Archives par étiquette : Impressions nouvelles

Georges Brami et Georges Ressens

Renaud NATTIEZ, Brassens et Tintin. Deux mon­des par­al­lèles, Impres­sions Nou­velles, 2020, 190 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782874497476

Quoi de plus dis­sem­blable, si ce n’est incom­pat­i­ble a pri­ori, que les univers de Georges Remi, alias Hergé, et de Georges Brassens ? L’esthétique de la ligne claire du Brux­el­lois et les valeurs morales qu’elle illus­tre s’accommodent-elles des filles de joie, quadru­manes en rut, matrones aux mamelles matraque­uses de cognes et autre nonette nymphomane qui se ren­con­trent dans les com­po­si­tions du Sétois ? Un récent essai pub­lié aux Impres­sions Nou­velles tente d’établir le par­al­lèle, non pas entre deux hommes, mais bien entre les démarch­es créa­tives de deux esprits qu’une com­mune lib­erté car­ac­térise. Et la démon­stra­tion, de si hasardeuse qu’elle pou­vait appa­raître au départ, s’avère con­va­in­cante, à sa mesure. En effet, on sent que Renaud Nat­tiez s’est avant tout plu à évo­quer, dans un même ouvrage, ses pas­sions les plus ardentes, afin de les com­mu­ni­quer con­join­te­ment au pub­lic. Le rap­proche­ment n’est donc pas for­cé, mais doit, pour être pleine­ment savouré, s’aborder comme le partage d’une dilec­tion, d’un goût, et non comme une étude à pré­ten­tion démon­stra­tive. Con­tin­uer la lec­ture →

Barbarella, elle l’a…

Véronique BERGEN, Bar­barel­la. Une space odd­i­ty, Impres­sions Nou­velles, 2020, 130 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–737‑7

Cette année-là, le rock and roll venait d’ouvrir ses ailes, certes. Un oiseau qu’on appelait Spout­nik, adieu à Mar­i­lyn au cœur d’or, etc. Cette année-là, surtout, « soix­ante-deeeeux », une femme entrait, sou­veraine­ment nue, dans un univers qu’on préférait encore qual­i­fi­er de « petits mick­eys » plutôt que de Neu­vième Art… Blonde expo­nen­tielle, la plas­tique par­faite, la lèvre pur­purine, l’œil aguicheur, Bar­barel­la plante ses pieds dans le sol de planètes loin­taines et son regard dans les créa­tures vouées à rejoin­dre la pléthorique cohorte de ses amants. Elle s’avance en con­quérante, libre, impéri­ale, soli­taire, et crève la page de la BD canon­ique, dont elle boule­verse l’agencement en strips réguliers et fait vib­ri­on­ner les phy­lac­tères. Con­tin­uer la lec­ture →

Félicien Rops. Théorie du druidisme

Féli­cien ROPS, Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps, Textes présen­tés, choi­sis et post­facés par Hélène Védrine, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 420 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–477‑6

Davan­tage que sim­ple­ment don­ner le ton, le titre résonne comme un man­i­feste esthé­tique. C’est dans l’espace lit­téraire du pein­tre, graveur, dessi­na­teur et illus­tra­teur Féli­cien Rops (1833–1898) que nous entrons. Le recueil Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps se com­pose de textes sélec­tion­nés par Hélène Védrine, sou­vent tirés de la cor­re­spon­dance de l’artiste, au fil desquels l’on décou­vre ses théories esthé­tiques, sa con­cep­tion (mou­vante, mul­ti­fi­brée) de la moder­nité, la cen­tral­ité de l’érotisme, son inven­tion d’une forme de dandysme inspirée par Baude­laire, forme qu’il appelle le druidisme. Con­tin­uer la lec­ture →

Le vieux métier de vivre et d’écrire

Un coup de cœur du Car­net

William CLIFF, Immor­tel et périss­able, choix anthologique et post­face de Gérard Pur­nelle, Impres­sions Nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 240 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–424‑0

Il porte un nom (pseu­do­nyme) d’acteur améri­cain, une gueule pareille ; il est à faire se damn­er un saint, William Cliff. Mais plutôt que de s’exhiber sur les écrans tout en longueur du ciné­matographe, c’est sur d’autres sur­faces blanch­es qu’il a inscrit son corps, sa vie (matière qua­si exclu­sive de son œuvre, avec l’espèce humaine) : celles des pages des recueils de poésie et des romans. Bien qu’on puisse l’entendre mur­mur­er qu’il est mal­con­tent :

de quelle insat­is­fac­tion souf­frez-vous 
(c’est la gloire la gloire qui me manque)
, Con­tin­uer la lec­ture →

Henri Van Lier et la question de l’odyssée hominienne

Hen­ri VAN LIER, Anthro­pogénie, Impres­sions nou­velles, 2019, 1040 p., 38 €, ISBN : 978–2‑87449–685‑1

