Archives de catégorie : Poésie

La nature : grimoire ou miroir ?

Thier­ry-Pierre CLÉMENT, Approche de l’aube, pré­face de Jean-Pierre Lemaire, Ad Solem, 2018, 119 p., 19 €, ISBN : 978–2‑37298–096‑8

Retour délibéré aux fon­da­men­taux de l’ex­is­tence, la poésie de Thier­ry-Pierre Clé­ment octroie au monde naturel une préférence sou­veraine : mon­tagne, forêt, oiseaux, hori­zon mer-ciel, lumière du jour, jeux du vent, nulle atten­tion n’é­tant accordée à la moder­nité urbaine ou tech­nique. Tous ces élé­ments de la nature prim­i­tive, empreints de famil­iar­ité autant que de mys­tère, il s’ag­it pour le poète d’en guet­ter les signes les plus ténus, de les accueil­lir en lui, d’ex­plor­er les sen­ti­ments et les ques­tions qu’ils lui inspirent. « Il est bon d’ap­partenir à la terre », écrit-il, ou, devant le spec­ta­cle d’une glycine, « stupé­fait de recevoir ce matin / tant de mer­veille imméritée ». Ain­si une rela­tion à la fois con­stante et dis­symétrique s’ex­erce-t-elle entre le Dehors et le Dedans, assignés respec­tive­ment aux rôles de dis­pen­sa­teur et de béné­fi­ci­aire, mais sans exclure un pro­fond désir de com­mu­nion, sinon même de fusion : « laisse-la devenir toi / et toi / deviens la rose », « et nous lais­sons la mer / entr­er dans notre cœur ». Même si elle n’est pas explic­itée, la dimen­sion spir­ituelle de cette poésie ne laisse guère de doute : évo­ca­tion brève de thèmes tels que l’at­tente, l’e­spoir, l’é­ter­nité, sans oubli­er cette voix « qui habite au fond de notre cœur / mais est plus vaste que notre cœur ». Ain­si la rela­tion nature-poète forme-t-elle le par­fait récep­ta­cle d’une foi en devenir. Con­tin­uer la lec­ture

Où, 25 ans après sa disparition, une revue mythique sort, contre toute attente, un nouveau numéro

Un coup de cœur du Carnet

TXT n°32, Le retour, NOUS, 2018, 96 p., 15 €, ISBN :  978–2‑37084–057‑8 ; Jean-Pierre VERHEGGEN et Léon WUIDAR, Ram­ages & par­lages, la pierre d’alun, 2018, 80 p., 32 €, ISBN : 978–2‑87429–102‑9

Jeunes gens, jeunes filles, prenons acte : TXT est de retour, vingt-cinq ans après son dernier numéro. Qui ça ? Quoi ça ? TXT par­di, la jubi­la­toire revue de Jean-Pierre Ver­heggen, Éric Clé­mens, Chris­t­ian Pri­gent, Jacques Demar­cq, Alain Fron­tier, Philippe Bouti­bonnes et Pierre Le Pil­louër. Non que, par nos­tal­gie, ces glo­rieux « anciens » auraient décidé, façon « boys band », de relancer l’af­faire. Pas du tout le genre de la mai­son. L’édi­to est clair : de 1968 à 1993, TXT aura été une revue de con­vic­tion, la revue de ceux et celles qui avaient la « haine de la poésie » « lisse, empesée, impen­sée », la revue de ceux et celles qui ressen­taient « un amour vio­lent de la poésie, pour vider la poésie de la poésie qui bave de l’ego, nat­u­ralise et mys­ti­cise, rêve d’amour et d’u­nion, dénie obscu­rités, obscénités, chaos et cru­auté ». De 1968 à 1993, paraîtront alors trente-et-un numéros de « babils dra­maturgiques », de « saynètes comiques », de « lita­nies idiotes », de textes tra­vail­lant les langues, les bass­es comme les altières, de textes ébou­rif­fants, con­tre­dis­ant, vio­lem­ment et salu­taire­ment, l’idée molle que l’on se fai­sait, que l’on se fait encore, de la poésie, du tra­vail des langues, de la lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture

