Claire Lejeune, « voix pourpre » et « contrebandière de la pensée »

Claire LEJEUNE, Pour trou­ver la clé, il fal­lut per­dre la mémoire des ser­rures, textes inédits choi­sis par Anne André, Danielle Bajomée et Mar­tine Renouprez, Arbre de Diane, coll. « Les Deux Sœurs », 2018, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930822–10‑5

La prose poé­tique, les essais de Claire Leje­une (1926–2008) sont placés sous le signe de la ful­gu­rance, d’une poé­tique rad­i­cale­ment nova­trice qui entend décloi­son­ner les savoirs, les expéri­ences afin de tra­vers­er les chapes du pou­voir, de la dom­i­na­tion et de recon­tac­ter les promess­es à venir des orig­ines. Dans les années 1960, La gangue et le feu, Le pour­pre, La geste, Le dernier tes­ta­ment, Elle sig­nent l’avènement d’une parole qui noue indis­sol­uble­ment nais­sance à soi hors des rets du patri­ar­cat, expéri­ence mys­tique d’un verbe poli­tique et poé­tique, sub­ver­sion des piliers d’une civil­i­sa­tion qui a muselé les femmes. De se dire, les sans-voix mon­tent à l’existence, gag­nent un proces­sus de sub­jec­ti­va­tion que Claire Leje­une place sous le signe de l’ouverture à l’autre de la rai­son et aux ter­res du sym­bole. « Nous ne faisons pas la poésie. Elle nous fait de nous défaire » écrivait-elle. Con­tin­uer la lec­ture

Adeline Dieudonné finaliste du Goncourt des Lycéens

Adeline Dieudonné

Ade­line Dieudon­né

Le jury du Goncourt des Lycéens 2018 a choisi cinq final­istes par­mi les quinze livres en lice. Par­mi ceux-ci se trou­ve le suc­cesseur d’Al­ice Zen­iter, récom­pen­sée en 2017. La Belge Ade­line Dieudon­né est l’une d’en­tre eux.  Con­tin­uer la lec­ture

L’autogestion de la vie affinée

Raoul VANEIGEM, Con­tri­bu­tion à l’émergence de ter­ri­toires libérés de l’emprise éta­tique et marchande. Réflex­ion sur l’autogestion de la vie quo­ti­di­enne, Bib­lio­thèque Rivages, 2018, 185 p., 15.90 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑7436–4536‑6

L’effondrement des valeurs anci­ennes – patri­ar­cat, autorité, dis­ci­pline mil­i­taire, célébra­tion du sac­ri­fice — a per­mis que se dégage de la nuit et du brouil­lard sus­cités par leur chute une revivis­cence de ces aspi­ra­tions humaines que les assauts de la bar­barie n’ont jamais entamées durable­ment : sol­i­dar­ité, entraide, alliance avec la nature, autonomie, gyno­cen­trisme. 

Voici un demi-siè­cle, le Traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes généra­tions (Folio éd.) de Raoul Vaneigem en même temps que La société du spec­ta­cle (Folio éd.) de Guy Debord mar­quaient l’irruption fra­cas­sante du sit­u­a­tion­nisme dans la pen­sée con­tem­po­raine. À la fois rad­i­cales (ant­i­cap­i­tal­istes et anti­com­mu­nistes), pré­moni­toires (de Mai 68), banal­isées (et impuis­santes : la dénon­ci­a­tion de la « société du spec­ta­cle » est dev­enue un pon­cif de toute déc­la­ra­tion « cul­turelle », mais qu’un Jacques Ran­cière per­met de dépass­er), cri­tiquées (même par un Claude Lefort : « parade », « pas­sion du mot d’ordre », « logique de l’affect » égale à celle « du con­cept ») et pour­tant intactes, ces pub­li­ca­tions peu­vent-elles devenir un événe­ment pour une pen­sée (in)actuelle ? Con­tin­uer la lec­ture

