Archives par étiquette : Impressions nouvelles

Dominique Rolin, aux premiers jours

Dominique ROLIN, Les marais, pré­face de Frans De Haes, post­face de Lau­rence Ghigny, illus­tra­tions de Dominique Rolin, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 294 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–485‑1

rolin les maraisDans Let­tre à Lise, dernier roman de Dominique Rolin paru en 2003, l’auteure met­tait fer­me­ment en garde sa petite-fille, face à cette « piqure de mouche au poi­son mor­tel » qu’est le cha­grin : « L’être humain est lié aux sangs douloureux des ancêtres, et nous leur devons la plus affreuse rede­vance qui soit. Ma chérie, n’en fais donc pas un plat, ce qui t’arrive est d’une exténu­ante banal­ité psy­chologique, par con­séquent annulée d’office ». Tout Dominique Rolin est là, dans cette dual­ité qui fait écarter comme facile­ment nég­lige­ables des sen­ti­ments pour­tant vio­lents qu’elle a éprou­vés durable­ment dès sa jeunesse, dans le noy­au famil­ial, et qu’elle n’a cessé de com­bat­tre par la suite quand elle les voy­ait à nou­veau entr­er en action au cours de sa vie. Con­tin­uer la lec­ture →

En espoir de cause

Nico­las ANCION, L’homme qui valait 35 mil­liards, post­face Isabelle Marx, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 300 p., 9 €, ISBN : 9782875684912

ancion l homme qui valait 35 milliardsVoici donc que L’homme qui valait 35 mil­liards con­naît une nou­velle vie édi­to­ri­ale en faisant son entrée dans la col­lec­tion Espace Nord. Le roman, paru en 2009, a con­nu entretemps une adap­ta­tion théâ­trale pro­duite en région lié­geoise qui lui a assuré un ray­on­nement là où Nico­las Ancion en avait situé l’action, en prise directe avec la réal­ité sociale au cen­tre du réc­it. En choi­sis­sant de par­ler de la fer­me­ture d’un haut-fourneau lié­geois, des con­séquences pour les tra­vailleurs con­cernés, l’auteur n’a pas pour autant renon­cé à la fic­tion, même s’il a fait du mag­nat indi­en à l’origine de la déci­sion un des per­son­nages cen­traux du roman, de la pre­mière à la dernière page. Con­tin­uer la lec­ture →

Marie Gevers la réenchanteresse

Un coup de cœur du Car­net

Marie GEVERS, Plaisir des météores, post­face de Véronique Jago-Antoine, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 240 p., 9 €, ISBN : 9782875684950

gevers plaisir des meteoresDeman­dez à n’importe qui le sens du mot « météore » et il vous sera répon­du qu’il s’agit d’un corps céleste, à la tra­jec­toire ful­gu­rante. En général, ils s’écrasent dans le désert ou tombent dans l’océan, plus rarement sur le toit d’une isba dans quelque ex-République sovié­tique. Chacun/e à sa façon, Arthur Rim­baud, Isado­ra Dun­can, James Dean, Janis Joplin, Simone Weil, Kurt Cobain, Ayr­ton Sen­na, en furent un. Con­tin­uer la lec­ture →

Romantique Harpman

Un coup de cœur du Car­net

Jacque­line HARPMAN, La dor­mi­tion des amants, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 280 p., 9.50 €, ISBN : 978–2‑87568–483‑7

harpman la dormition des amants espace nordSe rep­longer dans l’œuvre d’une autrice aimée, mais dont on a fait la con­nais­sance il y a de nom­breuses années, c’est tou­jours pren­dre un gros risque. Il se pour­rait que l’écrivain adulé déçoive, que ses ficelles parais­sent grossières, que ses descrip­tions aga­cent et que ses audaces sem­blent à présent bien banales. Il n’en a rien été. La pre­mière chose qui frappe à la lec­ture de La dor­mi­tion des amants, c’est à quel point le clas­si­cisme élé­gant de l’écriture de Jacque­line Harp­man est effi­cace, et con­tin­ue à charmer. Con­tin­uer la lec­ture →

Maeterlinck : des abeilles et des fleurs

Mau­rice MAETERLINCK, La vie des abeilles, suivi de L’intelligence des fleurs, Post­faces de Lau­rence Boudart, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2020, 460 p., 9,50 €, ISBN : 978–2875684813