Auteur d’ouvrages majeurs, Philoso­phie de la pho­togra­phie, His­toire pho­tographique de la pho­togra­phie, Le Nou­v­el Âge, Hen­ri Van Lier (1921–2009) livre avec Anthro­pogénie son opus mag­num. Fruit de vingt années de recherch­es, ce livre-somme d’une ambi­tion intel­lectuelle iné­galée ques­tionne au fil d’une démarche savante et holis­tique le devenir de l’homme de la préhis­toire à nos jours. S’appuyant sur la paléoan­thro­polo­gie, la biolo­gie, la sémi­o­tique, la lin­guis­tique, la cos­molo­gie, il définit l’anthropogénie comme la « con­sti­tu­tion con­tin­ue d’Homo comme état-moment d’Univers ». Comme l’écrit Jan Baetens dans l’avertissement lim­i­nal, étranger à l’ère des savoirs spé­cial­isés, Hen­ri Van Lier brasse en un « roman d’idées » sci­ences humaines et sci­ences exactes afin d’étudier l’avènement de l’Homo, son évo­lu­tion, sa con­struc­tion de sys­tèmes sym­bol­iques (œuvres d’art, langues, philoso­phies, sci­ences…), les trans­for­ma­tions qu’il impose à l’univers. Con­tin­uer la lec­ture →

Maigret, flaireur des passions humaines

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Mai­gret, Doc­teur ès crimes, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 125 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2874497148

Faut-il s’étonner de voir Mai­gret se tailler une place dans la galerie de la « Fab­rique des héros » (col­lec­tion lancée récem­ment par les Impres­sions nou­velles) et y côtoy­er Jack Spar­row, Nos­fer­atu, Bat­man ? Après celles d’un cor­saire, un vam­pire et un jus­tici­er, voici donc que se pro­file la sil­hou­ette recon­naiss­able entre mille du com­mis­saire le plus célèbre du « 36 ». Et le tri­corne est tro­qué con­tre un feu­tre mou, et la pinte de sang frais est délais­sée au prof­it d’une pils bien fraîche, et les rues de Gotham City se met­tent à ressem­bler furieuse­ment à celles de La Rochelle ou de Quim­per. Con­tin­uer la lec­ture →

Hommage d’un destin cousu main à un costume prêt-à-porter

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie SKOWRONEK, Un monde sur mesure, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 219 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–423‑3

Dans la col­lec­tion Espace Nord, les clas­siques de la lit­téra­ture belge des siè­cles passés côtoient ce que Tan­guy Habrand, son directeur, aime à appel­er « les clas­siques de demain ». Par­mi ces derniers, Un monde sur mesure de Nathalie Skowronek, tout jeune roman datant à peine de 2017, d’une autrice dont la bib­li­ogra­phie démarre en 2011. Dans ce réc­it en grande par­tie auto­bi­ographique, l’écrivaine se penche pré­cisé­ment sur ce qui a précédé sa car­rière lit­téraire. Con­tin­uer la lec­ture →

Utopie, dystopie et Cités obscures

MONDES imPAR­FAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters, Impres­sions Nou­velles et Mai­son d’Ailleurs, 2019, 128 p., 28,50 €, ISBN : 978–2‑87449–730‑8

À l’occasion de l’exposition MONDES imPAR­FAITS. Autour des cités obscures paraît l’ouvrage éponyme inter­ro­geant la ques­tion de l’utopie et de la dystopie. Illus­tré de dessins rares de François Schuiten, de nom­breux doc­u­ments, d’un long entre­tien entre Marc Atal­lah, Schuiten et Peeters, de textes de François Ros­set et Marc Atal­lah, le livre ques­tionne la nais­sance, la genèse de l’utopie (de Thomas More, Fran­cis Bacon à Cam­panel­la, Cyra­no de Berg­er­ac, Mari­vaux…, sans oubli­er les précurseurs, Pla­ton, Lucien de Samosate…), l’avènement de la dystopie avec Zami­a­tine, Hux­ley, Orwell et la présence d’un schème utopique/dystopique dans les Cités obscures. Pro­jet de société idéale, plan­i­fi­ca­tion d’un bon­heur col­lec­tif, l’utopie témoigne en son éty­molo­gie de l’oscillation qui porte sa visée d’une cité par­faite : elle est à la fois « u‑topos », « d’aucun lieu », et « eu-topos », « un lieu bon », pris­on­nière de l’imaginaire et rêve promis à sa réal­i­sa­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

Intelligence de la désillusion

Charles PLISNIER, Faux passe­ports, Post­face de Pierre Mertens, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 355 p., 9,50 €, ISBN : 978–2‑87568–422‑6

En 1991, dans sa post­face à Faux passe­ports de Charles Plis­nier, Pierre Mertens soulig­nait « l’incroyable moder­nité », voire la fraîcheur de ce texte. Il faut dire qu’à l’époque le vent du change­ment qui s’était levé deux ans plus tôt pour abat­tre le Mur de Berlin pas­sait sur l’URSS pour y bal­ay­er un peu plus de huit décen­nies de com­mu­nisme.

