Archives par étiquette : premier roman

L’humour comme rempart

Un coup de cœur du Car­net

Fan­ny RUWET, Bien sûr que les pois­sons ont froid, Icon­o­claste, 2023, 266 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑37880–347‑6

ruwet bien sur que les poissons ont froidÉté 2021, Allie, 27 ans, vient de rompre avec son com­pagnon et d’emménager seule pour la pre­mière fois de sa vie. Pas franche­ment débor­dée de tra­vail, ni de moti­va­tion pour celui-ci, et quelque peu désœu­vrée, elle se lance dans un défi à la recherche de ses émo­tions intens­es d’adolescente : retrou­ver son pre­mier amour. Si tant est qu’on puisse appel­er « pre­mier amour » une rela­tion à dis­tance avec quelqu’un qu’on n’a jamais ren­con­tré… Avec l’aide de son fidèle ami Maxime, elle se met à la recherche de Nour, ce garçon au prénom épicène avec qui elle con­ver­sait longue­ment sur MSN. Au départ des quelques indices que recèle la mémoire de ses 15 ans, elle passe inter­net au peigne fin, échafaude des théories plus ou moins réal­istes et avance de ques­tion en ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Tosca et le chœur des femmes

Sophie VAN DER STEGEN, L’envol de Tosca, Ker, 2023,152 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑87586–356‑0

van der stegen l'envol de toscaPrix du Roman Noir de la Foire du livre de Brux­elles 2023, L’envol de Tosca fait écho à la pas­sion de l’autrice, la Brux­el­loise Sophie van der Ste­gen, pour l’opéra. Un monde où les femmes sont invis­i­bil­isées…

Dra­maturge, Sophie van der Ste­gen a tra­vail­lé quelques années comme direc­trice de la Com­mu­ni­ca­tion et dra­maturgie à la Chapelle Musi­cale Reine Elis­a­beth (fonc­tion dont le roman se fait l’écho à tra­vers l’une des héroïnes) avant de fonder la com­pag­nie de théâtre musi­cale Arti­choke dans le but d’ouvrir la musique clas­sique à tous les publics, celui des plus jeunes en par­ti­c­uli­er. Gageons que son pre­mier roman don­nera l’envie à un pub­lic non ini­tié de décou­vrir le monde de l’opéra qui sert de trame à ce livre. En effet, l’œuvre de Gia­co­mo Puc­ci­ni est l’un des fils rouges du réc­it à tra­vers trois de ses œuvres phares, mais égale­ment quelques élé­ments biographiques évo­qués, en italiques, dans des inter­ludes. Rap­pelons que le com­pos­i­teur ital­ien est décédé à Brux­elles le 29 novem­bre 1924 et c’est pré­cisé­ment dans la cap­i­tale belge que se déroule l’essentiel du roman. La ville sert de décor et, en par­ti­c­uli­er, un cer­tain Théâtre Belvédère, dans lequel on a cru recon­naître un mélange entre l’opéra de La Mon­naie et le Théâtre du Parc, bien que l’autrice présente à son pro­pos une page Wikipedia, fic­tive sem­ble-t-il. L’histoire, elle, tient sur une péri­ode plutôt lim­itée de qua­tre mois et se déroule en qua­tre Actes, fin de l’année 2019. Une his­toire d’aujourd’hui cen­trée autour de trois per­son­nages féminins qui vont inter­a­gir à par­tir de leur pas­sion partagée pour l’opéra. Con­tin­uer la lec­ture

Angles morts

Géral­dine FIASSE, Cul­pa, L’échelle du temps, 2022, 224 p., 18 €, ISBN : 978–2‑37622–244‑6

fiasse culpaPar­fois, le mal­heur sur­git sans crier gare et le sol se dérobe sous nos pas, nous lais­sant orphe­lins de nos plus belles cer­ti­tudes. C’est ce qui arrive à Suzanne, une jeune jour­nal­iste sur­menée dont la voiture ren­verse un cycliste alors qu’elle arrive aux abor­ds de l’école de son fils. Elle n’a rien vu et sous le choc, elle perd con­nais­sance. À son réveil, elle apprend le drame et on lui pré­cise que la vic­time est décédée. S’ensuit une descente aux enfers d’autant que son mari, qui se mon­trait de plus en plus oppres­sant (il l’assaillait de tex­tos au moment de l’accident) en prof­ite pour pren­dre le large et la tenir éloignée de leur fils. Elle se trou­ve seule pour répon­dre face à la jus­tice de l’homicide involon­taire qu’elle a com­mis. Con­tin­uer la lec­ture

