Archives par étiquette : premier roman

Et le septième jour, la bave coula à flots

Antoine JOBARD, Ate­lier panique, Sabot, 2023, 200 p., 13 €, ISBN : 9782492352157

jobard atelier paniqueCe qui nous dif­féren­cie des grands ani­maux, c’est pas telle­ment le rire, c’est qu’on triche tout le temps. 

Pre­mier roman d’Antoine Jobard, Ate­lier panique est une his­toire de con­t­a­m­i­na­tion et de fas­ci­na­tion. Une ren­con­tre per­verse entre deux per­son­nages paumés sous la forme d’une genèse à l’envers : sept jours pour tout détru­ire, une fuite en avant vers le néant. Le titre jux­ta­pose ce qui appa­raît comme les lieux desquels éma­nent les pro­tag­o­nistes : pour le pre­mier, jeune type un poil lym­pha­tique adepte d’actions directes et de sab­o­tage, la panique est cette deux­ième peau-man­teau dont il ne se défait que le temps de l’ivresse ; pour le sec­ond, vieux pein­tre à l’égo intariss­able, l’atelier est un micro­cosme fonc­tion­nant en vase clos où se réfugi­er, au risque de s’y per­dre. Tous deux sont recou­verts de l’individualisme crasse qui craque­lle les idéaux les plus purs et leur con­fère le ton jaunâtre de l’inconsistance. Con­tin­uer la lec­ture

Afrique exigeante

Cather­ine GODEFROID, Couleur savane, après la pluie, Mur­mure des soirs, 2023, 305 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑9312–3506‑5

godefroid couleur savane apres la pluieNous sommes en juin 2007. Lucie, une jeune botaniste spé­cial­isée en écolo­gie trop­i­cale, se pré­pare pour une mis­sion au parc nation­al de l’Omo en Éthiopie, où elle sera chargée de car­togra­phi­er la végé­ta­tion en asso­ciant des relevés de ter­rain et une analyse d’images satel­lites.

Lorsqu’elle arrive au quarti­er général du parc, elle décou­vre les infra­struc­tures rudi­men­taires, les normes de sécu­rité, mais égale­ment les spé­cial­istes de tous hori­zons avec qui elle tra­vaillera durant deux mois. Cha­cun est venu dans ce paysage reculé avec son expéri­ence, sa cul­ture et ses objec­tifs ; et entre une infir­mière, un zool­o­giste, un géo­graphe, un ranger et un chef d’équipe, il y a de quoi partager à bâtons rom­pus des points de vue var­iés sur les enjeux du parc. Con­tin­uer la lec­ture

La loi du plus fort

Éti­enne MARLOT, Com­ment tuer un loup-garou, Ker, 2023, 187 p., 10 €, ISBN : 978–2‑8758–6465‑9

marlot comment tuer un loup garouGareth est un jeune homme de 15 ans vivant à Attert, dans le Nord d’Arlon. Pas­sion­né de livres fan­ta­sy et de félins, il mène une vie rou­tinière jusqu’au jour où il tente de chas­s­er un chat noir se trans­for­mant sous ses yeux en pan­thère qui lui par­le et l’attaque dans la foulée. Il est fort heureuse­ment sauvé par Kzin, un chas­seur qui apprend à Gareth qu’il est doté de pou­voirs mag­iques activés par cette bataille. Con­tin­uer la lec­ture

Redevables

Pas­cal LORENT, Retour à Anvie, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2023, 399 p., 22 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782874898945

lorent retour à anvieBien des romans policiers, à l’instar de leurs nom­breuses décli­naisons des­tinées au petit écran, entraî­nent le lecteur dans des réc­its menés au pas de charge qui pren­nent soin de délivr­er leur dose régulière d’adrénaline. D’autres promè­nent tran­quille­ment leur fic­tion et mis­ent sur des atouts com­plé­men­taires pour attis­er le plaisir de la lec­ture.  Le pre­mier roman de Pas­cal Lorent appar­tient résol­u­ment à la sec­onde caté­gorie, prenant bien le temps d’installer ses per­son­nages, de con­stru­ire une ambiance, de l’insérer dans un espace et un temps don­nés. Con­tin­uer la lec­ture

