Archives par étiquette : poésie

Salut à toi, le Scaldien !

Un coup de coeur du Carnet

Wern­er LAMBERSY, Escaut ! Salut. Suite zwanz­ique et folk­loresque, textes traduits par Guy Com­mer­man, Opi­um édi­tions, 130 p., 20 €

lambersy escaut salutUne ode à un fleuve ? L’entreprise appa­raît d’emblée suran­née, à une époque où le Poète, défini­tive­ment dou­blé par le virtuel, n’est plus cen­sé se faire ni Mage ni Voy­ant. Wern­er Lam­ber­sy, lui, a décidé de ne pas déchanter, en nous offrant cette « suite zwanz­ique et folk­loresque » que con­stitue Escaut ! Salut Con­tin­uer la lec­ture

Entre rebondissements et répétitions

Otto GANZ, Mille gouttes rebondis­sent sur une vit­re. Chœurs, L’Arbre à paroles, coll. « P.O.M », 2015.

C’est dans la très belle col­lec­tion « P.O.M. », Poésie ouverte sur le monde, et son très recon­naiss­able for­mat car­ré, qu’est paru le dernier texte d’Otto Ganz, Mille gouttes rebondis­sent sur une vit­re. Con­tin­uer la lec­ture

Pierre Coran nous amuse en rimes

Un coup de coeur du Carnet

Pierre CORAN, Amuser­imes, Paris, Livre de Poche Jeunesse, 2015, 94 p., 4.95 € / epub : 3.99 €

Dif­fi­cile de ne pas suc­comber à Amuser­imes, dernière paru­tion du pro­lifique poète et romanci­er mon­tois, déjà auteur d’Inimag­i­naire, dans le même reg­istre. D’une manière dont il a le secret, Pierre Coran nous livre un recueil de sep­tante-et-un courts poèmes qui jon­g­lent de façon enjouée avec les mots et les sons. Lui qui con­nait si bien les enfants (il fut insti­tu­teur et directeur d’école) excelle dans l’art de s’adresser à eux par l’écriture. Les mots jouent les acro­bates, au ping-pong, à cache-cache et invi­tent à entr­er dans la danse. Le tout est char­mant, rigo­lo et joyeux. Con­tin­uer la lec­ture

Le juste dosage de la parole

Un coup de coeur du Carnet

Daniel DE BRUYCKER, Neu­vaines 1 à 3. Brux­elles, mael­strÖm, 2015, 230 p.

de bruycker neuvaines 1 à 3Sous le titre Neu­vaines 1 à 3, Daniel De Bruy­ck­er signe non pas un sim­ple « recueil » de poèmes, mais le pre­mier vol­ume d’une trilo­gie à l’ar­chi­tec­ture très élaborée. Cha­cune de ces trois pre­mières « neu­vaines », en effet, com­porte neuf groupes, chaque groupe neuf poèmes, chaque poème neuf vers. Ici s’ar­rête la con­trainte numérique, car la répar­ti­tion en ver­sets ou en stro­phes, quant à elle, est extrême­ment vari­able : 4–1‑4, 5–3‑1, 4–4‑1, 3–3‑3, 1–7‑1, 3–2‑2–2, etc. : toutes les com­bi­naisons pos­si­bles, sem­ble-t-il, ont été util­isées. De plus, les vers de chaque poème présen­tent une longueur vari­able, tan­dis que rimes et asso­nances fonc­tion­nent de manière aléa­toire…  Bref, une dis­ci­pline de fer règne du som­met de l’éd­i­fice jusqu’à un niveau struc­turel pré­cis – mais, en-deçà, s’ou­vre un espace de créa­tiv­ité ver­bale para­doxale­ment infi­ni. À l’in­star des jeux règle­men­tés, tout le livre s’arc-boute sur cette ten­sion entre Norme et Lib­erté, qui lui donne à la fois sa char­p­ente et son unité, tout en pré­fig­u­rant les pro­pos qui vont s’y tenir.
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Lové au coeur du livre

Un coup de coeur du Carnet

Wern­er LAMBERSY, In angu­lo cum libro, ill. de Diane de Bour­nazel, Paris, Al Man­ar, 2015, 51 p., 15€

L’œuvre de Wern­er Lam­ber­sy compte dans le paysage lit­téraire fran­coph­o­ne ! Cinquante ans d’écriture et plus de soix­ante livres ont per­mis au poète d’emprunter de nom­breuses voies sans pour autant entamer la cohérence des thèmes et des obses­sions qui tra­verse chaque nou­velle pub­li­ca­tion. Celle que suit le dernier recueil pub­lié aux édi­tions Al Man­ar est assuré­ment intimiste. S’il fal­lait ranger le livre sur un ray­on de la bib­lio­thèque, il trou­verait une place presque naturelle­ment, comme par fil­i­a­tion, entre La flamme d’une chan­delle de Gas­ton  Bachelard et les Micro­grammes de Robert Walser dont l’auteur reprend une phrase en exer­gue. Con­tin­uer la lec­ture

