Archives par étiquette : photographie

Disponibilité québéco-poético-photographique

Dominique MAES, Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal, Mur­mure des soirs, 2023, 192 p., 22 €, ISBN : 9782931235089

maes chroniques poetiquesLa beauté d’un voy­age réside par­fois moins dans le lieu où l’on séjourne que dans la mise en disponi­bil­ité qu’il offre. Par­tir (plus ou moins) loin, s’extraire du quo­ti­di­en envelop­pant, quit­ter quelque temps ses repères spa­ti­aux et humains, se con­fron­ter à l’inconnu force à (se) décou­vrir. Et quand l’équipée se joue en solo, les sen­sa­tions s’en trou­vent sou­vent exac­er­bées. C’est cette drôle d’expérience qu’a vécue Dominique Maes et qu’il relate à tra­vers ses Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal, ville dans laque­lle il a gag­né l’opportunité d’une bourse lit­téraire. Con­tin­uer la lec­ture

Simenon photographe : une expo à Liège

simenon images d'un monde en crise

L’ex­po­si­tion “Simenon. Images d’un monde en crise. (Pho­togra­phies 1931–1935)” a été inau­gurée à l’oc­ca­sion du fes­ti­val Le print­emps Simenon. Elle est tou­jours vis­i­ble au Grand Cur­tius, jusqu’au 27 août.  Con­tin­uer la lec­ture

Et pourtant elle est si vive…

Arnaud DELCORTE, Tes­sons au sable, pho­togra­phies du poète, Coudri­er, 2023,136 p., 22 €, ISBN : 978–2‑39052–052‑8

delcorte tessons au sableTrois ensem­bles com­posent la « Table des textes » du recueil Tes­sons au sable, qui asso­cie poèmes et pho­togra­phies com­posant un car­net de voy­ages. L’ouvrage s’ouvre sur deux exer­gues, cita­tions de Paul Bowles et de Nat­sume Sôse­ki. La phrase extraite du Voy­age poé­tique de l’écrivain japon­ais se décou­vre comme une balise à l’entrée d’une nav­i­ga­tion, un pre­mier « tes­son » éclairant le chem­ine­ment auquel Arnaud Del­corte nous invite : rien ne me presse dans ce voy­age… Quant à Bowles, ce sont ces moments fugaces et essen­tiels, vécus dans l’enfance,  qu’il nous invite à célébr­er et que nous nég­li­geons si volon­tiers. Con­tin­uer la lec­ture

Musique du large et déflagration

Dominique LOREAU, Déto­na­tion, Esper­luète, 2023, 64 p., 18 €, ISBN : 9782359841725

loreau detonationRyth­mé par des pho­tos en noir et blanc pris­es par l’autrice, le réc­it Déto­na­tion explore les tes­si­tures du vis­i­ble, les inflex­ions du réel, des regards, des gestes, des mou­ve­ments de pen­sée, les muta­tions météorologiques des émo­tions. Qu’est-ce qui se joue dans nos ren­con­tres avec l’altérité, avec un pays loin­tain, avec des paysages mar­itimes, des êtres chargés d’histoire ? Cinéaste, pho­tographe, écrivain, Dominique Lore­au dresse un roman qui dévoile la com­plex­ité de la réal­ité, des rap­ports que nous nouons avec elle, avec les autres, avec nous-mêmes. Con­tin­uer la lec­ture

Hors-champ

Fabi­enne VERSTRAETEN, V ou la mélan­col­ie, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2023, 136 p., 18 €, ISBN : 9782363083319

verstraeten v ou la melancolieEn avril, la mai­son d’édition parisi­enne Arléa pub­li­ait dans sa col­lec­tion « La ren­con­tre » le pre­mier roman de Fabi­enne Ver­straeten, déjà con­nue des milieux brux­el­lois de l’art et de la cul­ture.  Inti­t­ulé V ou la mélan­col­ie (comme référence explicite au roman de Georges Perec, W ou le sou­venir d’enfance), le roman que pro­pose Fabi­enne Ver­straeten s’inscrit dans la tra­di­tion des sagas famil­iales.

