Archives par étiquette : cinéma

En l’espace d’un échange

Jean DAIVE, Penser la per­cep­tion, Ate­lier con­tem­po­rain, 2022, 25 €, ISBN : 978–2‑85035–063‑4

daive penser la perceptionTroisième volet du cycle Le monde encore une fois, Penser la per­cep­tion fait suite aux ouvrages L’exclusion (2015) et Pas encore une image (2020) pour inter­roger le rap­port, très vaste et large, de la parole à l’image. Somme d’interviews et de textes con­sacrés à divers artistes, Penser la per­cep­tion se con­sacre pour sa part essen­tielle­ment à la ques­tion de la sen­sa­tion au tra­vers de la pho­togra­phie, du film et de l’écriture. Comme l’écrit Jean Daive dans l’avant-propos, « Il y a très tôt une fébril­ité visuelle ou acous­tique qui stim­ule sans toute­fois l’expliquer le déplace­ment (notre déplace­ment) et cherche néan­moins à com­pren­dre ses éten­dues sinon son exis­tence et ses liaisons. » Con­tin­uer la lec­ture

Il était une fois entre Ladispoli et Cerveteri…

Thilde BARBONI, Les enfants de Cinecit­tà, Acad­e­mia, coll. « Éva­sion », 2022, 226 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑8061–0638‑4

barboni les enfants de cinecitta

L’œuvre de Thilde Bar­boni a abor­dé avec bon­heur dif­férents gen­res lit­téraires : le roman, le théâtre, le scé­nario de ban­des dess­inées, le feuil­leton radio­phonique. La pra­tique de ces dif­férents modes de nar­ra­tion a don­né à la roman­cière un sens aigu de l’image, de l’espace du réc­it et de l’enchaînement flu­ide  des dif­férentes séquences qui hyp­no­tisent lit­térale­ment le lecteur jusqu’au dénoue­ment.

On retrou­ve ces qual­ités dans ce dernier roman, dont une tra­duc­tion ital­i­enne parut l’an dernier. Le réc­it, qui débute dans l’Italie de l’après-guerre, a trou­vé sous la plume de la roman­cière cette sin­gu­lar­ité idéale que la fic­tion requiert lorsqu’elle est pré­cisé­ment située dans un lieu et une époque de l’His­toire. Pour Les enfants de Cinecit­tà, il s’agissait de situer les per­son­nages et leur des­tinée dans ce quelque part dans la cam­pagne ital­i­enne, entre Ladis­poli et Cervet­eri. Mais aus­si, plus avant dans le réc­it, le livre racon­te la décou­verte de la ville de Rome par Anto­nio, enfant, les travaux des champs, la voca­tion de cinéaste née au hasard  d’un tour­nage d’une équipe de Cinecit­tà, et le des­tin de celui qui « inven­ta » un genre ciné­matographique qu’un cri­tique new-yorkais appela le « west­ern-spaghet­ti » et qui fit date dans l’his­toire du sep­tième art. Con­tin­uer la lec­ture

Pratique et théorie du ciné-roman-photo

Jan BAETENS, Une fille comme toi, Jean Boîte Édi­tions, 2020, 48 p., 20 €, ISBN: 978–2‑36568–032‑5

baetens une fille comme toiEn décou­vrant Une fille comme toi, on a songé aux Demoi­selles d’A de Yak Rivais (1979), ce roman cen­ton exclu­sive­ment con­sti­tué de phras­es tirées d’autres romans – quelque sept cents cita­tions piochées chez plus de qua­tre cents auteurs et patiem­ment assem­blées pour for­mer un réc­it cohérent. Con­tin­uer la lec­ture

Huis clos spatial

Un coup de cœur du Car­net

Max de RADIGUÈS, Alerte 5,Cast­er­man, 2021, 192 p., 15 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 9782203215795

de radigues alerte 5Dis­ons-le d’emblée : Alerte 5 est un livre for­mi­da­ble. Le bédéaste belge Max de Radiguès s’est attaqué à une grande aven­ture spa­tiale : à la suite de l’explosion d’une fusée lors de son lance­ment, provo­quant le décès des trois astro­nautes qui avaient embar­qué à son bord, la NASA sus­pecte une attaque ter­ror­iste. Aus­sitôt, le secteur est en panique et passe en niveau d’Alerte 5, le plus élevé. Un pro­to­cole strict, cen­sé assur­er la sécu­rité de tous, devra être appliqué par les astro­nautes, mais aus­si les cinq pro­tag­o­nistes de cet album, en pleine mis­sion sci­en­tifique sur la base d’exploration mar­ti­enne. Alors qu’ils étaient déjà géo­graphique­ment isolés, les rares con­tacts qu’ils avaient avec l’extérieur leur sont désor­mais totale­ment inter­dits, et ils se retrou­vent plus reclus que jamais. Com­ment vont-ils s’en sor­tir ? Con­tin­uer la lec­ture

Prométhée post-moderne ?

