Archives par étiquette : poésie

Suite en mode Miseur

Claude MISEUR, Sur les rives du Même, Arbre à paroles, 2020, 108 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87406–699‑3

miseur sur les rives du memeDédié à Rio di Maria, avant-pro­posé par Éric Allard, pub­lié par L’arbre à paroles avec l’aide du Fonds nation­al de la Lit­téra­ture, Sur les rives du Même de Claude Miseur, act­if auprès de divers­es asso­ci­a­tions lit­téraires, au ser­vice de la cause des écrivain(e)s, a des allures de let­tres nationales. Illus­trées de six pein­tures sculp­tées par Fer­der­im Lipczyn­s­ki, l’ouvrage touche à la sobriété et à la grav­ité. Le pre­mier poème, par­lant bas / de peur d’éveiller / la perte et le manque, prévient et pré­pare le lecteur. Con­tin­uer la lec­ture

« Sur le petit vapeur, quelque part, au Norrland peut-être… »

Un coup de cœur du Car­net

Piet LINCKEN, Edith SÖDERGRAN (1892–1923), Å itinéraire sué­dois, Ate­lier de l’agneau, 2020, 104 p., 17 €, ISBN : 9782374280424

lincken A itinéraire suédoisDepuis longtemps je prévoy­ais un voy­age vers la Scan­di­navie. L’heure n’étant pas aux déplace­ments, j’ai dû réfrén­er mon élan vers le Nord, met­tre cette des­ti­na­tion au frais dans l’attente de jours meilleurs. Mais c’était sans compter le dernier livre de Piet Linck­en ravi­vant le désir, Å itinéraire sué­dois édité dans la col­lec­tion bilingue de l’Atelier de l’agneau. Artiste poly­mor­phe (musi­cien, pho­tographe, poète, com­pos­i­teur) et tra­duc­teur du sué­dois, l’auteur nous embar­que vers les con­fins de la Suède et de la Fin­lande où il vit régulière­ment. Ver­sion aug­men­tée d’un texte paru précédem­ment, le livre procède par à‑coups, tels les soubre­sauts du moteur de la voiture qui pousse Linck­en sur l’autoroute E6 vers Göte­borg et plus loin encore vers le Nord. Con­tin­uer la lec­ture

À l’instinct et l’instant

Iocas­ta HUPPEN, Oh, et puis zut !, Bleu d’encre, 2020, 74 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–33‑8

huppen oh et puis zutL’ouvrage se con­clut par un pédi­grée poé­tique plein de con­cours, pub­li­ca­tions et prix. Iocas­ta Hup­pen en est à son cinquième recueil de haïkus. Celui-ci, Oh, et puis zut ! est son deux­ième chez Bleu d’encre. La cou­ver­ture est un auto­por­trait com­posé de qua­tre cail­loux et trois pommes de pins, et la qua­trième de cou­ver­ture annonce des « poèmes d’humour ». Cepen­dant, les aspects tech­niques ne sont jamais loin car l’auteure est aus­si ani­ma­trice d’ateliers d’écriture. Ain­si, elle explique que ses haïkus sont, dans cette pub­li­ca­tion, davan­tage des sen­ryu, ce qui « a comme sujet prin­ci­pal les faib­less­es humaines ». Con­tin­uer la lec­ture

Les naissances du poète

Philippe BOURET, Ligne de fond. Entre­tiens avec Wern­er Lam­ber­sy, Rumeur libre, 2019, 272 p., 19 €, ISBN : 978–2‑35577–184‑2

