Archives par étiquette : Weyrich

Nuit macabre au bivouac

Fran­cis GROFF, Water­loo, mortelle plaine, Weyrich, coll. “Noir cor­beau”, 2021, 264 p., 18 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑87489–631‑6

groff waterloo mortelle plaineQua­trième par­tic­i­pa­tion à la col­lec­tion de polars «  Noir Cor­beau », c’est sur Water­loo, après plusieurs autres sites de chez nous, que Fran­cis Groff, jour­nal­iste, scé­nar­iste et romanci­er, a pointé sa plume dans Water­loo, mortelle plaine. On y retrou­ve Stanis­las Bar­ber­ian, bouquin­iste belge instal­lé à Paris, mais  fiancé à Mar­tine, une con­sœur brux­el­loise, com­plice des enquêtes poli­cières que le jeune homme mène à titre offi­cieux pour ren­dre ser­vice à ceux qui font appel à sa per­spi­cac­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Le festin de Dominique

Un coup de cœur du Car­net

Dominique COSTERMANS, Les petits plats dans les grands, post­face de Sarah Béarelle, Weyrich, 2021, 136 p., 14 €, ISBN : 9782874896132

costermans les petits plats dans les grandsDominique Coster­mans nous invite à une vraie fête des sens tout en entrou­vrant une fenêtre sur son intim­ité famil­iale dans ce livre atyp­ique, Les petits plats dans les grands. Il renoue avec un genre que pra­ti­quaient nos grands-mères et arrière-grands-mères. Allè­gre­ment, on l’espère pour elles, comme c’est le cas ici.

Ce recueil, le sep­tième de textes courts ou de nou­velles dont Dominique Coster­mans est dev­enue cou­tu­mière, se situe à l’intersection de deux familles, celle d’où vient l’auteure et celle qu’elle a ensuite for­mée. Rai­son pour laque­lle elle utilise par moments le tutoiement der­rière lequel nous devi­nons qu’elle s’adresse à l’une de ses filles aux­quelles le livre est dédi­cacé. Con­tin­uer la lec­ture

« Alors, la poésie »

Fidé­line DUJEU, Larmes de croc­o­dile, suivi de Siamois, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2021, 144 p., 14 €, ISBN : 9782874896118

dujeu larmes de crocodileFidé­line Dujeu est poète, nou­vel­liste, roman­cière, ani­ma­trice d’ateliers d’écriture, écrivaine publique, co-fon­da­trice d’une mai­son d’édition arti­sanale. Elle est égale­ment thérapeute, « con­stel­la­trice ». Elle a été une petite fille naguère, et est aujourd’hui femme et mère. Et elle est encore bien d’autres con­tours et détours, mais ce sont ces dimen­sions appar­entes qui nour­ris­sent les deux textes pub­liés dans la col­lec­tion « Plumes du Coq » chez Weyrich, rassem­blés sous le titre Larmes de croc­o­dile. « Deux livres en un. Deux tra­ver­sées. Une méta­mor­phose. » Con­tin­uer la lec­ture

Redécouvrir François Truffaut

Bernard GHEUR, Les orphe­lins de François, Weyrich, coll. « Plumes du coq »,  2021, 304 p., 16 €, ISBN : 9782874896170

gheur les orphelins de françoisDans un livre sen­si­ble, touf­fu, entraî­nant, Bernard Gheur s’est attaché à éclair­er un ver­sant inat­ten­du de François Truf­faut. Les orphe­lins de François révèle un « éveilleur de romans », lecteur pas­sion­né, exigeant. « Sous le cray­on de François – sa baguette mag­ique -, les phras­es gag­naient en légèreté, en lim­pid­ité, en poésie. La touche Truf­faut. »

Bernard Gheur avait à peine vingt ans lorsqu’il envoya à François Truf­faut, « le dieu de mes seize ans », une nou­velle de qua­tre pages, Le tes­ta­ment d’un can­cre. Con­tin­uer la lec­ture

Crimes en Ardenne

Chris­t­ian JOOSTEN, Le roi de la forêt, Weyrich, coll. « Noir Cor­beau », 2020, 212 p., 17 €, ISBN : 978–2—87489–615‑6

joosten le roi de la foretArchiviste et spé­cial­isé dans la préser­va­tion du pat­ri­moine indus­triel, le Car­o­lo Chris­t­ian Joost­en ori­ente aujourd’hui sa plume vers le roman polici­er. Du reste, la men­tion « une enquête de Guil­laume Laval­lée », laisse présager que l’auteur et son per­son­nage n’en res­teront pas là. Tant mieux parce que la façon dont ils abor­dent le genre échappe au sché­ma de l’enquête tra­di­tion­nelle avec l’enchaînement d’indices et l’affrontement manichéen entre crim­inels et enquê­teurs ou entre le bien et le mal, cela au béné­fice du tra­vail en pleine pâte humaine. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût doux-amer des secrets de famille