Mais que reste-t-il en 2019 de ce faux roman, com­posé en réal­ité d’une suite de nou­velles reliées par le regard d’un nar­ra­teur iden­tique ? Un clas­sique, en cela que les por­traits cam­pés par Plis­nier cristallisent une époque en en ren­dant sen­si­bles les chamades et les con­vul­sions. Dès l’avertissement, l’écrivain prend ses dis­tances avec le je qui s’y exprime, à qui il « souhait­erait garder quelque mys­tère », et il s’emploie à définir une atti­tude vériste envers tous les autres per­son­nages. C’est que son œuvre se veut avant tout « une étude qui port[e] sur le drame d’une époque divisée, une cer­taine mys­tique de l’action et surtout, sur des êtres dans le pro­fond de leur con­science et de leur instinct – c’est-à-dire des âmes. » Con­tin­uer la lec­ture →

Achille Chavée, ce vieux peau-rouge qui voulait « dissoudre le silence »

Achille CHAVEE, Écrit sur un dra­peau qui brûle, choix anthologique et post­face de Gwen­do­line Moran Debraine, illus­tré par des étu­di­ants de l’ENSAV La Cam­bre, note de Pas­cal Lemaître, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 280 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–418‑9

Quelle excel­lente idée, chez Espace Nord, d’avoir sor­ti du plac­ard des poèmes et apho­rismes du « plus célèbre poète de la rue Fer­rer à La Lou­vière », Achille Chavée ! D’autant qu’une pre­mière antholo­gie, dans la même col­lec­tion, est épuisée depuis belle lurette, et que son œuvre com­plet (6 vol­umes édités entre 1977 et 1994 par l’association des amis d’Achille) ne se trou­ve que rarement chez les bons bouquin­istes. Chavée le dis­ait en con­nais­sance de cause, avec cet humour tan­tôt noir, tan­tôt railleur, qui le sau­va tout au long de son exis­tence de bien des décon­v­enues : « Introu­vable, je tire par­fois un livre à zéro exem­plaire. » Con­tin­uer la lec­ture →

Une esthétique de l’épreuve : Charles Van Lerberghe

Charles VAN LERBERGHE, Les flaireurs suivi de Pan, Post­face Paul Aron, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 160 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–416‑5

Les didas­calies du théâtre sym­bol­iste s’offrent sou­vent comme des poèmes en prose et lais­sent enten­dre le drame à la lisière du mélo­drame, comme si on regar­dait un film d’Eisen­stein dans la musique de Wag­n­er.

Les scènes font réson­ner les intimes liaisons entre l’ex­is­tence de l’homme et la pres­sion des élé­ments naturels qui s’exercent sur lui. On entre alors dans la vie mag­ique, presque sur­na­turelle des pro­tag­o­nistes, sur la pointe des pieds, on s’assied alors dans l’ombre et on assiste aux chutes et aux épipha­nies des per­son­nages sym­bol­istes. La princesse Maleine de Maeter­linck est là, avec nous, dans les couliss­es des âmes. Con­tin­uer la lec­ture →

Maurice Carême, romancier dur

Mau­rice CARÊME, Le mar­tyre d’un sup­port­er, post­face de Denis Saint-Amand, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 180 p., 8,5 €, ISBN : 978–2875684219

careme le martyre d un supporterQuand il pub­lie Le mar­tyre d’un sup­port­er en 1928 à la Renais­sance du Livre, Mau­rice Carême n’a pas encore trente ans et il est loin d’être le poète que psalmodieront, par cœur – sinon à con­tre­coeur – des généra­tions d’écoliers sages. C’est dire si faire fig­ur­er un tel titre dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord est une gageure, et presque une provo­ca­tion que de le préfér­er à l’étrange Méd­ua, con­nu d’un hap­py few à peine plus éten­du, mais qui présente au moins l’intérêt de se rat­tach­er au courant du réal­isme mag­ique. Con­tin­uer la lec­ture →

Une circulation généralisée

André-Mar­cel ADAMEK, La Fête inter­dite. Roman, post­face de Stéphanie Biquet. Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 280 p., 8,5 €, ISBN : 978–2‑87568–415‑8