bouret ligne de fondL’œuvre de Wern­er Lam­ber­sy est vaste, comme un océan agité de ténèbres. Pour le par­courir, Philippe Bouret a choisi d’y ten­dre une ligne de fond sous la forme de dia­logues ou plus exacte­ment d’une réflex­ion à deux, menée entre le poète et le psy­ch­an­a­lyste. Il en résulte un livre qui est le témoignage dense de trois années de con­ver­sa­tions. Il se car­ac­térise par la lib­erté : lib­erté du ton, des sujets abor­dés et lib­erté des mots, qui offrent une plongée pas­sion­née dans l’intimité de l’œuvre. La con­ver­sa­tion s’interrompt, par­fois, lorsque Philippe Bouret demande à Wern­er Lam­ber­sy de lire l’un de ses textes, sur lequel l’un et l’autre rebondis­sent, livrent leurs inter­ro­ga­tions. Petit à petit se com­pose un por­trait du poète parsemé de sourires, de con­nivences mali­cieuses et de res­pi­ra­tions mélan­col­iques. Un petit fait, comme une guêpe qui se noie dans une tasse, peut ain­si inspir­er le réc­it d’une anec­dote et une réflex­ion ful­gu­rante sur l’écriture qui noue la vie et la mort. Con­tin­uer la lec­ture

« Un poème doit être fatal »

COLLECTIF, Le regard éclairé. À pro­pos de Philippe Jacot­tet, Rein­er Kun­ze, Franz More­au, Norge, Joseph Orban, Mar­cel Piquer­ay, Qua­si­mo­do et André Schmitz, t. II, Tail­lis pré, 2020, 166 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–161‑6

collectif le regard éclairéLe 19 octo­bre 2019… Une date tout droit sor­tie du « monde d’avant », celui où il était encore lois­i­ble de se réu­nir devant une scène de con­cert ou un grand écran, à la tablée d’un restau­rant ou, pourquoi pas, pour enten­dre par­ler de poésie. C’est ce qui se pas­sait à Brux­elles, ce same­di-là, à l’occasion d’une des ren­con­tres inter­na­tionales organ­isées par le Jour­nal des Poètes. Afin de « célébr­er cette émo­tion appelée poésie », les par­tic­i­pants y évo­quaient tour à tour une fig­ure, belge ou non, et par-delà des voix s’exprimant dans des reg­istres très dif­férents. Con­tin­uer la lec­ture

Il est temps de réinviter la beauté

Rose-Marie FRANÇOIS, Temps sans faux, Arbre à paroles, 2020,135 .p, 13 €, ISBN : 978–2‑87406 700–6

françois temps sans fauxLau­réate de nom­breux prix lit­téraires, Rose-Marie François abor­de depuis Girou­ette sans clocher, son pre­mier recueil de poèmes parus en 1971, la lit­téra­ture sous dif­férents angles. La poésie et le roman en con­stituent le socle. Elle accoste aus­si aux rivages de la scène avec des textes, qu’elle aime à jouer elle-même. Spé­cial­iste de lit­téra­ture let­tone, elle en a été l’ambassadrice en langue française par de nom­breuses tra­duc­tions et con­tri­bu­tions à des antholo­gies plurilingues. Con­tin­uer la lec­ture

Défense et illustration de la poésie pour enfants

Carl NORAC, La poésie pour adultes et pour enfants : le grand écart?, Midis de la poésie, 2020, 64 p. , 10 €, ISBN : 978–2‑931054–03‑1

norac poesie pour adultes et pour enfants le grand écartQu’est-ce qu’un poème pour enfants ? Existe-t-il deux formes de poésie, l’une pour la jeunesse et l’autre, la vraie ? Carl Norac réfute les clichés et affirme que « dans sa mul­ti­plic­ité absolue, la poésie est une et indi­vis­i­ble ».

