Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

La raison des passions

Dominique VAN COTTHEM, Adèle, Genèse, 2022, 288 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN: 9782382010112

van cotthem adeleÇa se passe à Mons, à Cuesmes, aux États-Unis, dans un arc entre deux mon­des.

Adèle est le deux­ième roman de Dominique Van Cot­them, qui vient de sor­tir chez Genèse édi­tion en ce début jan­vi­er. Avant de pub­li­er, l’autrice était fleuriste, renom­mée et créa­tive ; elle vit à Chênée, près de Liège. Son pre­mier roman, Le sang d’une autre,  avait été fêté par le prix des Lec­tri­ces et pub­lié ensuite en Pock­et. Con­tin­uer la lec­ture

La composition du silence

Un coup de cœur du Car­net

Veroni­ka MABARDI, Sauvage est celui qui se sauve, Esper­luète, 2022, 208 p., 18 €, ISBN : 9782359841497

J’écris : voici mon frère, il n’a fait que pass­er, mais la phrase ment. Alors je cherche les traces qu’il a lais­sées dans le regard des autres. Il me relie à eux. Qu’est-ce qui s’est inscrit en eux de son pas­sage ?

Suiv­re le fil : plonger sous la matière, là où s’emmêlent et se con­fondent les fibres, rejoin­dre la sur­face, repren­dre. Les mots de Veroni­ka Mabar­di cir­con­scrivent en pointil­lé les con­tours de la perte et tra­cent, d’un même mou­ve­ment, l’empreinte d’un corps qui jamais n’a pu se résoudre à respecter les lim­ites. Ce corps est celui de son frère, Shin Do Mabar­di, arrivé à l’âge de cinq ans dans cette famille d’intellectuels de gauche, douce et généreuse, depuis la Corée du Sud. En dépit de l’amour qui l’attend de pied ferme et amor­tit la bru­tal­ité du déracin­e­ment, l’expérience est avant tout celle d’un arrache­ment. Dans la terre coréenne, Shin Do laisse des radi­celles tranchées vives. Un morceau de son iden­tité se développe sans lui à l’autre bout du monde, plaçant son exis­tence sous le signe de la frag­men­ta­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Comme une apparition

René BIZAC, Comme une lance, Lans­man, 2021, 60 p., 11 €, ISBN : 9782807103320

bizac comme une lanceComme une lance de René Bizac s’of­fre comme une étrange pièce dra­ma­tique onirique dotée d’une langue sou­vent proche de l’hy­per­réal­isme.

La mère de l’au­teur est décédée à l’âge de 92 ans et c’est à un hom­mage pro­fond et lucide que se livre l’au­teur dans cette pièce toute en sub­til­ité dialogique.

Une liste, celle des affaires de la mère, jusqu’au plus triv­ial, et puis, « Voilà la cham­bre est vide”. Con­tin­uer la lec­ture

« Qui aimera le diable ? Qui chantera sa chanson ? »

Luc DEVREESE, La mémoire du sable, Weyrich, 2021, 152 p., 14 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782874896750

devreese la memoire du sableLa vie de Julius est plutôt morose depuis qu’il a per­du son tra­vail… ou peut-être l’a‑t-elle tou­jours été ? Cet éter­nel céli­bataire est très soli­taire. Il voit par­fois sa vieille sœur Mar­cel­la qui vit dans une petite mai­son de l’ancien béguinage de Mont-Saint-Amand. À l’époque, il allait aus­si par­fois ren­dre vis­ite à Lieve, une pros­ti­tuée du quarti­er de la gare. Poussé par un élan inhab­ituel – comme s’il était temps qu’il aille à con­tre-sens de sa vie – il entre chez un anti­quaire et en ressort avec une stat­uette représen­tant le dieu Pan, le sexe dressé. Il ne sait expli­quer pourquoi il est attiré par cet objet. Il veut mon­tr­er la stat­uette à Mar­cel­la. La vieille femme qui perd la vue sourit joyeuse­ment en touchant le mem­bre de la stat­uette. Julius sent que quelque chose a changé dans sa vie depuis qu’il a acquis cette stat­uette, comme si sa mélan­col­ie voulait dis­paraître. Il veut revoir Lieve, mais il apprend qu’elle ne tra­vaille plus dans le café où il allait la retrou­ver. Con­tin­uer la lec­ture

Contre vents et marées

Do LEVY DEWIND, Amar­res, Sablon, 2021, 15 €, ISBN : 9782931112199

dewind amarresIl est marin pêcheur, c’est ce qu’il voulait faire depuis tout petit. La vio­lence des flots, les tem­pêtes, la lutte pour maîtris­er l’immaîtrisable, il en a besoin.

