Archives par étiquette : Luce Wilquin

Vivre sa vie

Michelle FOUREZ, Adri­enne ne m’a pas écrit, Luce Wilquin, 2015, 94 p., 10 €

512blogDepuis son pre­mier roman paru en 1992, quelque chose fascine Michelle Fourez au cœur des bons soirs de juin. Quelque chose de l’ordre de la douceur, de la sen­su­al­ité. De l’intensité. Qui amène les his­toires à leur point de ten­sion, à leur parox­ysme. Puis à leur réso­lu­tion ou à leur dis­so­lu­tion. Cette fois encore. Con­tin­uer la lec­ture

Une journée dans la vie d’un grand-père à l’âge de la pierre polie

Daniel DE BRUYCKER, L’Orée, Avin, Luce Wilquin, 2015, 290 p.

Au Néolithique, les hommes, jusque-là chas­seurs-cueilleurs, com­mencèrent à se séden­taris­er, domes­tiquèrent des ani­maux, se lancèrent dans l’agriculture et con­stru­isirent les pre­miers vil­lages. C’est au cœur de cette péri­ode que nous emmène le dernier roman de Daniel De Bruy­ck­er, L’Orée, s’attachant à décrire ce bas­cule­ment de civil­i­sa­tion de façon très vivante et dans une langue somptueuse. Con­tin­uer la lec­ture

Portraits d’Éléonore

Emmanuèle SANDRON, Je ne te mangerai pas tout de suite, Avin, Luce Wilquin, coll. « Euphémie », 2015, 128 p., 12 €

sandronLa meilleure école d’écriture est la lec­ture, entend-on par­fois. Peut-être traduire mène-t-il encore plus sûre­ment vers l’écrit ? La preuve par Emmanuèle San­dron qui pub­lie un recueil de nou­velles, Je ne te mangerai tout de suite, où l’art de la nar­ra­tion se dou­ble d’une écri­t­ure ciselée. Con­tin­uer la lec­ture

Sea, sex and sun

Stanis­las COTTON, Un fou dans la manche, Avin, Luce Wilquin, 2015, 222 p., 20 €

Un fou dans la manche, c’est un com­mis­saire de police en vacances – mais non con­tent de l’être –, avec sa com­pagne Mar­i­ana – « sa belle, mi-elle, mi-lui […], son mon­sieur-madame, sa made­moi­selle-mon­sieur » –, dans le vil­lage d’origine de son père, une chaude semaine de sep­tem­bre. C’est aus­si une panoplie d’autochtones – Sal­va­tore Volti­no et Andrea Pas­tore, « deux grands ados désœu­vrés en mal de sen­sa­tions », une jeune fille, Ele­na Lan­fre­di, au regard « étrange­ment azuré », un père auber­giste, Aga­ta, une vieille « au dos voûté par les ans », un phar­ma­cien shooté, une « grande perche » qui assure les livraisons du super­marché, un curé obsédé par les seins de sa femme de ménage, excel­lente cuisinière par-dessus le marché, etc. –, le Camp­ing Mare Blu (« trois étoiles et une chique »), « ses gémisse­ments la nuit, sous les toiles de tentes et sous les étoiles, […] ses grince­ments de som­miers, plutôt moyens, dans les bun­ga­lows », son bar­man Gian­lui­gi dit Lui­gi dit Bil­ly, « pré­da­teur à la peau tan­née, aux trois neu­rones séjour­nant dans les couilles » et les derniers touristes de la sai­son. Un fou dans la manche, c’est encore des cadavres, celui d’une femme d’abord – une Alle­mande, Lin­da –, retrou­vé sur la plage, puis un autre, puis des autres… et le va-et-vient d’anges gar­di­ens dépités de n’avoir su veiller sur leur petit pro­tégé. Con­tin­uer la lec­ture

Portrait de femmes avec leurs désirs

Valérie COHEN, Mon­sieur a la migraine, Avin, Luce Wilquin, 2015, 158 p., 16€

511blogDepuis son entrée en écri­t­ure, Valérie Cohen a dédié ses tal­ents à la gent fémi­nine et à ses his­toires, qu’elle racon­te en toute sym­pa­thie, avec ten­dresse et humour. Un humour empathique très dif­férent de celui, ravageur, du stand-up ou de celui, sar­cas­tique, du one woman show (même si le titre de son nou­veau roman, Mon­sieur a la migraine, pour­rait laiss­er penser qu’elle offi­cie dans ce reg­istre-là). Con­tin­uer la lec­ture

