Un coup de cœur du Carnet
Serge DELAIVE et Philippe HERBET (auteurs & photographes), Le sable. Le vent, Altura, 2023, 172 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931190–09‑8

C’est un objet à la couverture rigide, en papier qui paraît recyclé (mais qui peut-être ne l’est pas), d’une couleur kaki verdâtre et d’un toucher présent, avec une carte routière qui paraît être collée (mais qui peut-être ne l’est pas) d’où se détache un tracé, le fil rouge : « Une ligne capricieuse analogue aux veines céphaliques ou médianes parcourant les membres supérieurs, un serpent déplié dans sa course lente sur une rocaille au soleil à la recherche d’un refuge. » Un titre, Le sable. Le vent, et une origine doubles, Serge Delaive et Philippe Herbet.
Continuer la lecture
La beauté d’un voyage réside parfois moins dans le lieu où l’on séjourne que dans la mise en disponibilité qu’il offre. Partir (plus ou moins) loin, s’extraire du quotidien enveloppant, quitter quelque temps ses repères spatiaux et humains, se confronter à l’inconnu force à (se) découvrir. Et quand l’équipée se joue en solo, les sensations s’en trouvent souvent exacerbées. C’est cette drôle d’expérience qu’a vécue Dominique Maes et qu’il relate à travers ses Chroniques poétiques d’un voyage à Montréal, ville dans laquelle il a gagné l’opportunité d’une bourse littéraire. 











En novembre 2021, Sandra de Vivies publiait son premier livre : une collecte de récits dits photosensibles réunis sous le titre de Vivaces. L’ouvrage est paru aux éditions La place, une jeune maison d’édition bruxelloise puisqu’elle présente deux titres à son catalogue : Vivaces, bien entendu, et Où est ma maison de Haleh Chinikar. Les éditions La place annoncent qu’elles « accompagnent l’exploration, le doute, les textes qui en portent les traces de même que les formes frontalières ou hybrides : récit texte-image, prose poétique, français mâtiné d’une autre langue, etc. »
Des rues malodorantes et des boutiques qui éclosent à chaque saison, des passerelles prétentieuses et des pavés déchaussés, un fleuve trop boueux et pourtant scintillant, des projets vaguement citoyens, tellement de rafistolages sociaux ; une aspiration au mieux, parfois, un contentement, souvent. Des gens, surtout : faune friquée aux terrasses, déclassée sur les seuils, désœuvrée aux arrêts, colorée un peu partout. Chaleur du dedans, quant-à-soi bravache, simplicité désarmante : Liège, aux mille accents. Cité ardente, mais étouffante, brinquebalante, lassante, attachante. Ville qui s’empêtre et se démène. Irrite, attendrit, ragaillardit. Terre de poésie(s), tout en parallèles et en intersections. Et c’est là qu’il y a vingt ans, s’est naturellement enraciné « Le Comptoir », structure œuvrant avec entrain pour la promotion des petites maisons d’édition et de leurs artistes, et soutenant « les démarches éditoriales sauvages, les fanzines et les livres auto-édités avec un désir d’exigence et le goût du travail bien fait ». Un incontournable pour les entichés de sentiers littéraires moins battus et les curieux en recherche d’affinités électives. « De toutes les rencontres, chacune est la préférée », écrirait à ce propos Victoire de Changy…