Où, en contemplant trois fois rien, on est, mine de rien, renvoyés à nos propres vertiges intérieurs

Anne DE ROO, Les mille corps, Esper­luète, 2018, 20 p., 8 €, ISBN : 978–2‑35984–104‑6

Ça com­mence ain­si, par une ques­tion :

Je sais, nous avons deux corps et même cent et même mille. Mais com­ment en par­ler, d’autres l’ont si bien fait avant nous ?

À lire ce Mille corps, on pour­rait dire que le par­ti-pris d’Anne De Roo tient lieu de réponse. En par­ler, ce serait, alors, tout d’abord, se gliss­er dans les pas des autres, se laiss­er tra­vers­er par les manières de dire, les straté­gies, de ceux et celles qui nous ont précédés, spé­ciale­ment les Hen­ri Michaux (à qui est dédié le recueil), les Norge et autres héri­tiers ou cousins du sur­réal­isme. Agir ain­si, qu’est-ce que c’est si ce n’est se don­ner une famille, une tribu dans laque­lle on se sent comme chez soi ? Non qu’il s’a­gi­rait ici de « délir­er », de laiss­er son imag­i­na­tion pren­dre les devants. Non qu’il s’a­gi­rait de laiss­er la part belle aux rêves, aux parts d’om­bre et autres strates générale­ment cachées, bien tenues à l’é­cart, de nos esprits plus ou moins ban­cals. Con­tin­uer la lec­ture

La poésie, la mémoire, l’au-delà

Un coup de cœur du Carnet

Jacques VANDENSCHRICK, Livrés aux géo­graphes, fron­tispice d’Alexan­dre Hol­lan, Cheyne, 2018, 56 p., 17 €, ISBN : 978–2‑84116–256‑7

Vandenschrick livrés aux géographesComme il l’a déjà fait plus d’une fois, Jacques Van­den­schrick n’hésite pas à repren­dre dans Livrés aux géo­graphes une thé­ma­tique qu’on aurait pu crain­dre élimée : la résur­gence de sou­venirs prég­nants et le pou­voir impérieux qu’ils exer­cent aujour­d’hui sur notre vécu intérieur. En lan­gage poé­tique, il nous red­it que la mémoire est une fac­ulté par essence sélec­tive, que la fic­tion s’y mêle indis­cern­able­ment au réel, qu’elle con­stitue non un meu­ble à tiroirs mais un « chaos » ; comme Mar­cel Proust dans La recherche, il vise bien enten­du la mémoire affec­tive, non la réten­tion de quelque savoir insti­tué. Toute­fois, c’est dans un pos­tu­lat inso­lite qu’ap­pa­rait vrai­ment l’o­rig­i­nal­ité de sa démarche. Les traces du passé, écrit-il dans le pro­logue, se présen­tent sous l’aspect de « lieux » dis­parates : vil­lages tra­ver­sés, maisons d’amis entretemps morts, cimetières, mag­a­sins désertés, coins de nature à l’é­cart, etc.  Ces lieux sont indis­so­cia­bles de per­son­nes chères – par­fois imag­i­naires – qui les ont habités ou par­cou­rus, for­mant avec eux une sorte de con­sor­tium fan­toma­tique. Ain­si le sou­venir n’est-il plus envis­agé sous l’an­gle de l’évène­men­tiel, du nar­ratif, mais comme frag­ment ter­ri­to­r­i­al : la spa­tial­ité se sub­stitue à la tem­po­ral­ité, le tableau à l’anec­dote, et la mémoire devient une entre­prise topographique, certes frag­ile et aléa­toire. Con­tin­uer la lec­ture

Subtile alliance

Michelle CORBISIER (gravures), Serge MEURANT (poèmes), Le temps aboli, Marme­lade, 2018, 15 €

