Un coup de cœur du Carnet
Véronique BERGEN, Luchino Visconti. Les Promesses du crépuscule, Les Impressions Nouvelles, 2017, 224 p., 17 €/ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87449–459‑8
Véronique Bergen aime les intenses.
On le sait.
De livre en livre, elle nous a déjà tiré le portrait d’une belle brochette d’individus non seulement vivant à cent à l’heure mais dont la présence, l’intensité de leur présence, l’incandescence de leurs œuvres, n’arrêtent pas de nous attirer façon trou noir. Après Edie Sedgwick, Marilyn Monroe, Unica Zürn et Janis Joplin, voilà que Véronique Bergen s’attèle maintenant, dans un superbe essai, au cinéma de Luchino Visconti.
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Partagée entre l’écriture et l’enseignement, Joëlle Van Hee nous avait jusqu’alors habitués aux contes et nouvelles, qu’elle nous narre avec brio. Elle nous propose ici un roman pour adolescents et adultes, où la relation à l’autre, celui qui oublie, qui nous quitte doucement, et qui pourtant nous guide, reste prédominante.
Depuis la disparition de la forêt de Brocéliande, Merlin l’Enchanteur s’est réfugié dans la station de métro du même nom à Paris (nous sommes au XXIe siècle). Déchu suite à la furie de sa dernière maîtresse, il passe ses journées sur un banc à péter, picoler et cuver. Mais il n’est pas tout seul, ses 3 fidèles fées ont aménagé leur demeure dans les poubelles toutes proches. Celles-ci sont toutefois quelque peu différentes des fées que nous connaissons. Nous découvrons ainsi une Vivi lascive qui fait des jeux de mots foireux, une Moorgën fasciste et une Clochette pédophile qui a « le feu au cul ». Chacune d’elle ayant une langue bien pendue, cela crée parfois des étincelles : « -L’aurait pas pu crever, cette pute ? grommela-t-elle. Morgane était bien de son avis. Des garces pareilles, moins on en côtoie, mieux on se porte. Et, accessoirement, plus on se tape de mecs. » Pas de magie, malheureusement, elles sont ménopausées, en d’autres termes, elles ont épuisé leur stock de pouvoirs magiques. À cette compagnie, vous ajoutez Excalibur, un chien qui a la trique presque toute la journée. Le décor est planté.
Figure quelque peu oubliée de nos lettres, Jean de Boschère (1878–1953) fut poète, romancier, essayiste, critique d’art, mais aussi dessinateur, graveur, peintre, sculpteur.
Cela devrait se passer sur une petite place, derrière l’église Saint-Boniface à Ixelles-Elsene, dans le triangle du quartier Matonge. Une plaque en émail, lettres blanches sur fond bleu, apposée sur un mur : « Place-Patrice Lumumba-Plein, Premier ministre de l’État indépendant du Congo, 1925–1961 ». Mais la bourgmestre et le collège échevinal de la commune n’en veulent pas, depuis de longues années, et découragent toutes les initiatives, y compris clandestines, en ce sens. Cela pourrait aussi se passer, carrément, sur la place des Martyrs, et plus exactement sous le monument de ladite place : le Collectif Manifestement voudrait y inhumer la dépouille (ou le peu qu’il en reste) de l’homme politique congolais, assassiné dans les circonstances que l’on connaît (vraiment ?), en janvier 1961. Mais ici aussi, ça coince. Ce qui ne serait peut-être pas le cas si… le royaume de Belgique était tout simplement rattaché à la république du Congo. Une plaisanterie ? Une aberration ? Une incongruité ? On n’oserait pas dire « une blague d’étudiants », car le Collectif Manifestement se fendrait aussitôt, en pleines vacances d’été, d’un droit de réponse au Carnet, tout ce qu’il y a de plus sérieux… 

Ce n’est nul autre que le destin qui a choisi de nous livrer, glanées au hasard parmi d’innombrables dossiers, l’histoire de Josiane, de René, de Maddox, d’Ève… Ou encore celle d’une collégienne qui a voulu un jour revoir sa vieille école, y pénètre quand une main invisible déverrouille la porte, reconnaît tout : les couloirs, les classes, la verrière qui menaçait de s’effondrer à chaque orage. Sans se douter que ce pèlerinage sera semé d’invraisemblances, le passé surgissant, tragique ou joyeux, dans le présent, qui vacille… (Sur un toit de verre)
