Un coup de cœur du Carnet

La parole précaire
Auteur : Jean-Marie Corbusier
Maison d’édition : Le Taillis Pré
Collection : Les contemporains
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 115
Prix : 18 €
Livre numérique : /
EAN : 9782874502552
Au fil des recensions de recueils de poésie qui nous sont confiées, une question apparait de façon récurrente en filigrane de ceux-ci : comment relever le défi de la formulation poétique du réel ? On observe un opiniâtre acharnement à identifier – par le poème lui-même – le cheminement inquiet de l’écriture. Le recueil de Jean-Marie Corbusier exprime, dès son titre, La parole précaire, la fragilité, l’incertitude, une sorte de tremblement de la voix à donner à l’exploration sans cesse renouvelée de la voie poétique. Continuer la lecture

Avec ce nouveau recueil, À ras, publié 

« Rassurés par un jet de lumière aux avant-postes de la nuit, nous alimenterons la poésie aux ailes de nos désirs. »
De but en blanc, le dernier opus en date de Jean-Marie Corbusier, publié au Taillis Pré, laisse entrevoir un grand lecteur de la poésie d’André du Bouchet. De fait, celui-ci est explicitement cité à la page 78 du recueil, après Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy dans les pages précédentes. Sans doute issue de cette constellation poétique (rappelons que la revue L’éphémère a notamment lié Yves Bonnefoy et André du Bouchet à la fin des années 1960), la voix de Jean-Marie Corbusier se distingue toutefois par une poétique de la neutralité, très sensible. Entre l’aube et l’ombre, la parole de Corbusier tente de capter et de formuler les éclaircies : celles-ci semblent émaner d’un « feu pâle sa flamme tremblée ».
Au téléphone, Jean-Marie Corbusier me dit qu’il est perfectionniste et pessimiste. Quel paradoxe ! Vouloir atteindre le sommet et ne pas y croire… Pour justifier cette apparente contradiction, il ajoute que pour lui, le mot est un obstacle derrière lequel il existe un espace nouveau et plus grand : le bonheur. À l’exemple du boxeur qui trouve la victoire après le combat. Autre explication : il fait une différence majeure entre le poème et la poésie.