Archives par étiquette : Édith Henry

Comment revisiter poétiquement le mythe

Edith HENRY, Le soir saigne rouge, ill. de cou­ver­ture Rocio Pasa­lo­dos, ill. intérieures Cather­ine Berael, Coudri­er, 2024, 75 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–055‑9

henry le soir saigne rougeLa vieil­lesse rougit de son impiété /et moi, je rougis / de mes ter­res brûlées, écrivait Edith Hen­ry dans J’ai sep­tante ans et je danse la sar­dane. Ici le rouge — couleur du feu, de la pas­sion, de l’amour, de la vie mais aus­si des men­strues, de la vio­lence et du sang — s’impose une fois de plus. Sous cet emblème de la couleur rouge, Péné­lope, Cir­cé, Mélu­sine et Xéna, fig­ures féminines mythiques, vont déclin­er la dra­maturgie de la vie et du des­tin. Péné­lope, épouse d’Ulysse, est l’incarnation de la fidél­ité. Dans sa soli­tude, elle est tou­jours brûlante d’amour pour son époux par­ti au loin. Elle craint aus­si la vio­lence des hommes à laque­lle elle fut et demeure con­fron­tée. Dans ce pre­mier chant, Edith Hen­ry mêle habile­ment dans une même trame les fils de l’histoire et du mythe grec, y com­pris des références à une ver­sion postérieure de celui-ci, la Télé­go­nie, une épopée du cycle troyen aujour­d’hui per­due. On trou­ve la trace de cette ver­sion dans le sec­ond chant où Edith Hen­ry donne la parole à la magi­ci­enne Cir­cé : Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées. Con­tin­uer la lec­ture

Sardane dansera

Édith HENRY, J’ai sep­tante ans et je danse la sar­dane, Coudri­er, 2019, 75 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930498–97‑3

L’anagramme de sar­dane, c’est dansera. Un cer­cle de garçons et de filles, de mèch­es, allumées par la fébril­ité des mains qui bien se tien­nent, bras ten­dus à la per­pen­dic­u­laire du corps, buste droit et jambes autonomes ; les danseurs se touchent des yeux et se mesurent sur le pavé des places publiques par petits pas syn­copés, répétés et syn­chrones jusqu’au tour­nis des­tiné. Con­tin­uer la lec­ture