Archives par étiquette : amour

Le cœur grenadin

Pierre ANDRÉ, Elle s’appelait Lucía, Gras­set, coll. « Le courage », 2022, 174 p., 17 €, ISBN : 978–2‑246–82797‑9

andré elle s appelait lucia« Tout a déjà été dit, mais pas par moi » : tel aurait pu être le leit­mo­tiv de Pierre André lorsqu’il écrivait son pre­mier roman, Elle s’appelait Lucía. Le livre, qui parait aujourd’hui dans l’élégante col­lec­tion « Le courage » (dirigée par Charles Dantzig) des édi­tions Gras­set, racon­te une his­toire éter­nelle – celle d’un ravisse­ment amoureux. Con­tin­uer la lec­ture →

Les mots, la guerre, l’amour

Jean-Luc OUTERS, Hôtel de guerre, Gal­li­mard, coll. « L’infini », 2022, 192 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782072944239

outers hotel de guerreAu fil d’une sai­sis­sante fic­tion, Jean-Luc Out­ers nous embar­que dans une remon­tée dans le temps, un ver­tige mémoriel, direc­tion Sara­je­vo assiégée, au cœur des com­bats dans l’ex-Yougoslavie. Invité par Reporters sans fron­tières à se ren­dre à Sara­je­vo en qual­ité d’écrivain, l’auteur séjourne en 1994 durant une semaine à l’Holiday Inn où sont regroupés les jour­nal­istes inter­na­tionaux. Vingt-cinq ans plus tard, une force irré­press­ible le pousse à remet­tre ses pas dans l’année 1994, à se don­ner ren­dez-vous avec un pan de passé col­lec­tif mar­qué par la douleur, avec un frag­ment de passé intime con­den­sé dans le nom d’Anna, une anesthé­siste ital­i­enne ren­con­trée dans un hôpi­tal. Con­tin­uer la lec­ture →

Retour au monde

Alex PASQUIER, Le vit­rail en flammes, pré­face de Frédéric Vin­clair, Névrosée, coll. « Les sous-exposés », 2021, 170 p., 14 €, ISBN : 978–2‑931048–51‑1

pasquier le vitrail en flammesUn roman. Avec tout ce qu’il faut d’ingrédients d’avant l’ère du soupçon et la mort de l’auteur, d’avant le nou­veau roman, la moder­nité, la post­moder­nité : le retrait du monde, une pas­sion amoureuse inter­dite, une rival­ité où l’être aimé est joué aux dés, une dis­pari­tion et peut-être un assas­si­nat – et même un duel ; un réc­it dans le réc­it – des car­nets scel­lés divul­gués. Et l’illusion du réel. Autant le dire, quand on com­mence la lec­ture du Vit­rail en flammes, livre qua­si oublié (pub­lié une pre­mière fois en 1930) d’un auteur dis­paru des rayons des librairies (Alex Pasquier, 1888–1963) on plonge – avec plaisir – en plein texte old school. En belle écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture →

Tant d’M

Un coup de cœur du Car­net

David MERVEILLE et ZIDROU, Amore. Amours à l’italienne, Del­court, 2021, 128 p., 20,10 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782413011224

zidrou merveille amorePour son entrée dans le monde de la bande dess­inée, l’au­teur et illus­tra­teur David Mer­veille s’est asso­cié à un scé­nar­iste aguer­ri, son com­plice de longue date Zidrou. Avec Amore, le tan­dem nous emmène en Ital­ie.

L’album est sous-titré Amours à l’italienne, au pluriel : ce ne sont pas moins de neuf vari­a­tions sur le même t’aime qui se déploient au fil des pages. Encadrées par un pro­logue et un épi­logue qui met­tent en scène un auteur de romans sen­ti­men­taux venu chercher (et trou­ver) l’inspiration à la ter­rasse d’un café, sept his­toires évo­quent les dif­férentes facettes de l’amour. Réciproque ou à sens unique, homo ou hétéro, secret ou pub­lic, passé, présent, douloureux, éter­nel, vio­lent, pas­sion­nel, véni­tien ou sicilien, il est tou­jours racon­té avec sub­til­ité. Con­tin­uer la lec­ture →

Fuir le bonheur etc.

Un coup de cœur du Car­net

Madeleine LEY, Olivia, pré­face de Paul Willems, post­face d’Emmanuel Rég­niez, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 280 p., 9 €, ISBN : 9782875685438

ley oliviaAssuré­ment Olivia n’aurait pu être écrit en notre temps pétri de cynisme, pas plus qu’il ne sem­ble dater des années trente, époque qui l’a pour­tant vu naître (il a paru en 1936 chez Gal­li­mard) tant il est empreint – ain­si que le mon­tre l’écrivain Emmanuel Rég­niez dans sa post­face – de l’esthétique roman­tique. Made­line Ley, autrice à la courte car­rière lit­téraire (une décen­nie) le nour­rit des agré­ments de ce mou­ve­ment lit­téraire tout en assumant sub­tile­ment que toute cette his­toire n’est que lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture →

