Pierre CORAN et Iris FOSSIER, Les animaux rêvent aussi : un abécédaire en poèmes, Casterman, 2021, 64 p., 16,90 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782203208605
Quand deux générations se rejoignent autour d’une passion commune pour la nature, cela donne un album de grand-format, à la facture magnifique, que le lecteur découvre de A à Z, au travers des rêves les plus fous d’animaux.
Encore un abécédaire, penserez-vous ? Le déroulé est connu: vingt-six lettres à parcourir. Rien de bien spécial… et pourtant, dans cet alphabet animalier, l’illustration délicate d’Iris Fossier qui s’articule sur la double page, rappelle et renforce adroitement les mots de son ainé, le poète Pierre Coran. L’artiste française quarantenaire a de multiples talents (sculptrice, peintre…) et nous propose des gravures riches de détails et de précision, comme posées sur des éléments de décor en papier découpés de manière nette. Continuer la lecture

Voilà une question taraudante, en effet…
Un grand carnet souple, Tous mes cailloux, un petit livret coloré, De la terre dans mes poches, et nous voilà plongés dans les sons et les odeurs des mots de Françoise Lison-Leroy accompagnés des dessins de Matild Gros et de Raphaël Decoster. Des univers graphiques entourant les poèmes de Françoise Lison-Leroy que l’on rencontre dans le catalogue de la maison d’édition Cotcotcot. La matière, terre, pierre et cailloux, est le sujet principal de ce premier livret et ce premier carnet entamant de nouvelles collections.
L’histoire de L’île aux deux crabes appartient à la tradition kanak et se transmettait originellement en iaaï (langue parlée à Ouvéa, comptant aujourd’hui un peu moins de quatre mille locuteurs). Au début de l’ouvrage, il est précisé que Françoise Ozanne-Rivierre, une linguiste spécialiste des langues et civilisations à tradition orale, l’a recueillie en Nouvelle-Calédonie à la fin des années 1980 de la bouche d’un certain Taï Waheo. Quelques décennies plus tard, Sylvain Alzial s’en empare et facilite son inscription, à travers les âges et au-delà des frontières, par le biais d’un conte amusant et plein de la sagesse de feu Madame Bouba.
En 2018, les éditions Esperluète publiaient
Il faut croire en ses rêves, ne pas lâcher, se donner la chance d’aller plus loin, c’est le message que nous livre le duo tout en douceur et finesse que forment Carl Norac et Stéphane Poulin. L’auteur et l’illustrateur nous plongent au cœur de New York, Central Park et nous partagent tout ce que les États-Unis peuvent avoir de pire et… de meilleur.
Avez-vous déjà plongé votre regard dans celui d’un bison ? Cette expérience doit se révéler stupéfiante dans la taïga ou une plaine hudsonienne. Au cœur de l’album Le bison non-non, sur une pleine page d’un sombre subtil (composé de bruns et de noirs, percé de quelques nuances beiges), se faire aimanter par les « deux yeux tout ronds » du bovidé provoque une émotion inattendue, entre mélancolie subite et tendresse monstrueuse. On l’aime immédiatement, ce Bison non-non, même si son nom devrait tenir à distance…
Sally est une jeune fille de 15 ans qui vit à Bruxelles. N’ayant jamais connu son père, elle n’a pas la vie simple avec sa mère dépressive et alcoolique, qui a l’insulte et les coups faciles dans ses moments de détresse. Sally est bien seule dans son quotidien, mais elle a l’intelligence d’être ouverte aux rencontres qui vont lui servir de refuge. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de deux autres solitudes : Eva, une voisine d’une septantaine d’années, et William, un étudiant exilé de son Cameroun natal. Avec ses deux nouveaux amis, elle peut avoir quelques conversations à propos de leur passion commune pour les livres.
Dans certains États américains, des couples peuvent adopter des enfants et s’en séparer un peu plus tard. Ces derniers sont alors vendus à moindre prix à une autre famille et les associations qui se chargent de la transaction utilisent de véritables méthodes de marketing (catalogue, spots vidéo, défilés d’enfants, speed dating…), qui engendrent une compétition inévitable entre les candidats à l’adoption. Marie Colot s’est inspirée d’un documentaire sur ce phénomène appelé re-homing pour planter le décor de son histoire. Le ton est donné. Un ton âcre et interpellant.