Sous l’invocation Le temps aboli se ren­con­trent, se rejoignent, se répon­dent des gravures de Michelle Cor­bisi­er et des poèmes de Serge Meu­rant qu’elle a choi­sis, parus dans dif­férents recueils  (Vis­ages, Le don…) ou inédits. Entre ombre et lumière, rêve et réal­ité, flux et reflux, paysages cen­drés et sources souter­raines… Con­tin­uer la lec­ture

Derrière l’impossible des mots

Jean-Marie CORBUSIER, L’air, pierre à pierre, Tail­lis Pré, 2018, 137 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–134‑0

Au télé­phone, Jean-Marie Cor­busier me dit qu’il est per­fec­tion­niste et pes­simiste. Quel para­doxe ! Vouloir attein­dre le som­met et ne pas y croire… Pour jus­ti­fi­er cette appar­ente con­tra­dic­tion, il ajoute que pour lui, le mot est un obsta­cle der­rière lequel il existe un espace nou­veau et plus grand : le bon­heur. À l’exemple du boxeur qui trou­ve la vic­toire après le com­bat. Autre expli­ca­tion : il fait une dif­férence majeure entre le poème et la poésie. Con­tin­uer la lec­ture

Arbres, poème et paix

Anne ROTHSCHILD, Nous avons tant voy­agé, Tail­lis Pré, 2018, 95 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87450135–4

Par­mi les pis­tons de la poésie, les pul­sions pri­ment. De mort com­pris­es. En amont, elles se for­ment, se com­pri­ment en pépites dans le corps et de cette mine s’extrait un tré­sor de mots sélec­tion­nés avec soin (sens, son, res­pi­ra­tion) pour les expos­er et trans­met­tre… en aval, à bout de souf­fle, au moment de rejoin­dre l’océan, le néant. Con­tin­uer la lec­ture

Fadeur / douceur / légèreté

Geneviève BAULOYE, Feuil­lage / Fil­igrane, cou­ver­ture de Pierre Zanzuc­chi, La Feuille de Thé, 2018, 33 p., 18€, ISBN : 979–10-94533–16‑1

Voy­age infi­ni du songe
Au pays du mer­veilleux
Le ciel reflète les
Vari­a­tions d’un lac
Le feuil­lage en fil­igrane
Esquisse les secrets du soir

L’on pour­rait dire, du livre de Geneviève Bauloye, Feuil­lage / Fil­igrane, qu’il est fade. La pen­sée chi­noise envis­age la fadeur comme la capac­ité à recueil­lir en son sein toutes les saveurs, sans tranch­er pour l’une au détri­ment d’une autre (ain­si qu’ont pu le met­tre en lumière, par exem­ple, les travaux du sino­logue et philosophe François Jul­lien). C’est un tel recueille­ment – à la fois disponi­bil­ité et rassem­ble­ment d’impressions – qui sem­ble à l’œuvre dans ce livre. Il invite le lecteur à se met­tre au dia­pa­son de la con­tem­pla­tion synesthésique qui a mis l’écriture de ce recueil en mou­ve­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Lisette Lombé ou la désobéissance civile langagière

Lisette LOMBÉ, Black words, Arbre à paroles, coll. « IF », 2018, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87406–656‑6

Il est des paroles per­for­ma­tives qui, lancées à la face du monde, font reculer les fron­tières du pens­able et du vivre. Black words nous donne à lire, à ressen­tir un corps en marche. Un corps poé­tique branché sur le col­lec­tif, sur le poli­tique. Artiste explo­rant les col­lages comme objets poé­tiques, l’écriture, la per­for­mance slam, Lisette Lom­bé livre un round poé­tique en douze chants ryth­més par des col­lages. La tex­tu­al­ité et les images inter­ro­gent les con­di­tion­nements idéologiques, l’intériorisation des clichés (xéno­phobes, misog­y­nes, nou­velle arma­ture du poli­tique­ment cor­rect…), les sur­vivances du colo­nial­isme, les mou­tures actuelles d’un post­colo­nial­isme relooké, du patri­ar­cat. Les con­vo­quer, les repér­er per­met de les dis­soudre, de saper leurs soubasse­ments incon­scients, leurs ram­i­fi­ca­tions socio-poli­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