L’Art et la manière de la célébration – un peu de beauté sur le monde

Gabriel RINGLET, La grâce des jours uniques. Éloge de la célébra­tion, Albin Michel, 2018, 220 p., 18€ / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑226–43747‑1

Le besoin de rit­uel est inscrit au cœur de l’humain, fût-ce sous la forme du café du matin, pré­paré au Bodum, au per­co­la­teur ou à l’italienne, servi long ou ser­ré, avec ou sans sucre, noir ou au lait, dans telle tasse, toutes choses que le lieu­tenant Estalère (dans les romans policiers de Fred Var­gas) con­naît sur le bout des doigts, com­pé­tence grâce à laque­lle il par­ticipe puis­sam­ment à la liturgie des réu­nions plénières de l’équipe du com­mis­saire Adams­berg.  Le rit­uel quo­ti­di­en, avec la suite et la fuite des jours, a été mag­nifié par Colette Nys-Mazure, dans son beau recueil Célébra­tion du quo­ti­di­en, pré­facé par Gabriel Ringlet.

Et puis, il y a les jours uniques dont la célébra­tion fait l’objet du nou­veau livre de Gabriel Ringlet. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Carlo R. Chapelle

Car­lo R. Chapelle
© Bertrand Lim­bourg

Un homme con­nu pour sa déli­catesse et son immense cul­ture vient de nous quit­ter.

Car­lo R. Chapelle était graveur et typographe. Con­férenci­er pas­sion­nant, il tenait des pro­pos éclairants sur “le livre et la chose imprimée”. Enseignant, il don­nait des cours à la Fac­ulté d’architecture La Cam­bre-Hor­ta. Édi­teur, il avait créé ces « Maisons du lièvre » où appa­rais­saient sa maîtrise tech­nique et son goût raf­finé, où le dessin des let­tres, le choix de l’encre et du papi­er avaient toute leur impor­tance. Ado­rant la con­ver­sa­tion menée en douceur, il par­ve­nait à citer le plus naturelle­ment Xénophon, William Mor­ris ou Valery Lar­baud…

Jacques Car­i­on

 

Tranchées de vie

Marie-Noëlle SCHURMANS, D’un jour à l’autre 1914–1918, Ova­dia, 2018, 313 p., 22 €, ISBN : 978–2‑36392–277‑9

À l’heure où se mul­ti­plient les man­i­fes­ta­tions visant à célébr­er le cen­te­naire de l’armistice, voici une ini­tia­tive lit­téraire orig­i­nale qui donne vie à la com­mé­mora­tion en la plaçant dans la per­spec­tive des per­son­nes qui l’ont vécue au plus près dans les qua­tre années qui ont précédé le dénoue­ment, alors que le con­flit bat­tait son plein. À l’origine de la démarche, la cor­re­spon­dance tenue par Gus­tave, lieu­tenant dans un rég­i­ment de cav­a­lerie, à des­ti­na­tion de son épouse, Éléonore. Ce matéri­au orig­inel et authen­tique est de la plume d’un homme de devoir placé au cœur des événe­ments et qui se soucie des siens, mais dont le temps est ryth­mé par l’action. Y répon­dent les pro­pos, imag­inés par l’auteure quant à eux, de son épouse esseulée, enceinte de lui, fuyant vers l’Angleterre avec ses par­ents et dont le temps est celui, atone, de l’attente. Si les mis­sives de l’homme au front sont guidées par la volon­té de décrire les faits avec mesure et retenue, le jour­nal tenu par son épouse, qui s’inscrit entre les mes­sages reçus, prend rapi­de­ment le par­ti de l’intime. Privée de son mari, Éléonore est ramenée vers ses père et mère, là où elle était jadis, amputée de sa vie de femme, s’apprêtant à devenir mère alors que sa sécu­rité est men­acée. Con­tin­uer la lec­ture

