Archives par étiquette : Joseph Duhamel

Apothéose ?

Un coup de cœur du Car­net

Paul EMOND (texte) et Léon WUIDAR (ill.), Ultime pas­sion, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2023, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–135‑7

emond wuidar ultime passionUltime pas­sion est une nou­velle assez courte, récente vu les références à des tech­niques d’aujourd’hui. Elle étonne cepen­dant, car Paul Emond con­dense et résume dans ce bref texte toute une part de sa pro­duc­tion romanesque antérieure. Con­tin­uer la lec­ture

Le devenir des idoles

Car­o­line DE MULDER, Bye Bye Elvis, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 326 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–590‑2
Un dossier péd­a­gogique accom­pa­gne la sor­tie du livre. À télécharg­er gra­tu­ite­ment (pdf).

de mulder bye bye elvis espace nordLa per­son­nal­ité d’Elvis Pres­ley est para­doxale. L’idole adulée par des fans sou­vent hys­tériques, le per­son­nage hyper médi­atisé, inau­gure une voie orig­i­nale dans le paysage cul­turel améri­cain. Mais sa vie privée est un désas­tre. La notoriété et la richess­es venues si vite ne peu­vent lui faire oubli­er le pau­vre qu’il était. Il reste dans une rela­tion fusion­nelle avec sa mère et dans le sou­venir de son jumeau mort à la nais­sance. Le per­son­nage est donc com­plexe. Dans Bye Bye Elvis, Car­o­line De Mul­der tire par­ti des nom­breuses zones d’ombre de la vie et de la car­rière du chanteur et acteur, pour com­pren­dre ce qui peut expli­quer le devenir des idol­es. Con­tin­uer la lec­ture

Civilisation, dernier acte

Thomas GUNZIG, Rocky, dernier rivage, Au dia­ble vau­vert, 2023, 368 p., 20 €, ISBN : 979–10-307‑0605‑5

gunzig rocky dernier rivage« Manuel de survie à l’usage des prévoy­ants » pour­rait être le titre de ce roman Rocky, dernier rivage, en référence à un texte précé­dent de Thomas Gun­zig, Manuel de survie à l’usage des inca­pables. Car Rocky est bel et bien un manuel de survie.

Les cat­a­stro­phes naturelles se sont suc­cédé, toutes plus graves, dues au dérè­gle­ment cli­ma­tique, entrainant des guer­res et de graves trou­bles soci­aux. Les humains les plus rich­es, pour autant qu’ils aient été prévoy­ants et avisés, ont quelque chance de pou­voir échap­per à l’effondrement général. Fred est de ceux-là. Sur une petite île ignorée, loin des con­voitis­es, il a fait amé­nag­er une retraite par­faite­ment équipée, per­me­t­tant de sur­vivre de très nom­breuses années (et donc il est plutôt prévoy­ant et non inca­pable).  Des équipements sophis­tiqués com­por­tant des redon­dances de sécu­rité et des pro­vi­sions abon­dantes et var­iées met­tent sa famille à l’abri pour longtemps. On doit d’ailleurs saluer l’ingéniosité et les grandes capac­ités tech­niques et organ­i­sa­tion­nelles de Thomas Gun­zig, admirable­ment doc­u­men­té sur maints aspects tech­nologiques et logis­tiques. Tout est juste et par­faite­ment plau­si­ble. De fac­to son roman appa­raît comme un excel­lent manuel de survie. Con­tin­uer la lec­ture

Le pire n’arrive pas toujours

Un coup de cœur du Car­net

Thomas GUNZIG, Le sang des bêtes, Au dia­ble vau­vert, 2022, 208 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 979–10-307‑0452‑5 

gunzig le sang des betesÀ chaque roman, Thomas Gun­zig décrit, de manière pré­cise et doc­u­men­tée, cer­taines pra­tiques socié­tales bien con­tem­po­raines, par exem­ple les tech­niques de vente (dans Manuel de survie à l’usage des inca­pables) ou dans le cas de son dernier roman, Le sang des bêtes, la pra­tique et le marché du body-build­ing. En même temps, il imag­ine des choses invraisem­blables dont on se dit cepen­dant que, vu les proces­sus qu’il évoque, elles risquent de ne pas tarder à devenir réelles. Dans Le sang des bêtes, il s’agit de la géné­tique et de ce que des appren­tis sor­ciers peu­vent en faire. Con­tin­uer la lec­ture