Pénélope n’attend plus

Geneviève DAMAS, Quand tu es revenu, Lans­man, 2021, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807103191

damas quand tu es revenuEn amour, est-ce que l’on peut par­tir et revenir, comme une fleur, vingt ans plus tard ? Peut-on promet­tre de tou­jours revenir ? Les hommes et les femmes sont-ils égaux dans ce voy­age ? Regar­dons le mythe d’Ulysse. Péné­lope l’a atten­du bien sage­ment, repous­sant nom­bre de pré­ten­dants. Dans les his­toires, le héros part et revient tou­jours. Nous sommes bercés par ce mythe, mais n’est-il pas temps de le décon­stru­ire ? Com­ment cela se passerait-il dans la vraie vie ? Que se passerait-il si celui que vous avez aimé revient vingt ans plus tard ? Con­tin­uer la lec­ture →

Romantique Harpman

Un coup de cœur du Car­net

Jacque­line HARPMAN, La dor­mi­tion des amants, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 280 p., 9.50 €, ISBN : 978–2‑87568–483‑7

harpman la dormition des amants espace nordSe rep­longer dans l’œuvre d’une autrice aimée, mais dont on a fait la con­nais­sance il y a de nom­breuses années, c’est tou­jours pren­dre un gros risque. Il se pour­rait que l’écrivain adulé déçoive, que ses ficelles parais­sent grossières, que ses descrip­tions aga­cent et que ses audaces sem­blent à présent bien banales. Il n’en a rien été. La pre­mière chose qui frappe à la lec­ture de La dor­mi­tion des amants, c’est à quel point le clas­si­cisme élé­gant de l’écriture de Jacque­line Harp­man est effi­cace, et con­tin­ue à charmer. Con­tin­uer la lec­ture →

Un amour fantasmé

Chan­tal DELTENRE, Où part l’amour, avec des pho­tos de l’autrice, Mael­strÖm, 2020, 278 p., 15 €, ISBN : 9782875053671

deltenre ou part l amour« Pho­togra­phi­er, c’est écrire avec la lumière. »

« Un paysage aimé ne vous quitte jamais. Même à des kilo­mètres et des années de dis­tance, un paysage, c’est d’une fidél­ité inébran­lable. »

Par petites touch­es fines et sen­si­bles, Chan­tal Del­tenre, écrivain, eth­no­logue, ama­teur pas­sion­né de pho­togra­phie – ses clichés évo­ca­teurs jalon­nent son dernier livre – nous rend proche, presque chère, son héroïne. Con­tin­uer la lec­ture →

L’amour selon Libens

Chris­t­ian LIBENS, Sève de femmes, Weyrich, 2020, 128 p., 13 €, ISBN : 9782874895883

La pein­ture de nus féminins, signée Geneviève Van Der Wie­len, en cou­ver­ture du recueil de nou­velles de Chris­t­ian Libens, Sève de femmes, ain­si que son titre, pour­raient le ranger dans la caté­gorie des erot­i­ca. Ce qu’il est mais pour par­tie seule­ment. Il fait d’ailleurs écho à un autre titre, Amours crues, pub­lié au Grand Miroir en 2009, dont le présent recueil reprend trois textes aux ver­sions remaniées et défini­tives. Con­tin­uer la lec­ture →

« La vie est trop courte pour être petite »

Mar­i­anne PIERSON-PIÉRARD, Dora , Névrosée, coll. « Femmes de let­tres oubliées », 2019, 232 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑931048–14‑6

Dora nous est une belle occa­sion d’évoquer la col­lec­tion « Femmes de let­tres oubliées » au cat­a­logue de laque­lle fig­ure le roman que Mar­i­anne Pier­son-Piérard pub­li­ait en 1951.

Pas moins de treize romans com­posent le cat­a­logue de cette mai­son d’édition apparue de façon ful­gu­rante dans le paysage édi­to­r­i­al belge. Juriste, roman­cière et pas­sion­née de let­tres, Sara Dom­bret avec une énergie infati­ga­ble, défend la démarche qui l’a amenée à ren­dre jus­tice aux femmes de let­tres belges fran­coph­o­nes oubliées. Cette ini­tia­tive saluée par la presse et les médias, trou­vera bien vite un pub­lic de lecteurs  qui ont enfin accès à ces titres et à ces autri­ces oubliés.    Con­tin­uer la lec­ture →

Françoise M. par Marie-Paule B.

