Celui qui ôte la vie n’est-il pas déjà mort ?

Odile d’OULTREMONT, La dernière nuit, Jul­liard, 2026, 224 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782260057574

d'oultremont la dernière nuitUne nuit. C’est l’espace que Véronique Perdieux, dite Nik­ki, dégage pour con­fron­ter celui qui a com­mis l’irréparable, deux ans plus tôt, celui dont le surnom, Abel, promet­tait de ne pour­tant jamais trahir quiconque.

Une nuit. Pour com­pren­dre ce qui a poussé le comte Abélard de Hes­baye à tuer Chance, leur vache préférée, qui s’était érigée con­tre la pro­duc­tiv­ité ambiante en ren­dant caduque son util­ité économique. C’était pour­tant au con­tact de la fougue con­tagieuse d’Abel que la fille d’agriculteurs avait perçu les pans de douceur du monde dont elle était issue, con­tes­tant avec d’autant plus de véhé­mence ses parts d’ombre, la sépa­ra­tion d’une mère et de son veau, 48h après sa nais­sance, par exem­ple : Con­tin­uer la lec­ture

Prix de l’auteur belge Club 2025 : les sélections

Comme chaque année, la chaine de librairies Club organ­ise un prix lit­téraire dédié à la lit­téra­ture belge. Les sélec­tions sont con­nues. Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui résiste

Thier­ry WERTS, Là où trébuche la lumière, La Trace, 2026, 172 p., 16 €, ISBN : 9782487261457

werts la ou trebuche la lumiereDans ce car­net de voy­age, la forme poé­tique, les médi­ta­tions se char­gent de porter au dici­ble et au vis­i­ble la mémoire de l’extermination des Juifs. Com­ment ren­dre compte des noms rayés de la carte, des lieux effacés, des années de cen­dres ? Com­ment s’approcher des zones géo­graphiques, his­toriques et psy­chiques qui ont som­bré dans les ténèbres ? Mag­is­trat, poète (For intérieur), romanci­er (Demain n’existe pas encore, Le monde rêvé d’Alva Teimosa), Thier­ry Werts pose ses pas dans une car­togra­phie de la mort indus­trielle, tra­verse durant huit jours des villes, des vil­lages, des cam­pagnes frap­pés par l’Aktion Rein­hard. L’appel qui le saisit lui intime d’aller « là-bas », là où la lumière a vac­il­lé, là où le passé brûle encore, sou­vent sous une forme invis­i­ble. Il ne s’agit ni d’un devoir de mémoire, ni d’un besoin de com­pren­dre, ni d’un pèleri­nage, d’une his­toire famil­iale, ni d’une recherche de répa­ra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Cours, Farkass, cours !

Un coup de cœur du Car­net

Geneviève DAMAS, Trace, Gras­set, 2026, 202 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑246–84122‑7

damas traceGeneviève Damas a l’art de don­ner la parole à des jeunes d’aujourd’hui con­fron­tés à des actu­al­ités ou des réal­ités sociales qui les dépassent. Ce fut le cas dès son pre­mier roman paru en 2011 chez Luce Wilquin, Si tu pass­es la riv­ière, salué par les prix Rossel et prix des cinq con­ti­nents de la Fran­coph­o­nie. Suit en 2014 His­toire d’un bon­heur (Arléa) ou le réc­it de divers­es ren­con­tres dont celle d’une enseignante avec Noured­dine, élève en dif­fi­culté. Après Patri­cia (sur le drame des migrants) qui mar­que son pas­sage chez Gal­li­mard, l’autrice belge donne la parole à une ado­les­cente de seize ans et demi qui racon­te son déni de grossesse et sa mater­nité pré­coce dans Blue­bird (2019). Deux ans plus tard, Jacky dresse le por­trait d’un élève d’un lycée juif de Brux­elles que relate un jeune Belge d’origine maro­caine, revenu de Syrie, pour son mémoire de fin d’année. Passée chez Gras­set en 2023 avec Strange, Geneviève Damas s’attelle à un autre sujet de société, celui qu’incarne Nora, qui écrit à son père qu’ielle a changé de sexe. Aujourd’hui parait Trace, tou­jours chez Gras­set, le réc­it par Farkass de sa jeunesse vécue à couteaux tirés et à cent à l’heure, dont le sou­venir restera ancré pour longtemps dans notre mémoire, voire notre incon­scient. Con­tin­uer la lec­ture

L’Académie remet ses prix le 14 mars 2026

le palais des académies

Le palais des Académies © Arllfb

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique remet­tra ses prix lit­téraires 2025 le 14 mars 2026 à 10h30. La céré­monie est ouverte à tous.  Con­tin­uer la lec­ture

Aux frontières du réel

Théo CASCIANI, Insu­la, P.O.L, 2026, 160 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782818064924

casciani insulaInsu­la, court roman con­tem­po­rain de 160 pages écrit par Théo Cas­ciani et pub­lié aux édi­tions P.O.L, nous embar­que dans un monde futur­iste pas si éloigné du nôtre, pas­sant d’une fête sul­fureuse lon­doni­enne à un hôpi­tal parisien.

