Les petites cellules grises de Barberian…

Fran­cis GROFF, Casse-tête à Cointe, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2022, 256 p., 19 € / ePub : 14,99 €, ISBN: 978–2‑87489–665‑1

groff casse tete a cointeVoici donc le cinquième opus que Fran­cis Groff con­sacre aux enquêtes de Stanis­las Bar­ber­ian dans la col­lec­tion « Noir cor­beau ». Les édi­tions Weyrich avaient imag­iné cette col­lec­tion en 2019 et don­né con­signe à leurs auteurs (out­re Groff, ils sont cinq jusqu’à présent : Chris­t­ian Libens, le tan­dem Dupuis-Dumont, Chris­t­ian Joost­en et Ziska Larouge) de pro­pos­er aux lecteurs des romans policiers ayant pour décor la Bel­gique. La col­lec­tion est placée sous l’expertise tech­nique d’un com­mis­saire divi­sion­naire en retraite, François Périlleux, ancien chef de la Crim’  à Liège…

Dès le pre­mier vol­ume signé Groff, Morts sur la Sam­bre, le lecteur assis­tait à la nais­sance d’un per­son­nage appelé à devenir, si son auteur en avait le souf­fle, récur­rent comme les Holmes (et son com­parse nar­ra­teur Wat­son), Mai­gret, Adam Dal­gliesh, Mon­sieur Wens , Her­cule Poirot (et ses « petites cel­lules gris­es »), Miss Marple, Cordelia Gray, Mary Lester, Kay Scar­pet­ta : ils appar­ti­en­nent à nos sou­venirs addic­tifs de lecteurs pas­sion­nés par ces crimes dont d’habiles machiner­ies lit­téraires dévoilent les énigmes. Con­tin­uer la lec­ture →

David Besschops ou l’incommunicabilité

Un coup de cœur du Car­net

David BESSCHOPS, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, L’Âne qui butine, coll. « Troglodyte », 2022, 11 €

besschops faut il que tout change pour que rien ne s acheve« On ne com­prend pas quel drame j’ai pré­ten­du ouïr. »

À con­tre-courant d’une lit­téra­ture con­tem­po­raine per­pétuelle­ment en fête et de ses parades menées tam­bour bat­tant avec force péta­rades, le tra­vail de David Bess­chops s’impose comme l’un des plus intran­sigeants de notre époque. Aux recueils Trou com­mun (2010), Avec un orgasme sur la tête en guise de bon­net d’âne (2017) ou Pla­cen­ta (2018) vient s’ajouter ce petit opus, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, pub­lié aux édi­tions L’Âne qui butine. Peu (re)connus, les ouvrages de Bess­chops, depuis son pre­mier recueil Car­men (2006), sont de ceux qu’on se passe sous le man­teau ou qu’on acquiert comme des livres de col­lec­tion. Ain­si, sans doute, de cer­tains des plus grands livres ou des plus grands écrivains : peu de pail­lettes, peu de médailles mais un halo feu­tré et pérenne.   Con­tin­uer la lec­ture →

Prix Maeterlinck de la critique : les sélections

Les prix Maeter­linck de la cri­tique, prix dédiés au théâtre, ont dévoilé leurs sélec­tions. L’une des caté­gories con­cerne les auteurs et autri­ces dra­ma­tiques.  Con­tin­uer la lec­ture →

Sommes-nous bêtes ?

Pierre SCHOENTJES, Nos regards se sont croisés. La scène de la ren­con­tre avec un ani­mal, Mot et le reste, 2022, 192 p., 17 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782384310029

schoentjes nos regards se sont croisésPar­mi les prix qu’elle a décernés en 2021, notre Académie royale de langue et de lit­téra­tures français­es avait dis­tin­gué un ouvrage de Pierre Schoen­t­jes, Lit­téra­ture et écolo­gie. Le mur des abeilles (Cor­ti 2020). Salu­ant le lau­réat, pro­fesseur de lit­téra­ture française à l’Université de Gand, Yves Namur présen­tait cet essai comme enten­dant répon­dre à la ques­tion suiv­ante : « Com­ment la lit­téra­ture s’empare-t-elle des ques­tions envi­ron­nemen­tales pour penser notre avenir et notre futur ? ». Il soulig­nait que l’auteur fondait sa démarche sur une relec­ture de notre pat­ri­moine lit­téraire à la lumière de cette ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

Rentrée littéraire 2022 : les chiffres de Livres Hebdo

Comme chaque année au début juil­let, Livres Heb­do a com­pilé toutes les annonces de paru­tion de la ren­trée lit­téraire et en a tiré d’é­clairantes sta­tis­tiques.

