Un coup de cœur du Carnet
Marie-Bernadette MARS, Rhapsodie afghane, Academia, 2023, 240 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782806136374
Née des confidences d’une amie de l’autrice, cette fiction place côte à côte un candidat réfugié afghan et une femme belge d’une cinquantaine d’années. Enseignante, mère de deux enfants, elle, dont le prénom nous est tu, se trouve à un moment de sa vie où la voie semble toute tracée. Mais elle a laissé partir un mari et vit avec un goût de trop peu. Lui a une jeune épouse restée au pays avec leur enfant, il veut obtenir le droit de séjour et les faire venir quand tout sera réglé. Ces deux-là dont la vie est en suspens vont entrecroiser leurs destins et vivre une histoire d’amour qui défie les idées reçues. Continuer la lecture
À l’aube de ses septante-cinq ans, Frédéric cherche à donner du sens à cette période de bilan de vie qu’il traverse. Seul et solitaire, il prend conscience qu’il a mené une vie sans éclat où il n’a rien accompli d’exceptionnel. Il envisage les affres du temps qui passe avec une forme de résignation ponctuée de touches d’humour.
Pop, c’est la gamine que sa sœur chambre. Ben oui, c’est quoi cette manie de s’asseoir sous le billard de La boule de Feu, ce café où trainent leurs parents tous les soirs, et d’observer « les jambes des gens, celles des tables, des chaises et du flipper aussi », chipoter avec les restes de chips tombés par terre, assister au spectacle des gens qui s’enivrent, se frôlent, remuent, titubent ? Et pourquoi cette petite lui colle aux basques quand elle désire s’éclater avec son copain du moment ou avec ses amies majorettes ? Et qu’est-ce qu’elle est pénible, aussi, lorsqu’elle lui rappelle les interdits et les punitions qui pleuvent alors qu’elle, Fani, aspire à un peu de vie et de légèreté. Mais, en même temps, elle l’adore, son encombrante sœurette ; elle la taquine et la rabroue, mais elle la défendrait contre n’importe qui, c’est sûr. 










Au fil d’une saisissante fiction, Jean-Luc Outers nous embarque dans une remontée dans le temps, un vertige mémoriel, direction Sarajevo assiégée, au cœur des combats dans l’ex-Yougoslavie. Invité par Reporters sans frontières à se rendre à Sarajevo en qualité d’écrivain, l’auteur séjourne en 1994 durant une semaine à l’Holiday Inn où sont regroupés les journalistes internationaux. Vingt-cinq ans plus tard, une force irrépressible le pousse à remettre ses pas dans l’année 1994, à se donner rendez-vous avec un pan de passé collectif marqué par la douleur, avec un fragment de passé intime condensé dans le nom d’Anna, une anesthésiste italienne rencontrée dans un hôpital.
Un roman. Avec tout ce qu’il faut d’ingrédients d’avant l’ère du soupçon et la mort de l’auteur, d’avant le nouveau roman, la modernité, la postmodernité : le retrait du monde, une passion amoureuse interdite, une rivalité où l’être aimé est joué aux dés, une disparition et peut-être un assassinat – et même un duel ; un récit dans le récit – des carnets scellés divulgués. Et l’illusion du réel. Autant le dire, quand on commence la lecture du Vitrail en flammes, livre quasi oublié (publié une première fois en 1930) d’un auteur disparu des rayons des librairies (Alex Pasquier, 1888–1963) on plonge – avec plaisir – en plein texte old school. En belle écriture.