Ombres et doubles-fonds

Un coup de cœur du Car­net

Giuseppe SANTOLIQUIDO, L’été sans retour, Gal­li­mard, 2021, 265 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑07–291575‑8

L’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Serrai, de sa famille, de la relation proche et riche de silence qu’il a avec Sandro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aussi l’histoire d’un drame dans le beau village de Ravina qui se blottit dans les collines du sud de l’Italie, la disparition d’une adolescente. C’est encore et surtout l’histoire du rapport des hommes avec leur terre, « les hommes sont indissociables de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le portrait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Giuseppe Santoliquido rend bien ce lien fort, quasi irrationnel, à la terre natale qui est pour plusieurs personnages le fondement de leur rapport au monde, leur raison de vivre, avant les relations sociales ou amoureuses. Ainsi, Pasquale Serrai a connu la misère de l’après-guerre et un bref exil pour raisons économiques en Belgique, mais il est revenu très vite chez lui préférant le travail de forçat d’arracher à la terre sa subsistance à la relative aisance d’un travail dans la sidérurgie. Sandro Lucano a vécu longtemps à Ravina, auquel il reste lui aussi viscéralement attaché. Des années plus tard, il raconte le drame qui a secoué le village et ses propres souffrances. Le roman offre de la vie villageoise un portrait complexe et nuancé. Bien sûr, il y a les rancœurs et les tensions entre personnes et familles, l’insatisfaction des jeunes qui pour la plupart n’aspirent qu’à partir, fascinés par la vie dans les villes que leur révèle la télévision. Et il y a ceux qui, victimes des anciennes fractures sociales les condamnant à la misère, ont lutté toute leur vie pour l’amélioration de leur sort et voient leurs efforts presque anéantis. Mais le village, c’est aussi une vie sociale riche et souvent heureuse, rythmée par les moments de fête. Et puis surtout il y a cette terre, difficile à cultiver, mais pas si ingrate puisqu’elle offre sa beauté particulière.  G. Santoliquido situe le roman en 2005, à une époque charnière. Celle où les rêves de mieux-être par un travail agricole acharné laissent place aux mirages que proposent la télévision et les moyens modernes de communication. Le drame que vit le village va d’ailleurs être profondément influencé par la couverture télévisuelle tout sauf anodine, les présentateurs de téléréalité dictant les attitudes et les propos des protagonistes décervelés par les mirages de réussite et de visibilité sociales. Fort de sa connaissance des médias italiens, l’auteur décrit à plusieurs reprises pour les dénoncer les procédés du « mécanisme du spectacle » qui n’illustre plus la réalité, mais s’est substitué à elle.  Les valeurs auxquelles s’accroche Pasquale peuvent ainsi paraître périmées. Dans le passé, elles ont été nécessaires à la survie des hommes et du village. Elles sont partagées par Sandro. Si le roman est construit autour de la disparition de l’adolescente, il s’agit d’abord de la mise en avant de l’importance des liens : les liens familiaux, ceux fondés sur la complicité et la proximité que donne la vie dans un même petit village, ceux qui fondent la solidarité lorsque frappe le deuil. Mais tous ne sont finalement que des variations de ce lien fondamental à la terre. Cette problématique apparaissait déjà dans les autres romans de l’auteur, mais elle est ici traitée dans toutes ses implications.  Entre autre, est abordée la difficulté pour la communauté villageoise de s’ouvrir à d’autres réalités. Comment est-il possible d’être vraiment soi-même là où tout le monde se fait une certaine image de l’autre ? Cela pousse Sandro dans une voie en miroir de celle de Serrai : tout le pousse à partir, mais il choisit de rester, jusqu’au jour où le départ devient inéluctable, suspendant ce lien vital. Et le paradoxe veut que ce soit la ville qui devienne la garante de sa liberté. Giuseppe Santoliquido revient souvent sur la notion de destin, surtout vers la fin du roman, quand Sandro, le narrateur, tire des enseignements de ce à quoi il a été confronté. Il a le sentiment que « le destin est une bête sournoise, il procède par touches légères, infinitésimales, vous laissant accumuler mauvais choix et petites erreurs… ». D’autant plus quand s’y mêle le sentiment d’une faute commise, faute peut-être non définie mais qui pollue le vécu d’un drame ; à l’image du garçon se reprochant la mort accidentelle de sa mère parce qu’il ne s’est pas levé assez tôt. Dans cette loterie du destin, Santoliquido montre sa sympathie pour deux de ses personnages, chez qui se marque le sentiment d’infériorité des laissés-pour-compte acceptant l’injustice « sans jamais se révolter ». Le roman est émaillé de l’adaptation de délicieuses expressions locales, comme « Vouloir discuter avec le gros Dino, cela revenait à creuser un puits avec un doigt ». Ou d’heureuses  formules, parfois graves : « Le danger avec les souvenirs, c’est qu’ils sont souvent l’antichambre des remords », parfois drôles : « Les confidences sont la propriété du vent, il vous suffit de tendre l’oreille où que vous soyez pour les entendre roucouler à la cantonade ». Perplexe devant la complexité des situations, Sandro a cette phrase qui peut résumer son récit : « Aucune pensée n’est jamais totalement juste. Totalement pure. Aucun sentiment ». C’est la conclusion que l’on peut tirer à la fin de L’été sans retour, qui laisse ouvertes les interprétations.  Joseph DuhamelL’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Ser­rai, de sa famille, de la rela­tion proche et riche de silence qu’il a avec San­dro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aus­si l’histoire d’un drame dans le beau vil­lage de Rav­ina qui se blot­tit dans les collines du sud de l’Italie, la dis­pari­tion d’une ado­les­cente. C’est encore et surtout l’histoire du rap­port des hommes avec leur terre, « les hommes sont indis­so­cia­bles de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le por­trait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Con­tin­uer la lec­ture