Le décompte porte sur les romans pub­liés par les maisons d’édi­tion français­es de la mi-août à octo­bre. Et le résul­tat a de quoi sur­pren­dre : 490 romans (fran­coph­o­nes et tra­duc­tions) paraitront à cette péri­ode. Non seule­ment ce chiffre est sig­ni­fica­tive­ment plus faible que les 521 ouvrages de la même époque en 2021, mais il signe la pre­mière ren­trée sous les 500 titres en plus de 20 ans. Con­tin­uer la lec­ture →

Les prix littéraires 2022 en un coup d’œil

Au terme du 1er semes­tre de l’an­née 2022, un réca­pit­u­latif des auteurs et autri­ces belges lauréat.e.s ou final­istes de prix lit­téraires. Con­tin­uer la lec­ture →

La rentrée littéraire 2022 : une envie de découvrir

rentree litteraire 2022

Para­doxe du cal­en­dri­er lit­téraire : à peine la trêve esti­vale s’annonce-t-elle qu’il est déjà ques­tion de la ren­trée. Ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale se pré­pare évidem­ment tou­jours de longue date et c’est aux pre­miers jours de juil­let que l’essentiel des pro­grammes est con­nu. Les pre­mières sélec­tions pour les prix lit­téraires d’automne tombent déjà, et Livres Heb­do peut se prêter à son tra­di­tion­nel décompte : com­bi­en d’ouvrages arriveront sur les tables des libraires en août et sep­tem­bre de cette année ? La sur­pro­duc­tion édi­to­ri­ale, dénon­cée chaque année, sera-t-elle forte, très forte ou qua­si insouten­able cette fois ?

Beau­coup d’auteurs et autri­ces belges, qu’ils soient pub­liés en France ou en Bel­gique, ver­ront eux aus­si leur livre – par­fois même leur premier­ livre – paraitre en cette ren­trée. Tour d’horizon des ouvrages atten­dus à par­tir du 17 août. Con­tin­uer la lec­ture →

Bibliographie – 1er juillet 2022

Avec la bib­li­ogra­phie du Car­net, retrou­vez toutes les pub­li­ca­tions, nou­veautés et réédi­tions, en lit­téra­ture belge.

Une liste établie par Thibault Car­i­on

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Réalités tronquées

Béa­trice BOURET-SPREUX, Trois fois rien, Déje­uners sur l’herbe, 2022, 14 €, ISBN :  978–2‑93043–377‑6

bouret spreux trois fois rienDans son dernier recueil de nou­velles – Trois fois rien – paru aux édi­tions Les déje­uners sur l’herbe, Béa­trice Bouret-Spreux donne la parole aux déclassés. Tout au long des sept réc­its qui le com­posent, des voix d’hommes et de femmes s’élèvent. Ensem­ble, elles par­courent le spec­tre des vies sim­ples, de la mis­ère, du désœu­vre­ment et de la vio­lence.

L’histoire de Jésus de Nazareth inau­gure l’ouvrage. Cette nou­velle, la plus longue, donne la parole aux trois per­son­nages que sont Paulo, Ludo et Jésus, trois amis dont le des­tin trag­ique a pour orig­ine une ono­mas­tique sur­prenante : Jésus, l’ami de Paulo et de Ludo, est orig­i­naire de Nazareth, un vil­lage près de Gand. Il est fils de Jozef Van­der­noot et de Marie-Con­sue­lo. Une drôle de coïn­ci­dence à laque­lle cer­tains pour­raient bien avoir du mal à croire, une ouver­ture para­doxale à une vio­lence injuste. Con­tin­uer la lec­ture →

Prix Alexandre Vialatte : 1ère sélection

Le jury du prix Alexan­dre Vialat­te a annon­cé la pre­mière sélec­tion de l’édi­tion 2022. Dix romans sont en lice. Con­tin­uer la lec­ture →

Le Réseau de la béatitude

Un coup de cœur du Car­net

Pierre HOFFELINCK, K‑Gool®,  Mur­mure des soirs, 2022, 255 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–87‑5

hoffelinck k goolQue de « cagoules » dans l’Histoire : celle du bour­reau, celle de l’Extrême-droite française des années 30 (« La Cagoule »), celle du ter­ror­iste ou du cam­bri­oleur, mais jamais encore nous n’avions ren­con­tré K‑Gool®…Ce petit ® sig­ni­fierait-il que l’auteur, qui a réservé le droit de ce nom, a fait un pari sur l’avenir de l’anticipation, de la per­ti­nence et de la fonc­tion de cet étrange objet dans un autre réc­it ?

