Archives par étiquette : Thierry Detienne

Les poètes n’ont pas toujours raison

François WEERTS, On a tiré sur Aragon, Rouer­gue, 2025, 448 p., 23 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782812626463

weerts on a tiré sur aragonLouis Aragon est sur la butte du lion de Water­loo, il médite en por­tant le regard sur le paysage chargé d’histoire. Alors qu’il redescend l’escalier sans fin, une déto­na­tion reten­tit et une balle sif­fle à ses oreilles. Les cama­rades belges et français qui l’attendent près de leurs véhicules se pré­cip­i­tent et le met­tent à l’abri. L’affaire pour­rait faire grand bruit, ce qui met­trait tout le monde dans l’embarras. Mais l’envie de con­naitre le fin mot de la ten­ta­tive d’attentat est forte. D’autant qu’un com­man­do féminin investit dans la foulée les salons brux­el­lois de la tour Mar­ti­ni en scan­dant des slo­gans qui met­tent en ques­tion le grand homme de let­tres. Vik­tor Rousseau, détec­tive privé, est chargé par le Par­ti com­mu­niste belge de men­er une enquête dis­crète. La même demande lui est faite par le secré­taire per­pétuel de l’Académie de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

Ta vie d’avant, là-bas

Un coup de cœur du Car­net

Carme­lo VIRONE, Margheri­ta : une enfance sicili­enne, Cerisi­er, 2024, 141 p., 16 €, ISBN : 9782872672516

virone margherita une enfance sicilienneCarme­lo Virone, que les fidèles du Car­net et les Instants con­nais­sent bien, ali­mente nos let­tres de con­tri­bu­tions qui asso­cient volon­tiers com­bats d’idées et créa­tions artis­tiques, à l’instar des Édi­tions du Cerisi­er en com­pag­nie desquelles il nous revient aujourd’hui. Cette fois, il nous offre un réc­it con­sacré à la jeunesse de sa maman, Margheri­ta, et il nous con­duit sans détour en Sicile où sa famille puise ses racines, pré­cisant : Con­tin­uer la lec­ture

Ce rêve étrange et pénétrant

Tris­tan ALLEMAN, Amériques, Tra­verse, 2024, 135 p., 16 €, ISBN : 9782930783468

alleman amériquesTris­tan Alle­man pub­lie des ouvrages poé­tiques et des recueils de nou­velles depuis une ving­taine d’années et voici qu’il nous donne un pre­mier roman qui ne renie rien de l’identité lit­téraire qu’il a con­stru­ite au fil du temps et qui lui a valu d’être remar­qué par des lecteurs exigeants. Con­tin­uer la lec­ture

Quand la (grand-)mère est forte

COLLECTIF, (Grands-)mères en lumière. Huit autri­ces trans­met­tent l’histoire de leurs aînées afro-descen­dantes et maghrébines, Mael­strÖm reEvo­lu­tion, 2024, 204 p., 15 E, ISBN : 978–2‑87505–507‑1

grands meres en lumiereL’Association Para­graFes vise à per­me­t­tre à toutes les femmes de se réap­pro­prier leur parole et leur par­cours de vie par le réc­it auto­bi­ographique et, par là-même à favoris­er la trans­mis­sion intergénéra­tionnelle. Ce recueil col­lec­tif, pub­lié sous la direc­tion de Manuela Var­ras­so, s’inscrit dans cette démarche et rassem­ble des hom­mages qui salu­ent l’héritage reçu des mères et grands-mères. Con­tin­uer la lec­ture

Sauver la farce

Alain MAGEROTTE, Novel­las, Lamiroy, coll. « Bib­lio­thèque de la Pli­ade », 2024, 294 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–934‑8

magerotte novellasAma­teurs de calem­bours, de con­tre­pè­ter­ies et d’humour au Xème degré, ces Novel­las d’Alain Magerotte ont été écrites pour vous ! Au dia­ble les thrillers coincés, voici des intrigues en roue libre qui n’ont que faire des con­ven­tions et qui malmè­nent les habi­tudes du genre jusqu’à brouiller les pistes. Ici, les morts (mysté)rieuses s’enchaînent dans un parc pub­lic sans qu’aucune expli­ca­tion n’existe, les vic­times sont brûlées de l’intérieur. Jusqu’à ce que le min­istre (de l’intérieur lui aus­si …) con­voque le com­mis­saire en charge et lui con­fie un ter­ri­ble secret en échange de la promesse d’une belle pro­mo­tion. Ailleurs, un chanteur en vogue est retrou­vé élec­tro­cuté dans sa baig­noire (cela ne vous dit rien ?) et les hypothès­es oscil­lent entre meurtre et sui­cide tan­dis que le box office s’affole. Là, un homme mal­heureux en amour invite une jeune femme ren­con­trée sur un site et subit une nou­velle décon­v­enue. Ou encore ce polici­er fraiche­ment retraité en proie à l’ennui qui décou­vre un corps dépecé et qui décide d’emporter chez lui un morceau pour ensuite se livr­er à ses anciens col­lègues his­toire de voir ce que cela fait de se retrou­ver de l’autre côté de la table d’interrogatoire. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 de Thierry Detienne