Adamek La fête interdite espace nordLe tal­ent fab­u­la­teur du regret­té A.M. Adamek scin­tille dans La fête inter­dite, réc­it fic­tif dont le style lou­voie entre chroniques du règne de Louis XIV et inven­tiv­ité des con­teurs pop­u­laires, menus défauts inclus. Si l’époque et la con­trée restent dans le vague, de nom­breux détails – armes, métiers, fonc­tions offi­cielles, etc. – per­me­t­tent de situer l’ac­tion au XVIIe siè­cle dans une région qui va env­i­ron de la Cham­pagne à la Flan­dre. Rurale pour l’essen­tiel, elle est ponc­tuée de vil­lages dont ce Marse­lane que peu­plent cul­ti­va­teurs, meu­niers, éleveurs, char­p­en­tiers, aux­quels s’a­joutent quelques marchands et bour­geois. Étroite­ment ryth­mée par le cycle qua­ter­naire des saisons, la vie de la col­lec­tiv­ité est régulée par un pou­voir civ­il que “sur­veille” le clergé local. Une excep­tion insigne à cet ordre immuable : la fête annuelle de la Saint-Luc, mi-octo­bre. Trois jours et trois nuits, des saltim­ban­ques occu­pent la place du vil­lage et présen­tent leurs numéros de dres­sage, de jon­g­lerie et d’ac­ro­batie à une foule médusée, pour laque­lle c’est l’oc­ca­sion de faire bom­bance. Con­tin­uer la lec­ture →

Une institution pour toujours en cours d’institution

Un coup de cœur du Car­net

Jacques DUBOIS, L’institution de la lit­téra­ture, pré­face de Jean-Pierre Bertrand, post­face de Jacques Dubois, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 320 p. 9,5 €, ISBN : 978–2‑87568–417‑2

Jacques Dubois a eu une car­rière riche, cohérente et mul­ti­ple[1]. L’enseignement uni­ver­si­taire (d’assistant en Moyen Âge à pro­fesseur émérite), la lit­téra­ture (Simenon, Proust, Stend­hal…) et la soci­olo­gie (proche de Pierre Bour­dieu) en sont les socles fon­da­teurs et nourriciers. Des socles à l’origine et à l’appui de L’institution de la lit­téra­ture, paru ini­tiale­ment en 1978 et qui reparaît, aug­men­té d’une pré­face et d’une post­face, dans la col­lec­tion Espace Nord qu’il a  con­tribué à créer et qu’il a lui-même dirigée plusieurs années durant. Con­tin­uer la lec­ture →

Pleins feux sur Batman

Dick TOMASOVIC, Bat­man. Une légende urbaine, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 142 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–687‑5

En inter­ro­geant le mythe Bat­man, la plas­tic­ité du super-héros de DC Comics, Dick Tomaso­vic nous plonge non seule­ment dans les tré­fonds de l’inconscient indi­vidu­el du célèbre jus­tici­er masqué mais aus­si dans les méan­dres de l’inconscient col­lec­tif de sociétés gan­grenées par le crime. Fon­da­teur et directeur avec Tan­guy Habrand de la très belle col­lec­tion « La fab­rique des héros » qui a vu le jour il y a peu aux Impres­sions nou­velles, pro­fesseur d’Études ciné­matographiques et de Théories et pra­tiques des arts du spec­ta­cle à l’Université de Liège, Dick Tomaso­vic dis­sèque la sin­gu­lar­ité de ce per­son­nage créé en 1939 par Bob Kane et Bill Fin­ger. Dépourvu de pou­voirs sur­na­turels et du folk­lore pro­pre aux héros de légende, ex-enfant trau­ma­tisé par le meurtre de ses par­ents, devenu un red­outable détec­tive-jus­tici­er, évolu­ant au fil du temps, au fil de ses innom­brables adap­ta­tions, Bat­man a pour­tant sus­cité une bat­ma­nia que le temps n’est pas par­venu à démen­tir. Con­tin­uer la lec­ture →

« Crénom d’anar ! »

Jean-Pierre VERHEGGEN, Gisel­la, suivi de L’Idiot du vieil âge, entre­tien avec Éric Clé­mens, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 272 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–413‑4

Gisella Verheggen Espace Nord couvertureS’il ne les a pas déjà fêtés à l’heure de l’écriture de ces lignes, Jean-Pierre Ver­heggen approche des sep­tante-sept ans. Selon ses dires, il ne pour­ra alors plus lire Tintin, mais sa verve ne s’est pas essouf­flée, n’a pas « vieusi ». En témoigne l’entretien réal­isé en octo­bre 2018 avec Éric Clé­mens, inti­t­ulé « Mau­vaise fréquen­ta­tion », qui ponctue cette réédi­tion de Gisel­la (ini­tiale­ment paru en 2004 aux édi­tions Le Rocher) et de L’Idiot du vieil âge (pub­lié en 2006 chez Gal­li­mard) dans la col­lec­tion « Espace Nord ». Con­tin­uer la lec­ture →