Un voyage spatial vers les imaginaires queer

Un coup de cœur du Car­net

Marine FORESTIER, Les lichennes, ESAAA édi­tions, 2023, 432 p., 14 €, ISBN : 9791091505321

forestier les lichennesLes lichennes est un réc­it qui repose sur la ren­con­tre de per­son­nages provenant d’environnements rad­i­cale­ment dif­férents. On y croise entre autres : Thel­ma, la chlorophili­enne, mi-humaine mi-végé­tale, qui a gran­di sous terre, dans une grotte pleine de végé­taux dépol­lu­ants. Farouk, habille mécani­cien habi­tant du satel­lite arti­fi­ciel qui tourne autour de la terre. Ros, rebelle orig­i­naire des bas-fonds pol­lués de la planète, con­damnée à tri­er les déchets qui sont exploités par la classe dirigeante. Ana­tol, étu­di­ant médecin qui vit aux Arcades, la cité qui cul­mine au-dessus de la nappe tox­ique.  Mais ce ne sont pas là tous les per­son­nages du réc­it, d’autres per­son­nal­ités faisant ensuite leur appari­tion pour jouer le rôle d’antagoniste ou d’allié auprès des héros et héroïnes préc­itées. Con­tin­uer la lec­ture

Pop and Cie

Sophie MUSEUR, Pop, Onlit, 2023, 250 p., 18,99 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782875601735

museur popPop, c’est la gamine que sa sœur cham­bre. Ben oui, c’est quoi cette manie de s’asseoir sous le bil­lard de La boule de Feu, ce café où trainent leurs par­ents tous les soirs, et d’observer « les jambes des gens, celles des tables, des chais­es et du flip­per aus­si », chipot­er avec les restes de chips tombés par terre, assis­ter au spec­ta­cle des gens qui s’enivrent, se frô­lent, remuent, titubent ? Et pourquoi cette petite lui colle aux basques quand elle désire s’éclater avec son copain du moment ou avec ses amies majorettes ? Et qu’est-ce qu’elle est pénible, aus­si, lorsqu’elle lui rap­pelle les inter­dits et les puni­tions qui pleu­vent alors qu’elle, Fani, aspire à un peu de vie et de légèreté. Mais, en même temps, elle l’adore, son encom­brante sœurette ; elle la taquine et la rabroue, mais elle la défendrait con­tre n’importe qui, c’est sûr. Con­tin­uer la lec­ture

« Écrire sans pourquoi »

Jacques SOJCHER, Jac­ki est sage, Impres­sions nou­velles, 2023, 149 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑39070–069‑2

sojcher jacki est sageAvec Jac­ki est sage, Jacques Sojch­er s’historialise et signe son pre­mier roman. Le philosophe-artiste s’ancre – s’encre – en tant que per­son­nage de sa vie et nous livre une auto­bi­ogra­phie dont la prose, par la ciselure de l’écriture, sim­ple et nue, approche par­fois le poème.

Le réc­it s’ouvre dans sa fan­tas­ma­tique vie in-utero, dans le ven­tre de sa mère. Jac­ki, cou­vé par celle-ci, sera celui qui naî­tra dans la four­rure, au cœur de Brux­elles, le fils du père par­ti avec le XXIIIe con­voi, dont il ne restera que des légen­des, l’enfant caché devenu « Jac­ki Tout­court » chez l’oncle Mau­rice et la tante Bertha, le gamin qui ne cessera de jouer, le petit à l’affinité accrue pour le mot petit. Con­tin­uer la lec­ture

Un voyage vers l’origine

Olivi­er KERR, La fatigue du métal, M.E.O., 2023, 232 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0398‑9

kerr la fatigue du metalPour mon soix­an­tième anniver­saire, j’avais décidé de me faire un cadeau et de par­tir à la recherche de la poésie per­due. Je voulais retrou­ver ces super­po­si­tions improb­a­bles entre le rêve et le fil des jours, ces moments où le réel et l’imag­i­naire le plus débridé s’emboîtent et se com­plè­tent pour for­mer un tout har­monieux, que j’avais con­nu jadis puis qui avaient peu à peu dis­paru, étouf­fés sous l’empilement des années. (…) 

