Archives par étiquette : enfance

De la tourmente à la sérénité

Stéphane LAMBERT, L’apocalypse heureuse, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2022, 175 p., 19 €, ISBN : 9782363082855

lambert l apocalypse heureuseIl aura fal­lu à Stéphane Lam­bert écrire ce livre et lui don­ner un titre éblouis­sant L’apocalypse heureuse pour franchir des dizaines d’années d’attente, de souf­france et enfin s’emparer pleine­ment de sa vie.

Il se rend chez un thérapeute de renom dans l’espoir d’en recevoir l’absolution de son mal être. Ce n’est pas tout à fait un endroit choisi par hasard. Il con­naît ce quarti­er de Brux­elles pour y avoir vécu dans son enfance. Il recon­naît aus­si la mai­son où se trou­ve le cab­i­net médi­cal, celle-là où il a été abusé par un ami de ses par­ents. Il va donc au devant de son passé car il mesure la force de sa longue imprég­na­tion.  Il se rend compte aus­si du silence qui a entouré cet abus et se met à le reprocher à ses par­ents qui ne veu­lent pas le recon­naître. Il s’en veut à lui-même de s’être tu. Mais en rap­pelant ce tour­ment, il met au clair l’ensemble des prob­lèmes. Ce n’est pas seule­ment cet abus dont il a été vic­time, il y ajoute la sépa­ra­tion puis le divorce de sa mère et son père. Une image le taraude et revient plusieurs fois sous sa plume, son départ de la mai­son famil­iale, alors qu’il est assis à côté de sa mère à l’avant du camion de démé­nage­ment et voit son père pleur­er à l’étage. Sa mère et son père aux­quels il exprimera son reproche jusqu’au moment où finale­ment il par­donne, par néces­sité : il ne leur en veut plus et trou­ve en lui, longtemps après, la force non pas d’oublier, mais d’apaiser sa colère. Con­tin­uer la lec­ture →

Madeleine, le goût de l’enfance

Françoise LISON-LEROY (autrice) et Françoise ROGIER (illus­tra­trice), Madeleine, Tétras Lyre, coll. « Let­trim­age », 2022, 30 p., 16 €, ISBN : 9782930685625

lison leroy rogier madeleineMadeleine a dix ans, d’abord bien­tôt, ensuite depuis peu. Ses pieds s’agitent nus ou bot­tés de rouge, dans la nature qui l’éclabousse et les flaques qui la réjouis­sent. Ses yeux se plis­sent de con­tente­ment quand ils ne se per­dent pas dans l’observation. Ses paumes, elles, s’ouvrent grand, telle­ment grand vers le ciel, mais se refer­ment aus­si pour ne pas qu’un bal­lon s’échappe. Son corps, agile, se niche sur la branche d’un pom­mi­er, s’accroche à un trapèze, se fige devant un cours d’eau. Et ses cheveux, noirs, s’affolent aux qua­tre vents, au gré de ses cabri­oles, puis se reposent sur ses épaules, lors de moments sus­pendus. Madeleine paraît joyeuse et curieuse, entière­ment dans l’instant. Autour d’elle, des feuilles col­orées, des jou­ets aban­don­nés, des oiseaux s’égaillant, des nuages pas­tel, des félins s’esquivant, une foule en mou­ve­ment. C’est dans cet univers graphique, à la com­po­si­tion pochée et cha­toy­ante, que con­nais­sance visuelle est faite avec Madeleine. Les déli­cieuses illus­tra­tions de Françoise Rogi­er, à elles seules, racon­tent déjà telle­ment… Con­tin­uer la lec­ture →

Au vert pays d’Aubain

Jules BOULARD, La mor­sure du feu, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2022, 344 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874896842

boulard la morsure du feuPre­mières images de La mor­sure du feu : un matin de sep­tem­bre 1929, où « la cam­pagne ruis­selle de soleil. Il y a plein de papil­lons et quan­tité de petites sauterelles, des chants d’oiseaux ; les hiron­delles plon­gent vers l’eau pour en avaler une goutte au pas­sage puis rebondis­sent en plein ciel, sig­nant une arabesque ful­gu­rante entre les ramures des aulnes et des saules. L’été jette toutes ses dernières forces en sep­tem­bre ».