Sarah Cheveau nous avait déjà charmés avec
Un ouragan dans la barbe est le premier album de l’autrice Noelia Diaz Igelisas. Dans cette bande dessinée qui emprunte des thématiques et certains traits à l’album jeunesse, la narration se révèle efficace, les procédés graphiques joyeux et expressifs et les personnages (dont le grand-père barbu, et Hugo que nous apercevons tous deux sur la couverture) attachants et singuliers.
Vous êtes-vous déjà amusé(e) à compter les pois d’une bête à bon dieu ? Toutes dotées de six pattes et de fines ailes cachées sous leurs élytres, elles se distinguent notamment par le nombre de leurs taches sphériques. Deux, cinq, sept, dix, quatorze, vingt-deux et même vingt-quatre, qui ne sont pas en lien avec leur âge, peut-être juste avec les souhaits à formuler à leur vue. Peu importe, mais que diriez-vous si, tout d’un coup, ces jolis coléoptères n’arboraient plus que deux pois, un sur chaque côté de leur carapace ? Ils gagneraient en homogénéité, certes, mais perdraient tellement en singularité… Marcel, coccinelle habitant depuis toujours à Coxis, bien que saturé de la vision de ces ronds ornementaux, se rebiffe ardemment lorsque ses amis, la rigolote Zélie et le très sérieux Bélonias, succombent, eux aussi !, à la mode de la chanteuse Rubille qui « […] est un peu spéciale : elle n’a que deux pois sur la carapace ». En plus, ils ont carrément décidé de reporter leurs vacances sous prétexte d’un concert de la starlette : « Marcel n’en revient pas. Comment ses amis ont-ils pu le laisser tomber pour un stupide concert ? Ils savent pourtant que ce voyage compte beaucoup pour lui. Eh bien, puisque c’est comme ça, il les passera tout seul ses vacances ». Il claque la porte, enfourche son vélomoteur et quitte le gris urbain pour s’aventurer dans la campagne avoisinante, comme d’autres sauterelles en car, fourmis en voiture et escargots… à pied ! 
« Zéphyr est grand et Éole est petite ». En plus d’être grand, Zéphyr est d’un blanc immaculé, possède de longues oreilles souples et ne se départit jamais d’un doux sourire. Et Éole, elle, est plus en rondeur, son pelage marron est recouvert de taches rose clair et un sourire identique se dessine sur son minois. Peut-être ce trait en commun scelle-t-il leur tendre amitié, ainsi que l’été, les étoiles et l’érable « qui éclabousse la clairière de rouge en automne » qu’ils aiment tous les deux. Mais il y a aussi toutes ces différences qui les rendent complémentaires et inséparables : l’un est posé et protecteur, l’autre est émotive et curieuse. En bref, ils s’adorent et ce, « […] depuis toujours, c’est-à-dire au moins six ans ».
Connaissez-vous Une histoire et…Oli ? Ce programme de France Inter qui propose des contes audios pour les enfants a invité différents écrivain.e.s à leur imaginer des récits. Ainsi, Chloé Delaume, Katherine Pancol, Zep, Delphine de Vigan, Guillaume Meurice ou Alain Mabanckou se sont prêtés au jeu, rejoint par l’autrice belge multi-primée Adeline Dieudonné. Loin de l’univers et du ton de
Millie n’a qu’une phrase en bouche : « Est-ce que je pourrais avoir un chien ? ». Jour après jour, elle pose inlassablement la même question. Peu lui importe quelle sorte de chien, grand, comique ou à poils longs, l’essentiel est qu’elle en ait un ! Tout aussi inlassablement, sa mère lui répond non, jour après jour, en la trainant à l’école comme un toutou. Il faut dire que Millie y va avec les pieds de plomb, à cette école nommée « Les Trois Couronnes », établissement select dans lequel la petite ne semble pas trouver sa place. Pas étonnant, puisque toutes ses petites camarades font partie du Club des dogs. Et bien entendu, pour en faire partie, il faut avoir… un chien.