Clarisse MICHAUX, La gaieté me sidère, Hourra, 2024, 72 p., 16 €, ISBN : 9782491297084
La gaieté me sidère, le recueil poétique de Clarisse Michaux s’est écrit depuis un déchirement, depuis une révélation livrée par une séquence du film de Chantal Akerman, Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles. La spectatrice du film entreprend un pèlerinage qui gravite autour du film, du personnage de Jeanne, dans une attention à l’espace de la répétition, à la monotonie des gestes d’une ménagère enfermée dans la routine d’une vie. J. D., ses tâches ménagères et ses clients, la même chose. J. D., son fils, une dévitalisation de l’existence. C’est au cœur de l’expérience de la durée délivrée par Jeanne Dielman, filmée par Chantal Akerman que Clarisse Michaux s’installe, dans un dialogue avec la ménagère-prostituée de 1975. Comme si l’expérience de la durée morte, désintensifiée qui emprisonne Jeanne Dielman se prolongeait dans le temps écoulé entre la réalisation du film et sa réception cinquante ans plus tard. Continuer la lecture