Où tout est autre

Sylvestre SBILLE, Mas­sa­da, Plon, 2021, 315 p., 19 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑259–30610‑2

sbille massadaAprès avoir détru­it Jérusalem et son tem­ple, les Romains assiè­gent, en l’an 74, la forter­esse de Mas­sa­da où se sont réfugiés les Hébreux refu­sant la dom­i­na­tion étrangère. Après plusieurs mois de siège, la forter­esse est prise ; la tra­di­tion racon­te que les occu­pants se sont sui­cidés. Cet événe­ment est, encore aujourd’hui, impor­tant pour l’État d’Israël. Con­tin­uer la lec­ture

« L’erreur d’une vie. La vie d’une erreur »

Pierre MERTENS, Les éblouisse­ments, Seuil, coll. « Points », 2021, 475 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑7578–8509‑3

mertens les éblouissementsPour son cinquan­tième anniver­saire, la col­lec­tion “Points” pro­pose la réédi­tion de titres qui ont ponc­tué son his­toire. Le roman de Pierre Mertens, Les éblouisse­ments, y trou­ve sa place. Il s’est vu attribuer le prix Médi­cis en 1987.

Le roman met en scène le poète alle­mand Got­tfried Benn, né en 1886 et mort en 1956. Con­sid­éré comme un des écrivains majeurs de la lit­téra­ture alle­mande du 20e siè­cle, défen­dant à par­tir des années 1910 une esthé­tique expres­sion­niste, il s’est cepen­dant four­voyé briève­ment en 1936, affir­mant si pas des sym­pa­thies du moins une tolérance à l’égard du régime nazi dont il est quelque temps « com­pagnon de route ». Bien vite il revient sur cette erreur, mais il sera renié autant par les autorités que par ceux de ses pairs en lit­téra­ture qui, eux, ont choisi l’exil pour lut­ter con­tre la dic­tature nazie. Benn est donc cen­suré, voué au silence avant d’être recon­sid­éré après la Sec­onde Guerre par les jeunes écrivains de ce que l’on a appelé la généra­tion de « l’année zéro » qui redé­cou­vrent la per­ti­nence et la ful­gu­rance de son œuvre, mais le ques­tion­nent aus­si sur les raisons de son aveu­gle­ment pas­sager. Con­tin­uer la lec­ture

« Être des hommes avec les hommes »