Un coup de cœur du Car­net

Cather­ine BARREAU, La con­fi­ture de morts, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2020, 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑87489–591‑3

barreau la confiture de mortsDans ce roman d’apprentissage, nous suiv­ons Véra, jeune ado­les­cente entêtée et peu socia­ble, qui s’évade dès qu’elle en a l’occasion grâce à la lec­ture. Véra vit à Namur avec son père, un avo­cat renom­mé, dans une mai­son un peu délabrée, cam­pée au bas d’un coteau de la citadelle. L’obligation sco­laire et les mesquiner­ies des jeunes ado­les­centes de son école obscur­cis­sent le quo­ti­di­en de la jeune femme qui se ver­rait bien vivre en autar­cie avec son père, fig­ure com­plice et bien­veil­lante, avec qui elle partage de nom­breux traits. Con­tin­uer la lec­ture

Tueurs d’espoirs

André-Joseph DUBOIS, Le sep­tième cer­cle, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2020, 508 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑874896–10‑1

andré-joseph dubois le septieme cercleAndré-Joseph Dubois est décidé­ment un auteur sin­guli­er. Loin des effets de mode, il pra­tique l’écriture au long cours et il accoste de temps à autre un roman à la main, sans tam­bour ni trompettes. Son nou­v­el opus est dou­ble­ment placé sous le signe du chiffre sept, par son titre et son ordre dans son œuvre pub­liée. Le sep­tième cer­cle fait sans doute référence, sans que l’auteur y fasse explicite­ment allu­sion, à l’Enfer de Dante Alighieri, qui clas­si­fie les âmes damnées en neuf zones cir­cu­laires selon la caté­gorie de péché com­mis. La sep­tième con­cerne plus pré­cisé­ment les actes de vio­lence, une réal­ité qui imprègne sans aucun doute l’existence entière de Léon Bour­doux­he dont ce dernier nous livre le réc­it dans l’ordre chronologique. Con­tin­uer la lec­ture

Sugar Baby Love !

Agnès DUMONT et Patrick DUPUIS, Une mort pas très catholique, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2020, 188 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–603‑3

L’intrigue

dumont-dupuis une mort pas tres catholiqueRoger Sta­quet, polici­er à la retraite, arrondit ses fins de mois en gérant un immeu­ble. Une odeur sus­pecte attire son atten­tion. Ser­ruri­er, ouver­ture d’appartement, décou­verte d’un cadavre alité :

Indi­vidu d’une cinquan­taine d’années, cor­pu­lence moyenne, chevelure poivre et sel, début de calvi­tie.  Con­tin­uer la lec­ture

Ceux qui boivent le soleil

Luc BABA, Nous serons heureux, Weyrich, coll. “La Tra­ver­sée”, 2020, 84 p., 7.90 €, ISBN : ISBN : 978–2‑87489–585‑2

De Luc Baba, nous con­nais­sons bien des facettes : le poète, le romanci­er, l’auteur jeunesse, le pas­sion­né de musique… L’humoriste est moins con­nu. Pour­tant, il ne manque pas de tal­ent : pour s’en con­va­in­cre, il suf­fit de regarder ses « Con­ver­sa­tions avec Ludo », postées durant le con­fine­ment, ou se plonger dans Nous serons heureux, savoureux roman paru chez Weyrich. Con­tin­uer la lec­ture

L’amour selon Libens

Chris­t­ian LIBENS, Sève de femmes, Weyrich, 2020, 128 p., 13 €, ISBN : 9782874895883

La pein­ture de nus féminins, signée Geneviève Van Der Wie­len, en cou­ver­ture du recueil de nou­velles de Chris­t­ian Libens, Sève de femmes, ain­si que son titre, pour­raient le ranger dans la caté­gorie des erot­i­ca. Ce qu’il est mais pour par­tie seule­ment. Il fait d’ailleurs écho à un autre titre, Amours crues, pub­lié au Grand Miroir en 2009, dont le présent recueil reprend trois textes aux ver­sions remaniées et défini­tives. Con­tin­uer la lec­ture

Hainaut noir

Fran­cis GROFF, Orange san­guine, Weyrich, coll. « Noir Cor­beau », 2020, 200 p., 17 €, ISBN: 9782874896040

Avec six romans à l’enseigne du « Noir cor­beau », la col­lec­tion éponyme des édi­tions Weyrich prend son envol dans le paysage de la lit­téra­ture  poli­cière. La Bel­gique fran­coph­o­ne s’est déjà illus­trée — et de quelle façon ! — dans  la pro­duc­tion de romans noirs.  S’il fal­lait nous en con­va­in­cre, ou sim­ple­ment nous en informer, la Petite his­toire du roman polici­er belge, un ouvrage de pas­sion éru­dite signé Chris­t­ian Libens, qui dirige la col­lec­tion dont il est à l’origine, évo­quera la lignée dont Fran­cis Groff est issu. On y retrou­ve les noms des deux patri­arch­es, Simenon et Stanis­las-André Stee­man, suiv­is des Nadine Mon­fils, Pas­cale Fonte­neau, Bar­bara Abel, Baron­ian, Col­ize et autres Delper­dan­ge. Du côté fla­mand, les rayons des bib­lio­thèques et librairies ne sont pas dépourvus non plus de ces romans qui appar­ti­en­nent pleine­ment à la vraie lit­téra­ture. Ils sont autant d’explorations de l’âme humaine, mais aus­si de nos sociétés. Ce n’est pas le lieu ici de dévelop­per la capac­ité d’un roman polici­er à nous dévoil­er un pays, une société, une ville, un mode de vie, une époque. Le roman polici­er, quel que soit le nom qu’on lui don­nera (thriller, roman noir, detec­tive sto­ry…), nous entraîne dans le sil­lage de sa lec­ture à la décou­verte de cet « homme nu » que Simenon n’a cessé de débus­quer, mais aus­si de cette « société nue » que des écrivains comme Peter May, Pierre Lemaître, Boris Akou­nine, Xiao­long Qiu, et tant d’autres explorent dans toutes les lit­téra­tures du monde. Con­tin­uer la lec­ture

