Antoine JOBARD, Atelier panique, Sabot, 2023, 200 p., 13 €, ISBN : 9782492352157
Ce qui nous différencie des grands animaux, c’est pas tellement le rire, c’est qu’on triche tout le temps.
Premier roman d’Antoine Jobard, Atelier panique est une histoire de contamination et de fascination. Une rencontre perverse entre deux personnages paumés sous la forme d’une genèse à l’envers : sept jours pour tout détruire, une fuite en avant vers le néant. Le titre juxtapose ce qui apparaît comme les lieux desquels émanent les protagonistes : pour le premier, jeune type un poil lymphatique adepte d’actions directes et de sabotage, la panique est cette deuxième peau-manteau dont il ne se défait que le temps de l’ivresse ; pour le second, vieux peintre à l’égo intarissable, l’atelier est un microcosme fonctionnant en vase clos où se réfugier, au risque de s’y perdre. Tous deux sont recouverts de l’individualisme crasse qui craquelle les idéaux les plus purs et leur confère le ton jaunâtre de l’inconsistance. Continuer la lecture
Nous sommes en juin 2007. Lucie, une jeune botaniste spécialisée en écologie tropicale, se prépare pour une mission au parc national de l’Omo en Éthiopie, où elle sera chargée de cartographier la végétation en associant des relevés de terrain et une analyse d’images satellites.
Gareth est un jeune homme de 15 ans vivant à Attert, dans le Nord d’Arlon. Passionné de livres fantasy et de félins, il mène une vie routinière jusqu’au jour où il tente de chasser un chat noir se transformant sous ses yeux en panthère qui lui parle et l’attaque dans la foulée. Il est fort heureusement sauvé par Kzin, un chasseur qui apprend à Gareth qu’il est doté de pouvoirs magiques activés par cette bataille.
Bien des romans policiers, à l’instar de leurs nombreuses déclinaisons destinées au petit écran, entraînent le lecteur dans des récits menés au pas de charge qui prennent soin de délivrer leur dose régulière d’adrénaline. D’autres promènent tranquillement leur fiction et misent sur des atouts complémentaires pour attiser le plaisir de la lecture. Le premier roman de Pascal Lorent appartient résolument à la seconde catégorie, prenant bien le temps d’installer ses personnages, de construire une ambiance, de l’insérer dans un espace et un temps donnés.
Les lichennes est un récit qui repose sur la rencontre de personnages provenant d’environnements radicalement différents. On y croise entre autres : Thelma, la chlorophilienne, mi-humaine mi-végétale, qui a grandi sous terre, dans une grotte pleine de végétaux dépolluants. Farouk, habille mécanicien habitant du satellite artificiel qui tourne autour de la terre. Ros, rebelle originaire des bas-fonds pollués de la planète, condamnée à trier les déchets qui sont exploités par la classe dirigeante. Anatol, étudiant médecin qui vit aux Arcades, la cité qui culmine au-dessus de la nappe toxique. Mais ce ne sont pas là tous les personnages du récit, d’autres personnalités faisant ensuite leur apparition pour jouer le rôle d’antagoniste ou d’allié auprès des héros et héroïnes précitées.
Pop, c’est la gamine que sa sœur chambre. Ben oui, c’est quoi cette manie de s’asseoir sous le billard de La boule de Feu, ce café où trainent leurs parents tous les soirs, et d’observer « les jambes des gens, celles des tables, des chaises et du flipper aussi », chipoter avec les restes de chips tombés par terre, assister au spectacle des gens qui s’enivrent, se frôlent, remuent, titubent ? Et pourquoi cette petite lui colle aux basques quand elle désire s’éclater avec son copain du moment ou avec ses amies majorettes ? Et qu’est-ce qu’elle est pénible, aussi, lorsqu’elle lui rappelle les interdits et les punitions qui pleuvent alors qu’elle, Fani, aspire à un peu de vie et de légèreté. Mais, en même temps, elle l’adore, son encombrante sœurette ; elle la taquine et la rabroue, mais elle la défendrait contre n’importe qui, c’est sûr.
Avec Jacki est sage, Jacques Sojcher s’historialise et signe son premier roman. Le philosophe-artiste s’ancre – s’encre – en tant que personnage de sa vie et nous livre une autobiographie dont la prose, par la ciselure de l’écriture, simple et nue, approche parfois le poème.
Pour mon soixantième anniversaire, j’avais décidé de me faire un cadeau et de partir à la recherche de la poésie perdue. Je voulais retrouver ces superpositions improbables entre le rêve et le fil des jours, ces moments où le réel et l’imaginaire le plus débridé s’emboîtent et se complètent pour former un tout harmonieux, que j’avais connu jadis puis qui avaient peu à peu disparu, étouffés sous l’empilement des années. (…) 






