Archives par étiquette : Nicolas Marchal

Le top 3 de Nicolas Marchal

Suite de notre rétro­spec­tive de l’an­née avec les choix de Nico­las Mar­chal.


Lire aus­si : la fiche de Nico­las Mar­chal


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À la mitrailleuse

Daniel FANO, De la marchan­dise inter­na­tionale, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2017, 84 p., 12 €, ISBN : 9782930607894

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Il y a une quin­zaine d’an­nées, Jean-Louis Mas­sot a tiré Daniel Fano de son trop long silence édi­to­r­i­al. Depuis, le clavier crépite. Voici le sep­tième opus de l’in­class­able auteur d’Un cham­pi­on de la mélan­col­ie et de Comme un secret nin­ja aux Car­nets du Dessert de Lune. On accuse les coups, et on en rede­mande. Jean-Louis Mas­sot ne devrait-il pas créer une col­lec­tion à part entière : écrit à la mitrailleuse ? Con­tin­uer la lec­ture

« La Bête rôde autour de nous »

Ben DURANT (illus­tra­tions de Michèle GROSJEAN), Le Qua­trième cav­a­lier, Quadri, 2016, 96 p.

durantUne fois de plus, Ben Durant fait prof­iter au lecteur de sa large cul­ture. Dans Block­haus, il nous régalait des couliss­es de l’histoire de la deux­ième guerre mon­di­ale ; Le Qua­trième cav­a­lier explore les coins les plus reculés de la Bible, les gnoses juives et chré­ti­ennes, la mytholo­gie grecque. On entame le réc­it dans la vio­lence. Le per­son­nage prin­ci­pal, un riche esthète qui vit dans les beaux quartiers et cir­cule en voiture de luxe, se fait agress­er dans sa pro­priété par deux loubards à qui il règle prompte­ment le compte en deux coups de couteau. Une carte de vis­ite le con­duit dans un garage de Molen­beek, où le garag­iste ago­nisant l’envoie dans une galerie d’art du Sablon. Bien vite, on com­prend que notre héros vit, avec sa femme, depuis de nom­breux siè­cles, et que les épreuves qu’il sera amené à affron­ter sont tout sauf naturelles : restau­rant crachant les flammes de l’enfer, Lucifer trav­es­ti en Osiris, mon­stres bibliques et com­plots démo­ni­aques, d’un bout à l’autre de la ligne du temps, de Brux­elles à Zurich, de Prague à la Toscane. Con­tin­uer la lec­ture

Le top 2016 (5)

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La rétro­spec­tive de l’an­née lit­téraire belge se pour­suit.

Aujourd’hui : la sélection de Nicolas Marchal

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Stromae est mort ! Vive Stromae !

Thier­ry COLJON, Stro­mae est mort à New-York, Lamiroy, 2016, 178 p., 15 €   ISBN : 978–2‑87595–065‑9

coljonMarine, une jeune jour­nal­iste, était venue à New-York pour inter­view­er Wil.i.am des Black Eyed Peas, mais l’an­nonce de la mort de Stro­mae, dans une cham­bre d’hô­tel cos­su de Man­hat­tan va boule­vers­er son pro­gramme et sa vie. Rien ne colle. Marine le sent. Elle appelle son père, jour­nal­iste musi­cal depuis trente ans, pour qu’il la con­seille, lui donne des tuyaux pour men­er son enquête. Car elle veut com­pren­dre. Elle veut savoir ce qui s’est passé dans la tête de cet artiste qu’elle a déjà ren­con­tré aupar­a­vant, et qui avait encore tant à offrir à son pub­lic. Con­tin­uer la lec­ture

“Je n’ai rien remarqué de spécial”

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Luc FONCK, Les hommes préfèrent les grottes, Luc Pire, coll. « Romans de gare/Kill and read », 2016, 144 p., 10 €/ePub : 9.99 €   ISBN : 978–2‑507–05413‑7

fonck«Je m’ap­pelle Hubert. On m’a déjà dit que c’é­tait un drôle de prénom, mais per­son­nelle­ment, je ne trou­ve pas. Pour moi, Jean-Jacques ou Thier­ry, ça, ce sont de drôles de prénoms. Fabi­enne aus­si. Mais Hubert, non, je trou­ve que c’est un prénom comme la plu­part des autres prénoms sauf ceux que je trou­ve drôles. Enfin, de toute façon, ce livre n’est pas con­sacré aux prénoms et à leur taux de drô­lerie. On ne va donc pas en par­ler pen­dant plusieurs lignes.»