Robert VIVIER, Les écrits sur la Grande Guerre, Pré­face de Xavier Han­otte, De Schorre, 2020, 328 p., 22 €, ISBN : 978–2‑930876–20‑7

vivier les ecrits sur la grande guerreComme des mil­lions de com­bat­tants de 14–18, Robert Vivi­er a été durable­ment mar­qué par les hor­reurs du con­flit. De cette expéri­ence il a tiré des écrits d’une haute qual­ité lit­téraire et aus­si d’une sin­gulière valeur morale. Les écrits sur la Grande Guerre de Robert Vivi­er les reprend aujourd’hui. Con­tin­uer la lec­ture

On se casse

Car­o­line DE MULDER, Manger Bam­bi, Gal­li­mard, coll. « La Noire », 2020, 206 p., 18,50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑07–289349‑0

de mulder manger bambiDans la cham­bre de ce lux­ueux hôtel, l’homme nu est lig­oté et bâil­lon­né sur le lit. De l’autre côté du gun, le revolver, qui le men­ace, il y a une ado­les­cente de presque 16 ans, Bam­bi, Hil­da de son prénom, Dada pour sa mère. Le vieil homme a été attiré par le biais d’un site de ren­con­tres, de sug­ar­dat­ing. Bam­bi, aux yeux de biche, ne sup­porte pas qu’on la touche, mais elle appré­cie l’argent liq­uide, la mon­tre, l’ordinateur et tout ce qui est mon­nayable. Elle se sent vic­time et estime avoir le droit de pren­dre tout ce que l’on ne lui donne pas gra­tu­ite­ment : « C’est pas ma faute, Leï, pas la tienne. Faut jamais l’oublier. On est des putains de vic­times. On a tous les droits. ». Le gun qui la sert si bien et qu’elle chérit est tout ce qui lui reste de son père. C’est un moyen de per­sua­sion effi­cace surtout s’il est dou­blé de mau­vais traite­ments et même de sadisme. Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui ne peut être prononcé, ce qui ne peut être écrit

lUVAN, Agrapha, La Volte, 2020, 301 p., 20 € / ePub : 10,99 € , I.S.B.N. : 978–2‑37049–095‑7

luvan agraphaAgrapha inter­pelle d’abord par sa forme. Si le texte présente certes une trame nar­ra­tive savam­ment con­stru­ite, il ne s’agit cepen­dant pas d’un roman ; mais d’un ensem­ble com­pos­ite, éclaté, avec des par­ties de natures var­iées, au tra­vers desquelles se des­sine l’évolution de ce qui n’est pas vrai­ment une intrigue, plutôt une lente immer­sion.

Une décou­verte for­tu­ite amène la nar­ra­trice à un « tra­vail de recherche et d’édition » con­cer­nant la com­mu­nauté de « sanc­ti­mo­ni­ales » d’Adsagsonae Fons (Source d’Adsagsona) du 10e siè­cle. Elle se pose d’abord en philo­logue et his­to­ri­enne. Les textes qu’elle traduit sont des « con­fes­sio », où les femmes s’expriment en leur nom, et des « ges­ta », où elles par­lent de leurs com­pagnes. Se crée ain­si une galerie de por­traits croisés où la vie de cha­cune se donne à voir. Il s’agit moins de spir­i­tu­al­ité et de reli­gion que de ce qui fait la vie en groupe au sein de la forêt, en prox­im­ité avec les ani­maux et d’autres groupes humains. Les dif­férentes per­son­nal­ités pren­nent pro­gres­sive­ment vie. Con­tin­uer la lec­ture

La Belgique est une autre

Michel TORREKENS, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 131 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–277‑8

michel torrekens belgiquesDans leur col­lec­tion « Bel­giques », les édi­tions Ker offrent aux auteurs la pos­si­bil­ité de com­pos­er « un por­trait en mosaïque » de la Bel­gique. Celle de Michel Tor­rekens se com­pose de quinze nou­velles qui révè­lent peut-être avant tout sa prédilec­tion pour des lieux qu’il aime et qu’il décrit avec plaisir, racon­tant son attache­ment à un ter­ri­toire. Mais Bel­giques témoigne aus­si de beau­coup d’interrogations et d’inquiétudes, avec de rares fois une pointe de dés­abuse­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Le ciel au-delà des frontières

Un coup de cœur du Car­net

Diane MEUR, Sous le ciel des hommes, Sabine Wespieser, 2020, 336 p., 22 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑84805–361‑5