Carl Norac sait de quoi il par­le, lui qui vit dans les deux mon­des et écrit pour les deux publics, mais ne se sent pas être « deux poètes dif­férents ». Grand voyageur, comme en témoignent, par­mi tant d’autres titres, Le sourire de Kiawak ou les Poèmes de roches et de brumes, Carl Norac n’aime pas les fron­tières et son œuvre est, à la fois, diverse et habitée d’une pro­fonde unité. Elle noue des liens féconds avec les arts pic­turaux, dans des rela­tions de com­plic­ité avec les illus­tra­teurs, et avec la musique, qui ani­me les Sonates pour un homme seul et a inspiré à l’auteur des prom­e­nades buis­son­nières entre les notes de com­pos­i­teurs (Mon­sieur Satie, Mon­sieur Mozart). Con­tin­uer la lec­ture

La plus haute tour

Anne-Marie DERÈSE, La Belle me hante, Pré­face d’Anne-Michèle Hamesse, Illus­tra­tions de Michel Cli­quet, Coudri­er, 2020, 111 p., 18 €, ISBN : 978–2‑3905–2010‑8

derese la belle me hanteLa féminité est, plus que jamais, le creuset de la plu­part des livres qui parais­sent aujourd’hui…Une féminité transfuge, abusée, déclarée, revendiquée, guer­rière… Les études de genre veu­lent rebat­tre les cartes  des iden­tités, les lignes d’hori­zon de notre human­ité.

La poésie enchérit chaque jour là aus­si, dans ces zones de trou­ble et de quête. Aux édi­tions Le Coudri­er, c’est une des matières pre­mières des  autri­ces et auteurs mai­son. Con­tin­uer la lec­ture

Une sérénité incertaine

Un coup de cœur du Car­net

Daniel DE BRUYCKER, Neu­vaines 7 à 9, Mael­strÖm, coll. « Poésie », 2020, 239 p., 16 €, ISBN 978–2‑87505–365‑7

de bruycker neuvaines 7 à 9Troisième et dernier tome des Neu­vaines, le nou­veau livre de Daniel De Bruy­ck­er offre avec les deux précé­dents assez de simil­i­tudes pour ne pas décon­cert­er le lecteur, et assez de dif­férences pour éviter une impres­sion de monot­o­nie. On y redé­cou­vre à chaque page cette atti­tude mod­este­ment “philosophique” devant l’ex­is­tence, non l’énon­cé d’une doc­trine, mais une sagesse empirique mêlant fatal­isme et stoï­cisme. Y domi­nent les thèmes de la quo­ti­di­en­neté bien­v­enue, de la fru­gal­ité, du chem­ine­ment, de la soli­tude libre­ment con­sen­tie – on l’a dit, il y a quelque chose de monacal dans cette démarche. Revient sou­vent le motif du logis, du chez-soi, sug­gérant le désir de (re)trouver sa juste place dans la com­plex­ité du monde. « Vivre est si sim­ple ! », lit-on, affir­ma­tion rare dans la poésie con­tem­po­raine… Toute­fois, il ne s’ag­it nulle­ment d’as­sur­ance ou de con­fi­ance béate. À de nom­breuses repris­es pointent des sen­ti­ments de non-cer­ti­tude, d’ig­no­rance ou d’im­puis­sance, que sig­na­lent le recours à la forme inter­rog­a­tive, à la fig­ure du para­doxe, à l’hési­ta­tion, au « peut-être ». Tout ce style de vie et de ques­tion­nement trou­ve à la fois son expres­sion idoine et sa jus­ti­fi­ca­tion dans la pra­tique inlass­able, vitale, de l’écri­t­ure poé­tique, où sans fin se relance la dialec­tique entre le con­nu et l’in­con­nu, l’ac­cep­té et l’éludé. Ain­si le vécu ne se sou­tient-il pas de lui seul. Il est mis en bal­ance con­tin­uelle avec ce qui lui échappe et que pour­tant il nour­rit : la poésie en tra­vail. Neu­vaines tient à la fois de la quête du sens exis­ten­tiel, d’un jour­nal intime au “moi” introu­vable, de l’ex­er­ci­ce spir­ituel, des grandes manœu­vres ver­bales. Con­tin­uer la lec­ture