K‑Gool®… est cet acces­soire de « bon­heur » que les ter­riens de son roman por­tent avec oblig­a­tion et jouis­sance. Mais revenons au début : une colonie de ter­riens sur Mars n’a plus de nou­velles depuis de nom­breux mois de la terre, la terre ne répond plus, c’est le temps du Grand Silence. Con­tin­uer la lec­ture →

Première édition du prix Méduse : la sélection

Cette année 2022 voit la créa­tion d’un nou­veau prix lit­téraire, le prix Méduse. Il sera décerné le 27 août, mais sa pre­mière sélec­tion est d’ores et déjà con­nue.  Con­tin­uer la lec­ture →

Les chantiers de l’amour ou de la mort

Sophie KESTER, Au-delà des ombres, 180°, 2022, 336 p., 20 €, ISBN : 9782940721122

kester au dela des ombres

Emi­ly Jensen, soci­o­logue fran­co-anglaise, met au monde une petite Sophia, après avoir vécu un mariage dif­fi­cile où elle était sans cesse rabais­sée. À la nais­sance de sa fille, elle lui fait la promesse de ne jamais l’abandonner, au con­traire de sa pro­pre mère, une jeune hip­pie qui avait pris la poudre d’escampette six mois après sa nais­sance et n’avait plus jamais réap­paru. Comme son père avec elle, la jeune femme élève seule son enfant. À la dif­férence que son père, ne s’étant jamais remis de la dis­pari­tion de sa moitié, avait som­bré dans l’alcool jusqu’à y être englouti. Emi­ly, bien entourée par trois amies dont la pétil­lante Emma, ne se laisse pas abat­tre, trou­ve un petit apparte­ment et fal­si­fie son cur­ricu­lum vitae pour pos­tuler à un poste d’assistante de direc­tion finan­cière dans une très grande société française, Aon, spé­cial­isée dans la con­struc­tion à l’international. Ces deux lignes mod­i­fiées vont pour­tant lui jouer des tours. Con­tin­uer la lec­ture →

Prix Envoyé par la poste : la 1ère sélection 2022

Le prix Envoyé par la poste a dévoilé la pre­mière sélec­tion de son édi­tion 2022. Sept ouvrages sont en lice. Con­tin­uer la lec­ture →

Quête et équations

Élisa BRUNE et Edgar GUNZIG, Rela­tions d’incertitude, Pré­face de Yaël Nazé, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 500 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–559‑9

brune gunzig relations d'incertitude« Il n’est sans doute plus per­mis de croire qu’un jour nous parvien­drons à tir­er entière­ment la nature au clair, tant elle sem­ble com­porter de niveaux enchevêtrés, mais le nom­bre de phénomènes expliqués s’accroît con­tin­uelle­ment, et j’aime fix­er mon regard sur ce cap­i­tal. »

Tout part d’un ébran­le­ment sen­si­ble : Hélène Anci­aux, une jeune jour­nal­iste sci­en­tifique, pousse la porte d’un amphi, attirée par le titre d’une con­férence don­née par le pro­fesseur Edgard G. Char­mée, par l’épaisseur poé­tique des mots de l’intitulé de ladite con­férence comme par l’orateur, physi­cien de son état, la jeune jour­nal­iste se lance dans le pro­jet d’en rédi­ger un arti­cle. Hélène et Edgard se ren­con­trent très rapi­de­ment, mus par le même désir de ren­dre acces­si­bles les décou­vertes des physi­ciens. Le pre­mier ren­dez-vous est fixé au 11 sep­tem­bre 2001. Con­tin­uer la lec­ture →

Il n’est pas interdit de fuir

Manon TERWAGNE, Emprise, Ker, 2022, 142 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–87586-313–3

terwagne empriseAvec Emprise, Manon Ter­wagne signe son pre­mier roman. Elle a 21 ans et vient de rem­porter le prix Lau­re Nobels 2022.

Le prix Laure Nobels

Ce prix est remis chaque année par la fon­da­tion du même nom à de jeunes auteur.ices (15–19 et 20–24 ans). Il a pour objec­tif de « financer et soutenir la pub­li­ca­tion et la pro­mo­tion d’œuvres lit­téraires en français ».

La fon­da­tion Lau­re Nobels a été créée par Isabelle Block­mans et Claude Nobels suite au décès leur fille, Lau­re, assas­s­inée à l’âge de 16 ans par son com­pagnon. Lau­re rêvait d’être autrice. Elle avait écrit un roman et trois nou­velles à l’origine de la pre­mière pub­li­ca­tion de la fon­da­tion : Tom­my. Con­tin­uer la lec­ture →