Pre­mière ren­con­tre avec Aubain, bien­tôt quinze ans, « mil­i­tant de l’école buis­son­nière » (il ferait volon­tiers aus­si l’église buis­son­nière !), vagabon­dant par les prés, les bois et surtout les rives de la Lesse, « con­fi­dente de ses rêves et de ses peines », au grand dam de sa mère, Fine, qui le traite de vau­rien, de graine de ban­dit. Avec son père, Math­ieu, qui se mon­tre plutôt bien­veil­lant, il tra­vaille au bois, bûcheron­nant sans ent­hou­si­asme ! Con­tin­uer la lec­ture →

Retour à Colombo

Isabelle STEENEBRUGGEN, Être son fils. Par­cours d’un enfant seul, Pour penser, 2021, 200 p., 16,50 €, ISBN : 9782371761254

steenebruggen etre son filsLe réc­it d’Isabelle Steene­bruggen se présente comme une fic­tion inspirée de faits réels. Il retrace la biogra­phie d’un nar­ra­teur s’adressant à une femme dont nous ne con­nais­sons rien. Nous com­prenons assez vite que nous allons lire un réc­it d’un homme mûr qui, tel Didi­er Eri­bon, nous relate sa vie avec une authen­tic­ité mât­inée d’un point de vue réflexif.

Nous suiv­ons ain­si le jeune Hidli, qui a gran­di dans les ter­res cul­tivables au Sri Lan­ka avec une mère tra­vailleuse, deux frères aînés et en fil­igrane, un père absent. Moins mar­qué par ses orig­ines mod­estes que par le car­ac­tère bien trem­pé de sa mère, le héros se gorge de toutes les facettes de cette fig­ure mater­nelle bien­veil­lante avec qui il vit à son insu des moments fon­da­teurs. Mal­heureuse­ment, sa maman lui est arrachée beau­coup trop tôt par la mal­adie. Con­tin­uer la lec­ture →

Tout ce que l’on garde d’elle

Un coup de cœur du Car­net

aNNe HERBAUTS, Quand Had­da revien­dra-t-elle ?, Cast­er­man, 2021, 32 p., 15,90 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782203222687

herbauts quand hadda reviendra t elleQue dis­ent de nous les lieux que nous aban­don­nons ? Que dit un foy­er de la per­son­ne qui y a vécu ? Les objets gar­dent-ils d’elle une empreinte, une présence ? Dans son dernier livre, aNNe herbauts racon­te l’absence, celle d’Hadda, à tra­vers l’exploration de son apparte­ment. Sans jamais représen­ter per­son­ne, en choi­sis­sant de n’illustrer que les pièces et tout ce qu’elles con­ti­en­nent de matériel, l’autrice-illustratrice boits­for­toise réalise le tour de force de livr­er un album touchant, d’une grande human­ité. De la cui­sine au salon, en pas­sant par le bal­con et le cor­ri­dor, le regard se pose sur tout qui a fait la vie d’Hadda, grand-mère que l’on devine décédée récem­ment, et à tra­vers ces objets posés, chais­es autour de la table, lunettes sur une chem­inée, écharpe, pot de farine, oignon, plantes en pot, radio, trousseau de clés, quelque chose d’elle, que nous ne con­nais­sons pas, sem­ble sur­gir, appa­raitre pour aus­sitôt nous échap­per. Des ful­gu­rances de présence se dessi­nent dans ces moments sus­pendus. Con­tin­uer la lec­ture →

Sommes-nous vraiment libres ?

Brigitte GUILBAU, Le pré­maturé qui voulait naître sous le signe du scor­pi­on et tutoy­er les étoiles, Lilys, 2021, 152 p., 7,20 €, ISBN : 9782390560142

guilbau Le prématuré qui voulait naître sous le signe du scorpion et tutoyer les étoilesLe pré­maturé qui voulait naître sous le signe du scor­pi­on et tutoy­er les étoiles, le nou­v­el opus de Brigitte Guil­bau, est un recueil de cinq nou­velles don­nant la parole à des jeunes, depuis leur vie in utero jusqu’à leurs pre­miers pas de jeunes adultes. Nous avons ain­si l’occasion d’explorer la vie d’un fœtus non désiré dans le ven­tre de sa mère. En pleine crise exis­ten­tielle, il analyse avec un humour grinçant les déci­sions pris­es par ses par­ents adeptes de l’improvisation.