Au départ d’une pho­togra­phie, prise dans l’immédiat après-guerre, de l’enterrement de son grand-père Aloïs, l’autrice fouille son his­toire famil­iale. Elle l’interroge dans le but de débus­quer les caus­es d’un atavisme bien par­ti­c­uli­er : la mélan­col­ie. Con­tin­uer la lec­ture

En bordure de crépuscule

Corinne HOEX, L’ombre de toi-même, Tétras Lyre, 2023, 68 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930685–69‑4

hoex l'ombre de toi-mêmePub­lié aux édi­tions Tétras Lyre, le dernier ouvrage de Corinne Hoex sem­ble le miroir d’un autre, paru une dizaine d’années aupar­a­vant dans la même mai­son, L’autre côté de l’ombre (2012) : for­mat iden­tique, coex­is­tence du texte et de l’image,  ques­tion­nement du vis­i­ble et frac­tion­nement d’un long poème en petites parts sub­tiles – comme pour étir­er les sec­on­des et y puis­er plus encore de matière à explor­er. L’ombre de toi-même est un livre déli­cat, patiem­ment tis­sé entre les instants nébuleux qui mar­quent l’entrée dans la nuit. Con­tin­uer la lec­ture

Des flots

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHE (autrice) et Françoise DEPREZ (pho­tographe), Tou­jours l’eau, juil­let 2021, Caïd, 2022, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930754–35‑2

lamarche deprez toujours l'eauDes flots. De boue. De furie. De tox­i­c­ité. De rav­age. Mi-juil­let 2021, la région lié­geoise, à l’instar d’autres par­ties du pays, est con­fron­tée à des inon­da­tions meur­trières à plus d’un titre. Les images retrans­mis­es dans les médias, aus­si apoc­a­lyp­tiques parais­sent-elles, ne traduisent alors que par­tielle­ment l’ampleur de la cat­a­stro­phe. « À la télé, on ne sen­tait pas la peur » (Guy) « Le bruit, c’était comme dans un film de sous-marin. Les meubles qui s’entrechoquaient en bas, la défla­gra­tion des arbres qui ren­traient dans la façade. » (Luc) « L’odeur était ter­ri­ble. Inde­scriptible. Une odeur de vieux, de pour­ri, de mort, de gasoil. Et le bruit… » (Lau­rent) La Bel­gique, médusée, assiste à l’engloutissement de maisons, de quartiers, de routes et de ponts, à l’anéantissement de vies entières, à la détresse poignante d’une par­tie des siens. Con­tin­uer la lec­ture

Toujours l’eau : les inondations en textes et photos

lamarche deprez toujours l'eau

En juil­let 2021, des inon­da­tions rav­ageaient la Bel­gique, et plus par­ti­c­ulière­ment la Province de Liège, faisant 39 morts et semant la déso­la­tion sur leur pas­sage. Une expo­si­tion, “Tou­jours l’eau”, revient, un an après, sur les événe­ments et donne voix et vis­age aux vic­times. Con­tin­uer la lec­ture

La photographie en amateur, c’est toute une histoire !

Ade­line ROSSION, Michel F. DAVID, et Anne DELREZ, En dilet­tante. His­toire et petites his­toires de la pho­togra­phie ama­teur, Musée de la Pho­togra­phie de Charleroi et Edi­tions du Caïd, 2022, 400 p., 55 €, ISBN : 978–871 83 08 49

en dilettante histoire et petites histoires de la photographie amateurQue dia­ble peut bien sig­ni­fi­er aujour­d’hui le terme de « pho­togra­phie ama­teur » ? À l’heure glob­al­isée des self­ies omniprésents et des images démul­ti­pliées en abon­dance, l’œil vorace des réseaux soci­aux se dis­perse dans une volatil­ité sans fin. Tout con­court à ce que, par l’usage expo­nen­tiel des télé­phones porta­bles et autres appareils pluri-fonc­tions, soit ren­due évidem­ment « obsolète » cette dénom­i­na­tion de « l’a­ma­teur ». N’im­porte qui de nos jours peut à son gré et en posant le doigt sur quelques touch­es, non seule­ment saisir mais aus­si com­mu­ni­quer dans des sphères plus ou moins proches ou loin­taines, comme on voudra, ces images instan­ta­nées, pour le meilleur et pour le pire, d’un instant unique et par essence éphémère. Con­tin­uer la lec­ture