Elle, douce, légère et solaire, passe son temps à l’attendre et se demande sou­vent s’il revien­dra lorsqu’il l’abandonne au petit matin.

Lui, c’est Hel­mut, un prénom alle­mand qui ne plai­sait pas à son insti­tutrice. Enfant, déjà, il avait dû se bat­tre. Le com­bat vain qu’il menait alors ne se jouait pas con­tre la mer. À l’époque, c’était con­tre le père alcoolique qu’il fal­lait lut­ter. Du haut de ses huit ans, Hel­mut ne savait jamais ni où ni quand le coup allait tomber, ni même s’il en réchap­perait. Con­tin­uer la lec­ture

À grandir sans amour

Mar­i­anne BASTOGNE, Du gouf­fre et des étoiles, Âme de la colline, 2021, 172 p., 15 €, ISBN : 9782960202533

bastogne du gouffre et des etoilesAu bord de la Lesse, une petite fille creuse des trous dans son ven­tre pour y enfouir la honte d’exister dans un monde qui ne veut pas d’elle. “Élargir le gouf­fre, déplac­er la mon­tagne, voilà le labeur qui occupe la grande part de ses jours et de ses nuits”. À grandir sans amour, “de manière tor­due, comme un chêne soli­taire et déjà vieux” à la sève trem­pée du poi­son de l’inceste, Jeanne sem­ble ne pou­voir accéder qu’à une jeunesse char­p­en­tée par les drogues et les rela­tions abu­sives. Si la résilience avait un nom, elle porterait celui de ce per­son­nage cumu­lant tous les maux, mil­lé­naires, qui s’abattent sur les corps et les esprits des femmes. Con­tin­uer la lec­ture

Frédéric Coché et la Tétralogie de Wagner

Un coup de cœur du Car­net

Frédéric COCHÉ, Richard WAGNER, Bryn­hil­dr. Un opéra dess­iné d’après Der Ring des Nibelun­gen, Textes cri­tiques de Gwla­dys Le Cuff et Aurélien Gleize, FRMK et La Pom­merie, 2021, 114 p., 28 €, ISBN : 9782390220244

coché brynhildrSai­sis­sant opéra graphique silen­cieux, Bryn­hil­dr, sous-titré Un opéra dess­iné d’après Der Ring des Nibelun­gen, nous délivre une adap­ta­tion-recréa­tion per­son­nelle de La Tétralo­gie, du Ring, l’œuvre-monde de Wag­n­er. Depuis sa créa­tion à Bayreuth, les qua­tre par­ties de L’anneau du Nibelung ont inspiré la lit­téra­ture, la bande dess­inée, le ciné­ma. Après la bande dess­inée en qua­tre vol­umes de Numa Sadoul et de France Renon­cé, Frédéric Coché trans­pose dans l’espace de la gravure l’œuvre d’art totale du magi­cien de Bayreuth. Là où l’esthétique graphique de Sadoul et Renon­cé, le dessin de Renon­cé épou­saient les lignes flam­boy­antes et oniriques de Wag­n­er, Frédéric Coché fait le choix dans ses 72 planch­es d’une esthé­tique épurée, min­i­mal­iste qui, d’emblée, con­traste avec la lux­u­ri­ance col­orée, le débor­de­ment d’énergie vitale et la pro­fu­sion des formes et des forces du Ring. Con­tin­uer la lec­ture