Dépas­sant les cli­vages entre sci­en­tifiques et poètes, précurseur d’une pen­sée d’une intel­li­gence ani­male et végé­tale à une époque où pré­vaut la dis­jonc­tion entre l’humain, seul doté d’âme, de sen­si­bil­ité, et le reste du vivant privé d’aptitudes cog­ni­tives, Mau­rice Maeter­linck développe des essais nova­teurs qui con­tes­tent la pri­mauté que l’humain s’octroie dans la chaîne des êtres. En 1901, dix ans avant la con­sécra­tion du prix Nobel, paraît La vie des abeilles qui, rompant avec les théories de Pavlov, con­tes­tant l’animal-machine de Descartes et l’anthropomorphisme de Buf­fon, avance une thèse rad­i­cale­ment inédite que les sci­en­tifiques con­firmeront des années plus tard : non seule­ment les insectes, les mam­mifères mais aus­si les plantes sont dotés, non d’un seul instinct, mais d’une intel­li­gence spon­tanée élaborée. Con­tin­uer la lec­ture →

Tours et alentours de Jean-Philippe Toussaint

Lire, voir, penser l’œuvre de Jean-Philippe Tou­s­saint. Col­loque de Bor­deaux, Textes réu­nis par Jean-Michel DEVÉSA, Impres­sions Nou­velles, 2020, 440 p., 26 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑87449–778‑0

devesa lire voir penser l oeuvre de jean philippe toussaintDepuis Les émo­tions, paru cet automne chez Minu­it jusqu’aux débuts de Jean-Philippe Tou­s­saint (avec La salle de bain en 1985, chez Minu­it déjà), trente-cinq ans se sont écoulés. Soit une douzaine de romans et réc­its, sans compter des livres sur l’art, Félix Val­lot­ton, le Lou­vre, de la pho­togra­phie, plusieurs films, un ciné-roman tiré de La Sévil­lane – et encore un spec­ta­cle mul­ti­me­dia pour la scène avec le très estimé Delano Orches­tra –, l’écrivain belge a fait l’objet de mul­ti­ples tra­duc­tions : du man­darin au finnois en pas­sant par le bosni­aque et le russe, une ving­taine de par le monde, et autant de mémoires ou thès­es uni­ver­si­taires. Auréolé de plusieurs prix lit­téraires (le Rossel pour La télévi­sion, le Médi­cis pour Fuir, le Décem­bre et le Tri­en­nal du roman de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles pour La vérité sur Marie), il a très tôt été salué par la cri­tique, autant que recon­nu par un pub­lic de plus en plus large, et notam­ment à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture →

La mère, le père & l’être dans la langue

Un coup de cœur du Car­net

Nicole MALINCONI, Nous deux, Da solo, post­face de Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 260 p., 8,5 €, ISBN : 9782875684882

malinconi nous deux da soloAmour pos­sédé. Amour sous pos­ses­sion. Amour. Avoir. Ain­si com­mence Nous deux. Par un court poème sous forme de décli­nai­son amoureuse : « Heureuse­ment que je t’ai/Heureusement qu’on s’a… »  Jusqu’à l’ambigu dernier vers : « Tu m’as eue ». Piège. De l’amour. De l’amour mater­nel dans ce livre-ci de Nicole Mal­in­coni, prix Rossel 1993. Le livre de la mère et de la fille. Con­tin­uer la lec­ture →

Nul ne peut confiner l’écriture

Tan­guy HABRAND, Le livre au temps du con­fine­ment, Impres­sions Nou­velles, 2020, 144 p., 14 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–817‑6

Loin des indi­gestes jour­naux de con­fine­ment qui ont accom­pa­g­né la Covid-19 comme son ombre, loin de l’avalanche d’essais plus ou moins éclairés, se con­tentant le plus sou­vent de surfer sur la vague de l’opportunisme, dans Le livre au temps du con­fine­ment, Tan­guy Habrand analyse avec brio les impacts de la crise covi­di­enne sur la chaîne du livre. Davan­tage que s’en tenir à une radi­ogra­phie des manières dont l’industrie du livre a fait face, s’est adap­tée (ou pas) au con­fine­ment, Tan­guy Habrand appréhende la crise san­i­taire comme un révéla­teur, un « analy­seur » écrit-il, des champs du monde cul­turel, plus large­ment du monde socio-poli­tique. La pandémie posée en « analy­seur insti­tu­tion­nel » a per­mis de met­tre à nu le fonc­tion­nement de la république du livre. Con­tin­uer la lec­ture →