De livre en livre, Diane Meur innove et sur­prend. C’est encore le cas avec ce roman, Sous le ciel des hommes, à la fois grave et mali­cieux. Le pre­mier pro­tag­o­niste en est un lieu, le grand-duché d’Éponne, cen­tre financier et d’affaires. L’atmosphère y est pesante, men­tale­ment étriquée. Pour­tant sous « les eaux étales de l’ennui » de cet État aux fêtes dynas­tiques désuètes vivent des femmes et des hommes que Diane Meur décrit dans leur quo­ti­di­en, par­fois joyeux, sou­vent dif­fi­cile. Con­tin­uer la lec­ture

Les débuts de Jean Ray

Jean RAY, Les con­tes du whisky, texte établi par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 256 p., 10 Ꞓ, ISBN 978–2‑87568–420‑2
Le car­net péd­a­gogique « Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray » est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

ray les contes du whisky espace nordEn 1925, le Gan­tois Ray­mond De Kre­mer, 38 ans, a déjà pub­lié divers textes dans des péri­odiques, la plu­part en néer­landais, sous le pseu­do­nyme “Jean Ray”. C’est alors que La Renais­sance du Livre édite en français – désor­mais sa langue d’écrivain – son pre­mier vol­ume, Les con­tes du whisky, recueil de vingt-sept nou­velles étranges parues en revue aupar­a­vant, sauf une. Con­tin­uer la lec­ture

Délice et terreur

Un coup de cœur du Car­net

Jean RAY,Le car­rousel des malé­fices, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 254 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–480‑6
Le car­net péd­a­gogique “Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray” est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

Quand la rédac­tion du Car­net vous pro­pose de chroni­quer la sor­tie, dans la col­lec­tion Espace Nord, d’un recueil de Jean Ray, vous êtes partagé entre délice et ter­reur. Délice parce que per­spec­tive d’une lec­ture déli­cieuse, plaisir mul­ti­plié par les échos de lec­tures anci­ennes, nos­tal­gie d’une époque révolue où, étu­di­ant, je tour­nais, hal­lu­ciné, les pages de Malper­tu­is, déjà chez Espace Nord, ou celles des Cer­cles de l’épouvante et du Grand noc­turne, pages qui ne m’ont pas quit­té, dont j’ai fréquen­té régulière­ment les mys­tères, en témoigne l’état de mes bouquins. Délice aus­si parce que quand on est belge fran­coph­o­ne et qu’on aime la lit­téra­ture, on a l’âme caressée du côté de la bib­lio­thèque de savoir qu’une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale fait du si bon tra­vail. Mais ter­reur, bien enten­du, parce qu’on se sent bien petit devant l’ampleur de la tâche. Con­tin­uer la lec­ture

« … toute l’horreur de Malpertuis »

Jean RAY, Malper­tu­is, His­toire d’une mai­son fan­tas­tique, édi­tion établie par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 300 p., 10 €, ISBN : 978–2875684790

Pour les férus de fan­tas­tique, le nom Malper­tu­is est, tout comme celui de Ctul­hu, syn­onyme d’épouvante. Chez les ama­teurs de « Nos Let­tres » en général, le titre Malper­tu­is résonne comme un moment cap­i­tal de l’histoire lit­téraire belge et se hisse au rang d’un clas­sique. La déf­i­ni­tion, attribuée à Mark Twain, de cette caté­gorie d’ouvrages est con­nue : « un livre dont tout le monde par­le et que per­son­ne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa pub­li­ca­tion, au mitan de la Sec­onde Guerre mon­di­ale, à ce roman-mon­stre, ardu, com­plexe, unique. Con­tin­uer la lec­ture

Un rêve de cinéma

Alain BERENBOOM, Le rêve de Har­ry, Genèse, 2020, 248 p., 22,50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 979–1‑0946896–22

« Un rêve de bagel, c’est un rêve et non pas un bagel » dis­ait Har­ry, l’oncle de Michaël. Soit, le rêve du petit pain ne ras­sas­ie pas. Mais il peut don­ner faim ou créer des envies. C’est ce qui arrive dans ce roman, Le rêve de Har­ry, à Michaël, agent immo­bili­er dans le Brux­elles des années 2000, après avoir été détec­tive privé. Dif­fi­cile de faire for­tune dans ce méti­er où tous les coups sont per­mis. Mais le hasard peut bien faire les choses. Con­tin­uer la lec­ture