4 As et Années folles

Kate MILIE, L’assassin aime l’Art déco, 180°, 2025, 163 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑9407–2172‑6

milie l'assassin aime l'art décoL’assassin aime l’Art déco, « troisième édi­tion, revue et améliorée » d’un polar pub­lié une pre­mière fois en 2012, jouit d’un bel écho médi­a­tique en cette année anniver­saire d’un mou­ve­ment né il y a cent ans.

L’autrice ? Kate Milie nous a déjà plus d’une fois régalés, avec ses romans, ses guides de balades, ses plongées dans des vies d’artistes (Spilli­aert, Toulouse-Lautrec). Con­tin­uer la lec­ture

« (…) Ici, il n’est qu’un ici … »

Philippe MATHY, Le long des rives, ill. Cécile A. Hold­ban, Ate­lier des noy­ers, 2025, 50 p., 16 €, ISBN : 978–2‑494676–37‑4

mathy le long des rivesSous-titré Notes de Pouil­ly-sur-Loire, Le long des rives déploie sur des pages au for­mat panoramique, l’évocation en prose poé­tique des bor­ds de Loire, non loin de Pouil­ly-sur-Loire où Philippe Mathy réside de nom­breux mois chaque année. En regard des textes, l’artiste Cécile A. Hold­ban pro­pose une aquarelle inspirée libre­ment par ceux-ci. Con­tin­uer la lec­ture

Prix littéraires : le 1er semestre 2025

Au terme du pre­mier semes­tre, un réca­pit­u­latif des auteurs et autri­ces belges lau­réat-e‑s ou final­istes de prix lit­téraires en 2025.
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Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Le récit forme la mémoire et les lieux

Claire GATINEAU, Debout sur le toit, La place, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑9602918–5‑8

gatineau debout sur le toitDebout sur le toit invite à penser que notre rap­port aux lieux s’établit dès notre enfance. Petite, la nar­ra­trice – « la femme », dans le réc­it – habitait dans une demeure « pleine de maisons minia­tures », par­ents archi­tectes oblig­ent. Elle et son père « ouvraient les portes des maisons vides et se glis­saient entre leurs murs pour les mesur­er ». En elle, cette curiosité s’est établie. Un corps peut être appelé par un espace. Un jour, la « mai­son minus­cule tout en hau­teur » d’un quarti­er très médi­atisé de Brux­elles se noue au ven­tre de la femme. Après avoir ren­du toutes les clés des théâtres, elle fait l’acquisition d’une nou­velle. Avec ce manuel hybride foi­son­nant, Claire Gatineau déplie les étapes d’appropriation d’un lieu, innervé par les réc­its du corps qui l’investit. Con­tin­uer la lec­ture

Accueillir le monde animal dans la fiction

Paul ARON et Judy­ta ZBIER­S­KA-MOś­CI­C­KA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €

textyles betes de livresPeu étudiée, peu explorée par la cri­tique, la ques­tion de la présence, de la fonc­tion de l’animal dans la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Salu­ons la fécon­dité des analy­ses, des angles d’approche libérés par des con­tri­bu­tions qui pointent l’essor de la thé­ma­tique de l’animalité, du vivant dans la lit­téra­ture con­tem­po­raine. Con­tin­uer la lec­ture

Les os, le cœur, la chair

Car­o­line LAMARCHE, Mira, Post­face de Lau­rent Demoulin, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 150 p., 9 €, ISBN : 9782875687081

lamarche mira espace nordDans un pays en guerre, Mira attend les os de son frère. Elle tra­vaille pour une fig­ure hiéra­tique et sen­suelle, la Bar­bi­ère, garante de l’équilibre frag­ile qui tient la société étrange dans laque­lle ces deux femmes évolu­ent sous les regards – et les mains – des hommes. Toutes deux sont les prêtress­es d’un rite cru­el auquel les hommes se prê­tent de bonne grâce : sac­ri­fi­er un œil à l’instance supérieure qui pro­tège la ville, illu­mine le ciel pour y lire les don­nées cru­ciales que char­ri­ent les ondes guer­rières. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Marguerite de Navarre 2025 : les sélections

Villa Lawrance

La Vil­la Lawrance, siège de l’A­cadémie de Béarn (Pau)

L’A­cadémie de Béarn, organ­isatrice du prix Mar­guerite de Navarre de la nou­velle, a dévoilé les sélec­tions de son édi­tion 2025. Con­tin­uer la lec­ture

Les poules ont des dents!