Un nouveau livre de Laurent de Sutter ne se fait jamais attendre, et pour cause : le travail de réévaluation de nos sociétés et des mécanismes d’oppression qui les régissent, mené par ce professeur de théorie du droit de la VUB, se poursuit par salves continues, avec le méthodisme et l’acuité d’un sniper. Après sa 
Forte de ses missions d’éducation, de formation et d’échange, l’association IThAC – anciennement appelée asbl théâtre-éducation Promotion-Théâtre – s’est lancée, depuis 2004, dans le beau projet d’amener la pratique du théâtre en milieu scolaire et extrascolaire, à travers des œuvres d’auteurs dramatiques contemporains. Ce projet intitulé « La scène aux ados » a lieu tous les deux ans. Des auteurs, sélectionnés en amont, proposent des textes adaptés aux contraintes des grands groupes. Ces pièces se voient rassembler et publier chez Lansman, et ainsi mises à la disposition des enseignants et des ateliers théâtre. Mais le but ultime du projet reste la mise en scène. Des groupes de jeunes s’emparent de ces textes, les montent et les présentent au public lors de festivals organisés avec des théâtres et des centres culturels (la prochaine édition aura lieu lors de la saison 2017–2018). Ce projet est soutenu par différents opérateurs et associations, tels le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles (CED-WB), l’association Émilie&Cie, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) et la Province de Namur. Dans le cadre des publications 13 et 14 qui nous concernent ici, une nouvelle formule a été expérimentée. Les auteurs sont tous issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils ont eux-mêmes participé à différentes étapes préparatoires et ont été accompagnés tout au long de leur processus d’écriture par le dramaturge belge Régis Duqué.
On a appris le décès, survenu ce vendredi 21 juillet, de Gilles Brenta, poète, peintre, illustrateur, décorateur, réalisateur et éditeur belge. Né à Uccle en 1943, Gilles Brenta avait suivi les études de peinture à La Cambre, dans l’atelier de Jo Delahaut. Au début des années 1970, il se lie avec l’écrivain et éditeur surréaliste Tom Gutt, rencontre Louis Scutenaire, Irène Hamoir, Marcel Mariën, Michel Thyrion, Jean Wallenborn… et participe dès lors aux activités du petit groupe qui gravite autour de la galerie « La Marée » à Bruxelles. Gilles Brenta publie régulièrement dans les revues Le Vocatif, Les Lèvres nues, Dragée haute, La Vie Dure. Tout en exposant des peintures marquées du double sceau de la fantaisie et du surréalisme, il poursuit une activité de décorateur de films, notamment pour la série TV « Téléchat », réalisée de 1983 à 1985 par Roland Topor et Henri Xhonneux.
C’est qu’il faut être un peu funambule, donc un peu poète soi-même, pour s’aventurer dans les altitudes où nous entraîne le dernier recueil de Pierre Schroven qui poursuit, avec persévérance, sa quête, intime et universelle, du mystère du vivant. Un même questionnement qui traverse la dizaine de recueils publiés à ce jour et qui confirme la cohérence d’une œuvre tout entière tournée vers la luminosité du sensible à explorer.
Saumon noir, récit très intime et impressionniste, en mots et en images, s’inscrit dans une démarche plus large qu’une publication : il fut présenté dans le cadre de l’édition 2016 de la Trilogie contemporaine, Arts et Métaux. Sur le thème Nous ne sommes rien, soyons tout : récits de mémoire ouvrière
Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des cinq continents récompense chaque année un texte de fiction narratif d’expression française. Réunis le 11 juillet 2017, les représentants des cinq Comités de Lecture (l’Association Passa Porta de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain de langue française de France, le Collectif des écrivains de Lanaudière de Québec et l’Association Culture elongo du Congo) ont sélectionné les 10 ouvrages finalistes de l’édition 2017.