Natol BISQ, Plein soleil, Le sabot, coll. « Du seum », 2022, 536 p., 17 €, ISBN : 9782492352072
Démesure narrative, lumière d’un soleil noir, calciné qui embrase l’écriture, les registres stylistiques, trame ambitieuse où se mêlent thriller de facture cinématographique, mise en abyme de la littérature et galerie de personnages en proie au vertige existentiel… Plein soleil, premier roman ambitieux d’un jeune auteur féru de pseudonymes (dont celui de Natol Bisq), nous entraîne dans un dédale d’actions, de quêtes qui interroge le principe de réalité.
Lancée sur les routes de l’Europe et d’Asie afin de retrouver un écrivain avec qui elle entend régler ses comptes, Léa fait l’expérience de mondes souterrains, parallèles dans un climat qui mêle Matrix et road movie à l’heure du virtuel. Éminemment sensorielle, l’écriture dresse une multitude de scènes d’opéra dont les personnages et le lecteur se doivent de rassembler les pièces du puzzle. La boîte de Pandore que nous ouvre Natol Bisq libère la folie d’un monde où règne Lacis, une organisation cybercriminelle établie en Italie, berceau de toutes les mafias. Les dédoublements, les dérives hallucinées de la fiction s’inscrivent dans une esthétique lynchienne qui dévoile l’envers du décor, les manœuvres complotistes, le tremblement du vrai et du faux, les sous-sols de la conscience, la production de variantes de clones. Continuer la lecture



J’accuse réception


En novembre 2021, Sandra de Vivies publiait son premier livre : une collecte de récits dits photosensibles réunis sous le titre de Vivaces. L’ouvrage est paru aux éditions La place, une jeune maison d’édition bruxelloise puisqu’elle présente deux titres à son catalogue : Vivaces, bien entendu, et Où est ma maison de Haleh Chinikar. Les éditions La place annoncent qu’elles « accompagnent l’exploration, le doute, les textes qui en portent les traces de même que les formes frontalières ou hybrides : récit texte-image, prose poétique, français mâtiné d’une autre langue, etc. »
Marie-Jo Vanriet fait avec beige fracas son entrée en poésie. Un titre à l’image d’un recueil en nuances fines, contradictions douces et petites déflagrations, dont on sort empli d’images nouvelles et d’émotions surprenantes.
Voici une enquête policière qui vous offre une visite dans le monde clos de la vie monacale. Le corps d’un jeune novice vient d’y être retrouvé sans vie. Le médecin attitré du couvent qui vient constater le décès émet des doutes quant aux causes de la mort, mais l’insistance du prieur le persuade d’en rester là. Lorsque de nouveaux faits sanglants surviennent peu après, le secret ne peut être gardé : deux autres frères se retrouvent hospitalisés et la police ouvre une enquête. L’intrusion des forces de l’ordre dans cet univers coupé du monde bouleverse le cours des choses. La vie y est d’ordinaire vouée à la prière et au silence, les conversations sont réduites au minimum, les offices ouverts au public sont les seuls moments de contact avec l’extérieur. C’est dire si les langues ne sont guère promptes à se délier face au commissaire Philippe Légaut qui est en charge de l’affaire et qui représente la justice des hommes là où prévaut celle de Dieu.
« Je pieute au dernier étage, sous les toits. Eux dorment au rez-de-chaussée. Ils ont fait fortune dans les pompes funèbres. On se partage un funérarium désaffecté. On vit en tête à tête avec monsieur Martin qui nous surveille, couché dans leur grand lit. Son corps ne bouge plus, ça fait des années. On continue à lui parler. Un peu comme s’il était mort, sauf qu’on peut le toucher. »
La vie de Julius est plutôt morose depuis qu’il a perdu son travail… ou peut-être l’a‑t-elle toujours été ? Cet éternel célibataire est très solitaire. Il voit parfois sa vieille sœur Marcella qui vit dans une petite maison de l’ancien béguinage de Mont-Saint-Amand. À l’époque, il allait aussi parfois rendre visite à Lieve, une prostituée du quartier de la gare. Poussé par un élan inhabituel – comme s’il était temps qu’il aille à contre-sens de sa vie – il entre chez un antiquaire et en ressort avec une statuette représentant le dieu Pan, le sexe dressé. Il ne sait expliquer pourquoi il est attiré par cet objet. Il veut montrer la statuette à Marcella. La vieille femme qui perd la vue sourit joyeusement en touchant le membre de la statuette. Julius sent que quelque chose a changé dans sa vie depuis qu’il a acquis cette statuette, comme si sa mélancolie voulait disparaître. Il veut revoir Lieve, mais il apprend qu’elle ne travaille plus dans le café où il allait la retrouver.
Apolline, Apo pour les intimes, n’a, depuis la fin de ses études de cinéma, qu’une seule obsession : devenir une autrice célèbre !
Il est marin pêcheur, c’est ce qu’il voulait faire depuis tout petit. La violence des flots, les tempêtes, la lutte pour maîtriser l’immaîtrisable, il en a besoin.
Le premier roman de Laura Tinard met en scène Pamela, une jeune artiste évoluant dans le milieu alternativo-hipe-arti bruxellois.