COLLECTIF, Ardeurs de tram, Mur­mure des soirs, 2025, 184 p., 17 €, ISBN : 782931235317

collectif ardeurs de tram« Pen­dant longtemps, les deux amants ont vécu une rela­tion folle, dévo­rante. C’était la pas­sion brute, sans frein. Un amour à la fois fusion­nel et destruc­teur », telle est la love sto­ry de la Cité ardente et du tram, mise en mots par Hélène Del­hamende dans « Psy­chotram ». Les tourtereaux s’aiment « moi non plus » et ali­mentent l’un pour l’autre un sen­ti­ment ambiva­lent. Le tramway, amoureux écon­duit et resé­duit, mar­que alors une halte au Petit Bour­gogne afin de faire le point sur cette rela­tion tox­ique. Les Lié­geois, eux, assis­tent en spec­ta­teurs impuis­sants aux soubre­sauts de cette his­toire de cou­ple peu har­monieuse aux embel­lies mag­nifiques. Con­tin­uer la lec­ture

Sapphô au présent

Sophie KLIMIS et Maya BÖSCH, Au rythme de Sap­phô. Se dire femme en désir, Rhuth­mos, coll. « Le libre jeu des plis », 2025, 182 p., 20 €, ISBN : 979–1095155393

klimis bosch au rythme de sapphoL’arc-en-ciel qui relie la poétesse grecque Sap­phô et l’ouvrage à qua­tre mains conçu par Sophie Klim­is et Maya Bösch s’appelle désir. Inau­gu­rant la nou­velle col­lec­tion « Le libre jeu des plis » des Édi­tions Rhuth­mos, Au rythme de Sap­phô. Se dire femme en désir déplie un dia­logue, un tres­sage de voix entre la philosophe, poétesse et dra­maturge Sophie Klim­is et la met­teure en scène, l’artiste Maya Bösch. Com­ment évo­quer aujourd’hui la magie d’Erôs, com­ment le penser dans ses puis­sances amoureuses et poli­tiques, à la croisée des éveils qu’il pro­duit sur le corps et sur l’esprit ? Con­tin­uer la lec­ture

“Peuplé de dés sans pente”

Un coup de cœur du Car­net

Yves COLLEY, Sig­na­ture infinie précédé de Peu­ples, Tail­lis Pré, 2025, 114 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–240‑8

colley signature infinieLors de notre ren­con­tre Place Saint-Antoine à Brux­elles, Yves Col­ley a bien insisté : il ne se sent ni auteur ni poète, d’aucun statut ou éti­quette d’écrivain. À l’entendre, il subit les mots plus qu’il ne le voudrait. Ceux-ci envahissent son esprit, s’imposent à lui depuis l’adolescence. Cepen­dant, il a très peu pub­lié. Sig­na­ture infinie précédé de Peu­ples est le fruit de cinq ans au moins de rumi­na­tions inquiètes. Comme si les mots le tor­turent autant qu’il les tri­t­ure pour obtenir ici une con­ti­nu­ité de poèmes courts, présen­tant un réc­it à lire à la suite de pages très aérées. Ceci à des­sein, notam­ment pour l’espace supérieur d’un tiers lais­sé blanc comme un ciel à (ne pas) attein­dre et pe(n)sant. Con­tin­uer la lec­ture