Et c’est ain­si que, dans la toute nou­velle Dauphine grise où Papa avait atten­du en boudant que Maman sorte de chez le faiseur d’anges, ce casseur de lib­erté qui leur avait inter­dit de me déviss­er non sans leur rap­pel­er que j’étais déjà un fœtus, je devins la petite princesse atten­due, mais non désirée d’un cou­ple qui avait oublié l’espace d’une soirée qu’on ne donne pas la vie à un enfant, mais que, par­fois, il vous la vole. Con­tin­uer la lec­ture →

La composition du silence

Un coup de cœur du Car­net

Veroni­ka MABARDI, Sauvage est celui qui se sauve, Esper­luète, 2022, 208 p., 18 €, ISBN : 9782359841497

J’écris : voici mon frère, il n’a fait que pass­er, mais la phrase ment. Alors je cherche les traces qu’il a lais­sées dans le regard des autres. Il me relie à eux. Qu’est-ce qui s’est inscrit en eux de son pas­sage ?

Suiv­re le fil : plonger sous la matière, là où s’emmêlent et se con­fondent les fibres, rejoin­dre la sur­face, repren­dre. Les mots de Veroni­ka Mabar­di cir­con­scrivent en pointil­lé les con­tours de la perte et tra­cent, d’un même mou­ve­ment, l’empreinte d’un corps qui jamais n’a pu se résoudre à respecter les lim­ites. Ce corps est celui de son frère, Shin Do Mabar­di, arrivé à l’âge de cinq ans dans cette famille d’intellectuels de gauche, douce et généreuse, depuis la Corée du Sud. En dépit de l’amour qui l’attend de pied ferme et amor­tit la bru­tal­ité du déracin­e­ment, l’expérience est avant tout celle d’un arrache­ment. Dans la terre coréenne, Shin Do laisse des radi­celles tranchées vives. Un morceau de son iden­tité se développe sans lui à l’autre bout du monde, plaçant son exis­tence sous le signe de la frag­men­ta­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

À grandir sans amour

Mar­i­anne BASTOGNE, Du gouf­fre et des étoiles, Âme de la colline, 2021, 172 p., 15 €, ISBN : 9782960202533

bastogne du gouffre et des etoilesAu bord de la Lesse, une petite fille creuse des trous dans son ven­tre pour y enfouir la honte d’exister dans un monde qui ne veut pas d’elle. “Élargir le gouf­fre, déplac­er la mon­tagne, voilà le labeur qui occupe la grande part de ses jours et de ses nuits”. À grandir sans amour, “de manière tor­due, comme un chêne soli­taire et déjà vieux” à la sève trem­pée du poi­son de l’inceste, Jeanne sem­ble ne pou­voir accéder qu’à une jeunesse char­p­en­tée par les drogues et les rela­tions abu­sives. Si la résilience avait un nom, elle porterait celui de ce per­son­nage cumu­lant tous les maux, mil­lé­naires, qui s’abattent sur les corps et les esprits des femmes. Con­tin­uer la lec­ture →

À toutes les Léonie

Aurélie GIUSTIZIA, Vent debout, Cent mille mil­liards, 2021, 162 p., 15 €, ISBN : 978–2‑85071–173‑2

giustizia vent deboutLa ren­trée lit­téraire de sep­tem­bre 2021 con­te­nait son lot de sur­pris­es, par­mi lesquelles le pre­mier roman d’Aurélie Gius­tizia. Un livre garan­ti par son édi­teur « zéro retour, zéro stock, zéro pilon, zéro indisponi­bil­ité » grâce au choix de l’impression à la demande. Une faible empreinte car­bone, pour un texte qui ne manque pour­tant ni de noirceur ni de flamme.