Variation autour du kintsugi

Un coup de cœur du Car­net

Almu­de­na PANO, His­toire en morceaux, Ver­sant Sud Jeunesse, coll. « Les Pétoches », 2021, 40 p., 15,90 €, ISBN : 9782930938431

pano histoire en morceauxAu milieu d’un hiv­er plu­vieux, une petite fille aux cheveux de jais s’amuse chez elle. Éparpil­lés dans la pièce, des Play­mo­bil et des ani­maux en plas­tique, des maisons de poupée, une voiturette bleue, un crois­sant non entamé jonchent le sol. Elle, elle sourit et agite deux fig­urines féminines s’affrontant lors d’un match de foot­ball en minia­ture. C’est le sport préféré de la fil­lette, elle adore y jouer dans le jardin, ce que le temps ne per­met pas ce jour-là, les gouttes et le vent étant de la par­tie. Alors elle décide d’enfreindre une des règles de la mai­son. Elle s’avance sur les carpes bleues du tapis douil­let, ignore le regard cir­con­spect du chat et attrape son bal­lon en cuir. La joie de la trans­gres­sion est hélas de courte durée : elle casse le vase préféré de sa maman, « [c]elui qu’elle et papa ont ramené de vacances et qui est plus vieux [qu’elle] ». Son sourire s’évanouit et, recro­quevil­lée dans son anx­iété, elle serre le félin dans ses bras. Elle observe les débris de son désas­tre et entend des pas s’approcher… La tristesse et l’angoisse l’étreignent, elle va devoir se con­fron­ter aux con­séquences de sa désobéis­sance. Com­ment avouer la cat­a­stro­phe ? De quelle façon sa maman va-t-elle réa­gir ? De quelle puni­tion va-t-elle écop­er ? Con­tin­uer la lec­ture

Corps/esprit toujours en ligne de partage de l’homme ?

Alex LORETTE, La ligne de partage des eaux, Lans­man, coll. « Poche », 2021, 40 p., 8 €, ISBN : 978–2‑8071–0331‑3

lorette la ligne de partage des eauxLe court texte d’Alex Lorette paru en octo­bre dans la col­lec­tion “Poche” des édi­tions Lans­man est de ceux qui doivent être dits à voix haute s’ils ne sont portés à la scène. Parce que La ligne de partage des eaux n’est rien de moins que 34 pages hale­tantes, celles du réc­it d’un homme occupé de courir. Seul, il court dans les bois, suit le tracé d’une riv­ière, d’un fleuve, d’une route, tombe, se blesse, se redresse, se remet à courir.

Qui est cet homme qui court ? Con­tin­uer la lec­ture

Laïcité antagonique

Nadia GEERTS, Dis, c’est quoi la laïc­ité?, Renais­sance du livre, 2021, 96 p., 12,90 € / ePub : 7.49 €, ISBN : 978–2‑507–057-169

geerts dis c est quoi la laicite

Les mots laïc, laïc­ité et con­sort souf­frent peut-être tout sim­ple­ment de n’être pas jolis à pronon­cer et à enten­dre. Leur com­bat n’en serait donc pas que de con­tenu mais aus­si phonique, sen­si­ble. Je me sou­viens d’un prêcheur dans le tram 92 sur la chaussée de Charleroi à Brux­elles. Sa moue de dégout man­i­feste, son rejet physique du terme était peut-être déjà sonore. De plus il ne com­pre­nait pas, sem­blait inca­pable de com­pren­dre, qu’un croy­ant peut être laïc. Or mal­heureuse­ment, ce con­flit, bien qu’infondé, est large­ment répan­du dans la pop­u­la­tion, notam­ment par­mi les élèves aux­quels s’adresse aus­si ce livre. Cepen­dant, ce malen­ten­du, de son et de sens, n’est pas adressé dans Dis, c’est quoi la laïc­ité ? de Nadia Geerts. Con­tin­uer la lec­ture

