Françoise LISON-LEROY, Nid, monotypes de Pascaline WOLLAST, Esperluète, 2023, 56 p., 15 €, ISBN : 9782359841732
Mon corps est une armoire. Je vis dedans. Quand elles viennent, je voudrais me cacher ailleurs. Je pourrais m’enfuir et elles ne verraient rien, je serais toujours là.
Juxtaposées dans leur écrin blanc et noir, les phrases de Françoise Lison-Leroy ricochent sur les estampes de Pascaline Wollast, également magnétiques et sibyllines, à mi-chemin entre l’énigme et l’évidence. Ce bref récit poétique contient deux parties : « On a changé de pays » et « L’autre nuit » — deux parties qui se présentent comme les rives d’un fleuve, entre lesquelles serpente une histoire millénaire et pourtant toujours neuve. On a changé de pays introduit l’idée d’un mouvement, peut-être une fuite, un départ en tout cas qui bute d’emblée sur les murs d’une étrange maison, dont on ne sait s’il s’agit d’une prison ou d’un centre de soin – voire, de tout autre chose. Mais s’agit-il seulement d’échapper à quelque chose ou quelqu’un ? Peut-être est-il plutôt question de se soustraire aux regards, pour mieux retrouver ses souvenirs et les parfums tactiles du premier nid (ou premier lit) à l’approche du dernier. Continuer la lecture







Franchis la grille et tais-toi, observe. Si tu restes longtemps immobile, si tu ne bouges pas, tu auras peut-être la chance de voir passer l’une des bêtes sauvages qui peuplent ce livre. Sont-elles nombreuses ? Oui, très nombreuses. Dangereuses ? Certaines sont effrayantes. Il y a celles qui montrent les crocs, celles qui sortent les griffes et qui donnent des coups de bec. On les rencontre solitaires ou en hardes. Mais attention, les plus effrayantes ne sont pas forcément les plus inquiétantes, et certaines ont le visage humain… Parmi ces créatures qui pourraient être Tôa et qui furent un jour Moä, il y a aussi cette petite bête timide qui attend qu’on l’aide car elle a perdu quelque chose… Mais voilà qu’elle se décide à sortir de sa cachette…
J’écris : voici mon frère, il n’a fait que passer, mais la phrase ment. Alors je cherche les traces qu’il a laissées dans le regard des autres. Il me relie à eux. Qu’est-ce qui s’est inscrit en eux de son passage ?
Septième titre de la très belle collection « Orbe », Fabriquer des mondes habitables descend à pas de loup et de colombe dans la forge de l’écriture de la philosophe et éthologue Vinciane Despret, de la mise en récit et en pensée de questions à l’interface de la philosophie et de l’éthologie. Adoptant le principe heuristique de la collection — celui d’un piochage dans un massif de mots choisis par Frédérique Dolphijn —, le dialogue emprunte des chemins qui ressaisissent l’articulation entre espace du livre, traduction/accueil des animaux et des morts, proposition de mondes.
Des existences sont parfois marquées de nostalgies, de rendez-vous manqués, d’erreurs sur la personne. Pascal Goffaux propose un récit largement autobiographique où il remet en question sa présence au monde. Confession sans concessions qui nous tend le miroir de notre propre ancrage dans l’existence.
En 2018, les éditions Esperluète publiaient
Le conte du Naufragé semble commencer par la fin :
Des textes et des illustrations à parts égales, il se dissémine d’emblée du délice, facile à reconnaitre et partager. La recette est en effet transparente de simplicité et de vérité : une petite-fille s’adresse à sa grand-mère tout juste centenaire. Complicité, humour, bonne humeur et gâteau d’anniversaire ouvrent les papilles du lecteur.