Prétextes à la fugue

Philippe HERBET, Fils de pro­lé­taire, Arléa, 2022, 120 p., 15 €, ISBN : 9782363083043

herbet fils de proletaireSi la pho­togra­phie a le don de repro­duire à l’infini ce qui n’a lieu qu’une fois (Barthes), l’écriture a celui, tout aus­si boulever­sant, de met­tre en mou­ve­ment des instan­ta­nés. C’est ce que le réc­it auto­bi­ographique de Philippe Her­bet, pho­tographe mais aus­si – s’il était encore besoin de s’en assur­er[1] – écrivain, expose avec clarté. Pub­lié aux édi­tions Arléa dans la col­lec­tion « La ren­con­tre », Fils de pro­lé­taire tra­vaille le pas­sage du temps en par­courant de petits tableaux d’un quo­ti­di­en passé, déli­cats morceaux de sou­venirs effrités dans la soupe du temps, tou­jours racon­tés au présent – pour pal­li­er, peut-être, cette sen­tence lap­idaire et presque dés­in­téressée : “Je n’ai pas de pho­tos d’enfance.” Con­tin­uer la lec­ture

Christian Dotremont, 100 ans et 2 expositions

Dotremont A bleu mentir qui vient de près

Chris­t­ian Dotremont, A bleu men­tir qui vient de près, Logogramme, Encre bleue sur papi­er, [1978] — © Fon­da­tion Roi Bau­douin / dépôt aux Archives & Musée de la Lit­téra­ture | pho­to : Olivi­er Guyaux – L’Ate­lier de l’Imagi­er

Chris­t­ian Dotremont aurait eu 100 ans le 12 décem­bre de cette année. Un anniver­saire qui appelait une célébra­tion à la hau­teur de cette fig­ure majeure tant de la lit­téra­ture que des arts plas­tiques. Alors que plusieurs réédi­tions sont annon­cées pour le deux­ième semes­tre, pas moins de deux expo­si­tions lui sont dédiées, l’une aux Musées roy­aux des Beaux-Arts, l’autre à la Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana.  Con­tin­uer la lec­ture

De l’amitié, sa belle tessiture…

Philippe COLMANT et Philippe LEUCKX, Frères de mots, Coudri­er, 2022, 90 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–030‑6

colmant leuckx freres de motsPhilippe Col­mant  et Philippe Leuckx se sont rejoints dans un vol­ume écrit à qua­tre mains, orné de pho­togra­phies en noir et blanc. Le titre Frères de mots se jus­ti­fie d’emblée : rien n’indique auquel des deux Philippe attribuer tel ou tel poème. L’auteur des pho­togra­phies, paysages de forêts et chemins de cam­pagne enneigés, n’est pas davan­tage iden­ti­fié dans ce recueil paru aux Édi­tions Le Coudri­er.  C’est bien d’un entrelace­ment délibéré qu’il s’agit pour ces deux poètes, exclu­ant que l’un se pré­vale d’une image fût-elle styl­is­tique ou argen­tique.

Chaque poème donne à cette com­plic­ité un éclairage frater­nel, d’autant plus intense que l’un et l’autre se retrou­vent dans chaque mot déposé dont ils se dépos­sè­dent. Y a‑t-il échange plus pro­fond que celui-ci, entre deux artistes, mêlant leur encre, ren­dant de l’amitié/ sa belle tes­si­ture ?  Chaque page du recueil évoque avec une puis­sance que Mon­taigne – dont on sait les pages inou­bli­ables que lui inspi­ra la mort de son ami La Boétie —  ne récuserait pas, la force de l’amitié qui irradie de ces Frères de mots. Cette ami­tié sans laque­lle semer le ciel/ reste hors de portée est déclinée en qua­tre-vingts vari­a­tions évo­quant le partage (partager la sente/et la mie du poème), la fidél­ité (de la main qui offre / tu sais cette sève / du don qui fait grandir) la com­mu­nauté de la poésie (Et nos rimes fleuris­sent / Dans le vase de la vie), le silence bien­venu (Les portes béent / sur les mots / pleins de nos silences). Con­tin­uer la lec­ture

Des mots qui déjouent

Marc DUGARDIN, Antoine DUGARDIN, Psaume, pas­sant, Chat polaire, 2022, 82 p., 12 €, ISBN : 978–2‑931028–19‑3

dugardin psaume passant 2Marc Dugardin, avec la com­plic­ité de son fils à la pho­togra­phie – Antoine Dugardin – ouvre une fenêtre sur l’activité d’écriture par l’intermédiaire d’un Psaume, pas­sant pub­lié aux édi­tions du Chat polaire. Ouvrage étrange qui se veut prière, Psaume, pas­sant ne s’adresse pour­tant à aucun dieu, comme un appel lancé dans un vide méta­physique. Emprun­tant sa mélodie à la poésie et la nar­ra­tion d’un « je » vivant, pen­sant, écrivant au genre du réc­it, Marc Dugardin per­met ici « l’irruption du monde dans le corps du texte ». Con­tin­uer la lec­ture

