Archives par étiquette : Primaëlle Vertenoeil

Trente ans et cent cinquante-cinq livres

Un coup de cœur du Carnet

Tétras Lyre 1988–2018. L’an­tholo­gie, textes rassem­blés et édités par Pri­maëlle Verte­noeil, Tétras Lyre, 2018, 176 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930685–37‑3

Les édi­tions Tétras Lyre pren­nent nais­sance en sep­tem­bre 1988 dans une mai­son de la rue Pier­reuse à Liège, sous l’im­pul­sion de Marc Imberechts. Né à Gem­bloux, ce poète de quar­ante-six ans a beau­coup déam­bulé en Afrique, en France, en Écosse, puis a vécu de petits boulots avant de décrocher un diplôme d’in­sti­tu­teur et d’être engagé dans une école pour enfants en dif­fi­culté – tout en s’ini­tiant à l’im­primerie… Ain­si va-t-il éditer arti­sanale­ment des recueils d’A. Wéry, de M. Biefnot, et pub­li­er en 1980 son pre­mier livre per­son­nel : D’un hiv­er L’autre. C’est René Lei­va Jimenez, exilé chilien devenu un ami, qui lui sug­gère de créer à Liège une petite struc­ture d’édi­tion. Bien­tôt, une équipe de sept ou huit per­son­nes est con­sti­tuée. Elle veut met­tre en évi­dence – édi­tion bilingue, beau papi­er, typogra­phie soignée, gravures orig­i­nales – des poètes venus aus­si bien d’Amérique latine, de Bel­gique ou du Maghreb, et com­mence avec des textes de Véra Fey­der, Arturo Perez, William Cliff. On l’au­ra com­pris, la sélec­tion est exigeante, tant pour les textes que pour les illus­tra­tions ; sont priv­ilégiées l’o­rig­i­nal­ité et la moder­nité, mais sans vers­er dans l’ab­scons ou le dés­in­car­né. Trois nou­velles col­lec­tions font leur appari­tion en 1990, tan­dis que l’équipe ini­tiale se réduit au trio for­mé par M. Imberechts, Guy-Hen­ri Dacos et Jean-Marc Simar. Les paru­tions se suc­cè­dent au rythme vari­able de deux à dix titres par an : G. Hons, L. Noullez, É. Brog­ni­et, F. Pes­soa, A. Schmitz, F. Arra­bal, Ph. Mathy, Ph. Leuckx, J. Izoard, M. Seuphor, W. Lam­ber­sy et bien d’autres. Con­tin­uer la lec­ture

Trouver sa veine

Serge NUÑEZ TOLIN, La vie où vivre, Rougerie, 2017, 13 €, ISBN : 978–2856683941

nunez tolinSerge Nuñez Tolin pour­suit depuis plusieurs années un intéres­sant tra­vail poé­tique, per­son­nel et atyp­ique. Une poésie qu’il pub­lie chez des édi­teurs comme Le Cormi­er ou Rougerie, des édi­teurs ayant en  com­mun une même vision de l’art poé­tique et du livre-objet (qui se mar­que aus­si – en clin d’œil — dans l’absence de rog­nages des cahiers). Deux ans après Fou dans ma  hâte et cinq ans après l’excellent Nœud noué par per­son­ne, Serge Nuñez Tolin revient avec un recueil assez sim­i­laire aux autres, La vie où l’autre, tou­jours édité chez Rougerie. Con­tin­uer la lec­ture

Se faire une place au soleil…

Chris­tine GUINARD, Eli­na SALMINEN, En sur­face, Élé­ments de lan­gage, 2017, 64 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930710–12‑9

guinardDepuis quelques années, l’éditeur belge Élé­ments de lan­gage pour­suit un intéres­sant tra­vail édi­to­r­i­al dans le secteur poé­tique fran­coph­o­ne. Se définis­sant lui-même comme « un comp­toir édi­to­r­i­al indépen­dant spé­cial­isé dans la lit­téra­ture hors la loi du marché…», cet édi­teur pro­duit des ouvrages sin­guliers recon­naiss­ables par leur for­mat à l’italienne et la charte graphique sin­gulière. Con­tin­uer la lec­ture

Aimer à l’infini

François HARRAY, Le Nou­veau Messie, Tra­verse, 2017, 124 p., 13 €, ISBN : 978–2‑93078–315‑4

harrayLes édi­tions Tra­verse, en col­lab­o­ra­tion avec Couleurs Livre, vien­nent de pub­li­er un sur­prenant ouvrage, Le Nou­veau Messie. Sur la cou­ver­ture, une indi­ca­tion générique : « roman ». Cette indi­ca­tion générique n’est cer­taine­ment pas incor­recte, mais elle n’est peut-être pas totale­ment juste. Dis­ons, dans une pre­mière approx­i­ma­tion, qu’elle per­met de com­mu­ni­quer sur le genre général du livre : Le Nou­veau Messie ne sera ni de la poésie, ni du théâtre. Con­tin­uer la lec­ture

