Bernard TIRTIAUX, L’écorché, Genèse édition, 2024, 187 p., 21 €, ISBN : 978–2‑3820–1033‑4
Philippe est un chirurgien spécialisé en reconstruction faciale qui vit en harmonie avec sa compagne Albane. Son quotidien est ébranlé lorsque la première femme qu’il a aimée, Olga, reprend contact avec lui après vingt-cinq ans pour lui demander d’opérer son fils défiguré par une agression à l’acide.
Ces retrouvailles sont l’occasion pour le héros de se replonger dans son passé et de revivre cet amour fou rencontré lors d’un cours de dessin. Olga la tornade a libéré Philippe d’un carcan familial trop étriqué et lui a fait goûter aux plaisirs de la chair, où la confusion classique entre désir et amour a été scellée par un mariage éclair. Malgré cet échec soldé par une disparition laconique de la belle, Philippe sent se raviver les flammes de ce « lointain amour resté vivace sous les cendres ». Continuer la lecture
Au fil des saisons la collection Belgiques des éditions Ker étend sa toile parmi les auteurs belges francophones. Les recueils s’articulent sur une formule ouverte : « des paysages, des ambiances des traditions, de la politique, des amours, des langues, des souvenirs ancrés dans l’enfance ». Bernard Tirtiaux s’est prêté au jeu, lui qui nous a jusqu’ici donné des fictions dans lesquelles il ne se mettait pas directement en scène, alors que nombre de ses collègues pratiquent volontiers l’autofiction. 


Dans son nouveau livre, L’ombre portée, paru en janvier dernier chez Jean-Claude Lattès, Bernard Tirtiaux s’inscrit dans l’histoire de sa famille paternelle, comme héritier du domaine de Martinrou qu’il a racheté et patiemment autant qu’obstinément rebâti, reconverti. On y trouve toute la trame de sa vie de bâtisseur, d’artisan, d’écrivain et d’homme de théâtre. Au fil des pages, l’auteur se raconte dans la lignée de son grand-père et de son père, qui ont en quelque sorte préfiguré les grandes options de sa vie, en construisant l’un une chapelle en 1938, là où le jeune Bernard posera ses premiers vitraux en 1968 et ensuite une rosace en lames de verre en 1998, l’autre une nouvelle laiterie pour la ferme, qui deviendra l’atelier du futur maître-verrier.
Ils sont onze. Onze écrivains à avoir participé à ce projet : un recueil de nouvelles pour adolescents. Onze plumes pour aider les jeunes à penser le populisme, l’obscurantisme, le racisme déguisé en bon sens, l’abandon de l’humanisme au profit d’idées simplistes tenues par des politiciens tantôt marionnettistes, tantôt marionnettes, ou par de simples citoyens passés du côté obscur de la démocratie. 
Le nouveau roman de Bernard Tirtiaux est un curieux mélange de tendresse et de cruauté ; les personnages sont « de bonne volonté » – trop gentils ? – mais l’époque dans laquelle ils vivent et courent après l’amour et le bonheur est terrible et barbare. L’auteur nous emporte dans le tourbillon d’une grande histoire d’amour qui embrasse les deux guerres mondiales, entre Noël, né dans une famille de fermiers en Ardenne le 25 décembre 1909, et Luise, la fille – ‘naturelle’ comme on disait alors – de Klara von Ludendorff, née par accident chez les parents de Noël en juin 1914.