C’est par cette réflex­ion et ce pro­jet que com­mence La fatigue du métal, pre­mier roman d’Olivi­er Kerr (par ailleurs pein­tre, graveur et chroniqueur sous pseu­do­nymes divers, voyageur impéni­tent) qui offre d’emblée le plaisir d’un titre sur­prenant, presque antin­o­mique… La fatigue d’un objet, d’un être et ici du métal… Con­tin­uer la lec­ture

En cas de besoin, ouvrez le livre…

Cécil­ia DUMINUCO, Le livre d’Espérensis, Mem­o­ry, 2023, 21 €, ISBN : 9782874134074

duminuco le livre d'esperensisAmélia Quin­quet vit en pilote automa­tique une vie qui ne lui con­vient pas. Vendeuse dans une librairie som­bre et pous­siéreuse, elle sent le mal-vivre et les idées noires la gag­n­er. Jusqu’au jour où elle est inter­pel­lée par un client âgé et bizarre qui dis­paraît après avoir acheté un ouvrage ayant pour titre Le livre d’Espérensis, qu’elle n’avait pas remar­qué jusque-là. Et alors que, gag­née par le dés­espoir, elle s’apprête à met­tre fin à ses jours en sautant d’un pont dans l’eau glacée, elle trou­ve l’ouvrage en ques­tion et le feuil­lette. Il est vide, mais une pre­mière page se rem­plit lorsqu’elle ren­tre chez elle et qu’elle l’examine à tête reposée, piquant sa curiosité. Il en sera ain­si chaque fois qu’elle l’ouvrira et les textes qu’elle lit lui sem­blent rédigés pour elle, en con­nex­ion avec ce qu’elle vit ou s’apprête à vivre, qu’il s’agisse de con­tes, de poèmes ou de sen­tences de quelques lignes, tou­jours signés de Chapo­ka Tee. Con­tin­uer la lec­ture

« Entendons-nous bien, rien de ce que je raconte n’est métaphorique »

Deb­o­ra LEVYH, La ver­sion, Allia, 2023, 128 p., 12 €, ISBN : 9791030417395

levyh la version« Très franche­ment, je ne crois pas qu’on puisse par­ler d’un monde dans la langue d’un autre monde. Je ne veux pas dire que ce ne serait pas souhaitable, sim­ple­ment que ce n’est peut-être pas pos­si­ble. À moins de recourir à des arti­fices. » Par cet incip­it, le nar­ra­teur donne le ton : il s’agira d’envisager une réal­ité avec des out­ils cer­taine­ment insuff­isants, ou du moins pas exacte­ment adéquats. Et le défi se révèle iden­tique dans ces lignes : évo­quer le livre de Deb­o­ra Levyh, un texte dense, opaque, exploratoire, dans un français effi­cace et essen­tial­iste, ou com­ment ten­ter de faire entr­er une sphère dans un trou car­ré… Con­tin­uer la lec­ture

Désaccord parfait

Cather­ine DEMAIFFE, Jusqu’au lever du jour, F dev­ille, 2023, 232 p., 20 €, ISBN : 9782875990693

demaiffe jusqu'au lever du jourLe roman de Cather­ine Demaiffe débute par le réc­it de l’enfance des deux héros qui for­meront une famille quelques années plus tard, mais pour l’heure, nous décou­vrons pro­gres­sive­ment ce qui a forgé le car­ac­tère des prin­ci­paux intéressés. D’un côté, il y a Alexan­dra, élevée par des sœurs et sa tante Maria suite au décès de ses par­ents et ses frère et sœur dans un acci­dent d’avion. D’un autre côté, il y a Vic­tor, le fruit d’une union hors mariage, élevé seul par sa mère et taxé de bâtard durant toute sa jeunesse. Alexan­dra a gran­di dans l’admiration de son père pilote à la Roy­al Air Force, tan­dis que Vic­tor a essayé d’être un gen­til garçon mais a été abîmé par les assauts déplacés d’un homme d’église. Con­tin­uer la lec­ture