L’art de la nouvelle

Un coup de coeur du Carnet

Anne-Michèle HAMESSE, Ma voi­sine a hurlé toute la nuit, Cac­tus Inébran­lable, 2016, 82 p., 9 €, ISBN: 978–2‑930659–44‑2

hamesse

La nou­velle, à côté des autres gen­res lit­téraires que sont le roman ou la poésie, n’a jamais occupé une posi­tion cen­trale dans l’histoire des let­tres. Rares sont les maisons d’édition qui lui con­sacrent une place de choix dans leur cat­a­logue, à l’exception notable d’une seule, en Bel­gique fran­coph­o­ne.  Pour­tant, le genre est fasci­nant et pro­duit sou­vent d’excellents textes. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps de l’engagement

Pierre ORBAN, Pour avoir de l’espoir, faudrait du temps, Edi­tions du Cerisi­er, 2016, 144 p., 12€   ISBN : 978–2‑87267–200‑4

orbanDepuis plusieurs décen­nies, les édi­tions du Cerisi­er se démar­quent du champ édi­to­r­i­al belge par un engage­ment poli­tique et socié­tal. Cet engage­ment se retrou­ve dans leurs dif­férentes col­lec­tions et pub­li­ca­tions. Aujourd’hui parait ain­si un nou­veau roman, Pour avoir de l’espoir, faudrait du temps, écrit par Pierre Orban, dans la col­lec­tion « Faits et geste ». S’il s’agit d’un roman, il puise néan­moins ses sources d’inspiration dans une réal­ité très con­crète : la crise économique en Espagne et le mou­ve­ment des « Indignés » qui en découle. Pour don­ner corps à cette matière poli­tique­ment très dense, l’écrivain a choisi deux héroïnes, Alba et Luna, deux jeunes que tout oppose et rap­proche en même temps. Con­tin­uer la lec­ture

Le provisoire de Pierre-Jean Foulon

Pierre-Jean FOULON, Voy­age au pays du néant pro­vi­soire, Edi­tions du Span­tole, 32 p.

Philo­logue de for­ma­tion, con­ser­va­teur de la sec­tion « livres pré­cieux » du Musée roy­al de Mariemont, Pierre-Jean Foulon présente quelque prédilec­tion pour le livre d’art. On n’est donc pas éton­né de décou­vrir la qual­ité formelle de son nou­veau recueil, édité aux édi­tions du Span­tole et énig­ma­tique­ment inti­t­ulé Voy­age au pays du néant pro­vi­soire. Con­tin­uer la lec­ture

Les pérégrinations de Jacques Crickillon

Jacques CRICKILLON, Lita­nies. Le voy­age du par­a­ly­tique, Le Tail­lis Pré, 176 p.

Comme le dit la for­mule, on ne présente plus Jacques Crickil­lon. Poète de qual­ité au sein du paysage fran­coph­o­ne de Bel­gique, il est l’auteur de nom­breux recueils dont Colonie de la mémoire ou encore Guerre Sainte pour qui il a reçu le Grand Prix tri­en­nal en 1977.  Aujourd’hui, il vient de pub­li­er aux édi­tions Le Tail­lis Pré un nou­veau recueil, Lita­nies, sous-titré Le Voy­age du par­a­ly­tique. L’ouvrage est découpé en 4 par­ties : « Mon­tagne noire », « Refuge », « Frag­ments » et Lita­nies ». Con­tin­uer la lec­ture

Les Signes de vie de Frans De Haes

Frans DE HAES, Au signe du seul vivant, Le Tail­lis Pré, 2015

de haes « Frans de Haes, né en 1948, de cul­ture bilingue » : tels sont les pre­miers mots de la notice con­cer­nant l’auteur du recueil Au signe du  seul vivant. Aus­si cette notice nous apprend-elle que le poète, né dans l’après-guerre, a vu, au fil de sa car­rière, se dévelop­per plusieurs ten­dances lit­téraires. Un poète que l’on con­nait aus­si comme cri­tique lit­téraire. Bref, un con­nais­seur donc de la lit­téra­ture qui pro­duit ici son huitième recueil de poésie. Un ouvrage qui se com­pose de 29 poèmes numérotés. Con­tin­uer la lec­ture