Vent debout est un livre en tout point dressé : con­tre la vie, con­tre la mort, con­tre la nor­mal­ité, con­tre les injus­tices, et surtout con­tre l’aveuglement. Quelques élé­ments sig­ni­fi­cat­ifs, sur lesquels s’ouvre le roman, don­nent corps à un per­son­nage mar­qué par une clair­voy­ance qui paraît tant métaphorique que phys­i­ologique. Con­tin­uer la lec­ture →

Le roadbook d’une vie

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er DUCULOT, Parc fer­mé, Ova­dia, 2021, 210 p., 18 €, ISBN : 978–2‑36392–466‑7

duculot parc ferméÉté 1977, Arnaud passe un mois de vacances à la Côte d’Azur avec sa sœur jumelle Annabelle et ses par­ents Georges et Mag­gy. Du haut de ses sept ans, il observe le monde des adultes, tout en apparences et rap­ports de dom­i­na­tion. Des plus rich­es sur les moins aisés ; des hommes sur les femmes ; de son père sur sa mère. Juil­let touchant à sa fin, le retour en Bel­gique amène son lot de morosité : fin de la par­en­thèse ensoleil­lée, reprise du quo­ti­di­en en demi-teinte. Au soleil comme sous la gri­saille, la vie de famille sem­ble bien réglée, les habi­tudes et les rôles immuables. Sauf qu’à peine trente­naire et poussée par des événe­ments récents, Mag­gy décide qu’il est trop tôt pour se résign­er. Elle prend les rênes de son des­tin, en même temps qu’un train vers la ville. C’est le début des boule­verse­ments pour Arnaud et sa famille. Con­tin­uer la lec­ture →

Italie-Belgique : 1–1

Loren­zo CECCHI,Comme un tan­go, pré­face Patrick Delper­dan­ge, Tra­verse, 2021, 285 p., 20 €, ISBN : 978–2‑93078–339‑0  

cecchi comme un tangoLes auteurs belges fran­coph­o­nes issus des familles ital­i­ennes qui ont émi­gré en Bel­gique à la moitié du 20e siè­cle ont mar­qué notre pat­ri­moine lit­téraire d’une empreinte forte. Ils nous ont don­né des œuvres qui font désor­mais par­tie de notre bien com­mun et dont la valeur n’est plus à démon­tr­er. Loren­zo Cec­chi est au nom­bre de ceux-ci et le dix­ième ouvrage qu’il nous livre aujourd’hui, qui com­porte deux par­ties dis­tinctes,  y apporte une note spé­ci­fique. Con­tin­uer la lec­ture →

Dans le silence de la nuit

Alia CARDYN, Archie, Robert Laf­font, 2021, 274 p., 18,50 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782221249369

cardyn archieNé d’un père absent et d’une mère tox­i­co­mane, Archie est un jeune homme de seize ans placé en insti­tu­tion depuis sa nais­sance. Amoureux des mots et de l’écriture de poèmes, il est toute­fois acca­blé par le mutisme lors de ses ren­con­tres avec sa mère, mar­quées par les mots per­dus, les gestes mal­adroits, le désir de répa­ra­tion, mais le par­don coincé.

Habité par la soli­tude de son sen­ti­ment d’échec et d’inaptitude à être aimé, Archie est vis­cérale­ment mar­qué par la souf­france de sa mère. Oscil­lant entre l’angoisse et la colère face à tout ce gâchis, mais aus­si le désir de vivre, le jeune homme s’essouffle d’attendre des miettes d’un amour mater­nel trop ambiva­lent. Con­tin­uer la lec­ture →

La garde-robe : portrait en coupes et coutures

Sébastien MINISTRU, La garde-robe, roman, édi­tions Grasset/Collection Le courage, 2021, 183 p., 18,10 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑246 82635–4

ministru la garde robeCeux ou celles qui héri­tent, pour le meilleur ou pour le pire, des vête­ments d’une per­son­ne décédée récoltent, si on en a gardé la mémoire, les traces d’une vie, les sou­venirs d’une époque. C’est sur cet argu­ment, inédit à notre con­nais­sance, que Sébastien Min­istru a fondé son deux­ième roman au titre on ne peut plus sobre : La garde-robe.

