Archives par étiquette : Espace Nord

Sous les troènes, l’amour

Un coup de cœur du Car­net

Jean DOMINIQUE, Le don silen­cieux suivi de La Lit­téraire de Blanche Rousseau, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 300 p., 12 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875686046

dominique le don silencieuxRarement l’amitié et l’amour lient-ils la vie à l’œuvre comme au cœur de Jean Dominique (1873–1952). Pseu­do­nyme lit­téraire de Marie Clos­set, enseignante et per­son­nal­ité anti­con­formiste, Jean Dominique entre dans la col­lec­tion Espace Nord avec un ouvrage en trois par­ties : l’une dédiée à la poésie, la deux­ième aux sou­venirs (dic­tés à la fin de sa vie depuis le fau­teuil où elle repose ses yeux presqu’aveugles), la dernière au “silence tumultueux” de sa rela­tion amoureuse avec Blanche Rousseau — à tra­vers les mots de celle-ci. Con­tin­uer la lec­ture

Juste la fin d’un monde – le nôtre

Un coup de cœur du Car­net

J.-H. ROSNY AINELa mort de la Terre, Post­face de Valérie Stiénon, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 190 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–703‑6

rosny la mort de la terreUn jour, la Terre ne voulut plus des hommes. Ils croy­aient la pos­séder, avoir éten­du sur elle une dom­i­na­tion naturelle et éter­nelle. Ils ne prirent pas la mesure des cat­a­clysmes qui s’enchainaient – éva­po­ra­tion de l’atmosphère, séismes d’ampleurs inédites, sécher­esse crois­sante. Le sol avala les sources, les fleuves se tarirent, les océans dis­parurent – ne lais­sant que des val­lées à pic. Ils crurent que la tech­nique les sauverait. Ils furent réduits à de mai­gres trou­peaux recro­quevil­lés dans des enc­los autour des derniers filets d’eau suin­tant des ter­res arides. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots de la faim

Fran­cis TESSA, Les enfants Polen­ta, post­face de Catia Nan­noni, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 200 p., 9,50 €, ISBN : 9782875687067

tessa les enfants polentaVoici que Les enfants Polen­ta, de Fran­cis Tes­sa, rejoignent la col­lec­tion Espace Nord et que ceux-ci pren­nent naturelle­ment place aux côtés d’autres tomes qui y ren­dent compte, avec des accents mul­ti­ples, de l’univers de l’immigration ital­i­enne en Bel­gique fran­coph­o­ne au 20e siè­cle. L’auteur, né en 1935, est arrivé en Bel­gique en 1952 et il s’est surtout fait con­naitre pour son œuvre poé­tique et son action en faveur de la poésie. Fon­da­teur et ani­ma­teur de la mai­son de la poésie d’Amay, il a pub­lié de nom­breux recueils de ses textes et le roman qui est remis en lumière aujourd’hui, paru en 1996 (Bernard Gilson, édi­teur), est sa seule œuvre lit­téraire en prose. Con­tin­uer la lec­ture

Jeu de pistes

Daniel DE BRUYCKER, Des­tins nomades, Post­face de Gérald Pur­nelle, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 303 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87568–705‑0