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Thier­ry Deti­enne.  Con­tin­uer la lec­ture

Retour aux sources

François EMMANUEL, Retour à Satyah, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2024, 180 p., 9 €, ISBN : 9782875686947

emmanuel retour à satyahParu en 1989 aux Édi­tions Alin­ea, réédité en 2000 chez Ancrage, Retour à Satyah, pre­mier roman de François Emmanuel, avait déjà fait son entrée dans la col­lec­tion  pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord en 2006. Voici que près de vingt ans plus tard, cet ouvrage nous y revient, accom­pa­g­né cette fois d’une post­face de Mar­gareth Amat­ul­li. Con­tin­uer la lec­ture

Courts circuits

Damien LEJEUNE, Mona Lisa mon amour, Bozon2x, 2024, 151 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931067–23‑9

lejeune mona lisa mon amourLa nou­velle est décidé­ment un genre lit­téraire qui se prête par­ti­c­ulière­ment à l’inventaire des vicis­si­tudes du genre humain. Par petites touch­es, en quelques mots, des car­ac­tères s’esquissent, des paroles s’échangent, des fig­ures appa­rais­sent en scènes brèves qui s’estompent bien­tôt, mais dont le voisi­nage des­sine une car­togra­phie aux ram­i­fi­ca­tions mul­ti­ples.

Ici, un cou­ple qui se fait face en deux séquences mati­nales à 44 ans d’intervalle, avec des bouf­fées de rage et de ten­dresse, dans le quo­ti­di­en d’un petit déje­uner. (1970–2014) Con­tin­uer la lec­ture

Quand le peuple belge avait faim

Un coup de cœur du Car­net

Frédérique DOLPHIJN, Les oubliés, Esper­luète, 2024, 128 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841916

dolphijn les oubliésQui se sou­vient de la famine qui a frap­pé la jeune Bel­gique à la moitié du 19e siè­cle ? Cet épisode trag­ique s’est pro­duit suite à des récoltes de blé ruinées, puis celles de pommes de terre gâchées par la mal­adie, alors que ces den­rées assur­aient la sécu­rité ali­men­taire de la pop­u­la­tion[1]. Et quand la spécu­la­tion s’en mêle, que les prix grimpent, c’est la survie des plus pau­vres qui est men­acée. En cette année 1847, cer­tains n’hésitent pas à émi­gr­er en quête d’un avenir meilleur, notam­ment aux États-Unis dont les pro­grammes de peu­ple­ment envoient des recru­teurs dans les villes et les cam­pagnes, avec la béné­dic­tion des autorités. Con­tin­uer la lec­ture

Vous ne voulez pas d’Histoire ?

Nathalie STALMANS, Bel­giques. Terre d’asile, Ker, coll. « Bel­giques », 2024, 122 p., 12 €, ISBN : 9782875864871

stalmans belgiquesEn lançant la col­lec­tion Bel­giques, les édi­tions Ker ont réus­si à mobilis­er nos écrivains autour d’un défi lit­téraire qui con­jugue la sphère per­son­nelle et les enjeux col­lec­tifs. Ce vingt-huitième recueil a été con­fié à une autrice qui s’est sin­gu­lar­isée jusqu’ici dans le reg­istre du roman his­torique et celle-ci nous fait la démon­stra­tion qu’elle peut déclin­er son art sous la forme brève de la nou­velle en puisant dans le passé de notre jeune État. Con­tin­uer la lec­ture

L’art du mensonge

Joseph ANNET, Le jardin des délices, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2024, 372 p., 25 €, ISBN : 9782874899270

annet le jardin des delicesLe marché de l’art, celui qui fait l’objet de place­ments et de spécu­la­tions, est un monde à part sou­vent auréolé de mys­tère qui flirte avec celui de l’argent sale en quête de blancheur, des enchères qui dépassent l’entendement, des vols spec­tac­u­laires, des œuvres de faus­saires plus vraies que vraies. Bref, un univers qui se prête idéale­ment à pren­dre place dans la col­lec­tion « Noir cor­beau » dont voici un nou­veau vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Jusqu’où s’abandonner ?