Björn-Olav DOZO et Dick TOMASOVIC, Dark Vador, à feu et à sang, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2021, 140 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87449–905‑0

dozo tomasovic dark vadorDéjà, le nom ! « Dark Vador » en français, une tra­duc­tion qui n’est pas trop ban­cale : George Lucas, le créa­teur du per­son­nage, a con­fessé avoir con­stru­it le nom « Darth Vad­er » en écho à l’idée d’un « père som­bre » (« Dark Father » en anglais).

Ensuite, l’apparence :

 (…) surhu­maine, ténébreuse et menaçante, sa voix basse exp­ri­mant per­pétuelle­ment une colère qui gronde, le bruit lourd et métallique de sa res­pi­ra­tion arti­fi­cielle (…).  Con­tin­uer la lec­ture

Liliana Cavani et Véronique Bergen : hérétiques et révolutionnaires

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Porti­er de nuit : Lil­iana Cavani. Impres­sions nou­velles, 2021, 224 p., 20 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87449–899‑2

bergen portier de nuit liliana cavaniVéronique Bergen pro­pose une réflex­ion éblouis­sante à par­tir de la trame thé­ma­tique d’un film-culte qui fit scan­dale au moment de sa dif­fu­sion (1974) : Porti­er de nuit de Lil­iana Cavani, réal­isatrice qui, dans la plu­part de ses films, s’at­tache à décrire la com­plex­ité des sen­ti­ments amoureux, les zones d’om­bre de l’être humain, englué dans des sit­u­a­tions his­toriques, poli­tiques ou sociales trou­blées.

Bergen, dont l’œuvre elle-même explore depuis ses débuts des per­son­nal­ités en rup­ture et des états lim­ites, traite de manière arbores­cente de l’histoire du ciné­ma ital­ien, des par­al­lélismes entre l’art de Cavani et de Pasoli­ni, de ce qui les dif­féren­cie ou rap­proche des autres réal­isa­teurs de leur généra­tion ; du con­texte socio-poli­tique de l’Italie et de l’Europe d’après-guerre ; de l’essence du Troisième Reich[1] ; de la psy­cholo­gie des bour­reaux et des vic­times ; de la psy­cholo­gie  indi­vidu­elle et de masse ; de la fonc­tion de l’art et de la nature de la fonc­tion scopique, de l’image et du ciné­ma. Con­tin­uer la lec­ture

Les secrets du professeur de scénario

Luc DELLISSE, L’atelier du scé­nar­iste. Vingt secrets de fab­ri­ca­tion, Impres­sions nou­velles, 2021, 192 p., 16 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 9782874498510

dellisse l atelier du scénariste vingt secrets de fabricationNou­velles, essais, poésie…, l’écrivain Luc Del­lisse a pub­lié ces derniers mois plusieurs livres qui ont quelque peu éclip­sé l’autre (si ce n’est le pre­mier) ver­sant de son tra­vail : celui de spé­cial­iste du ciné­ma, et plus par­ti­c­ulière­ment du scé­nario. Pro­fesseur de scé­nario, Del­lisse a tiré de son méti­er le roman éponyme, mais aus­si des ouvrages qui tien­nent plus du guide pra­tique, tels que L’invention du scé­nario et  L’atelier du scé­nar­iste, que réédi­tent oppor­tuné­ment Les Impres­sions nou­velles après une pre­mière pub­li­ca­tion en 2009. Con­tin­uer la lec­ture

Redécouvrir François Truffaut

Bernard GHEUR, Les orphe­lins de François, Weyrich, coll. « Plumes du coq »,  2021, 304 p., 16 €, ISBN : 9782874896170

gheur les orphelins de françoisDans un livre sen­si­ble, touf­fu, entraî­nant, Bernard Gheur s’est attaché à éclair­er un ver­sant inat­ten­du de François Truf­faut. Les orphe­lins de François révèle un « éveilleur de romans », lecteur pas­sion­né, exigeant. « Sous le cray­on de François – sa baguette mag­ique -, les phras­es gag­naient en légèreté, en lim­pid­ité, en poésie. La touche Truf­faut. »

Bernard Gheur avait à peine vingt ans lorsqu’il envoya à François Truf­faut, « le dieu de mes seize ans », une nou­velle de qua­tre pages, Le tes­ta­ment d’un can­cre. Con­tin­uer la lec­ture

Gérard Depardieu dans le costume de Maigret

gerard depardieu

Gérard Depar­dieu, prochain inter­prète du com­mis­saire Mai­gret

Le cinéaste français Patrice Lecon­te pré­pare une adap­ta­tion de Simenon pour le grand écran, avec Gérard Depar­dieu dans le rôle du com­mis­saire Mai­gret. Livres Heb­do annonce que le tour­nage débutera ce lun­di 8 févri­er.  Con­tin­uer la lec­ture