Écriture végétale et poésie mémorielle

Daniel DE BRUYCKER, Passe­ports pour ailleurs. Poésie mémorielle Wu-sun, L’ar­bre à paroles, 2018, 294 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–672‑6

Dans la galax­ie actuelle des livres, au plus loin de la lit­téra­ture conçue comme une start-up, à des années-lumière des écrivains comme fondés de pou­voir du cap­i­tal, il est des ouvrages qui ren­dent à la let­tre ses puis­sances chamaniques, son souf­fle sauvage, son pari pour un art des con­fins. Poète, romanci­er (Silex et L’orée), tra­duc­teur, musi­cien, grand voyageur des espaces géo­graphiques et des espaces intérieurs, Daniel De Bruy­ck­er nous fait don avec Passe­ports pour ailleurs de la redé­cou­verte d’une Atlantide poé­tique, d’un art funéraire où le poème rédigé par le mourant tient lieu de sépul­ture. Au fil d’une antholo­gie de textes s’échelonnant du VIIIème au XXIème siè­cle, héri­ti­er des travaux du lin­guiste Ilan Prec­jev Ilan (1927–2015) qui l’a ini­tié à la langue tokhari­enne (proche du celte) et à l’écriture des Wu-sun, Daniel De Bruy­ck­er délivre les tra­duc­tions de 99 poèmes écrits par des représen­tants de ce peu­ple de Haute-Asie, jadis des tribus nomades d’origine aryenne, « roux aux yeux bleus ». Con­tin­uer la lec­ture

Le tricot des secondes

Dominique MASSAUT, Sous ton pas, Arbre à paroles, 2018, 68 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87406–667‑2

sous ton pas / le ruis­selle­ment / et le flux d’humus et de mouss­es / la danse des rhi­zomes / des mycéli­ums / le style entrelacs des stolons / et le tri­cot des sec­on­des et le texte du temps

sous ton pas / il y a des forces femelles et des forces mâles / il y a des forces ani­males / des forces minérales / et des forces vives et des forces cer­cueil / et des forces fleurs et des forces feuilles / et des forces âmi­nales

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Pierre-Yves Soucy. L’espace poétique

Pierre-Yves SOUCY, Repris­es de paroles, Let­tre volée, 2018, 64 p., 14 €, ISBN : 9782873175191

Poète, essay­iste, auteur d’une œuvre exigeante, tra­duc­teur, rédac­teur en chef de L’Étrangère, Pierre-Yves Soucy délivre dans Repris­es de paroles un espace poé­tique con­stru­it en quar­ante-huit tableaux. Toute parole n’est que reprise dès lors que les sources font retour, que les mots remon­tent les siè­cles. Offrant une sépul­ture de voca­bles à Antigone, Pierre-Yves Soucy écrit depuis la tragédie d’Antigone mais aus­si par-delà, tis­sant un dia­logue infi­ni avec la voix de celle qui défia les lois de la cité, le pou­voir que con­dense le nom de Créon. En tant que foy­er poé­tique dans un temps de détresse, Antigone inter­pelle notre présent, ses déséquili­bres, ses désar­rois. Elle est celle qui se tient face à ce qui est, qui trans­gresse les lois édic­tées par le maître des lieux. En quar­ante-huit tableaux, l’irréparable étend sa logique. Inter­polant des vers de Sopho­cle placés en italique, le poète épure la scène trag­ique, ne con­vo­quant aucun nom, taisant Créon, Polyn­ice, Étéo­cle pour mieux écouter ce qui s’arrache de l’ombre des mil­lé­naires : le con­flit entre la voix éthique et la vio­lence de l’État, la guerre entre le corps qui donne abri au mort privé de sépul­ture et le principe de la Realpoli­tik qui châtie la rébel­lion. Con­tin­uer la lec­ture

