Archives annuelles : 2020

C’est quoi, la Belgique ?

Robert MASSART, Une his­toire belge, M.E.O., 2020, 196 p., 17 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2807002517

robert massart une histoire belgeErnest Dubois, pro­fesseur de français mani­aque de la langue et ornitho­phobe, de retour d’un voy­age, se trou­ve con­fron­té à la présence inop­por­tune d’un oiseau intro­duit dans son apparte­ment. Il tourne les talons et s’enfuit dans la nuit. Dans les toi­lettes des dames de la gare du Midi, Kom­mer Baert, occupé à recopi­er les graf­fi­tis afin d’alimenter le cor­pus de son étude, est som­mé de vider les lieux par la tem­pétueuse Madame Pipi, Fin­t­je. C’est alors que les deux hommes se ren­con­trent, se suiv­ent, pren­nent langue, et c’est le début d’une his­toire d’amitié et de rival­ité, une his­toire où cha­cun devient un peu plus lui-même en se mêlant aux autres, une his­toire qui doit peu au rationnel, une his­toire belge en somme. Con­tin­uer la lec­ture

Bibliographie — 1er septembre 2020

Avec la bib­li­ogra­phie du Car­net, retrou­vez toutes les pub­li­ca­tions, nou­veautés et réédi­tions, en lit­téra­ture belge.

Une liste établie par Thibault Car­i­on

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La fièvre poétique

Philippe LEUCKX, Doigts tachés d’ombre, Cygne, 2020, 58 p., 10 €, ISBN : 978–2‑84924–617‑7

leuckx doigts tachés d'ombre éditions cygnePrès de soix­ante poèmes répar­tis en six chapitres com­posent ce nou­veau recueil de Philippe Leuckx. Ici, il rassem­ble des œuvres parues dans divers­es revues ain­si qu’inédites. Comme c’est le troisième opus que je recense pour Le Car­net, la curiosité m’a poussé à ren­con­tr­er l’auteur sur son lieu d’écriture. Il habite Braine-le-Comte, une mai­son tenue avec grand soin, à l’instar de ses poèmes et pub­li­ca­tions. Le bâti­ment pro­tège un jardin à l’arrière, tout en longueur, ser­ré par ceux des voisins. À la fois maîtrisé et hir­sute, il y pro­lifère autant de couleurs que de par­fums, à l’exemple de la pro­lifique plume du poète. Con­tin­uer la lec­ture

La soirée des « Maudits »

Mau­rice MARTIN, La véri­ta­ble affaire de Brux­elles, Post­face de Jean-Bap­tiste Baron­ian, Brux­elles, 180° édi­tions, 2020, 380 p., 19,00 €, ISBN : 978–2‑931008–32‑4

Maurice Martin la véritable affaire de bruxellesL’auteur, Mau­rice Mar­tin, s’ébroue dans des eaux famil­ières en tant qu’ancien com­mis­saire de police retraité de la brigade anti­cor­rup­tion, même grade, même ser­vice que ceux de Mar­tin de Land­sheer, per­son­nage cen­tral de cette « affaire de Brux­elles » dont les pro­lé­gomènes nous ramè­nent au 19e siè­cle, à deux poètes dits « mau­dits » et à un fait-divers fameux qui vit (ou crut voir ?) Paul jouer du revolver con­tre son ami Arthur. Con­tin­uer la lec­ture

La Meute au bord de l’émeute

Chloé DESPAX et Nora BOULANGER-HIRSCH, Meute, fic­tion sonore, d’après un texte de Ludovic Drou­et. Prise de son et mix­age de Pierre Devalet, mon­tage de Chloé Despax et Nura Boulanger-Hirsch, URL : https://soundcloud.com/chloedespax/meute

meute fiction radiophoniquePre­mier volet du trip­tyque Baron Same­di, écrit par l’au­teur de théâtre Ludovic Drou­et et mon­té par Chloé Despax et Nura Boulanger-Hirsch, la fic­tion radio­phonique Meute livre un con­te noir doux-amer, entre rêver­ie ten­dre et apoc­a­lypse, har­monie cham­pêtre et rup­ture vio­lente, sous le signe de l’in­quié­tante étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture

Adolescences irl (in real life)

Un coup de cœur du Car­net

Mathilde ALET, Sexy Sum­mer, Flam­mar­i­on, 2020, 191 p., 17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑0815–0245‑1

mathilde alet sexy summer flammarionJuli­ette, 14 ans, est élec­tro­hy­per­sen­si­ble. En résumé, les ondes la ren­dent malade. C’est pourquoi ses par­ents ont décidé de quit­ter Brux­elles pour une « zone blanche » arden­naise. De manière moins poé­tique, on dirait un « trou per­du ». Entre deux années sco­laires, les voilà donc qui débar­quent tous les trois à Var­queville. Con­tin­uer la lec­ture