Réflexions bucoliques

Philippe JONES, L’arbre en chemin, Le Cormi­er, 2015, 14 €

roberts jones l'arbre en cheminVient de paraître en octo­bre dernier, L’arbre en chemin, le dernier recueil de Philippe Jones aux édi­tions Le Cormi­er. Comme de cou­tume, l’ouvrage est de belle fac­ture et édité dans un for­mat atyp­ique (16,5 sur 21 cm). Aucune fan­taisie par­ti­c­ulière : les élé­ments para­textuels restent peu nom­breux et recon­naiss­ables au pre­mier coup d’œil. Cette épu­ra­tion per­met dès lors à la poésie de Philippe Jones de s’exprimer pleine­ment. Con­tin­uer la lec­ture

L’oralité d’Olivier Vanderaa

Olivi­er VANDERAA, Abreuve­ments néces­saires, M.E.O., 2015, 70 p.

Sur la cou­ver­ture, un imposant men­hir sur lequel un cou­ple pose, nu. Un intense brouil­lard enveloppe la cam­pagne avoisi­nante qui met en évi­dence l’énigmatique titre de ce recueil : Abreuve­ments néces­saires, accom­pa­g­né du sous-titre : poèmes. Une indi­ca­tion générique qui trou­ble davan­tage qu’elle informe. Con­tin­uer la lec­ture

Entre rebondissements et répétitions

Otto GANZ, Mille gouttes rebondis­sent sur une vit­re. Chœurs, L’Arbre à paroles, coll. « P.O.M », 2015.

C’est dans la très belle col­lec­tion « P.O.M. », Poésie ouverte sur le monde, et son très recon­naiss­able for­mat car­ré, qu’est paru le dernier texte d’Otto Ganz, Mille gouttes rebondis­sent sur une vit­re. Con­tin­uer la lec­ture

François Muir retrouvé

Primaëlle VERTENOEIL

muir1Les édi­tions de la Let­tre volée ont fait paraître, au cours de l’année 2014, deux titres posthumes du poète et romanci­er François Muir, décédé en 1997,  L’infamie de la lumière et Le jeûne de la val­lée. L’occasion de faire con­naître une œuvre jadis oubliée. Con­tin­uer la lec­ture

Une (courte) escapade marocaine

Arnaud DELCORTE et Brahim METIBA, Méri­di­ennes, M.E.O., 2015, 52 p., 14 €/ePub : 8.49 €, ISBN : 978–2‑9–8070-0031–5

meridiennes-1cLes édi­tions MEO vien­nent de pub­li­er un ouvrage hybride : Méri­di­ennes. Com­posé d’une cinquan­taine de pages, il con­tient les réal­i­sa­tions lit­téraires et artis­tiques de deux jeunes créa­teurs : Arnaud Del­corte et Brahim Meti­ba. Si leur col­lab­o­ra­tion est inédite, ils n’en sont pas à leur pre­mier pro­jet. Pro­fesseur de physique à ses heures studieuses, Arnaud Del­corte a déjà pub­lié de plusieurs recueils, par­mi lesquels Écume noire. Les por­traits pho­tographiques de Brahim Meti­ba, infor­mati­cien de for­ma­tion, ont fait, quant à eux, l’objet d’une pub­li­ca­tion dans la revue Dip­tyque en 2011.  Con­tin­uer la lec­ture

Le temps du ciel

Un coup de coeur du Carnet
Primaëlle VERTENOEIL

imhauserParu en 2012, le pre­mier recueil de poésie d’Emmanuelle Imhauser, Mise en pages, n’est pas passé inaperçu. Dans un écri­t­ure per­son­nelle, mais non exempt d’influences, la jeune poétesse lié­geoise se dévoilait comme une nou­velle écri­t­ure poé­tique, saluée par les con­nais­seurs. C’est qu’Emmanuelle Imhauser a gran­di par­mi ce que les his­to­ri­ogra­phies lit­téraires appel­lent « l’école lié­geoise ». Fille du poète Fer­nand Imhauser, proche de Jacques Izoard, actrice de la vie cul­turelle de la Prin­ci­pauté, Emmanuelle s’est nour­rie, pen­dant de longues années, de l’effervescence poé­tique qui a ani­mé Liège depuis plusieurs décen­nies. Con­tin­uer la lec­ture

Réécrire l’amour

Primaëlle VERTENOEIL

botquin

C’est dans la col­lec­tion « Poésie fran­coph­o­ne » des édi­tions du Cygne que Jean Botquin vient de pub­li­er un recueil de poésie inti­t­ulé Les quartiers de lune pâle. Un recueil, qui de prime abord, peut sur­pren­dre. Quelles en sont les raisons ? Con­tin­uer la lec­ture