Marie-Paule BELLE, Comme si tu étais tou­jours là, pré­face de Serge Lama, Plon, 2020, 213 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑259–27838‑6

Françoise Mal­let-Joris écrivait ; Marie-Paule Belle com­pose et chante. Dans Comme si tu étais tou­jours là, livre-hom­mage à l’écrivaine belge dis­parue le 13 août 2016, la chanteuse tient pour­tant la plume. Mais elle s’efface sou­vent pour laiss­er place aux mots de sa com­pagne, parolière et amie. Cartes postales, brefs mes­sages, let­tres, man­u­scrits, paroles de chan­sons retran­scrites … : M.-P. Belle dévoile une par­tie des nom­breuses archives qu’elle con­serve dans un car­ton rouge, témoins de leur rela­tion privée et pro­fes­sion­nelle. Con­tin­uer la lec­ture →

Coup de cœur, un roman pour ados qui se joue des clichés

Patrick DELPERDANGE, Coup de cœur, Mijade, coll. “Zone J”, 2019, 283 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87423–107‑0

S’il est surtout con­nu pour être l’auteur de romans noirs — Chants des gorges ou plus récem­ment, Si tous les dieux nous aban­don­nent et L’éternité n’est pas pour nous - Patrick Delper­dan­ge signe aus­si des romans frais et pétil­lants. Si vous avez loupé Le cli­quetis, ne ratez pas Coup de cœur, paru récem­ment chez Mijade. Ce beau réc­it pour ados fera aus­si le bon­heur des adultes.

Même dans sa veine la plus som­bre, Patrick Delper­dan­ge excelle à racon­ter la tra­jec­toire de per­son­nages lumineux. Mais quoi qu’ils ten­tent pour échap­per aux ténèbres, aucune souf­france ne leur sera épargnée. Con­tin­uer la lec­ture →

Les fruits de la passion

Emmanuelle PIROTTE, D’innombrables soleils, Cherche midi, 2019, 240 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑7491–6226‑3

Qu’y a‑t-il de plus ravageur que la peste, telle celle de 1593 à Lon­dres, qui a trans­for­mé les médecins en noirs cor­beaux, parsemé les chairs de bubons puru­lents, jonché les rues de cadavres ? De plus foi­son­nant que le théâtre élis­abéthain, sym­bol­isé avec majesté par le père adop­tif de Roméo et Juli­ette, le lanceur de ques­tions insond­ables, le songeur noc­turne esti­val ? De plus exal­tant que la com­po­si­tion de poèmes mythologiques, où des Hommes se frot­tent aux Dieux dans l’épreuve de tour­ments humains, où la Tragédie est sub­limée par le rythme ver­si­fié, où la scan­sion se fait chan­son à deux bouch­es ? De plus noir que les chicots d’Élisabeth Ière, au teint (arti­fi­cielle­ment) pâle assom­bri par la dépres­sion, mais tou­jours affamée, alerte, red­outable en des temps de rus­es et de com­plots ? De plus nour­ris­sant qu’un pain d’épice pré­paré avec amour par de jolies mains potelées, agré­men­té de vin rouge ou con­stel­lé d’anis étoilé, accom­pa­g­né d’une ale fraîche­ment pétil­lante ? La pas­sion… Con­tin­uer la lec­ture →

Bluebird, le dernier né de Geneviève Damas

Geneviève DAMAS, Blue­bird, Gal­li­mard, 2019, 154 p., 14,50 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2072853401

Geneviève Damas a l’art de don­ner la parole à ceux, et surtout celles, qui n’ont pas tou­jours droit de cité dans nos sociétés. Après une migrante et celle qui va lui apporter sou­tien et loge­ment dans Patri­cia, son précé­dent roman pub­lié chez Gal­li­mard, elle donne cette fois la parole à une ado­les­cente dont la vie va pren­dre une direc­tion inat­ten­due.


Lire aus­si : notre recen­sion de Patri­cia


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« Mais alors, avant d’être ensemble, qu’avions-nous vu ? »

Un coup de cœur du Car­net

Eva KAVIAN, L’homme que j’aime, Car­nets du Dessert de Lune, 2019, 66 p., 12 €, ISBN : 978–2930607597

Eva Kavian est une autrice qui touche à tous les gen­res, écrit pour tous les âges et ani­me des ate­liers d’écriture. Poésies, road-movie mésolithique, manuel pour appren­ti écrivain, romans pour enfants ou ado­les­cents, sou­vent elle invente des vies à ses per­son­nages. Par­fois, elle racon­te la sienne. Con­tin­uer la lec­ture →

Tu m’aimes combien ?

François DE SMET, Éros cap­i­tal, Les lois du marché amoureux, Flam­mar­i­on, coll. “Cli­mats”, 2019, 400 p., 21 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782081422698

On voudrait y croire encore, on voudrait y croire tou­jours que : l’amour est le plus beau, le plus pur des sen­ti­ments, la divine idylle peut nous apporter le bon­heur, nous emporter loin de la vie laborieuse, dis­pendieuse. On voudrait et puis des écrivains, des intel­lectuels brisent nos rêves. Ils nous font per­dre espoir. Mais peut-être que sans espoir – ce qui ne sig­ni­fie pas le dés­espoir – peut-on affron­ter la réal­ité au mieux, dans toutes ses dimen­sions. C’est ce que sem­ble dire le philosophe François De Smet à la fin d’Éros cap­i­tal, que ce que nous venons de lire « ne nous empris­onne dans aucun déter­min­isme ». On ajoutera : peut-être qu’il nous en libère. Mais que venons-nous de lire ?

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