Ain­si s’ou­vre la dernière grenade textuelle que Jean-Luc Fon­ck nous lance entre les mains, et qui nous explose au vis­age toutes les qua­tre lignes. Le Mon­ty Python à toute berzingue dans la dili­gence de Lau­rence Sterne avec Alice en guise de cocher, fou­et­tant les chevaux en leur bal­ançant des exem­plaires de L’employé de Stern­berg, et chan­tant du Sttel­l­la. Le pitch ? Hubert, le héros-nar­ra­teur, « une espèce d’a­gent secret », est envoyé en mis­sion : il doit décou­vrir ce qui se passe d’é­trange dans les grottes de Han. Con­tin­uer la lec­ture

Alice au pays quantique

Un coup de coeur du Carnet

Thibault DAMOUR, Math­ieu BURNIAT, Le mys­tère du monde quan­tique, Dar­gaud, 2016, 162 p., 19.99 €

mystere-du-monde-quantiqueThibault Damour est un physi­cien de renom. Math­ieu Bur­ni­at est un auteur de ban­des dess­inées élé­gantes et décalées. Ensem­ble, ils ont relevé un défi de taille : racon­ter ce qu’est la réal­ité.

La dernière aven­ture des célèbres héros Bob et Rick s’est mal ter­minée. Ils s’apprêtaient à explor­er la lune pour en percer les secrets quand une météorite s’est abattue, brisant le casque de Rick, le chien, et le tuant sur le coup. Depuis, Bob déprime en relisant les albums de leurs exploits. Soudain, Rick, empail­lé sur la chem­inée, s’adresse à Bob : il est grand temps qu’il se remue et qu’il parte à la décou­verte de « l’ultime mys­tère » — la physique quan­tique, et ce qu’elle peut révéler sur la réal­ité. Bob tente molle­ment de résis­ter en arguant qu’après tout, il n’est pas sérieux de par­ler à un chien mort. Rick lui répond que « dans le monde quan­tique, la notion de vie et de mort n’a que peu d’importance ». Con­tin­uer la lec­ture

Retarder la narration peut faire mourir

Un coup de coeur du Carnet

Emmanuel RÉGNIEZ, Notre Château, Le Tripode, 2016, 160 p., 15 €

regniezL’actualité lit­téraire fatigue. Biopics pseu­do-sul­fureux, aut­ofic­tions écrites avec les pieds, tyran­nie du « sujet ». Heureuse­ment, il reste des écrivains qui se fichent de la mode, et qui nous offrent des bijoux. « Pré­ten­dons qu’il y a un chemin pour tra­vers­er le miroir et pass­er dans la mai­son de l’au-delà ».

« C’est à 11h03, le same­di 2 avril, que l’on a son­né à la porte de Notre Château. C’était extra­or­di­naire. Cela n’arrive jamais. On ne sonne pas chez nous. On ne sonne jamais à la porte de Notre Château. » C’est sur ce bref et appétis­sant pro­logue que s’ouvre le pre­mier roman d’Emmanuel Rég­niez, une mécanique lit­téraire de pré­ci­sion en trois par­ties – les deux pre­mières con­sti­tuées de dix chapitres, la troisième de treize. Nous revien­drons à l’importance du rythme dans Notre Château. Con­tin­uer la lec­ture

Mémoires d’un homme qui en a trop vu

Michel ROSTEN, Le temps des nervis, L’Âge d’Homme, 2015, 312 p., 25 €

Michel Rosten - Le Temps des NervisJean Guillemin, à l’entame de son réc­it, se con­fie à nous : en démis­sion­nant de son poste de min­istre des affaires étrangères, il a ressen­ti le besoin de racon­ter ses sou­venirs. Les mémoires d’hommes poli­tiques, s’ils nous cap­tivent ou nous intriguent par­fois par la tru­cu­lence des détails et l’importance des enjeux, peu­vent aus­si nous aider à com­pren­dre le fonc­tion­nement de la chose publique, c’est-à-dire for­mer le citoyen qui est en nous. C’est plus vrai encore dans le cas de mémoires d’un homme poli­tique fic­tif, per­son­nage sig­nifi­ant plus que lui-même, essence même de dizaines d’années d’observation jour­nal­is­tique de l’auteur. Le roman est une des manières de sor­tir du reg­istre de l’anecdote et, para­doxale­ment, d’atteindre la vérité. Con­tin­uer la lec­ture