Le mistral souffle encore à Uzès

Corinne HOEX, Uzès ou nulle part, Cormi­er, 2020, 84 p., 17 €, ISBN : 9782875980236

hoex uzes ou nulle partExiste-t-elle vrai­ment cette ville d’Uzès ? Sans doute est-ce une des­ti­na­tion prisée pour les amoureux du Sud de la France mais pour d’autres, le nom même de cette com­mune résonne comme un leurre, une hypothèse. Pour Corinne Hoex, la ville n’a pas de con­sis­tance même si para­doxale­ment elle n’en finit pas de bruire, de ren­voy­er l’écho d’une décep­tion. Le titre de son dernier recueil en témoigne, Uzès ou nulle part. Une ville comme gom­mée de la carte, une ville-fan­tôme. Con­tin­uer la lec­ture

Langue-jerrican et recueil-phénix

Lisette LOMBÉ, Brûler Brûler Brûler, Icon­o­claste, coll. « L’Iconopop », 2020, 12 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑37880–167‑0

lombé bruler bruler brulerCes jours-là
jours de énième scan­dale pédophile,
énième bavure poli­cière,
énième fémini­cide,
énième inci­dent mor­tel dans une usine,
ces jours-là,
lende­mains d’élections, d’attentat, de cat­a­clysme,
ces jours-là,
une lave noire et visqueuse déboule dans ma gorge
et car­bonise toutes mes belles petites phras­es human­istes
qui me sauvent tous les jours sauf ces jours-là. 

Alors, Lisette Lom­bé colle. Elle accole trois verbes à l’infinitif : Brûler Brûler Brûler. Davan­tage qu’un mode ver­bal très présent dans son écri­t­ure, l’infinitif igné fig­ure la démarche de Lisette Lom­bé, poétesse et grande fig­ure du slam en Bel­gique. Ce verbe exulte dans ce recueil pub­lié aux édi­tions Iconopop. Celui-ci réu­nit, comme en un grand col­lage, des textes issus des ouvrages Black Words (L’Arbre à paroles, 2018) et Tenir (Mael­ström, 2019) et il est aug­men­té de puis­sants col­lages d’images en noir et blanc réal­isés par la poétesse. Con­tin­uer la lec­ture

Pé aime

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er , Poé­tique de l’amant, Bozon2x, 2020, 116 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931067–05‑5

olivier pe poetique de l'amantLe tra­jet d’Olivi­er Pé de la pein­ture vers la pho­togra­phie a été déter­miné par la perte d’un ate­lier qu’il occu­pait depuis vingt ans. Imag­inez un artiste qui doit dès lors se remet­tre en com­plète ques­tion ; médi­um com­pris. Or il a 1500 pho­tos dans son ordi­na­teur qui l’attendent, essen­tielle­ment pris­es avec son smart­phone. Il en extrait peu à peu 300, les imprime, les place au mur du salon et laisse un trimestre les déplac­er au rythme d’une mélodie intérieure lente, dont ses doigts se font le silen­cieux chef d’orchestre, jusqu’à n’en retenir qu’une cen­taine. Con­tin­uer la lec­ture

Le continent du fragile…

Anne-Marielle WILWERTH, Là où s’étreignent les silences, Bleu d’encre, 2020, 85 p., 12€, ISBN : 978–2‑930725–34‑5

wilwerth la ou s etreignent les silencesComme nous l’évoquions à la fin d’une précé­dente recen­sion, c’est sur un quai bercé par une brise marine légère que nous retrou­vons avec plaisir Anne-Marielle Wilw­erth. Un nou­veau recueil qui ne pou­vait trou­ver plus bel ancrage que l’enseigne des édi­tions Bleu d’encre tant les nuances de la couleur bleue sem­blent iris­er l’œuvre de l’auteure. Un bleu peut-être plus dilué ici que dans le dernier livre, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile, paru en 2019, un peu plus flou, plus léger qui irriguerait des ciels ordi­naires où flâ­nent des funam­bules. C’est donc en emprun­tant à la palette du pein­tre son bleu out­remer qu’Anne-Marielle Wilw­erth pour­suit l’édification de sa cathé­drale de silence. Chaque recueil venant d’une cer­taine manière et presque para­doxale­ment combler les vides d’une archi­tec­ture vouée à l’effacement, au retrait. Con­tin­uer la lec­ture

Poésie touffue de signes

Jean d’AMÉRIQUE, Ate­lier du silence, Cheyne, 2020, 17 €, ISBN : 978–2‑84116–292‑5

jean d'amerique atelier du silenceD’un instant tout pos­si­ble remué, le poème grav­it ses ruines et le ciel reprend besogne à héberg­er l’opaque. 