La vie mosaïque

Un coup de cœur du Carnet


Geneviève BERGÉ, Let­tres d’Otrante, Avin, Luce Wilqun, 2015, 194 p.

bergeGeneviève Bergé est au nom­bre de ces auteurs pré­cieux qui tis­sent patiem­ment le fil de leur œuvre, sans grande osten­ta­tion,  mais avec une con­stance et une appli­ca­tion qui for­cent le respect. Depuis une bonne ving­taine d’années, elle s’est com­posé une par­ti­tion bien per­son­nelle dont elle développe de sub­tiles vari­a­tions. Ici, point d’effets de manche, d’intrigues savam­ment déroulées ni de poussées d’adrénaline. Ses livres relèvent du reg­istre mod­este de l’infime, de l’intime, mais ils pren­nent forme et présence dans le champ de la com­plex­ité tout en con­vo­quant l’actualité. Con­tin­uer la lec­ture

Par saint Georges!

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Pol HECQ, Georges et les drag­ons, Luce Wilquin, 2015, 173 p., 17€, ISBN : 978–2‑88253–504‑7

hecqEn 1927, Max s’installe pour quelques temps dans une auberge située au cen­tre de la ville de Mons. Jour­nal­iste hol­landais maitrisant par­faite­ment la langue de Ver­haeren, il pré­tend faire un reportage sur la recon­struc­tion de l’après-guerre pour en fait enquêter dis­crète­ment sur un cer­tain Georges, un cousin éloigné. Aidé dans ses recherch­es par un Borain de souche, Max pro­gressera lente­ment : dif­fi­cile en effet de trou­ver un Mon­tois incon­nu dis­paru en 1914 et por­tant ce prénom si répan­du. Con­tin­uer la lec­ture

Rebecq, Antenne de police

Sarah BERTI, La vie al dente. Une enquête de Tiziana Dallav­era, Avin, Luce Wilquin, 2015, 20 €

bertiAprès le meurtre d’un ado­les­cent (Le jour du tiramisu, 2013), la décou­verte d’un squelette dans un con­géla­teur flot­tant sur la boue (Cap­puc­ci­no blues, 2014), le vil­lage de Rebecq est à nou­veau sec­ouée par la vio­lence des hommes – à moins que ce ne soit celle des femmes. Au cœur de l’hiver glacé, tour à tour, sont trou­vés refroidis : Armand Léonard, le médecin général­iste vieil­li pré­maturé­ment ; Philippe Charentais, le phar­ma­cien qui aimait son officine plus que sa pro­pre famille ; Daan Roelof, un autre apoth­icaire, fla­mand celui-là. Des meurtres qui, de loin, ressem­blent à des sui­cides mais qui, de près, ne lais­sent aucun doute sur leur orig­ine assas­sine. Con­tin­uer la lec­ture

L’art délicat de faire scintiller les pâleurs

François SALMON, Rien n’est rouge, Luce Wilquin, 2015, 140 p., 14€, ISBN : 978–2‑88253–502‑3

salmon

Habituelle­ment, les recueils de nou­velles sont tis­sés autour d’un thème qui sert de fil con­duc­teur à l’ensemble. Ici, rien de tout cela. François Salmon part dans toutes les direc­tions : on par­court sans tran­si­tion l’univers du west­ern, du fan­tas­tique, du polar, de la sci­ence-fic­tion, du réc­it his­torique, de l’allégorie,… sans oubli­er le genre réal­iste. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les trous de l’Histoire

Marie CELENTIN, Dans le bleu de ses silences, Avin, Luce Wilquin, 2015, 888 p., 27 €

celentinNous sommes au print­emps de 274 av. J‑C, à Alexan­drie, cap­i­tale de l’Égypte hel­lénis­tique, sous le règne de Ptolémée II, deux­ième suc­cesseur d’Alexandre le Grand. Écrire « nous sommes » n’est pas abusif tant la plume éru­dite et pro­fuse de Marie Celentin se plaît à détailler les décors et les sit­u­a­tions tout comme les per­son­nages, leurs mou­ve­ments et les sen­ti­ments qu’ils éprou­vent. Con­tin­uer la lec­ture

La plus abyssale des solitudes

Françoise LALANDE, Pourquoi cette puis­sance… ,  Avin, Luce Wilquin, 2015, 120 p. , 12 €

lalandeTelle était et serait peut-être encore, selon Françoise Lalande qui entend la bris­er, celle de Ger­main Nou­veau, ce poète mal con­nu ou mécon­nu, qu’elle a choisi de re-con­naître et faire recon­naître dans son dernier « roman », Pourquoi cette puis­sance… Con­tin­uer la lec­ture