Enseignement : formation “Stratégies de lecture : de l’acte de lire à l’envie de lire”

Le Ser­vice général des Let­tres et du Livre organ­is­era le 15 févri­er 2019, en marge de la Foire du livre de Brux­elles, une for­ma­tion inti­t­ulée “Straté­gies de lec­ture : de l’acte de lire à l’en­vie de lire”.  Cette for­ma­tion, inté­grée au pro­gramme des for­ma­tions en inter­réseaux organ­isées par l’IFC (Insti­tut de la for­ma­tion en cours de car­rière), s’adresse plus par­ti­c­ulière­ment aux enseignant-e‑s du sec­ondaire inférieur. Il est recom­mandé de s’in­scrire rapi­de­ment sur le site de l’IFC, car le nom­bre de places est lim­ité à 12. 

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L’Arche de Lalande

Françoise LALANDEBel­giques. Pas des anges, Ker, 2018, 82 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–236‑5

La pub­li­ca­tion du « Bel­giques » con­fié par les édi­tions Ker à Françoise Lalande, et sous-titrée « Pas des anges » (même si ce titre n’apparaît pas sur la cou­ver­ture), s’inscrit dans une nou­velle col­lec­tion lancée par l’éditeur Xavier Van­vaeren­bergh, “Bel­giques” (et dirigée par Marc Bail­ly).

Sur le site de son « Vil­lage lit­téraire » (« KER » en bre­ton sig­ni­fie « vil­lage »), Xavier Van­vaeren­bergh évoque la spé­ci­ficité de ces « Bel­giques ». Cha­cun des recueils de nou­velles est con­fié à un auteur belge fran­coph­o­ne. Au fil des pre­mières livraisons d’auteurs (Engel, San­toliq­ui­do, Dartev­elle, Wellens, Baba) la col­lec­tion brosse « un por­trait en mosaïque de la Bel­gique. Des paysages, des ambiances, du folk­lore, des tra­di­tions, de la gas­tronomie, de la poli­tique, des langues… Tan­tôt humoris­tiques, tan­tôt doux-amers, cha­cun de ces tableaux impres­sion­nistes est le reflet d’une Bel­gique : celle de l’auteur. »

Les pre­miers titres con­stituent déjà un flo­rilège indis­pens­able de lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne, dans un genre lit­téraire, la nou­velle, qu’il con­tribue ain­si à pro­mou­voir. Con­tin­uer la lec­ture

Isabelle Wéry, comment dansent les poneys

Un coup de cœur du Carnet

Isabelle WÉRY, Poney flot­tant, ONLIT, 2018, 246 p., 18 € / ePub : 9 €, ISBN : 978–2‑87560–104‑9

Dans le vaste con­ti­nent des livres, raris­simes sont ceux qui créent un univers-lan­gage aux pou­voirs de déracin­e­ment. Se cabrant con­tre toutes les lim­ites, Poney flot­tant chavire la forme livre pour épouser des flux sauvages désta­bil­isant l’économie de l’écriture et, par­tant, de la lec­ture. Après Mar­i­lyn désossée (Mael­ström, couron­né par le Prix de la Lit­téra­ture de l’Union Européenne en 2013), l’écrivain, l’actrice et met­teuse en scène Isabelle Wéry nous livre un con­te qui tra­verse les bien­séances du dire, du penser, du jouir. Humour cor­rosif, grinçant, pul­sions en roue libre — fuck les lois de la famille, du socius —, l’héroïne Sweet­ie Horn, autrice à suc­cès qui se réveille d’un coma après avoir entre­pris le pre­mier marathon de sa vie à 70 bal­ais, nous livre l’épopée men­tale de son exis­tence. Sa voix nous parvient d’une région inter­mé­di­aire, entre les portes de ce qui est et les portes de la mort ; sa voix nous cat­a­pulte dans un mono­logue intérieur porté par une folle inven­tiv­ité ver­bale qui réper­cute des expéri­ences en marge. Texte-vor­tex qui déroule un flash-back stro­bo­scopique, Poney flot­tant plonge dans l’enfance de S. H. en Angleterre, les cara­coles dans l’inceste avec le grand-père gen­tle­man farmer, les ébats éro­tiques qui explosent le corps, les sens et le syn­drome poney qui affecte l’héroïne en proie à un arrêt de crois­sance. L’hormone de crois­sance fait la grève. Soumis à un essor lux­u­ri­ant, le verbe et l’imaginaire pren­dront le relais. Con­tin­uer la lec­ture

