Un coup de cœur du Carnet
Almudena PANO, Histoire en morceaux, Versant Sud Jeunesse, coll. « Les Pétoches », 2021, 40 p., 15,90 €, ISBN : 9782930938431
Au milieu d’un hiver pluvieux, une petite fille aux cheveux de jais s’amuse chez elle. Éparpillés dans la pièce, des Playmobil et des animaux en plastique, des maisons de poupée, une voiturette bleue, un croissant non entamé jonchent le sol. Elle, elle sourit et agite deux figurines féminines s’affrontant lors d’un match de football en miniature. C’est le sport préféré de la fillette, elle adore y jouer dans le jardin, ce que le temps ne permet pas ce jour-là, les gouttes et le vent étant de la partie. Alors elle décide d’enfreindre une des règles de la maison. Elle s’avance sur les carpes bleues du tapis douillet, ignore le regard circonspect du chat et attrape son ballon en cuir. La joie de la transgression est hélas de courte durée : elle casse le vase préféré de sa maman, « [c]elui qu’elle et papa ont ramené de vacances et qui est plus vieux [qu’elle] ». Son sourire s’évanouit et, recroquevillée dans son anxiété, elle serre le félin dans ses bras. Elle observe les débris de son désastre et entend des pas s’approcher… La tristesse et l’angoisse l’étreignent, elle va devoir se confronter aux conséquences de sa désobéissance. Comment avouer la catastrophe ? De quelle façon sa maman va-t-elle réagir ? De quelle punition va-t-elle écoper ? Continuer la lecture
Patrick Vancoillie nous fait découvrir ici le parcours de Joy Esteban Lozano, une juriste new-yorkaise qui vient de conclure son troisième divorce. Fatiguée par le rythme effréné de Big Apple, elle décide de prendre un congé sabbatique afin d’aller à Ibiza, l’île où elle est née et a vécu les trois premiers mois de sa vie.
Le court texte d’Alex Lorette paru en octobre dans la collection “Poche” des éditions Lansman est de ceux qui doivent être dits à voix haute s’ils ne sont portés à la scène. Parce que La ligne de partage des eaux n’est rien de moins que 34 pages haletantes, celles du récit d’un homme occupé de courir. Seul, il court dans les bois, suit le tracé d’une rivière, d’un fleuve, d’une route, tombe, se blesse, se redresse, se remet à courir.
À l’occasion d’un voyage mémoriel au camp de Ravensbrück, organisé par l’asbl Les Territoires de la Mémoire, Madeleine Dewé et André Lebrun ont transcrit et mis en forme les propos enregistrés par leur tante Marie-Thérèse Dewé, résistante, déportée politique qui longtemps après la Libération (au début des années 1980), livra le témoignage d’un groupe de femmes résistantes et de leur déportation en Pologne, en Allemagne et en Autriche. Marie-Thérèse Dewé témoigne pour celles qui ne sont jamais revenues, celles que la mort nazie a fauchées, sa sœur Marie-Madeleine, Berthe Morimont. Récit capital du rôle encore trop sous-estimé des femmes dans la Résistance en Belgique, transmission d’une mémoire des actions (renseignement, sabotage) contre l’occupation allemande, Je voyais l’aurore… décrit avec humilité l’implication de femmes appartenant au réseau d’évasion Comète, lequel aidait les aviateurs et soldats alliés à regagner l’Angleterre. Chef du réseau de résistance « Clarence », Walthère-Jacques Dewé, le père des héroïnes, fut abattu par les Allemands en janvier 1944.
« Rassurés par un jet de lumière aux avant-postes de la nuit, nous alimenterons la poésie aux ailes de nos désirs. »
Quand deux générations se rejoignent autour d’une passion commune pour la nature, cela donne un album de grand-format, à la facture magnifique, que le lecteur découvre de A à Z, au travers des rêves les plus fous d’animaux.
Les Zadigacités de Patrick Henin-Miris font évidemment référence à Zadig, le conte philosophique, orientaliste et néanmoins satirique, de Voltaire. Lui-même l’avait qualifié, par fausse modestie ludique, de « couillonneries », bien qu’à partir de nombreuses situations exotiques, Zadig incarne la vraie sagesse et la justice face aux questions et aux errements de son siècle.