Serge Delaive. Tango fractal

Serge DELAIVE, Argen­tine, suivi d’un entre­tien avec Anne-Lise Remacle, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2020, 220 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–486‑8

argentine serge delaive espace nordDans son roman Argen­tine couron­né par le Prix Rossel en 2009, le romanci­er, poète et pho­tographe Serge Delaive délivre une com­po­si­tion nar­ra­tive entre rhi­zomes et puz­zles. Ce n’est qu’au fil de la lec­ture que se rassem­blent les frag­ments de vie de divers per­son­nages — Hernán, Lunus, Juan Ser­afi­ni, Sofiá, Lucas, Angel — ayant pour toile de fond l’Argentine. Un jeu d’échos se met en place entre la crise éco­nom­i­co-socio-poli­tique qui frap­pa l’Argentine en 2001, entre le chapelet de crises qu’elle  a tra­ver­sées (1998–2002, 2004…), et les dérives exis­ten­tielles que subis­sent les per­son­nages. Lieu des con­fins, extrême bout aus­tral du monde bor­dé par la Terre de Feu et l’océan, l’Argentine attire les êtres en quête de sens, ceux et celles qui, comme Lucas par­tant sur les traces de son père volatil­isé, recherchent des fan­tômes, des dis­parus, se per­dant dans le mou­ve­ment où ils s’engagent dans la pour­suite d’une chimère. Argen­tine est bâti comme un tan­go houleux entre des êtres et des espaces géo­graphiques dans lesquels ils plon­gent afin de remailler le temps, d’ajointer des éclats de vie épars. Con­tin­uer la lec­ture →

Partitions des vies. Schubert, l’âne et la dentellière

San­drine WILLEMS, Con­sol­er Schu­bert, Impres­sions Nou­velles, 2020, 160 p., 15 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87449–789‑6

sandrine willems consoler schubertAvant l’écrire, y aurait-il l’écoute ? Une écoute au sens de Lev­inas, une atten­tion aux voix du vivant ? Dans Con­sol­er Schu­bert, San­drine Willems, écrivain, philosophe, psy­cho­logue, autrice d’une œuvre mar­quante (Una voce poco fa. Un chant de Maria Mal­i­bran, Les petits dieux, Élégie à Michel-Ange, Éros en son absence, Devenir oiseau…), tisse la par­ti­tion de deux vies qui chem­i­nent à un siè­cle de dis­tance mais en emprun­tant les mêmes notes mélodiques. La fic­tion se con­stru­it autour d’un trou­blant jeu de miroirs entre deux âmes sœurs, une den­tel­lière et Schu­bert. Con­tin­uer la lec­ture →

Andre Baillon. Du double et de l’absolution

André BAILLON, Un homme si sim­ple, Post­face de Maria Chiara Gnoc­chi, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 240 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑87568–484‑4

Qu’est-ce qu’une con­fes­sion ? Com­ment, sacré par Rousseau, le genre lit­téraire de la con­fes­sion se noue-t-il aux reg­istres du religieux et de la psy­ch­analyse ? Paru en 1925, Un homme si sim­ple délivre une con­fes­sion en cinq actes pronon­cée par un homme, Jean Mar­tin, interné à la Salpêtrière. Dans sa remar­quable post­face, Maria Chiara Gnoc­chi analyse les rap­proche­ments entre le roman d’André Bail­lon et les grands mod­èles des œuvres « con­fes­santes » — Saint Augustin le précurseur, Rousseau le fon­da­teur du genre, Dos­toïevs­ki, Tol­stoï, Duhamel… Comme nom­bre de per­son­nages d’André Bail­lon, le nar­ra­teur tra­verse une crise qui lézarde son exis­tence. Écrivain mon­tant à Paris afin de se con­sacr­er à la lit­téra­ture, affligé depuis l’enfance d’une hyper­sen­si­bil­ité, d’obsessions tenaces, écartelé entre deux femmes Jeanne et Claire, éprou­vant une atti­rance pour Michette, la fille de Claire, Jean Mar­tin glisse peu à peu dans l’anorexie, la dis­so­ci­a­tion de la per­son­nal­ité, la dis­so­lu­tion du réel qui se met à pro­lifér­er, à per­dre ses assis­es. Le réc­it d’Un homme si sim­ple évoque sous bien des angles les séismes psy­chiques, exis­ten­tiels, les interne­ments à la Salpêtrière qu’a endurés André Bail­lon, lequel se sui­cidera en 1932. Con­tin­uer la lec­ture →

Les débuts de Jean Ray

Jean RAY, Les con­tes du whisky, texte établi par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 256 p., 10 Ꞓ, ISBN 978–2‑87568–420‑2
Le car­net péd­a­gogique « Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray » est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

ray les contes du whisky espace nordEn 1925, le Gan­tois Ray­mond De Kre­mer, 38 ans, a déjà pub­lié divers textes dans des péri­odiques, la plu­part en néer­landais, sous le pseu­do­nyme “Jean Ray”. C’est alors que La Renais­sance du Livre édite en français – désor­mais sa langue d’écrivain – son pre­mier vol­ume, Les con­tes du whisky, recueil de vingt-sept nou­velles étranges parues en revue aupar­a­vant, sauf une. Con­tin­uer la lec­ture →

Les bijoux de la Castafiore !