Pierre GUYAUT-GENON, J’ai peur de mourir si je vis trop longtemps, Lamiroy, 2024, 268 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–936‑2 

guyaut genon j'ai peurIls sont cinq à s’être inscrits auprès d’une société qui organ­ise des ses­sions rési­den­tielles de développe­ment per­son­nel des­tinées à des cadres d’entreprise. Pen­dant une semaine, ils rompent tout con­tact extérieur, doivent taire leur nom et celui de la société qui les emploie, remet­tent à l’accueil leurs smart­phone et tablette. Leur emploi du temps leur est annon­cé au fil de la journée : séances de mus­cu­la­tion, de course à pied, de relax­ation, dis­cus­sions et ani­ma­tions en groupe et entre­tiens thérapeu­tiques indi­vidu­els avec un médecin et psy­cho­logue. Quant aux repas, ils sont essen­tielle­ment à base de fruits et de légumes, générale­ment sans alcool. L’objectif annon­cé est de leur appren­dre à déstress­er en adop­tant une meilleure hygiène de vie. Con­tin­uer la lec­ture

Tous les chemins mènent à Saint-Idesbald

Jean JAUNIAUX, Le juge­ment des glaces, M.E.O., 2024, 176 p., 19 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782807004559

jauniaux le jugement des glacesDepuis la paru­tion de son pre­mier recueil de nou­velles, Le pavil­lon des douanes (2006), Jean Jau­ni­aux trace sou­vent son chemin dans le sable de la côte belge, avec une prédilec­tion pour Saint-Ides­bald, la sta­tion bal­néaire où Paul Del­vaux avait élu domi­cile. Si l’essentiel de son nou­veau roman s’y déroule, c’est à Brux­elles qu’il débute, au bord du canal. C’est là que Barthélémy, enseignant de son état, vient trou­ver la paix lorsqu’il quitte à bout de souf­fle ses élèves et qu’il pose le regard sur les quelques bateaux qui y sont amar­rés. Don­ner cours lui pèse désor­mais, à tel point qu’il se sur­prend à détester les jeunes qui sont en face de lui et qui lui don­nent envie de s’enfuir vers d’autres hori­zons. Con­tin­uer la lec­ture

Repousser les démons, faire place à la vie

Un coup de cœur du Car­net

Anne-Sophie KALBFLEISCH, Eure­ka dans la nuit, Rouer­gue, coll. « La brune », 2024, 384 p., 22 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782812626111

kalbfleisch eureka dans la nuitQui oserait encore se ris­quer à dire que les autri­ces belges nég­li­gent le genre du roman noir ? Depuis quelques décen­nies déjà, cer­taines d’entre elles se sont imposées comme des références et leur répu­ta­tion dépasse allè­gre­ment nos fron­tières, leur per­me­t­tant de con­quérir un large lec­torat, que l’on songe à Pas­cale Fonte­neau, Nadine Mon­fils ou Bar­bara Abel, pour ne citer que celles les plus en vue par­mi elles. Con­tin­uer la lec­ture

Gratter le vernis

Bar­bara ABEL, Comme si de rien n’était, Récami­er, 2024, 360 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38577–043‑3

abel comme si de rien n'étaitAdèle et Bertrand More­au arborent tous les signes de la réus­site : une vil­la coquette et vaste dans un quarti­er chic, deux sit­u­a­tion pro­fes­sion­nelles con­fort­a­bles. Avec leur fils Lucas, ils sem­blent sourire à la vie dans une exis­tence sous con­trôle. Elle vaque à ses activ­ités de déco­ra­trice d’intérieur, son emploi du temps est min­uté soigneuse­ment, notam­ment pour per­me­t­tre à son fils de suiv­re des cours de solfège. Et voici que son des­tin bas­cule lorsqu’elle croise Hugues Lionel, le nou­veau pro­fesseur de musique, qui s’adresse à elle en l’appelant Marie comme on salue une vieille con­nais­sance, ce dont elle se défend immé­di­ate­ment. Il sait qu’il ne se trompe pas, elle a été son amante d’un soir et s’est éclip­sée pen­dant la nuit. Con­tin­uer la lec­ture

Prof toujours

Char­lotte MOORS, Alessan­dro, Acad­e­mia, coll. « Noirs des­seins », 2024, 184 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑8061–3697‑8

moors alessandroCe roman débute sur un malaise mêlant rêve et réal­ité. Alessan­dro a 8 ans, il se réveille et son lit est trem­pé d’urine, ce qu’il voudrait dis­simuler, il par­le de couteau et de sang. Dans qua­tre jours, c’est la ren­trée des class­es et sa sœur Giu­lia ne cesse de se moquer de lui. Dans sa cham­bre et à l’école, il des­sine des per­son­nages de man­gas, inspirés des livres qu’il dévore, il est amoureux de Marie et il fuit la com­pag­nie de son père et des bouteilles de vin qui lui tour­nent la tête. Change­ment de point de vue et saut dans le temps, qui se répétera tout au long du roman : nous sommes dix ans plus tard et Françoise, son insti­tutrice d’alors, qui est main­tenant en fin de car­rière, est à la veille d’une autre ren­trée des class­es, ce moment mag­ique où le manège sco­laire se remet en route avec de nou­velles têtes. Elle apprend qu’Alessandro est en prison pour des faits graves et cette nou­velle la touche sin­gulière­ment. Com­ment un élève dont elle avait décelé le poten­tiel peut-il en être arrivé là ? Con­tin­uer la lec­ture