles, de la place Sainte-Croix à la Basilique de Koekel­berg, en pas­sant par les Marolles, la place des Mar­tyrs ou encore KANAL. Chargée de sa mis­sion et accom­pa­g­née par une amie de longue date, Salomé, la nar­ra­trice explore la cité sous toutes ses cou­tures, nous con­te son his­toire, sa cul­ture, ses événe­ments et lieux majeurs. Au con­traire de Daph­né, Salomé adore Brux­elles et sait ô com­bi­en son amie aime jouer aux grandes tragé­di­ennes. Con­tin­uer la lec­ture

Le poème comme épiphanie

Philippe LEUCKX, Par les escaliers anciens, ill. Philippe Col­mant, Coudri­er, 2025, 68 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–072‑6

leuckx par les escaliers anciensDans ce recueil récent, illus­tré par quelques pho­togra­phies de Philippe Col­mant, autre poète du cat­a­logue du Coudri­er, Philippe Leuckx pour­suit, sur le mode élé­giaque, une médi­ta­tion qui lui est famil­ière de livre en livre. Le temps et la fragilité de vivre y occu­pent la place cen­trale et se lisent ici dans l’image de l’escalier : celle-ci revient à inter­valle réguli­er dans cette suite de poèmes où c’est l’espace qui se charge de traduire la flèche du temps : Con­tin­uer la lec­ture

La saga documentaire du pays des Mille Collines

Romain BAERTSOEN, Danse de la grue couron­née, Genèse édi­tion, 2025, 336 p., 24,50 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–33

baertsoen danse de la grue couronnéeAvec la pub­li­ca­tion de son livre Danse de la grue couron­née, Romain Baert­soen nous emmène dans une saga (annonce l’éditeur) qui développe un for­mi­da­ble réc­it sur trois généra­tions de femmes, depuis le début du 21e siè­cle, 2002, où une femme retourne au Rwan­da pour témoign­er des atroc­ités du géno­cide com­mis par des Hutus extrémistes con­tre les Tut­sis en 1994. Con­tin­uer la lec­ture

« On est bien peu de chose, et mon amie la rose… »

Philippe FIÉVET, Le jardin aux luci­oles, M.E.O., 2025, 204 p., 20 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782807005167

fievet le jardin aux lucioles

Vic­time de l’accident : un retraité, jar­dinier de cœur. Moment de la mort : un jour de print­emps. Lieu du drame : un parterre de rhodo­den­drons, com­posé de « trois solides arbustes de la famille des éri­cacées […] adop­tant les mêmes tons que l’azalée mauve toute proche, elle aus­si en pleine flo­rai­son », dans un jardin de la com­mune du Saule (en Hes­baye lié­geoise). Insti­ga­teur : un lis­eron, « adven­tice qui a le don de s’entortiller tel un ser­pent autour de sa proie qu’elle trans­forme en caducée », enne­mi juré du dis­paru. Cause du décès : piste du séca­teur écartée ; hypothèse d’une crise car­diaque liée à la chute et à l’emprisonnement d’une cheville. Pre­mière témoin : Jacques, le voisin maraich­er à la voix de sten­tor, quelques jours plus tard. Vic­times col­latérales : Alex­is, Anaïs et Julien, enfants du défunt à la pater­nité tar­dive et heureuse. Endroit de l’inhumation : au pied du Par­ro­tia per­si­ca, avec les cen­dres mater­nelles. Con­tin­uer la lec­ture

Michèle Fabien. Le théâtre comme espace de libération

Un coup de cœur du Car­net

Michèle FABIEN, Notre Sade, Sara Z., Char­lotte, post­face d’Élise Descham­bre, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 184 p., 10 €, ISBN : 9782875687111

fabien notre sade sara zFig­ure majeure des Let­tres belges, de la scène théâ­trale des années 1970–1990, autrice, dra­maturge, adap­ta­trice, tra­duc­trice de Pasoli­ni, Michèle Fabi­en (1945–1999) a inter­rogé avec une puis­sance iné­galée l’espace théâ­tral, la dialec­tique des mots et des choses, du corps et du désir, de l’ordre sym­bol­ique, de son en deçà et de son au-delà. Accom­pa­g­nées d’une remar­quable post­face d’Élise Descham­bre, trois de ses pièces, Notre Sade, Sara Z., Char­lotte, sont rééditées (dans un ordre dif­férent) par Espace Nord vingt ans après la pre­mière édi­tion dont la lec­ture éclairante était signée Marc Quaghe­beur. Con­tin­uer la lec­ture

Le voile d’Isis

Pierre CORAN et Carl NORAC, L’ascenseur des dieux, M.E.O., 2025, 83 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8070–0513‑6

coran norac l'ascenseur des dieuxL’ascenseur des dieux est une réédi­tion, revue et cor­rigée, d’un court roman paru une pre­mière fois chez Labor en 2002. Deux auteurs ? Coran et Norac, fig­ures de nos Let­tres, sont des pseu­do­nymes qui redis­tribuent les cinq mêmes let­tres, dans un effet miroir ren­voy­ant à leur con­di­tion : un père et son fils. La répar­ti­tion des rôles est claire : au pre­mier, le roman pro­pre­ment dit ; au sec­ond, le jour­nal de Franck Harvet, le per­son­nage prin­ci­pal. Con­tin­uer la lec­ture