Rossano ROSI, Le pub d’Enfield Road, Impres­sions Nou­velles, 2020, 182 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87449–763‑6

Durant un voy­age sco­laire à Lon­dres, Ray­mond Ray­mont, la soix­an­taine, un enseignant proche de la retraite, se perçoit en marge de la com­mu­nauté (« le bar­bon bar­bant ») et choisit de se balad­er à son rythme, lâche les autres, les précède au lieu de ren­dez-vous, un pub d’Enfield Road, The Swan and Hope, au nord de la méga­pole. Et…

Aucun fléchage nar­ratif. Il y a des indices, volatils, de sus­pense. Ray­mond croit recon­naître un mys­térieux per­son­nage croisé et recroisé en Bel­gique et en Angleterre depuis…  trente-huit ans, un « vieil homme décrépit à l’écharpe et à la toque par­fumées », aux yeux verts, au nez pointu. Trente-huit ans ? L’époque de son pre­mier voy­age lon­donien, de sa ren­con­tre avec Irène… Con­tin­uer la lec­ture →

L’alter-belgitude, ce frémissement enténébré qui court de Bosch à Spilliaert…

Un coup de cœur du Car­net

Jean RAY, Le grand noc­turne / Les cer­cles de l’épouvante, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 434 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–419‑6
Le car­net péd­a­gogique « Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray » est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

Rap­pel. Espace Nord est une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale con­sacrée aux per­les de notre his­toire lit­téraire (belge fran­coph­o­ne). Son cat­a­logue, remar­quable, appar­tient à la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles qui a con­fié l’édition, par marché pub­lic, aux Impres­sions Nou­velles.

Obser­va­tions prélim­i­naires. Les ouvrages sont de mag­nifiques objets, excellem­ment orchestrés. Celui-ci n’y déroge pas : de la superbe illus­tra­tion de cou­ver­ture (de Romain Renard) à la mise en page soignée, en pas­sant par l’accompagnement édi­to­r­i­al d’Arnaud Hufti­er, la post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, les dossiers biographique et bib­li­ographique. Con­tin­uer la lec­ture →

Délice et terreur

Un coup de cœur du Car­net

Jean RAY,Le car­rousel des malé­fices, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 254 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–480‑6
Le car­net péd­a­gogique “Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray” est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

Quand la rédac­tion du Car­net vous pro­pose de chroni­quer la sor­tie, dans la col­lec­tion Espace Nord, d’un recueil de Jean Ray, vous êtes partagé entre délice et ter­reur. Délice parce que per­spec­tive d’une lec­ture déli­cieuse, plaisir mul­ti­plié par les échos de lec­tures anci­ennes, nos­tal­gie d’une époque révolue où, étu­di­ant, je tour­nais, hal­lu­ciné, les pages de Malper­tu­is, déjà chez Espace Nord, ou celles des Cer­cles de l’épouvante et du Grand noc­turne, pages qui ne m’ont pas quit­té, dont j’ai fréquen­té régulière­ment les mys­tères, en témoigne l’état de mes bouquins. Délice aus­si parce que quand on est belge fran­coph­o­ne et qu’on aime la lit­téra­ture, on a l’âme caressée du côté de la bib­lio­thèque de savoir qu’une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale fait du si bon tra­vail. Mais ter­reur, bien enten­du, parce qu’on se sent bien petit devant l’ampleur de la tâche. Con­tin­uer la lec­ture →

« … toute l’horreur de Malpertuis »

Jean RAY, Malper­tu­is, His­toire d’une mai­son fan­tas­tique, édi­tion établie par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 300 p., 10 €, ISBN : 978–2875684790

Pour les férus de fan­tas­tique, le nom Malper­tu­is est, tout comme celui de Ctul­hu, syn­onyme d’épouvante. Chez les ama­teurs de « Nos Let­tres » en général, le titre Malper­tu­is résonne comme un moment cap­i­tal de l’histoire lit­téraire belge et se hisse au rang d’un clas­sique. La déf­i­ni­tion, attribuée à Mark Twain, de cette caté­gorie d’ouvrages est con­nue : « un livre dont tout le monde par­le et que per­son­ne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa pub­li­ca­tion, au mitan de la Sec­onde Guerre mon­di­ale, à ce roman-mon­stre, ardu, com­plexe, unique. Con­tin­uer la lec­ture →