Georges Cinémon

Bernard ALAVOINE (dir.), Simenon à l’écran, Traces n° 23, 2020, 200 p., 15 €, ISBN : 978–287562234

Simenon et le ciné­ma, c’est une his­toire d’amitiés (avec des réal­isa­teurs et des acteurs de renom), d’argent aus­si, certes – puisque le romanci­er com­prit très tôt le béné­fice que lui rap­por­taient les adap­ta­tions de ses romans, quitte à en céder les droits en des temps où il eût été moins com­pro­met­tant de s’abstenir. Une his­toire d’amour surtout, qui com­mence par un coup de foudre entre Sep­tième Art et Lit­téra­ture, et se pour­suit en idylle entre texte et image, jusqu’à ce que sur­gis­sent les inévita­bles ques­tion­nements sur leur fidél­ité respec­tive… Heureuse­ment, les nom­breuses diver­gences n’amenèrent jamais à la rup­ture défini­tive. Con­tin­uer la lec­ture

Duelles remporte le prix des Lycéens de cinéma

Le prix des Lycéens de ciné­ma, mené à bon port cette année mal­gré la pandémie et le con­fine­ment, a couron­né Duelles, un film adap­té de Der­rière la haine de Bar­bara Abel. Con­tin­uer la lec­ture

À l’affiche ce soir…

Un coup de cœur du Car­net

Mirages. Tout l’art de Lau­rent Durieux, Hug­inn & Muninn, 2019, 254 p., 44.95 €, ISBN : 9782364807143

Mer­ci à Sam Lion pour le cadeau

laurent durieuxL’anecdote est con­nue, elle est entrée dans la légende. Le télé­phone d’un jeune design­er belge spé­cial­isé dans la réal­i­sa­tion d’affiches de films en tirage lim­ité sonne. L’affiche de Jaws (Spiel­berg, 1975) ? Le mys­térieux inter­locu­teur veut le stock entier. Au bout du fil ? Steven Spiel­berg en per­son­ne. Con­tin­uer la lec­ture

Bilan du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel : le beau parcours de Duelles

Le Cen­tre du Ciné­ma et de l’Au­dio­vi­suel du Min­istère de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles vient de pub­li­er son bilan de l’an­née 2019. Duelles, l’adap­ta­tion par Olivi­er Mas­set-Depasse du roman de Bar­bara Abel, Der­rière la haine, y est par­ti­c­ulière­ment à l’hon­neur.  Con­tin­uer la lec­ture

Je suis Charlie !

Un coup de cœur du Car­net

Adolphe NYSENHOLC, Char­lie Chap­lin, Le rêve, Didi­er Dev­illez, 2020, 211 p., 25 €, ISBN : 978–2‑8739–6157‑2

Cet ouvrage con­stitue une réédi­tion d’un essai paru en 2018 chez MEO. La nou­velle édi­tion frappe d’emblée par son esthétisme. Char­lie Chap­lin, Le rêve est un très bel objet, le for­mat est supérieur, la mise en page, l’iconographie, la cou­ver­ture (Char­lot endor­mi et rêvant, peut-on le sup­pos­er, en gros plan) ont été superbe­ment tra­vail­lées. Instant de grâce ! L’auteur, qui a voué une par­tie de sa riche car­rière à Chap­lin [1], au point d’en être con­sid­éré de par le monde comme un expert som­mi­tal, a réus­si l’ultime syn­thèse, un essai d’une den­sité lou­voy­ant vers l’art poé­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Un rêve de cinéma

Alain BERENBOOM, Le rêve de Har­ry, Genèse, 2020, 248 p., 22,50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 979–1‑0946896–22

« Un rêve de bagel, c’est un rêve et non pas un bagel » dis­ait Har­ry, l’oncle de Michaël. Soit, le rêve du petit pain ne ras­sas­ie pas. Mais il peut don­ner faim ou créer des envies. C’est ce qui arrive dans ce roman, Le rêve de Har­ry, à Michaël, agent immo­bili­er dans le Brux­elles des années 2000, après avoir été détec­tive privé. Dif­fi­cile de faire for­tune dans ce méti­er où tous les coups sont per­mis. Mais le hasard peut bien faire les choses. Con­tin­uer la lec­ture

Faire sauter les digues de la raison pure

Olivi­er & Quentin SMOLDERS, Démons et mer­veilles. Cri­tique de la rai­son pure, CFC, 2019, 192 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87572–051‑1

À l’occasion de l’exposition Démons et mer­veilles qui se tient au Cen­tre Wal­lonie-Brux­elles, paraît  l’ouvrage éponyme pub­lié par CFC Edi­tions. Cette plongée dans les créa­tions filmiques, graphiques, textuelles d’Olivier et Quentin Smol­ders dévoile la com­plic­ité qui relie les deux frères. Une com­plic­ité née dans l’enfance, qui se traduit par une fas­ci­na­tion com­mune pour le mar­gin­al, le refoulé, l’insolite, l’inquiétante étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture