Archives par étiquette : bande dessinée

Marguerite : un moment suspendu dans le Paris des années 30

Joe PINELLI, Mar­guerite, Mar­tin de Halleux, 2020, 22 €, ISBN : 9782490393206

pinelli margueriteAvec Mar­guerite, Joe Pinel­li signe le sec­ond titre de la col­lec­tion « 25 images » des Édi­tions Mar­tin de Halleux. Le livre est une invi­ta­tion à la prom­e­nade menée par deux per­son­nages à la com­plic­ité amoureuse nais­sante dans un Paris en pleine ébul­li­tion. Com­posé de 25 images en noir et blanc, une par page, et sans textes, « tel qu’il a été défi­ni en 1918 par Frans Masereel pour son livre 25 images de la pas­sion d’un homme », l’album mon­tre la rela­tion tout intime d’une fleuriste et d’un pein­tre qui se croisent le 12 févri­er 1934 lors d’une journée de con­tes­ta­tion poli­tique mas­sive en faveur de la démoc­ra­tie. Con­tin­uer la lec­ture

Histoire de la franc-maçonnerie

Un coup de cœur du Car­net

Arnaud DE LA CROIX (scé­nario), Philippe BERCOVICI (dessins), Sylvie SABATER (couleurs), La franc-maçon­ner­ie dévoilée, Lom­bard, 2020, 240 p., 22.50 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782803677559

La franc-maçonnerie dévoiléeHis­to­rien, essay­iste, scé­nar­iste de bande dess­inée, auteur d’ouvrages mar­quants (entre autres Les tem­pli­ers, cheva­liers du Christ ou héré­tiques ?, Ed. Tal­landi­er, Hitler et la franc-maçon­ner­ie, Les Illu­mi­nati, 13 com­plots qui ont fait l’histoire, Nou­velle his­toire de Brux­elles, tous pub­liés aux Ed. Racine), Arnaud de la Croix se plonge, avec le dessi­na­teur Philippe Bercovi­ci, dans l’histoire com­plexe, fibrée de la franc-maçon­ner­ie des orig­ines à nos jours. Les con­tro­ver­s­es autour de sa créa­tion, les divers­es ten­dances spécu­la­tives qui la com­posent, les idéaux qui la por­tent, le fonc­tion­nement secret d’une société sur laque­lle se gref­fent rumeurs et légen­des sont abor­dés au tra­vers de dix-huit voix, générale­ment de francs-maçons (Ben­jamin Franklin, Mozart, Mirabeau, Rud­yard Kipling, Hugo Pratt…) mais aus­si de per­sé­cu­teurs (Himm­ler…) ou de com­plo­tistes (l’abbé Bar­ru­el…). Con­tin­uer la lec­ture

« Écrire doit être une nécessité, tout comme la mer a besoin des tempêtes, et j’appelle cela respirer… »

Un coup de cœur du Car­net

Léonie BISCHOFF, Anaïs Nin sur la mer des men­songes, Cast­er­man, 2020, 192 p., 23.50 €, ISBN : 978–2203161917

léonie bishoff anais ninIl lui aura fal­lu huit ans pour trans­pos­er en images des pas­sages du réc­it qu’Anaïs Nin fit de sa pro­pre vie dans les dif­férentes ver­sions par­fois con­tra­dic­toires du Jour­nal. Dans un roman graphique de 190 pages paru en août 2020 chez Cast­er­man, Léonie Bischoff a choisi de racon­ter son Anaïs, celle qui l’inspira durable­ment lorsque étu­di­ante, elle décou­vrit son œuvre.


Lire aus­si : 1000 raisons d’aimer l’Ate­lier Mille (C.I. n°195)


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Voyage dans l’univers de Comès

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry BELLEFROID, Comès. D’Ombre et de Silence, Cast­er­man, 2020, 145 p., 29 € / ePub : 19.99 €, ISBN : 978–2‑203–18379‑7

thierry bellefroid comes d'ombre et de silence castermanCor­beaux, chou­ettes, chats, homme-cerf, paysages enneigés, per­son­nages mar­gin­aux anguleux, rites d’initiation, génie du silence graphique met­tant en scène la Bataille des Ardennes, les som­bres con­flits entre vil­la­geois, la mise à mort des êtres dif­férents… Quar­ante ans après la paru­tion de l’album Silence, le chef‑d’œuvre de Comès, à l’occasion de la sou­veraine expo­si­tion Comès au musée BELvue à Brux­elles dont il est le co-com­mis­saire avec Éric Dubois, Thier­ry Belle­froid con­sacre un essai magis­tral à ce créa­teur hors norme décédé en 2013. Con­tin­uer la lec­ture

Olivier Deprez. Noise gravure et épilepsie du sémiotique

Olivi­er DEPREZ, Wrek not work, Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana et FRMK, 2020, 25 €, ISBN : 9782873060047

Paru à l’occasion de l’exposition que la Bib­lio­the­ca Wit­tock­iana con­sacra au pro­jet Wrek mené par Olivi­er Deprez, coédité par cette dernière et les édi­tions FRMK, le cat­a­logue Wrek Not Work (en français et en néer­landais) délivre un voy­age dans l’œuvre gravée d’un artiste qui place la co-créa­tion (avec Adolpho Avril, Jan Baetens…) au cen­tre de ses recherch­es. Son intro­duc­tion de la gravure sur bois dans le monde de la bande dess­inée a révo­lu­tion­né le neu­vième art. Inter­ro­geant les ques­tions de la nar­ra­tion graphique, du statut de l’image, de la représen­ta­tion, Olivi­er Deprez a, depuis sa magis­trale adap­ta­tion du Château de Kaf­ka (édi­tions FRMK) exploré le poten­tiel nar­ratif des images dans un geste qui excède et décon­stru­it la fron­tière entre fig­u­ratif et abstrac­tion. Les sor­tilèges de la lit­téra­ture, la tour de Babel des livres de ce lecteur pas­sion­né mais aus­si les images glanées sur la toile, dans les jour­naux, sous-ten­dent et nour­ris­sent sa démarche. Con­tin­uer la lec­ture

Didier Comès exposé

comes d'ombre et de silence musee Belvue affiche exposition

© Musée BELvue

Le bédéiste Didi­er Comès (1942–2013) fait l’ob­jet de deux expo­si­tions, l’une au musée BELvue, l’autre à  la mai­son Autrique. Autant d’oc­ca­sions de redé­cou­vrir un grand maitre de la bande dess­inée.  Con­tin­uer la lec­ture

Antoine Boute. Propagation de l’insurrection biohardcore

Un coup de cœur du Car­net

Antoine BOUTE, Stéphane DE GROEF, Adrien HERDA, Manuel de civil­ité bio­hard­core, Tusi­ta­la et FRMK, 2020, 64 p., 24 €, ISBN : 979–10-92159–21‑9

boute de groff herda manuel de civilité biohardcoreInven­tant des agence­ments esthéti­co-poli­tiques qui font vol­er en éclats la lit­téra­ture en bat­terie, boutu­rant le texte et l’image jusqu’à pro­duire une économie du signe qui excède le plan de l’économie, Manuel de civil­ité bio­hard­core libère une anti-péd­a­gogie de l’ensauvagement qui plante des fleurs, des champs d’orties sur le chaos. Co-édité par l’éditeur FRMK (dont nous salu­ons encore une fois la fab­uleuse ligne édi­to­ri­ale, inven­tive, poé­tique et incen­di­aire) et par Tusi­ta­la, l’ouvrage trans-graphique inouï con­coc­té  par Antoine Boute, Stéphane de Groef et Adrien Her­da lance une machine de guerre con­tre un monde avachi dans l’apocalypse high tech. Con­tin­uer la lec­ture

Éric Lambé et l’ère de la moule

Éric LAMBÉ, Carl ROOSENS, Botanike Komiks. Un regard sur le monde, FRMK, 2020, 48 p., 14 €