Musique des cœurs et des rancœurs

Mau­reen DOR, Con­cert au réfec­toire à 16h30, Buchet Chas­tel, 2023, 254 p., 19,9 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑283–03849‑9

dor concert au refectoire a 16h30Bernard Ver­rat à la ville est Hervé Vin­cent à la scène. Pas celle de grandes salles, non. Celle que son assis­tante de fille lui installe dans les maisons de retraite où il donne des réc­i­tals tout au long de l’année. Voilà 25 ans que cet ancien chef d’entreprise s’est recon­ver­ti en croon­er après avoir tout per­du. Et même si ses con­certs ont lieu à 16h30, il ne ménage pas ses efforts pour plaire à son pub­lic du troisième âge. Depuis cinq années, sa fille Lydie l’a rejoint à bord de la camion­nette aux let­tres dorées « HERVÉ VINCENT, LA MUSIQUE DES CŒURS, LA MUSIQUE AU CŒUR » et sil­lonne la France avec lui. Elle a même agré­men­té le show d’un moment très appré­cié des spec­ta­teurs, le clou du spec­ta­cle : une tombo­la un rien par­ti­c­ulière, avec tirage au sort quelque peu trafiqué. Car si le gag­nant, ou plus prob­a­ble­ment la gag­nante, pou­vait à son tour se mon­tr­er généreux avec le chanteur, Lydie se rap­procherait de son rêve d’une autre vie, dans la lux­ueuse mai­son de son enfance. Con­tin­uer la lec­ture

Héritage incandescent

Sophie VANDEVEUGLE, Feu le vieux monde, Denoël, 2023, 192 p., 17 €, ISBN : 978–2‑207–17815‑7

vandeveugle feu le vieux mondeLa chaleur est étouf­fante. Dans sa cham­bre, Sil­via peine à trou­ver le som­meil. Éten­due sur son lit, elle fixe une mouche au pla­fond. Elle se lève pour ouvrir les fenêtres et ten­ter de ren­dre l’air un peu plus res­pirable, en vain. Ce n’est pas un courant d’air frais mais un bruit inquié­tant et de plus en plus fort qui pénètre la pièce puis la mai­son toute entière, avant de réveiller le vil­lage de Bas-les-Monts. 

À une époque indéter­minée, dans laque­lle le lecteur recon­naî­tra aisé­ment d’effrayantes scories du présent, une guerre sans relâche fait rage. Tous les hommes du bourg ont été mobil­isés pour ten­ter d’épargner les habi­ta­tions des incendies dévas­ta­teurs. Le com­bat, long et pénible, sem­ble inutile. À mesure que les jours passent, les flammes révè­lent leur supéri­or­ité sur tous les êtres : Con­tin­uer la lec­ture

Nos territoires

Alex LORETTE, Un fleuve au galop, Genèse Édi­tion, 2023, 247 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010259

lorette un fleuve au galopTout au long du roman, nous suiv­ons les réc­its de plusieurs per­son­nages. Il y a d’abord Lucie, qui est née au Con­go et n’a jamais été heureuse en Bel­gique. Ensuite, il y a sa fille Félic­ité avec qui elle n’a jamais réus­si à com­mu­ni­quer. On suit égale­ment les his­toires du père André, autre­fois appelé Nkisu, de Mas­si­ga, la nour­rice de Lucie et enfin d’Edmond, l’arrière-grand-père de Lucie, un colonisa­teur san­guinaire.

Lucie aimerait retourn­er au Con­go, cette terre qui l’a vue naître, au bord du fleuve, dans les années 1940. Mal­gré sa couleur blanche, elle s’est tou­jours sen­tie noire à l’intérieur, une Con­go­laise. À présent, il est trop tard. Elle est clouée au lit dans sa mai­son de retraite. Elle pour­rait deman­der à sa fille qui habite en Norvège de l’y accom­pa­g­n­er, mais elle n’a plus de con­tact avec elle. Seuls lui restent les sou­venirs dans lesquels elle plonge à corps per­du, au risque de s’y per­dre. Lucie se sou­vient de Mas­si­ga, cette Con­go­laise qui l’a éduquée comme sa pro­pre fille. De Koko, son grand-père, qui con­sid­érait les Con­go­lais comme des sauvages. De son père, presque tou­jours absent. De ce 28 mai 1958 où, âgée de 17 ans, on l’envoya en Bel­gique pour étudi­er dans un pen­sion­nat de sœurs. Lucie repense aus­si à Nkisu, son ami d’enfance qui allait chez les pères blancs. Elle se sou­vient de leurs par­ties de foot, de leurs baig­nades dans le fleuve, mais aus­si de ce jour d’été de 1957, où ils se sont aimés et où sa vie a bas­culé. Elle évoque sa grossesse cachée. La nais­sance de Félic­ité et le départ vers la Bel­gique, en 1958, sans son enfant, seule et sans d’autres bagages qu’une volon­té tenace de revenir au plus vite au Con­go. Con­tin­uer la lec­ture