Gérard Prévot : « Emmène-moi… »

Un coup de cœur du Carnet

Gérard PRÉVOT, Con­tes de la mer du Nord, pré­face de Jean-Bap­tiste Baron­ian, post­face d’Élisabeth Cas­ta­dot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2018, 271 p., 8,5 € , ISBN : 978–2‑87568–407‑3
Un car­net péd­a­gogique télécharge­able gra­tu­ite­ment accom­pa­gne le livre

Relire Gérard Prévot est tou­jours un moment riche. Et l’on se dit que c’est une réelle injus­tice qu’il n’ait jamais été appré­cié à sa juste valeur. Peut-être cela vient-il de sa rel­a­tive mar­gin­al­ité et du fait qu’il a écrit dans des gen­res très dif­férents : poésie, roman, nou­velles fan­tas­tiques, romans pop­u­laires ?

Au début des années 70, il envoie à Jean-Bap­tiste Baron­ian, alors directeur lit­téraire de Marabout, des nou­velles qui vont con­stituer qua­tre livres. En 1986, dix ans après la mort de Prévot, Baron­ian rassem­ble onze con­tes tirés des dif­férents vol­umes ; c’est ce choix qui est réédité aujourd’hui. Con­tin­uer la lec­ture

Où, 25 ans après sa disparition, une revue mythique sort, contre toute attente, un nouveau numéro

Un coup de cœur du Carnet

TXT n°32, Le retour, NOUS, 2018, 96 p., 15 €, ISBN :  978–2‑37084–057‑8 ; Jean-Pierre VERHEGGEN et Léon WUIDAR, Ram­ages & par­lages, la pierre d’alun, 2018, 80 p., 32 €, ISBN : 978–2‑87429–102‑9

Jeunes gens, jeunes filles, prenons acte : TXT est de retour, vingt-cinq ans après son dernier numéro. Qui ça ? Quoi ça ? TXT par­di, la jubi­la­toire revue de Jean-Pierre Ver­heggen, Éric Clé­mens, Chris­t­ian Pri­gent, Jacques Demar­cq, Alain Fron­tier, Philippe Bouti­bonnes et Pierre Le Pil­louër. Non que, par nos­tal­gie, ces glo­rieux « anciens » auraient décidé, façon « boys band », de relancer l’af­faire. Pas du tout le genre de la mai­son. L’édi­to est clair : de 1968 à 1993, TXT aura été une revue de con­vic­tion, la revue de ceux et celles qui avaient la « haine de la poésie » « lisse, empesée, impen­sée », la revue de ceux et celles qui ressen­taient « un amour vio­lent de la poésie, pour vider la poésie de la poésie qui bave de l’ego, nat­u­ralise et mys­ti­cise, rêve d’amour et d’u­nion, dénie obscu­rités, obscénités, chaos et cru­auté ». De 1968 à 1993, paraîtront alors trente-et-un numéros de « babils dra­maturgiques », de « saynètes comiques », de « lita­nies idiotes », de textes tra­vail­lant les langues, les bass­es comme les altières, de textes ébou­rif­fants, con­tre­dis­ant, vio­lem­ment et salu­taire­ment, l’idée molle que l’on se fai­sait, que l’on se fait encore, de la poésie, du tra­vail des langues, de la lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture

Amélie Nothomb et Adeline Dieudonné parmi les meilleures ventes de la rentrée


Amélie Nothomb (Pho­to : Jean-Bap­tiste Mondino/Albin Michel)

GFK pub­lie son tra­di­tion­nel bilan des ventes des livres de la ren­trée lit­téraire française. Les Belges y occu­pent une place de choix, avec pas moins de deux ouvrages dans le top 3.  Con­tin­uer la lec­ture

Balance ta mère !