En 2018, Sébastien Min­istru pub­lie un pre­mier roman remar­qué, Appren­dre à lire, déjà dans la col­lec­tion « Le courage » dirigée par Charles Dantzig chez Gras­set. Il y évoque la rela­tion émou­vante entre un fils et un père anal­phabète qui lui demande de l’initier à la lec­ture et à l’écriture. Son deux­ième roman démarre égale­ment sur les liens exis­tants entre un père et son enfant, une fille cette fois. Vera. Rien d’émouvant cepen­dant car le père est ici tyran­nique, ce qui déter­min­era sa volon­té farouche d’échapper à toute emprise. Con­tin­uer la lec­ture →

Une enfance dans le Quartier

Francesco PITTAU, Longtemps et des pous­sières, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2021, 316 p., 18 €, ISBN : 9782875054029

pittau longtemps et des poussieres...Francesco Pit­tau se révèle écrivain aus­si pro­lifique qu’homme dis­cret. Par­courez la Toile, et vous con­staterez que peu d’informations per­son­nelles sont cap­turées dans ses fils. Bien enten­du, vous trou­verez l’essentiel – ses livres, ses albums, ses recueils – ; par con­tre, à peine quelques ren­seigne­ments biographiques : une nais­sance en Sar­daigne dans le milieu des années 1950, des études de Beaux-Arts à Mons, une col­lab­o­ra­tion intime avec Bernadette Ger­vais, un lieu de rési­dence dans la région brux­el­loise. Cela pour­rait être ample­ment suff­isant… s’il n’y avait cette curiosité tit­il­lée lorsque l’on se plonge dans Longtemps et des pous­sières, roman qui sem­ble pos­séder un ancrage auto­bi­ographique. Peut-être parce que le pro­tag­o­niste est d’origine ital­i­enne (ce serait trop facile), que la nar­ra­tion se déroule dans une cité ouvrière à forte immi­gra­tion du Sud (tou­jours peu con­clu­ant), que l’âge du héros cor­re­spondrait à celui de l’auteur à la même époque (oui, mais encore ?). Peut-être parce qu’il y a telle­ment d’humanité dans cette évo­ca­tion de l’enfance que l’on se prend à croire qu’elle est tirée du matéri­au du vécu, du ressen­ti, du pul­satile. Mais l’on se four­voie prob­a­ble­ment ; et qu’importe au fond ? Con­tin­uer la lec­ture →

Juste le minimum hérité

Véronique ROELANDT, Mes ham­sters, Arbre à paroles, 2021, 58 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87406–706‑8

roelands mes hamstersPar­mi les derniers-nés de la col­lec­tion iF, quelle bonne sur­prise que de décou­vrir, aux côtés des deux incon­tourn­ables de la lit­téra­ture belge que sont désor­mais Karel Logist et Chris­tine Aventin, le pre­mier recueil d’une toute nou­velle autrice : Véronique Roe­landt. Con­tin­uer la lec­ture →

Ces parents-là

Un coup de cœur du Car­net

Vir­ginie JORTAY, Ces enfants-là, Impres­sions nou­velles, 2021, 256 p., 20 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782874498855

jortay ces enfants-làElle se sou­vient, tout lui revient en détail, sa rage monte et, avec elle, le besoin d’écrire. Les mots se pré­cip­i­tent car tout est devenu clair à présent que l’étau de leur emprise s’est relâché. Dans cet élan, elle nous dit d’une traite son enfance dans une famille en vue, de celles qui attirent le regard et la con­voitise et à qui tout sem­ble réus­sir. Le père est ani­ma­teur-vedette, il enchaîne les suc­cès. La mère accom­pa­gne cette réus­site et en organ­ise la mise en scène. Elle saisit toutes les occa­sions d’affirmer l’ascension sociale de leur cou­ple au tra­vers de récep­tions au cours desquelles il se donne en spec­ta­cle, toute pudeur mise de côté. Une mai­son neuve est con­stru­ite pour affirmer ce statut, avec une piscine dans laque­lle il est de bon ton de se baign­er nu. Ces fes­tiv­ités large­ment arrosées rassem­blent des adultes libérés qui recherchent un plaisir sans lim­ite, et les hôtes sem­blent s’en réjouir tout y en prenant part. Con­tin­uer la lec­ture →