Femmes résistantes. Récit des camps

Madeleine DEWÉ, Je voy­ais l’aurore… Réc­it de la cap­tiv­ité (1944–1945) de Marie-Thérèse Dewé, Marie-Madeleine Dewé, Berthe Mori­mont-Lam­brecht, Ter­ri­toires de la Mémoire, coll. « À refaire », 2021, 112 p., 16 €

dewe je voyais l auroreÀ l’occasion d’un voy­age mémoriel au camp de Ravens­brück, organ­isé par l’asbl Les Ter­ri­toires de la Mémoire, Madeleine Dewé et André Lebrun ont tran­scrit et mis en forme les pro­pos enreg­istrés par leur tante Marie-Thérèse Dewé, résis­tante, déportée poli­tique qui longtemps après la Libéra­tion (au début des années 1980), livra le témoignage d’un groupe de femmes résis­tantes et de leur dépor­ta­tion en Pologne, en Alle­magne et en Autriche. Marie-Thérèse Dewé témoigne pour celles qui ne sont jamais rev­enues, celles que la mort nazie a fauchées, sa sœur Marie-Madeleine, Berthe Mori­mont. Réc­it cap­i­tal du rôle encore trop sous-estimé des femmes dans la Résis­tance en Bel­gique, trans­mis­sion d’une mémoire des actions (ren­seigne­ment, sab­o­tage) con­tre l’occupation alle­mande, Je voy­ais l’aurore… décrit avec humil­ité l’implication de femmes appar­tenant au réseau d’évasion Comète, lequel aidait les avi­a­teurs et sol­dats alliés à regag­n­er l’Angleterre. Chef du réseau de résis­tance « Clarence », Walthère-Jacques Dewé, le père des héroïnes, fut abat­tu par les Alle­mands en jan­vi­er 1944. Con­tin­uer la lec­ture

De la clairvoyance

Jean-Marie CORBUSIER, Ordon­nance du réel, Tail­lis Pré, 2021, 12 €, ISBN : 978–2‑87450–186‑9

corbusier ordonnance du reel« Ras­surés par un jet de lumière aux avant-postes de la nuit, nous ali­menterons la poésie aux ailes de nos désirs. »

Après le recueil De but en blanc, Jean-Marie Cor­busier délivre son ouvrage Ordon­nance du réel, égale­ment pub­lié au Tail­lis Pré. En une suite de poèmes en prose, adressés ini­tiale­ment à un « tu », le poète évoque l’essence et le mou­ve­ment de la poésie : « L’ombre et le som­met cohab­itent dans une fer­til­ité qui les dépasse, telle est la poésie insai­siss­able et une. » Con­tin­uer la lec­ture

Osmose de traits et mots

Pierre CORAN et Iris FOSSIER, Les ani­maux rêvent aus­si : un abécé­daire en poèmes, Cast­er­man, 2021, 64 p., 16,90 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782203208605

coran fossier les animaux revent aussiQuand deux généra­tions se rejoignent autour d’une pas­sion com­mune pour la nature, cela donne un album de grand-for­mat, à la fac­ture mag­nifique, que le lecteur décou­vre de A à Z, au tra­vers des rêves les plus fous d’animaux.

Encore un abécé­daire, penserez-vous ? Le déroulé est con­nu: vingt-six let­tres à par­courir. Rien de bien spé­cial… et pour­tant, dans cet alpha­bet ani­malier, l’illustration déli­cate d’Iris Fos­sier qui s’articule sur la dou­ble page, rap­pelle et ren­force adroite­ment les mots de son ainé, le poète Pierre Coran. L’artiste française quar­an­te­naire a de mul­ti­ples tal­ents (sculp­trice, pein­tre…) et nous pro­pose des gravures rich­es de détails et de pré­ci­sion, comme posées sur des élé­ments de décor en papi­er découpés de manière nette. Con­tin­uer la lec­ture

Herbes à brouter

Patrick HENIN-MIRIS, Zadi­gac­ités, Cac­tus inébran­lable, 2021,80 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–050‑0 ; André STAS, Tout est relatif (et ton­du), Cac­tus inébran­lable, 2021,  80 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–047‑0 ; Paul LAMBDA, Le dés­espoir, avec mod­éra­tion, Cac­tus inébran­lable, 2021, 98 p., 8 €, ISBN : 978–2‑39049–0149‑4

henin miris zadigacitesLes Zadi­gac­ités de Patrick Henin-Miris font évidem­ment référence à Zadig, le con­te philosophique, ori­en­tal­iste et néan­moins satirique, de Voltaire. Lui-même l’avait qual­i­fié, par fausse mod­estie ludique, de « couil­lon­ner­ies », bien qu’à par­tir de nom­breuses sit­u­a­tions exo­tiques, Zadig incar­ne la vraie sagesse et la jus­tice face aux ques­tions et aux erre­ments de son siè­cle.

