J.-H. ROSNY AINE, Les navigateurs de l’infini précédé de Les Xipéhuz, Postface de Nicolas Stetenfeld, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 333 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–703‑6
La relecture des livres de Rosny est certes un plaisir mais révèle aussi un intérêt certain, les interrogations qu’il se posait il y a plus de 100 ans prenant une résonnance particulière aujourd’hui. Il faut saluer l’initiative d’Espace Nord (qui par ailleurs republie La mort de la Terre) de reprendre en un volume Les navigateurs de l’infini précédé de Les Xipéhuz, ces deux textes ayant été publiés à près de 40 ans d’intervalle. Cela permet ainsi de percevoir l’évolution dans l’œuvre de J.-H. Rosny aîné. En outre, les deux textes ressortissent à des genres différents parmi ceux qu’a pratiqué l’écrivain. Les Xipéhuz s’inscrit dans la veine de ses romans préhistoriques. Mille ans avant la construction des premières cités, une tribu nomade est brutalement confrontée à une forme de vie inconnue qui se révèle violente. Bakhoûn le sage va s’employer à conjurer le péril, car il sait l’Humanité naissante en danger. Il regrette cependant de ne pas pouvoir établir une coexistence pacifique avec ces êtres. Les navigateurs de l’infini relate des expéditions terriennes sur Mars et la découverte des diverses formes de vie qui y prolifèrent. Le livre relève de la science-fiction, dont on considère Rosny comme le créateur. Continuer la lecture








Keith Douglas meurt le 9 juin 1944, trois jours après le débarquement de Normandie, à côté du char qu’il commande, à l’âge de 24 ans. Son œuvre poétique est encore peu abondante ; elle hante cependant Le feu des lucioles de Xavier Hanotte.
Après
Un prisonnier est libéré. Pourtant, ce n’est pas la joie qui l’habite. Il se sent dans un étonnant état de détachement par rapport aux choses. Et quand il sort, tout vacille. Ce n’est pourtant pas dû à son incarcération de sept ans qui l’aurait coupé de la vraie vie et aurait causé des problèmes d’adaptation. C’est plutôt la réalité qui vacille. Tous les gens qu’il rencontre se ressemblent. Les lieux perdent leur identité ; une maison peut être transférée à l’identique d’une ville à une autre. Louvier va donc faire l’expérience de l’étrangeté.
Une fois de plus, la collection Espace Nord joue pleinement son rôle patrimonial, et nous charme par l’audace et la qualité de ses choix. Ainsi, c’est Dominique Warfa qui voit près de cinquante ans d’écriture mis à l’honneur.
Dans un monde bipolaire où les puissants Esharis vivent de l’exploitation des cristaux et asservissent le peuple des Arcanes, Arazia rencontre son destin. Riche de son Talent, celui de pouvoir générer les émotions par la magie, mais amnésique et sans famille, iel jure de se libérer du joug de l’empire eshari pour retrouver la mémoire et la liberté.
Au commencement, il y a le Sel. Qui recouvre la terre et la rend inhospitalière. Puis naît le Souffle, qui chasse le Sel, l’enfouit dans les profondeurs du sol, rend la terre fertile et bienfaitrice et fait croître quatre arbres sentinelles, gardiens de l’harmonie ainsi créée. Les hommes naissent, se multiplient et inévitablement s’opposent. Dans leur course à la croissance et au prestige, ils redécouvrent le Sel et lui vendent leur âme : il pervertit alors la nature et aliène le cœur des hommes. Les valeurs du Souffle sont piétinées, l’harmonie brisée, le monde est au bord du gouffre. Restent les quatre arbres, qui veillent et patientent.
Bernard Visscher, dans une autre vie, a travaillé dans l’audiovisuel (courts-métrages, longs-métrages, dessins animés), déclinant différents registres (producteur, réalisateur, scénariste). Un sacré bagage pour un (faux) débutant en littérature, et son premier roman,