Décès d’André-Paul Duchâteau

André-Paul Duchâteau créateur de ric Hochet

André-Paul Duchâteau est décédé le 26 août 2020

L’au­teur de lit­téra­ture poli­cière et scé­nar­iste de bande dess­inée André-Paul Duchâteau est décédé le 26 août 2020. Né le 8 mai 1925 à Tour­nai, il est notam­ment le créa­teur, avec Tibet, de la série Ric Hochet. Con­tin­uer la lec­ture

Le ciel au-delà des frontières

Un coup de cœur du Car­net

Diane MEUR, Sous le ciel des hommes, Sabine Wespieser, 2020, 336 p., 22 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑84805–361‑5

De livre en livre, Diane Meur innove et sur­prend. C’est encore le cas avec ce roman, Sous le ciel des hommes, à la fois grave et mali­cieux. Le pre­mier pro­tag­o­niste en est un lieu, le grand-duché d’Éponne, cen­tre financier et d’affaires. L’atmosphère y est pesante, men­tale­ment étriquée. Pour­tant sous « les eaux étales de l’ennui » de cet État aux fêtes dynas­tiques désuètes vivent des femmes et des hommes que Diane Meur décrit dans leur quo­ti­di­en, par­fois joyeux, sou­vent dif­fi­cile. Con­tin­uer la lec­ture

Comment ne pas être ferenczien ?

Un coup de cœur du Car­net

Benoît PEETERS, San­dor Fer­enczi. L’enfant ter­ri­ble de la psy­ch­analyse, Flam­mar­i­on, 2020, 384 p, 23,90 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑08–134727‑4

benoit peeters sandor ferenczi l'enfant terrible de la psychanalyse flammarion1. Enfant ter­ri­ble de la psy­ch­analyse : l’expression qui four­nit le sous-titre de l’ouvrage est révéla­trice. Dès qu’on s’intéresse à lui, Fer­enczi frappe par son sérieux, sa sagesse, sa pro­fondeur, ses scrupules. Il est vrai­ment le con­traire d’un fan­tai­siste ou d’un provo­ca­teur. S’il peut être qual­i­fié d’enfant ter­ri­ble, c’est à cause de son aura de dis­si­dence. Ce terme a servi, on le sait, à réprimer la lib­erté de pen­sée et le juge­ment cri­tique, en Union sovié­tique. Il garde tout son pou­voir réduc­teur encore aujourd’hui. Ain­si le nom de Fer­enczi, en 2020, reste mécon­nu et même occulté. Ce n’est pas que l’idéologie con­tem­po­raine ait vrai­ment cher­ché à étouf­fer ce nom. C’est qu’il nous parvient à tra­vers un brouil­lage des cartes ana­logue aux per­tur­ba­tions hertzi­ennes qui visaient à entraver les émis­sions de radio Lon­dres. Con­tin­uer la lec­ture

Bernard Quiriny dans la deuxième sélection du prix Jan Michalski

Le jury du prix Jan Michal­s­ki a pub­lié une deux­ième sélec­tion, lim­itée à 5 titres. Bernard Quiriny est tou­jours présent.  Con­tin­uer la lec­ture

Serge Delaive. Tango fractal

Serge DELAIVE, Argen­tine, suivi d’un entre­tien avec Anne-Lise Remacle, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2020, 220 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–486‑8

argentine serge delaive espace nordDans son roman Argen­tine couron­né par le Prix Rossel en 2009, le romanci­er, poète et pho­tographe Serge Delaive délivre une com­po­si­tion nar­ra­tive entre rhi­zomes et puz­zles. Ce n’est qu’au fil de la lec­ture que se rassem­blent les frag­ments de vie de divers per­son­nages — Hernán, Lunus, Juan Ser­afi­ni, Sofiá, Lucas, Angel — ayant pour toile de fond l’Argentine. Un jeu d’échos se met en place entre la crise éco­nom­i­co-socio-poli­tique qui frap­pa l’Argentine en 2001, entre le chapelet de crises qu’elle  a tra­ver­sées (1998–2002, 2004…), et les dérives exis­ten­tielles que subis­sent les per­son­nages. Lieu des con­fins, extrême bout aus­tral du monde bor­dé par la Terre de Feu et l’océan, l’Argentine attire les êtres en quête de sens, ceux et celles qui, comme Lucas par­tant sur les traces de son père volatil­isé, recherchent des fan­tômes, des dis­parus, se per­dant dans le mou­ve­ment où ils s’engagent dans la pour­suite d’une chimère. Argen­tine est bâti comme un tan­go houleux entre des êtres et des espaces géo­graphiques dans lesquels ils plon­gent afin de remailler le temps, d’ajointer des éclats de vie épars. Con­tin­uer la lec­ture