L’humour comme rempart

Un coup de cœur du Car­net

Fan­ny RUWET, Bien sûr que les pois­sons ont froid, Icon­o­claste, 2023, 266 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑37880–347‑6

ruwet bien sur que les poissons ont froidÉté 2021, Allie, 27 ans, vient de rompre avec son com­pagnon et d’emménager seule pour la pre­mière fois de sa vie. Pas franche­ment débor­dée de tra­vail, ni de moti­va­tion pour celui-ci, et quelque peu désœu­vrée, elle se lance dans un défi à la recherche de ses émo­tions intens­es d’adolescente : retrou­ver son pre­mier amour. Si tant est qu’on puisse appel­er « pre­mier amour » une rela­tion à dis­tance avec quelqu’un qu’on n’a jamais ren­con­tré… Avec l’aide de son fidèle ami Maxime, elle se met à la recherche de Nour, ce garçon au prénom épicène avec qui elle con­ver­sait longue­ment sur MSN. Au départ des quelques indices que recèle la mémoire de ses 15 ans, elle passe inter­net au peigne fin, échafaude des théories plus ou moins réal­istes et avance de ques­tion en ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Tosca et le chœur des femmes

Sophie VAN DER STEGEN, L’envol de Tosca, Ker, 2023,152 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑87586–356‑0

van der stegen l'envol de toscaPrix du Roman Noir de la Foire du livre de Brux­elles 2023, L’envol de Tosca fait écho à la pas­sion de l’autrice, la Brux­el­loise Sophie van der Ste­gen, pour l’opéra. Un monde où les femmes sont invis­i­bil­isées…

Dra­maturge, Sophie van der Ste­gen a tra­vail­lé quelques années comme direc­trice de la Com­mu­ni­ca­tion et dra­maturgie à la Chapelle Musi­cale Reine Elis­a­beth (fonc­tion dont le roman se fait l’écho à tra­vers l’une des héroïnes) avant de fonder la com­pag­nie de théâtre musi­cale Arti­choke dans le but d’ouvrir la musique clas­sique à tous les publics, celui des plus jeunes en par­ti­c­uli­er. Gageons que son pre­mier roman don­nera l’envie à un pub­lic non ini­tié de décou­vrir le monde de l’opéra qui sert de trame à ce livre. En effet, l’œuvre de Gia­co­mo Puc­ci­ni est l’un des fils rouges du réc­it à tra­vers trois de ses œuvres phares, mais égale­ment quelques élé­ments biographiques évo­qués, en italiques, dans des inter­ludes. Rap­pelons que le com­pos­i­teur ital­ien est décédé à Brux­elles le 29 novem­bre 1924 et c’est pré­cisé­ment dans la cap­i­tale belge que se déroule l’essentiel du roman. La ville sert de décor et, en par­ti­c­uli­er, un cer­tain Théâtre Belvédère, dans lequel on a cru recon­naître un mélange entre l’opéra de La Mon­naie et le Théâtre du Parc, bien que l’autrice présente à son pro­pos une page Wikipedia, fic­tive sem­ble-t-il. L’histoire, elle, tient sur une péri­ode plutôt lim­itée de qua­tre mois et se déroule en qua­tre Actes, fin de l’année 2019. Une his­toire d’aujourd’hui cen­trée autour de trois per­son­nages féminins qui vont inter­a­gir à par­tir de leur pas­sion partagée pour l’opéra. Con­tin­uer la lec­ture