Écriture et peinture, le paysage dans tous ses éclats

Un coup de cœur du Car­net

Eugène SAVITZKAYA et Babis KANDILAPTIS, Paysages. L’arythmie du temps, Yel­low Now, coll. « Côté Arts », 2024, 128 p., 25 €, ISBN : 978–2‑873405076

savitzkaya paysages l'arythmie du tempsIl y a une ving­taine d’années déjà, l’auteur d’On n’y voit rien, l’écrivain et his­to­rien de l’art Daniel Arasse (1944–2003) notait avec un fatal­isme dés­abusé que la plu­part des petites chapelles ital­i­ennes qu’il affec­tion­nait avaient été restau­rées. Autre­fois, dis­ait-il, on pou­vait y pass­er des heures à regarder les motifs, les per­son­nages, les détails, les couleurs passées, et les inscrire dans un temps lente­ment écoulé. Depuis les restau­ra­tions, l’entrée était mon­nayée et régle­men­tée, le temps de vis­ite réduit à un quart d’heure. Le vis­i­teur voy­ait peut-être mieux les détails, mais il n’en avait plus le temps : on voy­ait mieux, mais on ne voy­ait rien. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Apollinaire 2025 : les sélections

Le prix Apol­li­naire et le prix Apol­li­naire Décou­verte ont dévoilé leurs sélec­tions 2025. Con­tin­uer la lec­ture

« (…) Ce numéro de haute voltige, la vie … »

Mar­celle PAQUES, Sois un papil­lon, Bleu d’encre, 2025, 45 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–84‑0

paques sois un papillonS’ouvrant sur un exer­gue du con­teur Hen­ri Gougaud (exer­gue auquel  la poète emprunte le titre du recueil) et se refer­mant sur un frag­ment du poème Lib­erté de Paul Elu­ard, Sois un papil­lon de  la poète hain­uyère Mar­celle Pâques se place d’emblée sous le dou­ble signe du con­te et de la poésie. Con­tin­uer la lec­ture

Concours La Louvière re-Nouvelles 2025

concours de nouvelles la louviere 2025

Le con­cours lit­téraire « La Lou­vière re-Nou­velles » revient pour une 4e édi­tion. Le thème de cette année : « En avant ». Les textes sont atten­dus pour le 28 août au plus tard. 

Con­tin­uer la lec­ture

Où l’auteur produit, à tour de bras, une littérature splendidement utile et inutile

Un coup de cœur du Car­net

Antoine BOUTE, Siestes Pilotes, Back­land, 2025, 98 p., 17 €, ISBN : 9782959402753

boute siestes pilotesJ’ouvre Siestes pilotes et, d’emblée, deux évi­dences : 1) j’aime ce livre et, 2), j’aimerais que, là, à l’instant, Antoine Boute se matéri­alise devant moi et me lise des extraits de Siestes pilotes, réin­ven­tant, pour mes yeux, et surtout mes oreilles, son écrit, dans une lec­ture per­for­mance inou­bli­able et drôle.

Parce qu’Antoine Boute est un maitre. Un expert en écholalies et glos­so­lalies. Prenant grand soin de ne jamais nous per­dre. Prenant grand soin à nous tenir en haleine. C’est que, l’air de rien, la langue mon­strueuse et les façons de faire d’Antoine Boute tien­nent autant du jeu, de la blague, du plaisir qu’il y a à écrire, à laiss­er la langue et les jeux avec les mots dicter le réc­it, les his­toires mul­ti­ples à pleur­er de rire rap­portées dans le livre qu’à l’art du réc­it et de la racon­touze. Comme si la langue — et les jeux qu’elle per­met — créait elle-même, en per­son­ne, le texte que nous sommes en train de lire. Comme si la langue en était l’auteur ou l’autrice. Antoine Boute n’étant que l’instrument de la langue. Son bic ou son écran infor­ma­tique. La langue pas­sant à tra­vers le corps d’Antoine Boute pour enfin s’incarner. Pren­dre corps devant nous. Con­tin­uer la lec­ture