Chaque album des édi­tions FRMK promet une bouf­fée d’air libre à l’écart des œuvres con­t­a­m­inées par la radioac­tiv­ité du marché. Elles promeu­vent des créa­tions qui ne s’inclinent devant rien, devant aucune forme con­v­enue, qui ne pactisent pas avec le triste cirque médi­a­tique. Dans Botanike Komiks. Un regard sur le monde, Éric Lam­bé nous bal­ance des tranch­es de vie con­tem­po­raines, les sta­tions d’un voy­age dans le monde actuel. La cou­ver­ture annonce 48 CC, non une cylin­drée, mais 48 pages d’une bande dess­inée car­ton­née et en couleurs. Pour être à même de porter un regard sur le monde, il faut avoir comme réquisits : 1° l’existence du regard, quelle que soit sa forme, 2° l’existence d’un monde, quel que soit son état, 3° l’établissement d’un pos­si­ble lien entre les deux ter­mes. Ces pré­con­di­tions assumées, Éric Lam­bé et son invité Carl Roosens pla­cent leur bande dess­inée sous le signe d’un désax­age revendiqué par le sous-titre : « dessin­er des mots », « écrire des images ». Un pari con­tre-intu­itif, un cham­boule­ment des reg­istres qui con­teste la divi­sion fou­cal­di­enne entre lis­i­ble et vis­i­ble. Con­tin­uer la lec­ture

Des dieux et des hommes

Lison FERNÉ, La déesse requin, CFC, 2020, 110 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87572–049‑8

Au tra­vers du prisme du mer­veilleux, du con­te, Lison Fer­né délivre dans La déesse requin, sa pre­mière bande dess­inée, une puis­sante fable écologique, poli­tique et mil­i­tante. La fic­tion repose sur une dual­ité de mon­des aux fron­tières infran­chiss­ables par la majorité des créa­tures, celle du sec­ond du moins. Le monde d’en bas, des pro­fondeurs est celui des dieux de la mer, des êtres méta­mor­phiques qui peu­vent chang­er d’apparence, pass­er d’une anatomie recou­verte d’écailles à une anatomie humaine. Le monde d’en haut, peu­plé par les humains, ignore tout de l’Autre monde. Au tra­vers de Dahut, la déesse requin, fille de la grande déesse Bod­dhisat­va, Lison Fer­né nous entraîne dans un réc­it ini­ti­a­tique qui, par le biais de la magie, du féerique,  inter­roge la crise envi­ron­nemen­tale actuelle (sur­pêche, extinc­tion mas­sive des espèces ani­males, végé­tales). Le nom de l’héroïne évoque le per­son­nage de la mythologique cel­tique, Dahut, incar­nant un pou­voir spir­ituel féminin. Dans l’imaginaire foi­son­nant, syn­cré­tique de Lison Fer­né, la mytholo­gie cel­tique réap­pro­priée côtoie le boud­dhisme : les bod­hisattvas désig­nent des boud­dhas n’ayant pas encore atteint l’éveil, qui furent par­fois grands boud­dhas dans le passé et revi­en­nent enseign­er la sagesse et l’éveil dans le monde des vivants. Con­tin­uer la lec­ture

Vanitas & disco

Mathilde VAN GHELUWE, Funky Town. L’histoire de Lele, Atra­bile, coll. « Flegme », 2019, 144 p., 15 €, ISBN : 978–2‑88923–088‑4

Funky Town est le deux­ième roman graphique de Mathilde Van Gheluwe. D’abord pub­lié en anglais par l’éditeur sué­dois Peow ! stu­dio, il est paru en févri­er 2020 chez Atra­bile et mar­que  le début d’une trilo­gie. Con­tin­uer la lec­ture

La bande dessinée abstraite

Aarnoud ROMMENS, Benoît CRUCIFIX, Björn-Olav DOZO, Erwin DEJASSE & Pablo TURNES (dir.), Abstrac­tion and Comics. Bande dess­inée et abstrac­tion, Press­es Uni­ver­si­taires de Liège et Cinquième couche, coll. « ACME », 2019, 2 vol., 452 p. et 444 p., 36 €, ISBN : 978–2‑39008–039‑8