Chez Henin-Miris, ces ques­tions se mul­ti­plient à tra­vers des textes courts, des petits sce­nar­ios en somme, inven­tifs, sagaces, poé­tiques et très con­tem­po­rains, qui dépassent rarement 15 lignes. « C’est agréable de faire court, lit-on en marge. C’est un peu sec­ouer la tête, le porte-plume, et con­stater que des dizaines, des cen­taines de petites his­toires, de petites pen­sées s’éparpillent tout autour  (…) toutes recou­vrant un monde à explor­er, à rêver, à imag­in­er, à préserv­er». Sans oubli­er un humour omniprésent dans cette pluie d’étoiles dont l’ironie pen­sive et les para­dox­es aven­tureux pour­raient s’apparenter aux énigmes aléa­toires de Magritte et forcer la pen­sée à « s’égarer » sur de nou­veaux sen­tiers étranges à bat­tre… Rap­pelons au pas­sage que si le style est bien dif­férent de celui du sur­réal­iste lessi­nois, avec ses noirs fulig­ineux qu’il signe Miris (un des pseu­do­nymes de cet artiste dis­cret, par ailleurs maître en apho­ris­tique, con­teur et féru d’animations théâ­trales), une récente expo­si­tion-spec­ta­cle l’a vu pop­u­laris­er un de ses apho­rismes d’une per­cu­tante et sub­tile sim­plic­ité : « L’être s’est fait avoir ». Con­tin­uer la lec­ture

« Déambulons dans le non-dit »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Lieux dits, Col­lages de F. Lié­nard, Âne qui butine, coll. « Xylophage », 2021, 230 p., 22 €, ISBN : 9782919712274

liénard lieux dits« On ne part pas » décré­tait, dans Mau­vais sang, celui que l’on surnom­mait pour­tant « l’homme aux semelles de vent ». C’est que le rap­port du poète au voy­age est con­trar­ié, du fait qu’il est voy­ant : il est moins un corps qu’un regard qui se déplace. Les décors se muent en mots, les façades ne dis­simu­lent jamais qu’elles-mêmes, tous les arti­fices des villes sont dénudés en un clin d’œil…

François Lié­nard, vous con­nais­sez ? Mais si… Vous l’aurez croisé dans quelque train entre Brux­elles-Midi et Charleroi-South ou vers Mons via Buizin­gen, ou encore à la jetée d’Antwerpen, à Lis­bonne, à Køben­havn, à Venise, ou dans quelque ville-musée « Inscrite au Pat­ri­moine mon­di­al d’une / Human­ité qui ne se recon­naît plus », ou dans des con­fins moins acces­si­bles encore, Châtil­lon, Vir­ton-on, Arlon. Con­tin­uer la lec­ture

Chute ascensionnelle

Patrick DEVAUX, Le temps appris, Coudri­er, 2021, 74 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–025‑2

devaux le temps apprisÀ soix­ante-huit ans, Patrick Devaux prend désor­mais son temps. Surtout celui de la réflex­ion, se tour­nant face au passé comme devant un miroir. Il y mire ses sou­venirs, y recon­nait la nos­tal­gie, y revoit des gens ren­con­trés et ceux qui ne sont déjà plus là. « Un sou­venir est un acquis, ce n’est pas du temps per­du », m’explique-t-il par télé­phone. Ain­si, le titre de son recueil, Le temps appris, sig­ni­fie que ce dernier n’a rien pris sans laiss­er quelque chose, des bribes, des frag­ments, des pous­sières d’étoiles ; leur scin­tille­ment. Con­tin­uer la lec­ture