Charly Delwart récompensé à l’ENS

Char­ly Del­wart

TrENS­mis­sions, la webra­dio de l’Ecole Nor­male Supérieure (ENS) de la rue d’Ulm (Paris), a décerné pour la deux­ième fois son prix lit­téraire. D’abord bap­tisé “Prix de la mati­nale de l’ENS”, il est devenu en 2019 le “prix TrENS­mis­sions”. Il récom­pense cette année Char­ly Del­wart. Con­tin­uer la lec­ture

Quel avenir pour l’humanité ?

COLLECTIF, Les bâtis­seurs, Ker, 2019, 158 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87586–260‑0 

Les bâtis­seurs est un recueil de onze nou­velles écrites pas onze auteurs jouis­sant d’une cer­taine renom­mée dans le monde de l’écriture. Il nous pro­pose un flo­rilège de ce qu’il peut advenir dans le monde face à la crise cli­ma­tique. Tan­tôt opti­mistes, tan­tôt plus som­bres, sou­vent avec une fin ouverte, les nou­velles nous font décou­vrir des imag­i­naires très var­iés… Con­tin­uer la lec­ture

Invocations des esprits et pratiques démoniaques

Arnaud DE LA CROIX, Le pacte avec le dia­ble. De saint Augustin à David Bowie, Racine, 2019, 144 p., 19,95 €, ISBN : 9782390251033

Philosophe, his­to­rien dont les essais inter­ro­gent les marges, les traits passés sous silence de l’Histoire (Les illu­mi­nati, Les tem­pli­ers, La reli­gion d’Hitler, Treize com­plots qui ont fait l’histoire, Himm­ler et le Graal), Arnaud de la Croix analyse dans Le pacte avec le dia­ble la généalo­gie du motif d’un com­merce avec les démons. Appa­rais­sant dans l’œuvre de saint Augustin, l’idée du pacte dia­bolique se trans­forme dans ses atten­dus au fil des siè­cles, recou­vrant divers­es pra­tiques. Dans le chef de l’évêque d’Hippone, père de l’Église, auteur de La cité de Dieu, l’accusation d’entente avec le prince des ténèbres revêt un sens stratégique : à l’heure où, au 4e, 5e siè­cle, la chré­tien­té doit affer­mir ses bases et tri­om­pher des restes de pagan­isme, la con­damna­tion des accoin­tances avec les forces obscures vise à extir­p­er les reli­quats du poly­théisme romain. Com­ment ren­dre compte de la présence du mal sur la terre ? Soit, Dieu est tout-puis­sant, mais dès lors respon­s­able du mal, soit il est tout-bon, dès lors par­tielle­ment impuis­sant, le mal venant de l’homme. Pour Augustin, dotée d’un libre-arbi­tre, la créa­ture peut péch­er, s’adonner au mal dont l’une des formes se nomme magie, com­merce avec les démons. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Daniel Fano

Daniel Fano

L’écrivain et jour­nal­iste Daniel Fano est décédé. Il laisse une oeu­vre essen­tielle­ment poé­tique, mais il a aus­si été prosa­teur, essay­iste et nou­vel­liste. Con­tin­uer la lec­ture

Ceux qui partent-partent-partent et ceux qui parlent-parlent-parlent

Véronique DEPRÊTRE, Fan­chon, la dérive des incon­ti­nents, Onlit, 2019, 226 p., 17 € / ePub : 6 €, ISBN : 978–2‑87560–116‑2

À la suite du décès bru­tal de son père, une gamine se retrou­ve entre une mère dépres­sive, hors course, et sa grand-mère pater­nelle qui prend en charge toute la famille, dans un débor­de­ment d’énergies et de générosité qui se révèle aus­si une manière de stig­ma­tis­er sa belle-fille, jusqu’à vam­piris­er sa petite-fille. Con­tin­uer la lec­ture

Des bombes

COLLECTIF L‑SLAM, On ne s’excuse de rien, Mael­ström, 2019, 180 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87505–340‑4 

Le kif, déjà, à la cou­ver­ture. Pho­to de scène: une meuf noire devant un micro, chemise bou­ton­née jusqu’en haut, ferme les yeux en dis­ant son texte, dans un sourire. Le kif, ce titre : On ne s’excuse de rien! — excla­ma­tion sans risette, qu’on se le tienne pour dit — à répéter en boucle ad libi­tum. Le kif de compter une écras­ante majorité de femmes par­mi les 57 auteur.trice.s du recueil — cis et trans, valides et pas, racisées et pas, de tous les âges, de toutes les formes, les sex­u­al­ités, les hori­zons. “Poésie & slam”: leurs textes sont issus d’ateliers d’écriture, en vue de les faire cla­quer sur le plateau — du coup, on les pioche, la tête fait boîte à rythmes et on se les dit par­fois tout haut. La tête vient se cogn­er aus­si, là où, peut-être, le slam libère : sur les réal­ités recon­nues. Parce que ça envoie, les filles. Elles pren­nent la plume dans un grand et beau fra­cas qui vient explos­er à la lec­ture: des bombes. Har­cèle­ment, racisme, mater­nité, non mater­nité, mal­adie, viol, vio­lences, chô­mage, burn out, enfance, vieil­lesse, drague, rage, auto­cen­sure bazookée 57 fois… des dagues à chaque voix. “Et j’emmerde la norme!” Con­tin­uer la lec­ture