Labeurs

Har­ry SZPILMANN, Les rudérales, Brux­elles, Le Cormi­er, 2015, 85 p.

szpilmannQue sig­ni­fie le mot « livre » ? À cette inter­ro­ga­tion partagée par tous ceux qui s’intéressent aux mots, le nou­veau livre de Szpil­mann égrène plusieurs répons­es. La pre­mière appa­raît dès la deux­ième page, comme dans un dic­tio­n­naire : “Livre : creuset, claque-nerfs, noir almanach. Déposi­taire de l’errance abra­sive, des déserts au cro­chet, du sans-fond.” Con­tin­uer la lec­ture

Le vol du chaman

Olivi­er DOMBRET, Notre mère la mon­tagne, L’Arbre à paroles, coll. « IF », 2015, 81 p.

Le nou­veau livre de l’excellent jeune auteur Olivi­er Dom­bret emprunte son titre à un album du musi­cien améri­cain de coun­try et folk Townes Van Zandt sor­ti en 1969, Notre mère la mon­tagne. Tout com­mence par la descrip­tion de son état, trem­blant et fiévreux, dans l’attente d’un signe en prove­nance de la Mon­tagne. Pris­on­nier, encer­clé, oppressé dans la ville creuse tel « un ani­mal vide, dans les pro­fondeurs d’une planète vide » il appelle cette force naturelle, bien décidé à laiss­er der­rière lui le monde mod­erne : Con­tin­uer la lec­ture

Du souffle, de l’air et de l’eau. La vie en somme

Un coup de coeur du Carnet

Lau­rence VIELLE, Ouf (livre + CD), Brux­elles, mael­strÖm, 2015, 15 €

Quoi ? Un CD, joint à OUF ? Excel­lente idée ! Nous aurait man­qué quelque chose, sinon. Incon­cev­able, en effet, de « lire » Lau­rence Vielle sans aus­si l’« enten­dre », « sen­tir » sa présence. C’est qu’elle fait par­tie de ces poètes pour qui POÉSIE ≠ TEXTE, pour qui poésie n’est pas qu’une affaire d’écri­t­ure. Pour qui POÉSIE = un TEXTE + un CORPS.
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Tout n’est qu’imagination

Jean-Pierre BURGART, Gris lumière, Brux­elles, La let­tre volée, 2014, 56 p.

burgartCe recueil se lit comme un jour­nal poé­tique qui traduit dans une langue sim­ple et pré­cise des frag­ments de réal­ité perçus par le biais d’une sen­sa­tion, d’un paysage, d’un instant de la vie quo­ti­di­enne. Comme un pein­tre, l’auteur com­pose des poèmes-tableaux sur une ville tra­ver­sée, une ambiance, un sen­ti­ment dis­paru, un sou­venir qui n’a peut-être jamais existé, le temps de l’enfance. Le mot et l’image se con­fondent et s’entrecroisent dans la langue du poète qui les mélange. Con­tin­uer la lec­ture

François Muir retrouvé

Primaëlle VERTENOEIL

muir1Les édi­tions de la Let­tre volée ont fait paraître, au cours de l’année 2014, deux titres posthumes du poète et romanci­er François Muir, décédé en 1997,  L’infamie de la lumière et Le jeûne de la val­lée. L’occasion de faire con­naître une œuvre jadis oubliée. Con­tin­uer la lec­ture

Une (courte) escapade marocaine

Arnaud DELCORTE et Brahim METIBA, Méri­di­ennes, M.E.O., 2015, 52 p., 14 €/ePub : 8.49 €, ISBN : 978–2‑9–8070-0031–5

meridiennes-1cLes édi­tions MEO vien­nent de pub­li­er un ouvrage hybride : Méri­di­ennes. Com­posé d’une cinquan­taine de pages, il con­tient les réal­i­sa­tions lit­téraires et artis­tiques de deux jeunes créa­teurs : Arnaud Del­corte et Brahim Meti­ba. Si leur col­lab­o­ra­tion est inédite, ils n’en sont pas à leur pre­mier pro­jet. Pro­fesseur de physique à ses heures studieuses, Arnaud Del­corte a déjà pub­lié de plusieurs recueils, par­mi lesquels Écume noire. Les por­traits pho­tographiques de Brahim Meti­ba, infor­mati­cien de for­ma­tion, ont fait, quant à eux, l’objet d’une pub­li­ca­tion dans la revue Dip­tyque en 2011.  Con­tin­uer la lec­ture