de bruycker destins nomadesLe titre Des­tins nomades cou­vre cinq recueils dont le présent vol­ume reprend les qua­tre pre­miers, Daniel De Bruy­ck­er se présen­tant non comme auteur mais comme tra­duc­teur et présen­ta­teur. Poèmes de Hou Dang Ye, le volet 1, est annon­cé comme l’œuvre d’un poète chi­nois mal con­nu du 7e siè­cle, sol­dat affec­té à la Grande Muraille et amoureux infor­tuné de la belle Shan Tao. Le deux­ième, Ascen­sion, aurait vu le jour au 2e siè­cle, tou­jours en Chine ; il serait dû au supérieur d’un monastère qui, sa retraite prise, chem­ine sere­ine­ment vers la mort. Suiv­ent les Ghazāls des Hu, chroniques anci­ennes représen­tées sur des kil­ims puis déchiffrées par al-Çek­ery, marc­hand éru­dit qui les pub­lie en per­san vers 1906. Le volet 4, Sous l’olivier, est un con­te en vers attribué au même al-Çek­ery : le jeune héros ren­con­tre trois vieil­lards qui l’aident par allu­sions à trou­ver sa juste voie dans l’existence. Mal­gré des orig­ines si dis­parates, les qua­tre recueils présen­tent plusieurs traits com­muns. Il s’agit à chaque fois d’une poésie limpi­de, par­fois même naïve, exempte de toute com­pli­ca­tion styl­is­tique ou psy­chologique, tou­jours ordon­née par une trame nar­ra­tive ; une place émi­nente est faite à la géo­gra­phie, tant humaine que naturelle, ain­si qu’aux déplace­ments spa­ti­aux et à l’inexorable écoule­ment du temps. Con­tin­uer la lec­ture

Ailleurs et autrement

J.-H. ROSNY AINE, Les nav­i­ga­teurs de l’infini précédé de Les Xipéhuz, Post­face de Nico­las Steten­feld, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 333 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–703‑6

rosny aine les navigateurs de l'infiniLa relec­ture des livres de Ros­ny est certes un plaisir mais révèle aus­si un intérêt cer­tain, les inter­ro­ga­tions qu’il se posait il y a plus de 100 ans prenant une réson­nance par­ti­c­ulière aujourd’hui. Il faut saluer l’initiative d’Espace Nord (qui par ailleurs repub­lie La mort de la Terre) de repren­dre en un vol­ume Les nav­i­ga­teurs de l’infini précédé de Les Xipéhuz, ces deux textes ayant été pub­liés à près de 40 ans d’intervalle. Cela per­met ain­si de percevoir l’évolution dans l’œuvre de J.-H. Ros­ny aîné. En out­re, les deux textes ressor­tis­sent à des gen­res dif­férents par­mi ceux qu’a pra­tiqué l’écrivain. Les Xipéhuz s’inscrit dans la veine de ses romans préhis­toriques. Mille ans avant la con­struc­tion des pre­mières cités, une tribu nomade est bru­tale­ment con­fron­tée à une forme de vie incon­nue qui se révèle vio­lente. Bakhoûn le sage va s’employer à con­jur­er le péril, car il sait l’Humanité nais­sante en dan­ger. Il regrette cepen­dant de ne pas pou­voir établir une coex­is­tence paci­fique avec ces êtres. Les nav­i­ga­teurs de l’infini relate des expédi­tions ter­ri­ennes sur Mars et la décou­verte des divers­es formes de vie qui y pro­lifèrent. Le livre relève de la sci­ence-fic­tion, dont on con­sid­ère Ros­ny comme le créa­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Retour aux sources

François EMMANUEL, Retour à Satyah, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2024, 180 p., 9 €, ISBN : 9782875686947

emmanuel retour à satyahParu en 1989 aux Édi­tions Alin­ea, réédité en 2000 chez Ancrage, Retour à Satyah, pre­mier roman de François Emmanuel, avait déjà fait son entrée dans la col­lec­tion  pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord en 2006. Voici que près de vingt ans plus tard, cet ouvrage nous y revient, accom­pa­g­né cette fois d’une post­face de Mar­gareth Amat­ul­li. Con­tin­uer la lec­ture