Un passé en embuscade

Bernard CAPRASSE, Le cahi­er orange, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2020, 390 p., 17.50 €, ISBN : 9782874895906

La guerre 40–45 est sans aucun doute un fer­ment nar­ratif qui ne cesse de nour­rir la lit­téra­ture en général et celle des auteurs belges fran­coph­o­nes en par­ti­c­uli­er. Les con­flits armés bous­cu­lent l’ordre de choses, sus­pendent le cours des activ­ités habituelles, sépar­ent les familles, dépla­cent les per­son­nes et créent un espace-temps prop­ice au repo­si­tion­nement des per­son­nes. Ils per­me­t­tent des règle­ments de compte en sous-main, rebat­tent les cartes rela­tion­nelles et sen­ti­men­tales, rem­plis­sent les boîtes à sou­venirs de douleurs, de deuils, de pri­va­tions, de ran­coeurs, mais aus­si de joies intens­es liées aux retrou­vailles, au retour de la paix, à la libéra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

La Foire aux humilités

Claude FROIDMONT, Per­ver­sus ou L’histoire d’un imprimeur lié­geois au temps des Lumières, Weyrich, 2019, 354 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–560‑9

Je suis entré deux fois dans Per­ver­sus, ce qui sig­ni­fie que j’en suis sor­ti. La pre­mière fut aisée : « C’était un soir d’octobre, dans une plaine du nord, où bruis­saient des rumeurs de guerre. » Dès les pre­mières lignes, je mesure où je pose le pied. Un roman his­torique mais épuré, sans descrip­tions échevelées, digres­sions alam­biquées. Un roman romanesque, avec un zeste de sus­pense, du mou­ve­ment, des per­son­nages en trois dimen­sions. Un roman bien écrit, nar­ré dans la flu­id­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Celui-là n’est peut-être pas l’homme à la pipe

Un coup de cœur du Car­net

Nico­las MARCHAL, Les faux Simenon, Weyrich, coll. « Plumes du coq, 2019, 235 p., ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑87489–558‑6

Lorsque l’on appré­cie par­ti­c­ulière­ment l’univers d’un auteur, on est impa­tient et curieux à l’idée de décou­vrir son dernier opus. En même temps, on repousse la lec­ture de peur de le dévor­er trop vite ou de devoir atten­dre la sor­tie du prochain. Nico­las Mar­chal fait par­tie de ceux-là, écrivains qui vous sur­pren­nent tou­jours. Chaque livre vient peaufin­er un univers per­son­nel où les sur­pris­es nar­ra­tives voisi­nent avec la jubi­la­tion dans l’écriture. Après Le grand cerf pub­lié en 2016 chez le même édi­teur, dans la col­lec­tion « Plumes du coq », Les faux Simenon con­firme le tal­ent de l’auteur. Con­tin­uer la lec­ture

Qui a peur de Félicien Rops ?

Fran­cis GROFF, Vade Retro, Féli­cien !, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2019, 204 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87489–580‑7

Fran­cis Groff, dès les pre­mières pages de son deux­ième roman, con­firme un art cer­tain pour les entrées en matière, il signe les meilleures de la col­lec­tion « Noir Cor­beau ». Un détail ? Du tout. Le polici­er ou le thriller ont leurs codes et leurs lecteurs, qui ne sont pas ceux de Proust ou Modi­ano : les rap­ports au temps, à la sen­sa­tion, à l’information sont dif­férents, inten­si­fiés, accélérés.

Un pro­logue très réus­si, donc. Qui m’a rap­pelé mes lec­tures de Pierre Véry, ou leurs adap­ta­tions ciné­matographiques. Ah, Les Dis­parus de Saint-Agil ! Et ces aven­tures dans un pen­sion­nat à l’atmosphère glauque, où il était ques­tion de dis­pari­tions, de meurtre… Con­tin­uer la lec­ture

Pas de sauce lapin pour les doudounes

Chris­t­ian O. LIBENS, Les seins des saintes, Weyrich, Coll. « Noir Cor­beau », 2019, 170 p., 14 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782874895340

Peur sur Liège depuis qu’un gas­tronome d’une espèce par­ti­c­ulière saigne des jeunes femmes, pros­ti­tuées de préférence, en leur dévo­rant goulu­ment les seins… Tout cru, à même le corps et sans autre accom­mode­ment. Con­tin­uer la lec­ture