Passés mais point perdus

Un coup de cœur du Car­net

Guy GOFFETTE, Pain per­du. Poèmes, Gal­li­mard, 2020, 150 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑07–289494‑7

guy goffette pain perduEn 2016, comme il le racon­te à Nico­las Crousse (Le Soir, 17 mai 2020), Guy Gof­fette est vic­time d’un A.V.C. qui l’empêchera d’écrire trois années durant. Or, Gal­li­mard lui demande instam­ment quelque man­u­scrit. L’au­teur s’avise alors de fouiller son tiroir de poèmes restés inédits, soit qu’à l’époque ils lui aient paru insat­is­faisants, soit qu’ils s’in­té­graient mal dans un pro­jet de recueil. Il en choisit plusieurs, leur apporte les mod­i­fi­ca­tions qu’il juge oppor­tunes, opéra­tion facil­itée par le recul : cer­tains textes remon­tent à de longues années, jusqu’à 1964… D’autres, qui avaient paru dans des revues ou des antholo­gies, font l’ob­jet d’une sélec­tion et d’une révi­sion sim­i­laires. Tel est le mode rétroac­t­if sur lequel est né Pain per­du, dont le titre sug­gère plaisam­ment le procédé de reval­i­da­tion qui en con­stitue la genèse. Jadis, en effet, on ne jetait pas les tranch­es de pain ras­sis : mouil­lées dans une soupe de lait et d’œuf, puis frites à la poêle et saupoudrées de sucre, elles deve­naient une qua­si frian­dise. Con­tin­uer la lec­ture

Quand la transition écologique va de pair avec la transition intérieure

Géral­dine REMY, Qui veut la peau de la licorne ?, Ker, coll. « Témoins du monde », 2020, 279 p., 18 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87586–275‑4

géraldine remy qui veut la peau de la licorneEn 2018, Géral­dine Remy nous fai­sait décou­vrir les licornes dans son pre­mier livre Les secrets de la licorne. On y appre­nait que dans le con­texte de tran­si­tion écologique, ce cheval fab­uleux avec sa corne unique au milieu du front représente toute per­son­ne qui cherche à con­som­mer (et vivre) dif­férem­ment. Dans son nou­veau livre Qui veut la peau de la licorne ?, on retrou­ve l’unicorne (alias Géral­dine, la com­para­i­son s’arrête là) pour un témoignage juste, franc, empreint d’autodérision où Géral­dine racon­te quel genre de par­cours – ini­ti­a­tique – elle a tra­ver­sé pour pass­er de l’écoanxiété à la résilience intérieure. Con­tin­uer la lec­ture

« Mourir, la belle affaire, mais vieillir… »

Vin­cent ENGEL, Les vieux ne par­lent plus, Ker, 2020, 200 p., 18 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87586–273‑0

vincent engel les vieux ne parlent plus couvertureQue faire de nos aînés ? Alors que la pop­u­la­tion est de plus en plus vieil­lis­sante, que la crise fait rage, que les vieux sem­blent gên­er car ils ne sont pas renta­bles, le gou­verne­ment met en place un sys­tème aux apparences démoc­ra­tiques : les Vil­lages de San­té pour Aînés. Plus besoin de pren­dre en charge les finances et les fins de vie, par­fois dif­fi­ciles, de vos par­ents. On s’en occupe pour vous. Le gou­verne­ment a ain­si créé, un peu partout dans le pays, des étab­lisse­ments à la pointe où l’on prend soin des seniors et de leur pat­ri­moine. Con­tin­uer la lec­ture

Résidences d’écriture dramatique : appel à candidatures

chartreuse villeneuve lez avignon

Qua­tre bours­es sont disponibles pour une rési­dence d’écri­t­ure dra­ma­tique à Vil­leneuve-lez-Avi­gnon. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 27 sep­tem­bre 2020. Con­tin­uer la lec­ture

Décomposition paternelle

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane MALANDRIN, Je suis le fils de Beethoven, Seuil, 2020, 19.50 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑02–146347‑7

Remar­qué pour Le dévoreur de livres (2019), Stéphane Malan­drin a impres­sion­né plus d’un lecteur par ses qual­ités de jon­gleur de mots et son imag­i­naire col­oré qui lui ont sans doute valu d’être sélec­tion­né pour le prix Goncourt du pre­mier roman. Voici que cet homme de ciné­ma fran­chit avec Je suis le fils de Beethoven le cap réputé périlleux du sec­ond sans rien avoir per­du de sa verve et nous entraîne sur les traces du grand com­pos­i­teur alle­mand par le réc­it de celui qui se présente comme son fils, Ita­lo. Mais comme cet enfant en quête de racines ne porte pas le nom du génie musi­cal, il nous grat­i­fie d’un aperçu de la vie de ses ancêtres Zadouroff. Con­tin­uer la lec­ture