Archives par étiquette : Jean-Marie Corbusier

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Un écrin, une page, un appel…

Jean-Marie CORBUSIER (textes), Dominique NEUFORGE (encres), Print­emps pour un autre rivage, Tail­lis Pré, 2024, n.p., 25 €, ISBN : 978–2‑87450–228‑6

La col­lec­tion « Livres d’artistes » des édi­tions Le Tail­lis Pré est peut-être la moins con­nue de cet édi­teur incon­tourn­able dans le paysage poé­tique en Bel­gique fran­coph­o­ne. C’est d’ailleurs le pro­pre de ce type de pub­li­ca­tion, de nature con­fi­den­tielle. Non broché, le livre se présente sous la forme d’un car­ton­nage car­ré ren­fer­mant les pages volantes imprimées sur papi­er épais légère­ment tein­té (papi­er Stein­bach). De sorte qu’il est pos­si­ble de déploy­er l’ouvrage afin d’appréhender le texte à la manière d’une lec­ture-puz­zle. La belle typogra­phie aérée de chaque page, le jeu sur la let­trine en gras et italique ain­si que les encres délavées de Dominique Neu­forge qui rehaussent les poèmes, don­nent à l’ensemble un car­ac­tère extrême­ment soigné. Con­tin­uer la lec­ture

Le terreau arable des mots

Jean-Marie CORBUSIER, À ras, Tail­lis Pré, 2023, 137 p., 17€, ISBN : 978–2‑8745–216‑3

« …il faut beau­coup par­ler pour cacher
un mutisme authen­tique… »
Georges PERROS

corbusier a rasAvec ce nou­veau recueil, À ras, pub­lié comme les précé­dents au Tail­lis Pré, Jean-Marie Cor­busier pour­suit encore plus loin son duel avec les mots du poème. Un com­bat tou­jours renou­velé pour le poète dis­cret et « en retrait » (nulle­ment « retranché » pour autant) qu’il est, pas­sion­né par les paysages qui ont le silence en partage, les Ardennes, la Bre­tagne. Un com­bat sans cesse renou­velé au moment de cou­vrir la page blanche et dont l’âpreté naît juste­ment de cette économie des mots scan­dés, répétés. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées. Con­tin­uer la lec­ture

Outre

Jean-Marie CORBUSIER, Comme une neige d’avril, Let­tre volée, 2022, 112 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87317–586‑3

corbusier comme une neige d'avrilVoyageur aux pris­es avec un univers de mots, Jean-Marie Cor­busier pour­suit dans son nou­veau recueil pub­lié à La Let­tre volée – Comme une neige d’avril – sa recherche de la poésie. Explo­rateur, télé­graphe, le poète prend note de ce qu’il perçoit – spoil­er alert – : de la neige, tou­jours plus de neige, de la neige sur de la neige. Le blanc, que ce soit celui de la neige ou du papi­er, occupe, par con­séquent, une place prépondérante dans ce dernier recueil.

Cette com­para­i­son pour titre dit bien l’état de pré­car­ité de l’univers dans lequel évolue le poète. Cet univers se car­ac­térise par une absence de repères effi­caces. Pire, les règles qui le régis­sent ne sem­blent pas fixées une fois pour toutes. Le sol se dérobe sous les pas du poète qui ne sait nom­mer pré­cisé­ment ce qui l’entoure (« Ici amas se dit con­gère / ailleurs/banc de neige / là-bas qui revient » ; « l’aube / qui a changé de nom / le doute encore »). Aus­si, le poème « comme une neige d’avril » est-il l’image qui cache l’univers du dire impos­si­ble. Con­tin­uer la lec­ture

De la clairvoyance

Jean-Marie CORBUSIER, Ordon­nance du réel, Tail­lis Pré, 2021, 12 €, ISBN : 978–2‑87450–186‑9

corbusier ordonnance du reel« Ras­surés par un jet de lumière aux avant-postes de la nuit, nous ali­menterons la poésie aux ailes de nos désirs. »

Après le recueil De but en blanc, Jean-Marie Cor­busier délivre son ouvrage Ordon­nance du réel, égale­ment pub­lié au Tail­lis Pré. En une suite de poèmes en prose, adressés ini­tiale­ment à un « tu », le poète évoque l’essence et le mou­ve­ment de la poésie : « L’ombre et le som­met cohab­itent dans une fer­til­ité qui les dépasse, telle est la poésie insai­siss­able et une. » Con­tin­uer la lec­ture

Neutre, ou un « soleil sans ombre »

Jean-Marie CORBUSIER, De but en blanc, fron­tispice de Dominique Neu­forge, Tail­lis Pré, 2020, 124 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–169‑2

« Alors dans un fris­son, s’ouvre l’espace der­rière nous, seule con­fi­dence pos­si­ble. »

De but en blanc, le dernier opus en date de Jean-Marie Cor­busier, pub­lié au Tail­lis Pré, laisse entrevoir un grand lecteur de la poésie d’André du Bouchet. De fait, celui-ci est explicite­ment cité à la page 78 du recueil, après Philippe Jac­cot­tet et Yves Bon­nefoy dans les pages précé­dentes. Sans doute issue de cette con­stel­la­tion poé­tique (rap­pelons que la revue L’éphémère a notam­ment lié Yves Bon­nefoy et André du Bouchet à la fin des années 1960), la voix de Jean-Marie Cor­busier se dis­tingue toute­fois par une poé­tique de la neu­tral­ité, très sen­si­ble. Entre l’aube et l’ombre, la parole de Cor­busier tente de capter et de for­muler les éclair­cies : celles-ci sem­blent éman­er d’un « feu pâle sa flamme trem­blée ». Con­tin­uer la lec­ture

Derrière l’impossible des mots

Jean-Marie CORBUSIER, L’air, pierre à pierre, Tail­lis Pré, 2018, 137 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–134‑0

Au télé­phone, Jean-Marie Cor­busier me dit qu’il est per­fec­tion­niste et pes­simiste. Quel para­doxe ! Vouloir attein­dre le som­met et ne pas y croire… Pour jus­ti­fi­er cette appar­ente con­tra­dic­tion, il ajoute que pour lui, le mot est un obsta­cle der­rière lequel il existe un espace nou­veau et plus grand : le bon­heur. À l’exemple du boxeur qui trou­ve la vic­toire après le com­bat. Autre expli­ca­tion : il fait une dif­férence majeure entre le poème et la poésie. Con­tin­uer la lec­ture