Le prix Marcel Thiry pour Jacques Vandenschrick

Jacques Vandenschrick

Jacques Van­den­schrick

Le prix Mar­cel Thiry 2019, con­sacré à la poésie, a son lau­réat : Jacques Van­den­schrick, récom­pen­sé pour son recueil Livrés aux géo­graphes paru aux édi­tions Cheyne. Le poète suc­cède au pal­marès à Luc Baba, primé en 2018 pour Chroniques d’une échap­pée belle (Mael­ström). Con­tin­uer la lec­ture

PICTURE! : l’illustration à la fête

Du 31 octo­bre au 10 novem­bre, l’il­lus­tra­tion sera à la fête dans dif­férents lieux de Brux­elles avec la pre­mière édi­tion du fes­ti­val PICTURE! Au pro­gramme : des expo­si­tions, des ren­con­tres, des ate­liers, des per­for­mances… avec plus de 50 illus­tra­teurs belges et inter­na­tionaux, artistes débu­tants, con­fir­més, voire pat­ri­mo­ni­aux. Con­tin­uer la lec­ture

Entre douceur et mélancolie

Jean JAUNIAUX, Bel­giques, Ker, 2019, 124 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–254‑9

Nou­velles, sou­venirs, évo­ca­tions : les textes de Jean Jau­ni­aux, réu­nis sous le titre Bel­giques, égrè­nent sen­ti­ments, impres­sions, humeurs, couleurs.

On par­ticipe à l’exaltante, foi­son­nante pré­pa­ra­tion d’une série d’émissions his­toriques con­sacrées à la Révo­lu­tion de 1830 dont la télévi­sion entendait com­mé­mor­er, en sep­tem­bre 1980, les cent cinquante ans. Épisode décisif dans la vie de Jean Jau­ni­aux, fraîche­ment sor­ti de l’INSAS, que l’un de ses pro­fesseurs lance dans cette aven­ture. « C’est là que sur­git dans ma vie le mir­a­cle de la Révo­lu­tion de 1830. » L’horizon s’ouvre et, avec lui, la chance de pou­voir ren­con­tr­er — et col­la­bor­er avec — des per­son­nal­ités tels Jacques Cog­ni­aux, Jacques Bré­dael, Armand Bache­li­er… Un pre­mier con­trat d’emploi s’apparentait ici à un moment de grâce. (Une journée hors norme) Con­tin­uer la lec­ture

Prix Goncourt : Amélie Nothomb dans la 3e sélection

Elle est la dernière représen­tante belge en lice pour les grands prix français d’au­tomne : Amélie Nothomb — et son roman Soif (Albin Michel) — fig­ure dans la troisième et dernière sélec­tion du Goncourt.


Lire aus­si : notre recen­sion de Soif


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Dans nos archives : littérature et folie

Le 27 octo­bre 2019 mar­que le 550e anniver­saire de la nais­sance de l’hu­man­iste Erasme de Rot­ter­dam (1469–1536). Com­mé­mora­tion du séjour ander­lech­tois de l’homme de Let­tres, la mai­son Erasme est l’une des maisons d’écrivain à vis­iter en Bel­gique.


Lire aus­si : Maisons d’écrivain : où en est la Bel­gique? (C.I. 203)


L’hu­man­iste laisse une oeu­vre d’am­pleur, qui a durable­ment influ­encé l’Oc­ci­dent. On en retient aujour­d’hui le plus sou­vent un ouvrage majeur : L’éloge de la folie. L’an­niver­saire d’Erasme est pour nous l’oc­ca­sion de repub­li­er un arti­cle de Daniel Laroche paru dans Le Car­net et les Instants n° 158 (octo­bre-novem­bre 2009), évo­quant les liens qui peu­vent se nouer entre lit­téra­ture et folie, et d’évo­quer quelques exem­ples de “fous lit­téraires” belges.  Con­tin­uer la lec­ture

La bourse Sarane Alexandrian pour Véronique Sels

Véronique Sels

La Société des gens de Let­tres (SGDL) octroie chaque année deux bours­es de créa­tion : la bourse Sarane Alexan­dri­an et la bourse Gina Chenouard. L’as­so­ci­a­tion vient de dévoil­er le nom des lau­réates de cette année. Si la bourse Gina Chenouard va à Maud Thiria, c’est l’autrice belge Véronique Sels qui a rem­porté la bourse Sarane Alexan­dri­an Con­tin­uer la lec­ture