Devenir-Un-Indien

San­dra DE VIVIES, Vivaces, La place, 2021, 96 p., 15 €, ISBN : 978–2‑9602918–0‑3

de vivies vivacesEn novem­bre 2021, San­dra de Vivies pub­li­ait son pre­mier livre : une col­lecte de réc­its dits pho­to­sen­si­bles réu­nis sous le titre de Vivaces. L’ouvrage est paru aux édi­tions La place, une jeune mai­son d’édition brux­el­loise puisqu’elle présente deux titres à son cat­a­logue : Vivaces, bien enten­du, et Où est ma mai­son de Haleh Chinikar. Les édi­tions La place annon­cent qu’elles « accom­pa­g­nent l’exploration, le doute, les textes qui en por­tent les traces de même que les formes frontal­ières ou hybrides : réc­it texte-image, prose poé­tique, français mât­iné d’une autre langue, etc. » Con­tin­uer la lec­ture

Horizon(s)

Marie COSNAY et Vic­toire DE CHANGY (autri­ces), François GODIN (pein­tre), Matthieu LITT (pho­tographe), Paysages pos­si­bles (impos­si­bles), Le Comp­toir, 2021, 48 p.

paysages possibles impossiblesDes rues mal­odor­antes et des bou­tiques qui éclosent à chaque sai­son, des passerelles pré­ten­tieuses et des pavés déchaussés, un fleuve trop boueux et pour­tant scin­til­lant, des pro­jets vague­ment citoyens, telle­ment de rafis­to­lages soci­aux ; une aspi­ra­tion au mieux, par­fois, un con­tente­ment, sou­vent. Des gens, surtout : faune friquée aux ter­rass­es, déclassée sur les seuils, désœu­vrée aux arrêts, col­orée un peu partout. Chaleur du dedans, quant-à-soi bravache, sim­plic­ité désar­mante : Liège, aux mille accents. Cité ardente, mais étouf­fante, brin­que­bal­ante, las­sante, attachante. Ville qui s’empêtre et se démène. Irrite, atten­drit, ragail­lardit. Terre de poésie(s), tout en par­al­lèles et en inter­sec­tions. Et c’est là qu’il y a vingt ans, s’est naturelle­ment enrac­iné « Le Comp­toir », struc­ture œuvrant avec entrain pour la pro­mo­tion des petites maisons d’édition et de leurs artistes, et sou­tenant « les démarch­es édi­to­ri­ales sauvages, les fanzines et les livres auto-édités avec un désir d’exigence et le goût du tra­vail bien fait ». Un incon­tourn­able pour les entichés de sen­tiers lit­téraires moins bat­tus et les curieux en recherche d’affinités élec­tives. « De toutes les ren­con­tres, cha­cune est la préférée », écrirait à ce pro­pos Vic­toire de Changy… Con­tin­uer la lec­ture

Portraits de l’écrivaine en personnages

Mar­i­anne ROSENSTIEHL, Phénomène. Por­traits d’Amélie Nothomb, Gründ, 2021, 188 p., 24,95 €, ISBN : 978–2‑324–02962‑2

rosenstiehl phenomene portraits d amelie nothombParu aux édi­tions Gründ sous le titre Phénomène, un beau-livre présente le tra­vail de Mar­i­anne Rosen­stiehl sur Amélie Nothomb. Qua­tre-vingts por­traits pho­tographiques sont ain­si rassem­blés, assor­tis d’interviews accordées par l’écrivaine à l’émission À voix nue de France Cul­ture.

Actes de col­lo­ques, livres d’entretiens, mono­gra­phies, abécé­daire, par­o­dies… les livres sur Amélie Nothomb sont désor­mais presque aus­si nom­breux que ceux écrits par la pour­tant pro­lifique roman­cière. Phénomène explore un pan impor­tant de la présence publique et médi­a­tique, voire de l’œuvre, de l’écrivaine : les pho­tos. Depuis 2003 et Antéchrista, la cou­ver­ture de cha­cun de ses romans est en effet invari­able­ment ornée d’un por­trait en pleine page, tan­dis que ses inter­views dans la presse sont tou­jours agré­men­tées d’images artis­tique­ment mis­es en scène. Au fil des années, Amélie Nothomb a col­laboré avec de grands noms de la pho­togra­phie. On pense par exem­ple à Jean-Bap­tiste Mondi­no, Sarah Moon ou encore Pierre et Gilles. Et, donc, Mar­i­anne Rosen­stiehl. Con­tin­uer la lec­ture