Folie et génie : le duo gagnant

Un coup de coeur du Carnet

Nico­las MARCHAL, Le Grand Cerf, Neufchâteau, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2016, 164 p., 14€

marchalLui, il est écrivain. Ou plutôt Écrivain. Même que son pre­mier roman a été salué par la cri­tique. Et ce n’est pas rien, un suc­cès cri­tique pour un pre­mier roman ! Alors for­cé­ment, ça met de la pres­sion pour le deux­ième : après l’exploit, il s’agit de ne pas décevoir. D’ailleurs, il a déjà envoyé un début de man­u­scrit à des édi­teurs parisiens. Donc pres­tigieux. Oh, bien sûr, ça ne sera pas son Grand Roman, mais pour ça il a encore le temps. Il a encore beau­coup de chefs‑d’œuvre à écrire alors pour le Grand Roman, celui qui le fera entr­er au Pan­théon des Grands Écrivains, il devra encore atten­dre. Évidem­ment, ce serait cer­taine­ment plus facile si sa chère épouse adorée ne l’embêtait pas tou­jours avec ses préoc­cu­pa­tions bass­es de petite-bour­geoise. Et puis ce bébé qui braille sans cesse ! Et qui réclame sans se lass­er cette ridicule comp­tine qui vante les mérites d’un grand cerf qui vient en aide à un stu­pide lapin. Qui voudrait y croire ? Alors que l’Écrivain aimerait tant racon­ter à son fils une mer­veilleuse his­toire de son cru mais non, décidé­ment non, l’enfant réclame à corps et à cris le grand cerf. Con­tin­uer la lec­ture

Sous les remblais des apparences

Ben DURANT (texte) et Roger DEWINT (aquarelles), Block­haus, Brux­elles, Quadri, 2015, 144 p.

Dans Block­haus, Ben Durant mêle His­toire et his­toires, fic­tion et réel, explo­sions assour­dis­santes et mur­mure de la mer. Il y a la guerre, et puis toutes les guer­res dans la guerre.

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topIls ont lu et ils ont appré­cié… Jusqu’à jan­vi­er, décou­vrez chaque jour le “Top 2015” d’un chroniqueur du Car­net. Une occa­sion de (re)découvrir de manière ludique les temps forts de l’an­née lit­téraire belge — et peut-être aus­si de trou­ver l’in­spi­ra­tion pour vos cadeaux de fin d’an­née. 

 

Aujourd’hui : la sélection de Nicolas Marchal

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Suivre la partition

Un coup de coeur du Carnet

Paul COLIZE, Con­cer­to pour qua­tre mains, Paris, Fleuve Noir, 2015, 480 p., 19,90 €/ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2265099371

Un homme sort de prison. On com­prend que c’était un pris­on­nier impor­tant. Les jour­nal­istes l’attendent. On lui demande : « Que comptez-vous faire main­tenant ? » Et il répond : « Entr­er dans la légende ». Cet homme, c’est Franck Jam­met, un pianiste doué et un braque­ur génial, con­ver­ti à la crim­i­nal­ité par un inci­dent qui survint alors qu’il était enfant de chœur. « Entr­er dans la légende » : bien enten­du, moins d’un an après sa libéra­tion, a lieu « le braquage du siè­cle », un four­gon con­tenant des dizaines de mil­lions de dol­lars en dia­mants dans l’enceinte de l’aéroport de Zaven­tem, trois min­utes, aucun coup de feu. Franck Jam­met est le sus­pect tout désigné. Con­tin­uer la lec­ture

Ces routes nationales qui ne mènent nulle part

Aïko SOLOVKINE, Rodéo, Brux­elles, Fil­ip­son édi­tions, 2014, 168 p.


Road-movie médusé, chronique sociale de la bassesse, west­ern-fricadelle où les duels se règ­lent en bag­noles, Rodéo est tout ça à la fois. On y grince des dents, on y sourit jaune, et on y décou­vre une nou­velle plume, affûtée pour de douloureux tatouages, celle d’Aïko Solovkine.
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“Ma première vie s’achève ce soir ! Bon débarras !”

Kenan GÖRGÜN, Delia on my mind, mael­strÖm, 2015, 212 p.

gorgunDelia on my mind est un roman en huit “pul­sa­tions”, encadrées par des rêves, et semé de poèmes. Mais Delia on my mind est-il vrai­ment un roman ? N’est-ce pas, très con­crète­ment, le reflet typographique d’une danse hale­tante ? N’est-ce pas l’a­vatar chapitré d’un chant, tour à tour prière mys­tique, hurlement hard-rock, romance déli­cate ? Con­tin­uer la lec­ture

Faire sa fête à la fiction

Un coup de coeur du Carnet

Bernard QUIRINY, His­toires assas­sines, Paris, Rivages, 2015, 240 p., 18 €/ePub : 12,99 €

quiriny_marchalC’est un Quiriny sacré­ment en forme qui revient à la nou­velle, le for­mat qui l’a fait con­naître, et qui lui réus­sit si bien – même s’il est presque aus­si juste de dire que Bernard Quiriny réus­sit bien à la nou­velle. Con­tin­uer la lec­ture