Hypal­lages, parono­mases, syn­chis­es ou hyper­boles : à l’œil du lecteur de poésie aver­ti, les nom­breuses fig­ures de style qui habitent le recueil Ate­lier du silence de Jean d’Amérique n’échapperont pas. Le pré­faci­er de cet ouvrage, Jacques Van­den­schrick, recom­mande pour­tant : « Que cha­cun entame, loin des pédan­ter­ies théoriques, sa lec­ture buis­son­nière, libre et empathique quels que soient les appar­ents cahots de la sente. » Qu’à cela ne tienne, arpen­tons donc l’atelier du silence du poète. Con­tin­uer la lec­ture

Poèmes en trois temps

Mar­tine ROUHART, Dans le refuge de la lumière, Bleu d’encre, 2020, 54 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–32‑1

rouhart dans le refuge de la lumiere

Pre­mier dessin après trois poèmes : une femme s’éloigne dans la cam­pagne et l’herbe écrit des mots de loin en proche, depuis l’horizon jusqu’à l’avant-plan. Je marche / en écrivant des phras­es / qui se com­posent / se décom­posent / comme la cal­ligra­phie / des oiseaux / dans le bleu.

Deux­ième dessin après vingt-trois poèmes : un arbre s’effiloche dans la page et le vent invente des mots depuis le tronc jusques au sol. Elles chantent lente­ment / assoupies / comme des pen­sées / les feuilles dorées / étin­celles d’un soleil attardé. Con­tin­uer la lec­ture

La foi, la poésie

Colette NYS-MAZURE, Let­tre d’Atonie, Encre orig­i­nale de Robert Lobet, Jacques Bré­mond, coll. « Les petites let­tres », 2020, ISBN : 978–2‑915519–95‑2

Colette NYS-MAZURE,Anne LE MAISTRE, Chaque aurore te restera pre­mière, Ate­lier des noy­ers, 2020, ISBN : 978–2‑490185–43‑6

nys mazure chaque aurore te restera premiereUn livre d’artiste est tou­jours une ren­con­tre. Ce pourquoi il n’est pas seule­ment un objet man­u­fac­turé unique, mais aus­si un rap­port sen­si­ble entre au moins, à l’origine, deux mon­des, si pas trois : ceux de l’auteur, de l’artiste plas­ti­cien, de l’éditeur… Don­ner une déf­i­ni­tion de ce qu’est un livre d’artiste n’est pas chose facile : Pierre-André Benoit – un poète, pein­tre, illus­tra­teur, graveur, typographe, imprimeur, édi­teur d’art (1921–1993) – soute­nait que le livre d’artiste peut revêtir de mul­ti­ples formes et qu’il s’ag­it « d’un livre, voire dans cer­tains cas un livre-objet, édité/créé à peu d’ex­em­plaires, voire à tirage unique, très sou­vent réal­isé de manière arti­sanale et générale­ment dif­fusé hors des cir­cuits clas­siques de dis­tri­b­u­tion, même sou­vent par l’au­teur lui-même (…) Il est le résul­tat de la ren­con­tre entre la pen­sée orig­i­nale d’un artiste et son imag­i­na­tion au niveau des formes, de la présen­ta­tion, des pos­si­bil­ités d’im­pres­sion ou de repro­duc­tion, du papi­er, des matières… Ce livre présente en effet des savoir-faire et des pro­duc­tions extrême­ment dif­férentesCon­tin­uer la lec­ture