Page-soleil à incendier le futur

Rio DI MARIA, Énigmes du seuil, Arbre à paroles, 2018, 148 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–674‑0

Pour énig­ma­tique qu’il soit, ce nou­veau recueil de Rio Di Maria est en con­ti­nu­ité des précé­dents et il place au seuil d’un espace lit­téraire qu’il maîtrise autant qu’il s’y perd à volon­té. Ses poèmes ressem­blent rigoureuse­ment à ses dessins ; entre abstrac­tion et sur­réal­isme. Ils sont d’un égal effet à par­tir d’un scrupuleux souhait de ne pas avoir de des­ti­na­tion au départ de la plume. La forme et la let­tre cherchent le par­cours le plus libre sur la feuille blanche. Con­tin­uer la lec­ture

Le feu du temps

Rossano ROSIUn petit sac de cen­dres. Vers stro­phes rimes poésies, Impres­sions nou­velles, 2018, 96 p., 12 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑87449–610‑3

« Quand j’en­tends le mot poésie, je sors mon dic­tio­n­naire! » Cela pour­rait sem­bler une forme d’ironie, ou de dépit devant l’apparente dis­so­lu­tion poé­tique dans les facil­ités du temps, mais en fait il s’agit d’une ques­tion essen­tielle en ce domaine : où en est ce que l’on nomme, dans tous les sens, « poésie »? Les dik­tats dans le monde poé­tique sont légions et les tribus solide­ment repliées der­rière quelques éten­dards, mots d’ordre ou de désor­dre, impi­toy­ables en matière de juge­ment dernier à pro­pos de ce qu’est ou n’est pas la poésie. Autant dire que le lecteur, hormis le cer­cle des intimes, a toutes les dif­fi­cultés à recon­naître ce qu’est cette nébuleuse poésie dans la masse des powèmes qui sont la pre­mière matière du Net, après le sexe bien enten­du… Con­tin­uer la lec­ture

67, année poétique

Luc DELLISSE, Cas­es départ, Cormi­er, 2018, 90 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87598–014‑4

Luc Dellisse, Cases départL’enfance n’est pas qu’une péri­ode de notre exis­tence. Elle con­stitue surtout cette inépuis­able réserve d’impressions rétini­ennes, olfac­tives, tac­tiles et sen­sorielles, bref sen­suelles au sens le plus ample du terme, qui fondent notre mémoire et notre vision du monde. Pour les poètes, revenir à cet âge, sinon d’or, du moins brut et pur, ne con­siste pas unique­ment à se livr­er à un exer­ci­ce de nos­tal­gie inté­grale. C’est qu’alors le lan­gage et les émo­tions fai­saient corps, fai­saient un seul corps ; met­tre des mots sur les trou­bles et les émois, les douleurs et les plaisirs s’avère dès lors bien plus com­plexe que le geste banal, nos­tal­gique, de feuil­leter l’album aux sou­venirs, où les images sont figées. Les par­fums, les couleurs, les sons, les gestes, font par con­tre en per­ma­nence par­tie de notre vie telle qu’elle se déroule et passe. Con­tin­uer la lec­ture

Du fond d’un œil

Otto GANZ, Tech­nique du point d’aveugle, Cygne, 2018, 76 p., 11€, ISBN : 978–2‑84924–536‑1

Otto Ganz, Technique du point d'aveugleComme en con­tre­point de la for­mule « je crois » autour de laque­lle s’articule Pavots (2010),  un précé­dent recueil d’Otto Ganz égale­ment pub­lié aux Édi­tions du Cygne, Tech­nique du point d’aveugle se scan­de par la répéti­tion de « je vois ». Dans ce recueil, de la per­cep­tion la plus brute à la con­science éclairée, « voir » fait l’objet d’un savoir. Con­tin­uer la lec­ture