Qu’en est-il de la bande dess­inée dite abstraite ? Quels sont ses ressorts his­toriques, sémi­o­tiques ou for­mal­istes ? Le très beau cof­fret de deux vol­umes, Bande dess­inée et abstrac­tion, rassem­ble des con­tri­bu­tions et des créa­tions orig­i­nales qui explorent la grande var­iété de l’abstraction en ban­des dess­inées. L’abstraction doit-elle être com­prise dans le sens qu’elle a pris dans l’histoire de l’art, en pein­ture ? Peut-on dire qu’elle définit un tour­nant mod­erniste touchant les arts visuels alors que, ab ini­tio, depuis l’origine de l’art, la ten­dance à l’abstraction est présente ? Les opéra­teurs iden­ti­fi­ant une BD expéri­men­tant l’abstraction vari­ent en fonc­tion des théoriciens : là où Ibn Al Rabin nomme abstrac­tion le non-fig­u­ratif, Andreï Molotiu la resserre autour de l’éviction de la nar­ra­tion. Les créa­tions du col­lec­tif WREK avec l’artiste-graveur Olivi­er Deprez, celles de Pas­cal Ley­der, Frank Vega, Berli­ac, Fran­cie Shaw, Ilan Manouach et bien d’autres jouent la carte de la ten­sion, du dia­logue non mimé­tique avec les textes. L’irruption de quelques planch­es abstraites dans une BD ou la con­struc­tion d’œuvres graphiques entière­ment soutenues par l’abstraction mod­i­fient le « régime scopique du spec­ta­teur » (Jacques Dür­ren­matt). Con­tin­uer la lec­ture

Barbarella, elle l’a…

Véronique BERGEN, Bar­barel­la. Une space odd­i­ty, Impres­sions Nou­velles, 2020, 130 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–737‑7

Cette année-là, le rock and roll venait d’ouvrir ses ailes, certes. Un oiseau qu’on appelait Spout­nik, adieu à Mar­i­lyn au cœur d’or, etc. Cette année-là, surtout, « soix­ante-deeeeux », une femme entrait, sou­veraine­ment nue, dans un univers qu’on préférait encore qual­i­fi­er de « petits mick­eys » plutôt que de Neu­vième Art… Blonde expo­nen­tielle, la plas­tique par­faite, la lèvre pur­purine, l’œil aguicheur, Bar­barel­la plante ses pieds dans le sol de planètes loin­taines et son regard dans les créa­tures vouées à rejoin­dre la pléthorique cohorte de ses amants. Elle s’avance en con­quérante, libre, impéri­ale, soli­taire, et crève la page de la BD canon­ique, dont elle boule­verse l’agencement en strips réguliers et fait vib­ri­on­ner les phy­lac­tères. Con­tin­uer la lec­ture

« De quoi vit l’homme ? »

Un coup de cœur du Car­net

Christophe POOT, Hareng Cou­vre-chef et autres chan­sons de marins, Cinquième couche, 2019, 68 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39008–034‑3

Entier je suis entré, tête et men­ton devant, fier-bras tout gon­flé de mon dur tra­vail de dock­er, m’asseoir auprès d’hommes rugueux qui soulèvent comme moi bien plus que ce qu’on demande au corps d’un homme nor­mal. Voilà de quoi sont faites mes som­bres soirées. 

Dans un tro­quet, dont l’ambiance est sug­gérée par l’illustration de quelques per­son­nages à la pre­mière page, débute l’aventure de Hareng Cou­vre-Chef. Celui-ci, après son tra­vail haras­sant aux docks, part vider « quelques bières épaiss­es et lour­des au gosier » qui, for­cé­ment, mènent à une envie irré­press­ible de pouss­er la chan­son­nette. Une his­toire de séduc­tion s’y mêle, un peu casse-gueule, et nous savons à quel point, l’alcool aidant, une telle sit­u­a­tion peut rapi­de­ment tourn­er au vinai­gre. Voilà pour la trame nar­ra­tive de Hareng Cou­vre-chef et autres chan­sons de marins, bril­lam­ment écrit et dess­iné par Christophe Poot, qui a une petite dizaine d’ouvrages à son act­if. Mais il y a beau­coup plus à dire à pro­pos de ce livre. Con­tin­uer la lec­ture

Chaos ? Utopies ? Démontage de poncifs !