Un coup de cœur du Carnet

Thier­ry ROBBERECHT, Onnuzel, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2018, 126 p., 13€, ISBN : 978–2‑87489–499‑2

Que voici un petit livre sin­guli­er ! Thier­ry Rob­berecht, nous plongeant dans les Gold­en Six­ties, y épouse la per­spec­tive d’un garçon de huit ans, qui vit sans père, à l’ombre de sa mère et de sa sœur, exposé à la con­de­scen­dance ou à l’hostilité des voisins, de la grande famille, sidéré/pétrifié par le non-dit et le trop-dit jusqu’à se muer en « empoté » (onnuzel) dis­trait et mal­adroit. Con­tin­uer la lec­ture

Bibliographie — 1er novembre 2018

Avec la bib­li­ogra­phie du Car­net, retrou­vez toutes les pub­li­ca­tions, nou­veautés et réédi­tions, en lit­téra­ture belge.

Une liste établie par Thibault Car­i­on

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Patrick Delperdange et les sales types

Un coup de cœur du Carnet

Patrick DELPERDANGE, L’éternité n’est pas pour nous, Arènes, coll. « Equinox », 2018, 250 p., 15€ / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑35204–731‑5

Voilà un bon Delper­dan­ge comme on les aime : rugueux comme la cail­lasse qui vous explose la tempe, som­bre comme la nuit au fond des bois, vif comme une lame dans la chair. C’est qu’il fait mal à nou­veau, l’auteur de Si tous les dieux nous aban­don­nent, et que comme d’habitude, ça nous fait du bien. Un bien de chien. Con­tin­uer la lec­ture

Arrestation arbitraire

Giuseppe LONOBILE, Emma K., Lans­man, coll. « Lans­man Poche », 2018, 66 p., 8€, ISBN : 978–2807101999

Le jour de son douz­ième anniver­saire, Emma K. reçoit la vis­ite d’un homme qu’elle ne con­nait pas et qui l’arrête. Pour quel motif ? Elle n’en sait rien. Ses par­ents et son frère ont été envoyés « en vacances », tan­dis qu’elle se voit privée de lib­erté. Elle doit toute­fois con­tin­uer à se ren­dre à l’école et est escortée en per­ma­nence par un agent, sorte de polici­er-nounou, qui aime regarder la télévi­sion et prend de plus en plus les allures d’une mouche. À l’école, per­son­ne ne sem­ble trou­ver cette sit­u­a­tion étrange. Sa prof, Madame Grubach, la met en con­tact avec son frère avo­cat, mais Emma K. se rend rapi­de­ment compte que per­son­ne ne parvient réelle­ment à l’aider. Per­son­ne ne sait surtout ce qui se trame réelle­ment. Elle apprend que nom­bre d’enfants comme elle atten­dent leur procès, trainent dans les couloirs de son immeu­ble et se ren­dent par­fois au gre­nier. Il se dit qu’une géante tir­erait les ficelles de tout cela. Emma tente de trou­ver des répons­es. Pourquoi veut-on les musel­er et les priv­er de lib­erté ? Ne peut-on pas remet­tre en ques­tion la parole des instances de pou­voir ? Sa recherche de la vérité la met en présence de nom­breux autres per­son­nages. Sa com­bat­tiv­ité, son besoin de jus­tice et sa soif d’être défendue pour­raient bien lui don­ner rai­son. Con­tin­uer la lec­ture