Claire Lejeune. La traversée du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Claire LEJEUNE, Mémoire de rien et autres poèmes, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 368 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–691‑6
Claire LEJEUNE, Ari­ane et Don Juan et autres pièces, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 224 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–690‑9

lejeune mémoire de rienClaire Leje­une (1926–2008) a arraché à l’espace des Let­tres leurs habi­tudes, leurs balis­es, leur prêt-à-écrire pour les ouvrir à l’inconnu, à l’expérience d’un verbe autre. Remar­quable­ment post­facés par Christophe Meurée, les deux vol­umes que pub­lie Espace Nord — Mémoire de rien et autres poèmes, Ari­ane et Don Juan et autres pièces délivrent deux des mas­sifs textuels de son œuvre, les recueils poé­tiques d’une part, ses pièces de théâtre de l’autre. La sub­di­vi­sion de ses créa­tions en trois champs d’expérimentation qui cor­re­spon­dent à trois temps de sa tra­jec­toire (poésie, essais, théâtre) pèche par sa rigid­ité tant la langue et l’univers qu’elle mobilise font éclater les fron­tières des gen­res, lais­sent la poésie per­col­er dans des textes qui sont avant tout des stases d’une expéri­ence intérieure. Pub­liés dans leur ver­sion inté­grale[1], les recueils poé­tiques La gangue et le feu, Le pour­pre, La geste, Elle, Mémoire de rien (Le dernier tes­ta­ment ne fig­ure pas) dessi­nent une car­togra­phie où se dresse la scène d’une équiv­a­lence entre l’écriture et la nais­sance à soi, entre la ges­ta­tion du verbe et l’engendrement du sujet poé­tique par les mots. Con­tin­uer la lec­ture

La misère

Un coup de cœur du Car­net

Hubert KRAINS, Le pain noir, Post­face de Frédéric Sae­nen, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace nord », 2024, 192 p., 9 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875686893

krains le pain noirDès le pre­mier para­graphe du Pain noir d’Hubert Krains (1862–1934), on sait que tout est fini, qu’un monde est détru­it (et un autre en cours d’apparition, de con­struc­tion, mais ce n’est pas celui qui intéresse Hubert Krains) : « L’auberge de l’Étoile – qui se trou­vait sur le route de Huy à Tir­lemont – a été démolie quelques années après la con­struc­tion du chemin de fer Hes­baye-Con­droz. » L’action com­mence quelques para­graphes plus tard, après que le décor et le paysage ont été plan­tés ; on retourne dans le passé, un deux­ième dimanche de juin du 19e siè­cle, dans un vil­lage de Hes­baye baigné par la Mehaigne, le jour de l’inauguration du chemin de fer, sym­bole de la moder­nité, de l’industrialisation… Con­tin­uer la lec­ture

Ad@ptez un classique 2024–2025

adaptez un classique 2024

Chaque année, la col­lec­tion Espace Nord organ­ise un con­cours à des­ti­na­tion des class­es du sec­ondaire, Ad@ptez un clas­siqueCette année, le con­cours se décline en deux ver­sions. Le Car­net et les Instants s’as­so­cie à cette nou­velle for­mule.  Con­tin­uer la lec­ture

La petite mort du texte

Un coup de cœur du Car­net

Georges EEKHOUD, Voy­ous de velours ou L’autre vue, pré­face de Jacques Izoard, post­face ce Paul Aron, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 240 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–600‑8

eekhoud voyous de velours ou l'autre vue« Mais non, que me voulez-vous à moi qui ne saurais vous pein­dre, ou vous mod­el­er, ou vous dire en vers et en musique, aus­si beaux, aus­si suaves, aus­si éblouis­sants et bal­samiques que je vous sens et que je vous vois ! » Mais oui, que lui veu­lent-ils ces Voy­ous de velours qui ont don­né le titre à ce roman de Georges Eekhoud lors de son édi­tion en 1926 à la Renais­sance du livre (inti­t­ulé L’autre vue quand il a paru aux édi­tions Mer­cure de France en 1904), que lui veu­lent-ils, ces jeunes mar­gin­aux des quartiers pop­u­laires de Brux­elles ? En réal­ité, on ne l’apprendra guère. Et là, de toute façon, n’est pas la véri­ta­ble rai­son de cette cita­tion, de cette ques­tion, qui est avant tout l’énonciation de la poli­tique et de la poé­tique éro­tique du livre. Ce que « lui » recherche, ce qu’il leur prend et leur donne, c’est là que tout se joue. S’écrit. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman des frontières

