Archives par étiquette : Clarisse Michaux

Rencontre avec Jeanne Dielman

Clarisse MICHAUX, La gaieté me sidère, Hourra, 2024, 72 p., 16 €, ISBN : 9782491297084

michaux la gaieté me sidèreLa gaieté me sidère, le recueil poétique de Clarisse Michaux s’est écrit depuis un déchirement, depuis une révélation livrée par une séquence du film de Chantal Akerman, Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles. La spectatrice du film entreprend un pèlerinage qui gravite autour du film, du personnage de Jeanne, dans une attention à l’espace de la répétition, à la monotonie des gestes d’une ménagère enfermée dans la routine d’une vie. J. D., ses tâches ménagères et ses clients, la même chose. J. D., son fils, une dévitalisation de l’existence. C’est au cœur de l’expérience de la durée délivrée par Jeanne Dielman, filmée par Chantal Akerman que Clarisse Michaux s’installe, dans un dialogue avec la ménagère-prostituée de 1975. Comme si l’expérience de la durée morte, désintensifiée qui emprisonne Jeanne Dielman se prolongeait dans le temps écoulé entre la réalisation du film et sa réception cinquante ans plus tard. Continuer la lecture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plupart d’entre nous, le début des vacances est aussi imminent qu’attendu. Évoquer en ce moment la rentrée, fût-elle littéraire, a donc forcément quelque chose d’incongru. Pourtant, les maisons d’édition ont généralement déjà bouclé leur programme automnal et plusieurs d’entre elles l’ont présenté aux libraires, voire aux médias. Comme toujours, les autrices et auteurs belges seront nombreux à dévoiler leur nouveau livre cet automne. Le point sur leurs sorties annoncées au deuxième semestre.

Mais d’abord quelques constats. À part les éditions M.E.O., Weyrich et Les impressions nouvelles, dont certains romans paraissent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le calendrier de la rentrée littéraire française : la plupart de leurs publications sont prévues plus tard dans la saison. Ce décalage peut s’expliquer par une volonté de ne pas se placer en concurrence, forcément déséquilibrée, avec des sorties hexagonales accompagnées de moyens promotionnels sans commune mesure. Il reflète aussi une logique autre : plusieurs maisons d’édition interrogées pour préparer cet article nous ont expliqué programmer leurs parutions en fonction non de la rentrée littéraire, mais des événements plus porteurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEstival ou encore le Poetik Bazar. Continuer la lecture