J’ai eu à subir la vio­lence du monde, certes, celle qui se dresse con­tre les pédés, con­tre les pau­vres, con­tre les ploucs ; on m’a dom­iné, on m’a men­acé, on m’a bat­tu. C’est vrai. Cepen­dant, pour être hon­nête, pour peu que j’en sois capa­ble, je dois com­mencer par vous dire qu’il m’est aus­si arrivé de fauter, sou­vent et plus encore que je ne le crois, de trahir, de tromper ou de bless­er. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Naissance d’une œuvre 2026 : la sélection

Le prix Nais­sance d’une œuvre 2026 a livré sa pre­mière sélec­tion. Six livres sont en lice. Con­tin­uer la lec­ture

Une lueur derrière le paravent

Un coup de cœur du Car­net

Carl NORAC, Le livre de la lueur, Bruno Doucey, 2026, 115 p., 15 €, ISBN : 9782362295591

norac lelivre de la lueurC’est par le sou­venir du pre­mier vers de la Bal­lade des pen­dus de Vil­lon que s’ouvre le nou­veau recueil de Carl Norac, Le livre de la lueur, aux édi­tions Bruno Doucey. Une réminis­cence d’un poème décou­vert sur les bancs de l’école et qui per­met au poète de choisir la pre­mière per­son­ne du pluriel pour nous entrain­er dans son sil­lage, « ce nous le plus étrange » qui con­voque, autour de lui, une non moins étrange com­mu­nauté. Celle des poètes, lec­tri­ces et lecteurs devenus adultes mais qui ont con­servé la lueur fli­bustière de l’enfance. Dès lors, une sorte de con­frérie s’établit, celle des « frères humains qui après nous vivez » et que relaye, par­mi d’autres, le grand Hugo dans un poème de 1881 inti­t­ulé juste­ment Nous : Con­tin­uer la lec­ture

Trophée de l’auteur ou de l’autrice 2026 : la sélection

Livres Heb­do a dévoilé les dix écrivains en lice pour le Trophée de l’au­teur ou de l’autrice 2026. Le vote est ouvert au pub­lic. Con­tin­uer la lec­ture

L’histoire d’un suppositoire en chanson

Alice on the Roof dans “L’his­toire d’un sup­pos­i­toire”

L’histoire du sup­pos­i­toire qui voulait échap­per à sa des­tinée, l’al­bum d’Alex Vizorek et Car­o­line Allan, ressort au cen­tre cul­turel d’Uccle sous la forme d’un spec­ta­cle musi­cal, du 14 févri­er au 1er mars. Con­tin­uer la lec­ture

Le palimpseste Marilyn

Daniel CHARNEUX, I’m not M.M., Arléa, coll. “La ren­con­tre”, 2026, 208 p., 19 €, ISBN : 9782363084309

charneux i'm not mmOn ne peut que revenir vers Mar­i­lyn lorsqu’elle nous a hap­pés. L’écriture ne peut que se remet­tre en mou­ve­ment, ques­tion­ner au fin­ish le mythe Mar­i­lyn Mon­roe, ce qu’il révèle de nous, de nos sociétés, ce qu’il cache, la part intime, la per­son­ne de Nor­ma Jeane Bak­er qu’il étouffe. Vingt ans après Nor­ma, roman, Daniel Charneux livre un chant tout en clair-obscur qui s’enracine dans la phrase rédigée par la star en 1955 dans l’agenda ital­ien, I’m not M.M. Cinq mots, dont un bar­ré, raturé, qui con­densent la tragédie de l’actrice, qui posent simul­tané­ment l’affirmation de son iden­tité en tant que M. M. et la néga­tion de ce rôle forgé par le sys­tème et l’industrie du sep­tième art. Chronologique­ment, nous descen­dons dans le vécu de l’idole plané­taire déchirée entre la quête d’un père incon­nu, d’une libéra­tion et l’enfermement dans le monde des images, dans la machiner­ie hol­ly­woo­d­i­enne des rêves. Le dia­logue avec l’entité duelle Nor­ma Jeane/Marilyn se voit étof­fé par la mise en scène dis­crète de la voix de l’auteur, par l’analyse de son obses­sion, de sa pas­sion Mar­i­lyn. Le motif du dou­ble, du miroir agit à tous les niveaux, entre Mar­i­lyn et Nor­ma, entre le pub­lic et l’icône, entre l’écriture qui court vers M. M. et celle-ci qui danse dans l’impossible. Daniel Charneux passe en dessous de la ligne de flot­tai­son des songes, en dessous des mil­liers de pho­tos, de pel­licules, de films qui exha­lent la pho­togénie mythique de Mar­i­lyn. Con­tin­uer la lec­ture