Cather­ine BARREAU, La con­fi­ture de morts, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2024, 289 p., 9,5 €, ISBN :978–2‑87568–603‑9

barreau la confiture de morts espace nordVéra, ado­les­cente soli­taire, farouche même, vit à Namur une rela­tion forte avec son père Renaud. Der­rière cette vie sans aspérité appar­ente se pro­file le hameau gau­mais dont la famille – le clan – est orig­i­naire, Mortepire et ses mys­tères. Jusqu’à ses quinze ans, elle partageait son temps entre Namur et Mortepire, mais elle a brusque­ment cessé de s’y ren­dre, où elle est pour­tant atten­due. Elle a néan­moins fait la promesse à son père d’y retourn­er un jour, et à la mort inopinée de celui-ci, elle entre­prend ce voy­age. Ceux qui y vivent encore entre­ti­en­nent l’histoire légendaire d’une famille en rup­ture avec la société qui l’entoure, fidèle à des loy­autés anci­ennes qui la ren­dent dif­férente. À son arrivée, Véra com­pren­dra les secrets de la famille et accèdera à une forme de vérité. Elle pour­ra alors choisir de rester au hameau ou de franchir la « fron­tière ». Con­tin­uer la lec­ture

Magritte, à travers tout, le reste

Magritte com­men­té par ses amis, Textes choi­sis et présen­tés par Paul Aron, post­face de Sémir Badir, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 234 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–602‑2

magritte commenté par ses amisÉmile Zola écrivant sur Manet et sa pein­ture (1867), Camille Lemon­nier s’attachant à l’art de Courbet (1878) ou de Féli­cien Rops (1908), Émile Ver­haeren pub­liant la même année une mono­gra­phie con­sacrée à James Ensor, Apol­li­naire défen­dant Picas­so et Les pein­tres cubistes en 1913, Aragon célébrant Hen­ri Matisse, roman… Depuis la fin du 19e siè­cle et jusqu’à aujourd’hui, les écrivains et poètes n’ont pas man­qué d’accompagner des artistes qu’ils admi­raient, dont ils partageaient cer­taines con­vic­tions esthé­tiques ou approches idéologiques, et qui par­fois, furent égale­ment leurs amis. Régulière­ment, ce qui peut reli­er l’écrivain à l’artiste, c’est l’intime con­vic­tion chez le pre­mier que le sec­ond ouvre des voies nou­velles à une pra­tique pic­turale ou artis­tique, l’incline vers des ori­en­ta­tions inédites, et qu’il y a là quelque néces­sité à expliciter, sinon à faire décou­vrir par un plus large pub­lic, la réal­ité – et les qual­ités – de ces artistes, très sou­vent moqués, ridi­culisés ou injuriés à leurs débuts. Dans ce cadre, ce qui com­mence par un com­men­taire quelque peu artis­tique et sym­pa­thisant à des­ti­na­tion d’un jour­nal, voire d’une revue plus ou moins con­fi­den­tielle, peut se muer bien­tôt, la con­fi­ance mutuelle aidant, en un essai plus appro­fon­di. Con­tin­uer la lec­ture

Y revenir pour de vrai

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent ENGEL, Retour à Mon­techiar­ro, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 664 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87568–601‑5

engel retour à montechiarro espace nordL’année dernière, Vin­cent Engel ajoutait Vous qui entrez à Mon­techiar­ro au « monde d’Asmodée Edern », com­posé de plusieurs romans dont il pro­po­sait une réédi­tion. Cette année, Retour à Mon­techiar­ro fait son entrée dans la col­lec­tion Espace Nord. Que l’on entre dans le vil­lage toscan imag­i­naire avant d’y revenir ou inverse­ment, lire ces deux livres à quelques mois d’intervalle per­met de réalis­er à quel point ils sont imbriqués. Con­tin­uer la lec­ture

Lagune vivante

Dominique WARFA, Lagune morte et autres nou­velles, choix anthologique et post­face de Nico­las Steten­feld, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 536 p., 12 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 9782875685995

warfa lagune morte et autres nouvellesUne fois de plus, la col­lec­tion Espace Nord joue pleine­ment son rôle pat­ri­mo­ni­al, et nous charme par l’audace et la qual­ité de ses choix. Ain­si, c’est Dominique War­fa qui voit près de cinquante ans d’écriture mis à l’honneur.