Véronique BERGEN et WINSHLUSS, L’anarchie, théories et pra­tiques lib­er­taires, Lom­bard, coll. « La petite bédéthèque des savoirs », 2019, 87 p., 10 € / ePub : 4.99 €, ISBN : 9782083675784

Une belle sur­prise du côté de la col­lec­tion « La petite bédéthèque des savoirs » (aux édi­tions Le Lom­bard) qui comme elle le dit, ne s’interdit rien. L’une « des invi­ta­tions à aller plus loin »
vient cette fois de Véronique Bergen comme scé­nar­iste, Win­sh­luss comme dessi­na­teur et d’Annomane pour la vive mise en couleur. L’alliance rock du numéro 29 de la col­lec­tion, l’Anarchie, théories et pra­tiques lib­er­taires. Évidem­ment, lorsque l’on se régale des planch­es de Win­sh­luss à l’ironie grinçante (dont le style est assez par­ti­c­uli­er pour être rapi­de­ment recon­nu) et de la nar­ra­tion agitée de Bergen, on sort de cette lec­ture décoif­fée ! Prête à con­tin­uer la destruc­tion des préjugés, car le duo s’attache ici à expli­quer l’anarchie. Une vul­gar­i­sa­tion réussie d’un courant poli­tique qui a subi tous les pon­cifs imag­in­ables. Con­nue et mécon­nue, cer­taine­ment pas recon­nue, l’anarchie c’est quoi ? Con­tin­uer la lec­ture

Les océans, vingt mille lieues sous la mer

David VANDERMEULEN, Daniel CASANAVE, Hubert REEVES, Hubert Reeves nous explique. Tome 3 : les océans, Lom­bard, 2019, 65 p., 13,45 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9782803673100

Après Hubert Reeves nous explique la bio­di­ver­sité, Hubert Reeves nous explique les forêts, David Van­der­meulen, Hubert Reeves (scé­nario) et Daniel Casanave (dessins) livrent un roman graphique sur les océans. Sous la forme d’une fic­tion grav­i­tant autour du per­son­nage de l’astrophysicien Hubert Reeves, lequel explique à une femme et deux enfants la vie des océans, des courants marins, l’album délivre une péd­a­gogie dynamique qui priv­ilégie le ques­tion­nement. La démarche exploratoire du réc­it suit la veine explo­ratrice des sci­ences. Au plus loin d’un exposé ex cathe­dra, l’ouvrage développe une approche heuris­tique au fil de laque­lle les décou­vertes sont insérées dans une nar­ra­tion. Pourquoi les océans sont-ils salés ? Com­ment s’est for­mée la grande dor­sale médio-atlan­tique, une chaîne de vol­cans sous-marins ? Le pari de vul­garis­er tout en gar­dant l’aiguillon de la prob­lé­ma­ti­sa­tion, de l’exigence, de la pas­sion pour la décou­verte est relevé avec brio. Con­tin­uer la lec­ture

Joseph Gillain, dit Jijé : de la BD aux arts plastiques, un artiste témoin de son temps

Un coup de cœur du Car­net

Philippe DELISLE et Benoît GLAUDE, Jijé, l’autre père de la BD fran­co-belge, PLG, coll. « Mémoire vive », 2019, 180 p., ISBN : 978–2‑917837–33‑7

Deux chercheurs, l’un, Philippe Delisle, français, qui enseigne l’histoire con­tem­po­raine à l’Université de Lyon III, en s’intéressant à l’idéologie portée par la « lit­téra­ture dess­inée », et l’autre, Benoit Glaude, belge, doc­teur en langues et let­tres, chercheur au FNRS et chargé de cours à l’UCL, nous livrent ici un pas­sion­nant essai, très struc­turé, bien doc­u­men­té, riche­ment illus­tré par des doc­u­ments inédits ou pré­cieux, avec un appareil cri­tique sérieux : cat­a­logue des œuvres lit­téraires illus­trées par Joseph Gillain, bib­li­ogra­phie com­por­tant : cat­a­logues de l’œuvre de Jijé, études cen­trées sur l’œuvre de Jijé, études générales abor­dant l’œuvre de Jijé ; index des noms de titres et de per­son­nages. La struc­ture de l’ouvrage, écrit lis­i­ble­ment, dans un style à la fois rigoureux quant à l’analyse, mais limpi­de quant à sa for­mu­la­tion, et parsemé d’exemples, grâce à des planch­es, dessins ou autres doc­u­ments graphiques aux­quels il est fait référence dans l’analyse en corps du texte, abor­de en six chapitres le par­cours et le tra­vail de ce père créa­teur, avec Hergé, de la bande dess­inée belge : Fils de Tintin ; Fils d’écrivain ; Fils de curé ; Jijé con­frère ; Frère des peu­ples ; Père fon­da­teur. Con­tin­uer la lec­ture