Librairies indépendantes : le bilan 2025

Le Syn­di­cat des libraires fran­coph­o­nes de Bel­gique (SLFB) tire le bilan de l’année 2025. Deux axes se déga­gent : l’équilibre économique frag­ile des libraires indépen­dantes et leur rôle social incon­tourn­able. Con­tin­uer la lec­ture

Idées à listes

Philippe BLASBAND, La nuit est encore longue, Impres­sions nou­velles, 2026, 304 p., 20 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑39070–279‑5

blasband la nuit est encore longueSoheila Pirouz­far, Irani­enne émi­grée en Bel­gique et nar­ra­trice de ce roman inclass­able, nous met au par­fum dès la pre­mière page sur la façon dont elle organ­ise sa per­cep­tion du monde :

Des listes, dans ma tête, dans mes rêves, sur des bouts de papi­er, dans des cahiers, sur des tableaux Velle­da, sur mon télé­phone portable. Quand je suis dans une salle d’attente, ou dans une file, ou quand je marche, ou quand je m’endors, j’imagine et je peaufine des listes, et dès que je le peux, je les note.  Con­tin­uer la lec­ture

Plongées et contre-plongées

Luc DELLISSE, Con­tre plongées, Lamiroy, 2026, 220 p., 20 €, ISBN : 9782390810490

dellisse contre plongées« Il y a des sou­venirs dont on ne peut rien faire, des expéri­ences inter­change­ables, des événe­ments qui pour­raient advenir à n’importe qui. Les seuls sou­venirs qui comptent sont ceux qui con­ti­en­nent en germe une fleur nou­velle, dont les racines sont en nous. Le reste peut rejoin­dre les oubli­ettes de la mémoire. » Ces réminis­cences affleu­rant à la con­science, Luc Del­lisse les laisse émerg­er, les scrute, puis plonge en elles pour les remon­ter par paliers : « Ce qui compte c’est d’inverser l’appel des pro­fondeurs, de remon­ter vers la lumière en ten­ant un tré­sor, un sim­ple tes­son, entre les dents. De crev­er de la tête la sur­face, pour exam­in­er au grand jour les tes­sons de ma vie, dans leur couleur orig­inelle. La mémoire est le seul appareil de con­tre-plongée. » De ces bouts d’existence, il forge lit­téraire­ment des réc­its auto-fic­tifs, qu’il rassem­ble ensuite dans un écrin, tel son dernier recueil Con­tre plongées. Con­tin­uer la lec­ture

Quand l’Histoire infiltre une famille

Michel ROSTEN, L’univers de Maxime Sere­brakian, ou les tribu­la­tions de trois pachas (1869 — 1922), Sam­sa, 2025, 358 p., 26 €, ISBN : 978–2‑87593–604‑2

rosten l'univers de maxime serebrakianSur la cou­ver­ture de L’univers de Maxime Sere­brakian, ou les tribu­la­tions de trois pachas (1869 — 1922), la nou­velle incur­sion en lit­téra­ture de Michel Ros­ten, ancien jour­nal­iste de La Libre Bel­gique, on peut lire l’indication générique suiv­ante : « Réc­it-Roman ». Habituelle­ment, c’est l’un ou l’autre – « réc­it » ou « roman » – et le plus sou­vent « roman », car plus vendeur, même lorsque la part romanesque est infime. Cette appo­si­tion sin­gulière ouvre des pistes de lec­ture que nous allons suiv­re et déploy­er. Con­tin­uer la lec­ture

Suivre sa quête

Brigitte GUILBAU, Papy en cav­ale, Lilys, 2025, 154 p., 22,5 €, ISBN : 9782390561187

guilbau papy en cavaleGeorges Meurseau coule des jours pais­i­bles dans une mai­son de retraite… Pais­i­bles ? Hor­ri­ble­ment bar­bants plutôt ! Il s’ennuie pro­fondé­ment en atten­dant l’inexorable fin et cul­tive cette morosité du vieil­lard qui reproche sa décrépi­tude à la terre entière. Alors après avoir été poussé par l’une de ses voisines de cham­bre à faire quelque chose « avant que les bas de [s]on cerveau ne tombent sur les genoux de [s]a mémoire », il prend son balu­chon et s’évade, tel un crim­inel, sans deman­der son reste. Fier de sa révolte, il passe une pre­mière nuit, plutôt fraiche, dans la forêt. Au petit matin, il ren­con­tre qua­tre jeunes qui l’embarquent dans une folle aven­ture de braquage. Mais l’affaire tourne au vinai­gre. De par­faits bras cassés ! Georges sym­pa­thise avec deux com­plices du casse, lais­sés sur le car­reau tout comme lui et tout aus­si paumés : Ambre, une jeune femme enceinte et sans domi­cile, et Har­ry, un homme qui souf­fre de neu­rofi­bro­matose et vit seul dans une grande mai­son. Peu à peu, ces êtres cabossés se lient d’amitié. « For­mer une famille, ne serait-ce pas d’abord ten­ter de se con­naître pour savoir ce qu’on peut lui apporter ? » Con­tin­uer la lec­ture