Laisser ses peurs sur le rivage

Tere­sa ARROYO CORCOBADO, Lola sur le rivage, Ver­sant Sud Jeunesse,2019, n.p., 15.90 €, ISBN : 978–2‑930358–07‑3

Nous avions décou­vert la tal­entueuse Tere­sa Arroyo Cor­coba­do avec son pre­mier album De l’autre côté du car­rousel. L’autrice-illustratrice est pub­liée chez Ver­sant Sud, dans la col­lec­tion Les Pétoches, «des albums pour rire de ce qui effraie, s’amuser à avoir les chocottes. » 

Dans De l’autre côté du car­rousel, la jeune Olivia com­mençait par lis­ter ses peurs. Sitôt fait, elle nous révélait celles de ses proches et se demandait franche­ment pourquoi les adultes lui répé­taient de ne pas avoir peur, puisqu’eux-mêmes avaient tous peur de quelque chose. Le week­end arrivant, Tere­sa Arroyo Cor­coba­do nous trans­portait au côté d’Olivia dans l’univers mag­ique de la foire. Olivia dépas­sait ses peurs, et s’envolait… les détails des scènes mis­es en couleurs sont infi­nis. L’album cha­toy­ant est gour­mand, comme une pomme d’amour ! Pomme d’amour qui grâce à ses mur­mures fan­tas­tiques au creux de l’oreille d’Olivia, lui per­me­t­tait de se décou­vrir pleine de courage et de force. Con­tin­uer la lec­ture

La poésie est-elle possible après le génocide ?

Nico­las GRÉGOIRE, Tra­vail de dire, Rougerie, 2019, 62 p., 12 €, ISBN : 978–2‑85668–406‑1

« Écrire un poème après Auschwitz est bar­bare, et de ce fait affecte même la con­nais­sance qui explique pourquoi il est devenu impos­si­ble d’écrire aujour­d’hui des poèmes » (Theodor Adorno, Prismes). Bien­tôt célèbre, cette affir­ma­tion de 1955 don­na lieu à de vir­u­lentes dis­cus­sions où s’il­lus­tra notam­ment un Paul Celan. L’ef­froi sus­cité par la décou­verte de la bar­barie nazie rendait en effet inac­cept­able la réac­ti­va­tion de l’ac­tiv­ité cul­turelle et artis­tique antérieure, laque­lle n’avait pu empêch­er quoi que ce soit. Ain­si, écrit encore Adorno, « les artistes authen­tiques du présent sont ceux dont les œuvres font écho à l’hor­reur extrême » (Mod­èles cri­tiques). Or, voici que le géno­cide rwandais de 1994 a eu pour effet d’en­gen­dr­er avec acuité – le pub­lic étant infor­mé qua­si en direct – des réac­tions ana­logues : sidéra­tion muette, choc émo­tif, recours à des for­mules stéréo­typées (« sauvagerie », « folie meu­trière », « cru­auté », etc.), honte envers les rescapés, sen­ti­ment de cul­pa­bil­ité. Vint ensuite le vouloir-com­pren­dre, qui se nour­rit de témoignages, de reportages, de travaux his­to­riens, d’en­quêtes judi­ci­aires : sur­saut ratio­nal­iste hon­or­able qui n’en étouffe pas moins les émo­tions ini­tiales, por­teuses d’une cer­taine vérité autant que d’une évi­dente impuis­sance. Mais, devant des dévoiements aus­si ter­ri­fi­ants, existe-t-il une “bonne” atti­tude ? Con­tin­uer la lec­ture

De quoi donc sommes-nous faits ?

Béa­trice LIBERT et Lau­rence TOUSSAINT, Un arbre nous habite, Ate­lier du Grand Tétras, 2019, 48 p., 14 €, ISBN : 978–2‑37531–041‑0

Quand le poète évoque la nature, cela donne sou­vent lieu à des images, des saisies de mou­ve­ments, des réc­its, des visions. Mais quand il l’in­voque, le poète en appelle alors à une mémoire plus anci­enne qui tente de renouer avec cet état dont l’homme est aus­si fait, une magie qui, au cours de l’his­toire de la poésie, se nour­rit d’une archaïque fusion jusqu’à la reli­giosité nou­velle des nat­u­ral­istes sur­vival­istes. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires de l’AEB

La mai­son Camille Lemon­nier, siège de l’AEB

L’As­so­ci­a­tion des écrivains belges de langue française a remis ses tra­di­tion­nels prix lit­téraires ce mar­di 22 octo­bre. La poésie et le roman étaient à l’hon­neur, de même que les maisons d’édi­tion belges.  Con­tin­uer la lec­ture