Dominique War­fa est une des références en sci­ence-fic­tion fran­coph­o­ne belge. Auteur lié­geois, né en 1954, il se pas­sionne très jeune pour le genre, crée des fanzines, en intè­gre d’autres, écrit des nou­velles et des essais cri­tiques, fait par­tie des quelques aven­turi­ers qui, dès les années 1970, voient dans les inno­va­tions tech­nologiques et les recherch­es sci­en­tifiques des manières de ques­tion­ner l’imaginaire, de ten­ter de mieux com­pren­dre la place de l’homme dans le monde ou, pour repren­dre les mots de Nico­las Steten­feld, qui signe l’excellente pré­face : « offrir aux lecteurs des pistes de réflex­ion sur la manière dont nous habitons, et habiterons demain, un monde en con­stante muta­tion. » Con­tin­uer la lec­ture

Terres de l’enfance et cosmos

Marie GEVERS, Madame Orpha, Pré­face de Guy Gof­fette, Post­face de Véronique Jago-Antoine, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 272 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–597‑1
Marie GEVERS, Gulden­top, Pré­face d’Anne-Marie La Fère, Post­face de Pierre Halen, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 184 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–598‑8

gevers madame orphaDavan­tage qu’un lieu géo­graphique, le domaine famil­ial de Mis­sem­bourg con­stitue un des per­son­nages prin­ci­paux de l’œuvre de Marie Gev­ers. Situé à Edegem, près d’Anvers, le jardin-roi est au cœur des réc­its Vie et mort d’un étang, Gulden­top, Madame Orpha. Thème et creuset de la nar­ra­tion, il en est aus­si le vecteur, le levi­er. Dans le roman auto­bi­ographique, Madame Orpha ou la Séré­nade de mai, la nar­ra­trice, une fil­lette de dix ans, évoque la pas­sion adultère, trans­gres­sive de Madame Orpha, la femme du receveur, et du jar­dinier Louis. Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’avant-vie de Dominique Rolin

Un coup de cœur du Car­net

Dominique ROLIN, L’infini chez soi, post­face de Pierre Piret, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 300 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–588‑9

rolin l'infini chez soi« Toute inven­tion, dis-je à mon tour non sans une cer­taine lâcheté retorse dont j’ai par­faite­ment con­science, toute inven­tion est sanc­ti­fiée, rec­ti­fiée, jus­ti­fiée vaille que vaille par le feu d’une réal­ité folle. » Insérée dans l’audacieuse archi­tec­ture romanesque de L’infini chez soi – paru en 1980 chez Denoël et très heureuse­ment à nou­veau acces­si­ble aujourd’hui dans la col­lec­tion Espace Nord, avec une post­face appuyée de Pierre Piret – cette énon­ci­a­tion péremp­toire de Dominique Rolin s’applique on ne peut plus exacte­ment, pour­tant, à l’étonnant échafaudage tem­porel dess­iné et mis en place par l’écrivaine. Quoique pou­vant se lire de manière tout à fait autonome, ce roman à l’ingénieuse inven­tiv­ité formelle con­stitue le pre­mier volet d’une trilo­gie par­tielle­ment auto­bi­ographique, pour­suiv­ie en 1982 par Le gâteau des morts et en 1984 par La voyageuse – qui se clô­ture sur la mort de la nar­ra­trice, annon­cée pour l’année 2000. (Fic­tion encore, car Dominique Rolin s’est éteinte bien plus tard, en 2012, son dernier livre ayant paru en 2003). Con­tin­uer la lec­ture