Ode à la poésie

Un coup de cœur du Car­net

Colette NYS-MAZURE, La vie poé­tique, j’y crois, Bayard, 2015, 137 p.

nys-mazureCe livre est une let­tre ouverte à tous les ama­teurs de poésie ou sus­cep­ti­bles de le devenir un jour. Colette Nys-Mazure, plus con­va­in­cue que jamais, pro­pose un plaidoy­er actu­al­isé sur la poésie et son rôle majeur dans l’existence. Au fil des pages, elle sème les noms des auteurs qui comptent pour elle pour mon­tr­er que la poésie est « partout, vivante et effi­cace ». Con­tin­uer la lec­ture

Vous avez fait votre métier de poète…

Un coup de coeur du Carnet
Mélanie GODIN

hennartCe recueil posthume paraît près de dix ans après la mort de Mar­cel Hen­nart aux édi­tions Rougerie. Com­posé de deux suites de poèmes inédits, il est pré­facé par un autre auteur mai­son, Marc Dugardin. Dans cette pré­cieuse petite rétro­spec­tive, Dugardin souligne avec un ton où l’on devine qu’il a bien con­nu l’auteur quelques élé­ments car­ac­térisant la voix du poète dis­paru. On y apprend qu’il était pas­sion­né par l’Espagne, à l’instar de Fer­nand Ver­he­sen et d’Edmond Van­der­cam­men. La par­tie inti­t­ulée De jas­min et de lumière en témoigne puisqu’il s’agit d’une plongée dans l’Espagne de Fed­eri­co Gar­cia Lor­ca. Sur une terre pleine de con­trastes et mar­quée au fer rouge par la guerre civile de 1936, se mêle au sang, aux com­bats et aux larmes, une nature com­posée d’oliviers, de fenouil, de fleurs blanch­es, mais aus­si de soleil aride et de mirages de mer : Con­tin­uer la lec­ture

Mon père, ce poète

Christian LIBENS

image184Rares sont les poètes dont l’œuvre inté­grale est pub­liée.  Jean-Louis Crousse aura con­nu ce priv­ilège post mortem grâce à l’admiration agis­sante de proches et aux bons soins de l’éditeur Jacques Fla­ment, établi à La-Neuville-aux-Joûtes, dans les Ardennes français­es. Pareil lieu de nais­sance pour ce vol­ume comp­tant près de six cents pages n’aurait pas été indif­férent au poète, lui qui a aimé célébr­er la forêt arden­naise. Car ce Brux­el­lois de nais­sance (1932) et de rési­dence choi­sis­sait sou­vent d’accorder à sa petite musique bien per­son­nelle celle des vents de l’Ardenne et de l’Ariège, ou encore de la mer du Nord. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps du ciel

Un coup de coeur du Carnet
Primaëlle VERTENOEIL

imhauserParu en 2012, le pre­mier recueil de poésie d’Emmanuelle Imhauser, Mise en pages, n’est pas passé inaperçu. Dans un écri­t­ure per­son­nelle, mais non exempt d’influences, la jeune poétesse lié­geoise se dévoilait comme une nou­velle écri­t­ure poé­tique, saluée par les con­nais­seurs. C’est qu’Emmanuelle Imhauser a gran­di par­mi ce que les his­to­ri­ogra­phies lit­téraires appel­lent « l’école lié­geoise ». Fille du poète Fer­nand Imhauser, proche de Jacques Izoard, actrice de la vie cul­turelle de la Prin­ci­pauté, Emmanuelle s’est nour­rie, pen­dant de longues années, de l’effervescence poé­tique qui a ani­mé Liège depuis plusieurs décen­nies. Con­tin­uer la lec­ture

Avec la langue…

Un coup de coeur du Carnet
Ghislain COTTON

horguelinVivant au XVIe siè­cle dans la région lié­geoise, le révérend Domini­cain Johannes Leo Pla­cen­tius (dit Léon le Plaisant), à force sans doute de répéter qu’au com­mence­ment était le verbe, fut un des pre­miers prati­ciens con­nus du tau­to­gramme, avec son Pugna por­co­rum (le « com­bat des cochons »). Cinq siè­cles plus tard,  avec Alphabé­tiques, le plaisant Thier­ry Horguelin, ludique mil­i­tant et fin let­tré, vivant lui aus­si à Liège, quoique né à Mon­tréal, inscrit aujourd’hui son nom dans cette tra­di­tion ances­trale comme dans le droit fil de l’Oulipo, cet Ouvroir de Lit­téra­ture Poten­tielle, né en 1960 des œuvres de Ray­mond Que­neau et François Le Lion­nais. Con­tin­uer la lec­ture