Mirage

Didi­er DUMONT, Je suis né comme un mourant, Canoë, 2022, 224 p., 18 €, ISBN : 978–2‑490251–66‑7

dumont je suis né comme un mourantIl est des livres qui résis­tent aux attentes du lecteur. Impos­si­ble des les class­er dans un genre, d’y décel­er un déroule­ment con­venu, de les résumer en quelques mots. La pre­mière pub­li­ca­tion de Didi­er Dumont en relève assuré­ment. Au fil des pages de Je suis né comme un mourant, le nar­ra­teur naît à onze repris­es : « dans une cour d’école », « le 13 sep­tem­bre 2018 », « au bord d’un fleuve », « au bout d’une corde », « der­rière un seul bar­reau », « dans un rond de fumée », « pour [s]e pos­er des ques­tions », « après [s]es funérailles », « devant sa fenêtre », « avec une phrase pour tout bagage », « comme un mourant ». Autant d’incarnations pré­textes à des nar­ra­tions irréelles, des invo­ca­tions artis­tiques, des matéri­al­i­sa­tions énig­ma­tiques. Chaque chapitre se déroule comme dans un rêve : les lieux sont à la fois incon­nus et fam­i­liers, les per­son­nages appa­rais­sent et s’évanouissent, les sit­u­a­tions s’enchaînent de manière « étrange et péné­trante ». Il faut donc les abor­der dénué(e) du désir de tout com­pren­dre et « juste » se laiss­er porter par l’expérience pro­posée. Con­tin­uer la lec­ture

Le livre du père

Mehtap TEKE, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi, Viviane Hamy, 2022, 256 p., 18,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38140–024‑2

teke petite je disais que je voulais me marier avec toiLa ren­trée lit­téraire 2022 accorde une large place aux pre­miers romans : 90 sur les 345 romans fran­coph­o­nes annon­cés, selon le décompte de Livres Heb­do. Mehtap Teke est l’une de ces nou­velles plumes à décou­vrir. Paru aux édi­tions Viviane Hamy, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi con­te l’histoire d’un homme qui, dans l’espoir d’une vie meilleure, quitte sa Turquie natale pour l’Europe occi­den­tale.

Le roman est presque entière­ment écrit à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er : si la nar­ra­trice, une jeune femme, racon­te l’histoire de son père, elle la racon­te aus­si à son père. Et retrace le par­cours de vie d’un enfant pau­vre né en Turquie, retiré tôt de l’école où il excel­lait. Arraché à ses rêves intel­lectuels, il est con­traint de tra­vailler dans les champs de coton avec son père, puis de quit­ter son pays d’origine pour rejoin­dre l’Europe occi­den­tale, en quête d’une vie meilleure. Là-bas, il besogne sur des chantiers de con­struc­tion, devient père d’une famille nom­breuse. Avec une obses­sion : offrir à ses filles les pos­si­bil­ités et l’aisance sociale et finan­cière dont il a été privé. Con­tin­uer la lec­ture

Frères de silence

Un coup de cœur du Car­net

Alexan­dre VALASSIDIS, Au moins nous aurons vu la nuit, Gal­li­mard, coll. « Scribes », 2022, 112 p., 15,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑07–299536‑1

valassidis au moins nous aurons la nuitNous sommes dans une ban­lieue indéfinie, dans l’ombre de tours de béton, et la vie s’écoule sans que l’on puisse penser qu’il fera meilleur demain. Le nar­ra­teur, qui ne livre pas son nom, nous par­le de Dylan, dont il était si proche et qui a dis­paru au creux de la nuit. Il nous dit leur univers com­mun, celui qu’ils trou­vent en lisière de la cité, là où on peut respir­er une fois passée la voie fer­rée. Entre eux, peu de mots, au mieux quelques regards, une forme de com­plic­ité tacite qui ne dit pas non plus son nom.

Entre nous, ça avait tout de suite pris, si je puis dire. Dès la pre­mière fois où nos regards s’étaient croisés. J’avais ressen­ti quelque chose. Une sen­sa­tion très forte. Sur laque­lle je n’avais pas voulu met­tre de mots. Pour qu’elle reste comme un cheval sauvage, cette impres­sion. Qu’elle reste libre. Con­tin­uer la lec­ture

Rwanda : « La violence des impuissantés »

Un coup de cœur du Car­net

Dominique CELIS, Ain­si pleurent nos hommes, Philippe Rey, 2022, 287 p., 20 €, ISBN : 978–2‑84876–959‑2

celis ainsi pleurent nos hommesLes romans sur le géno­cide des Tut­sis par des Hutus au Rwan­da en 1994 sont nom­breux. Beau­coup ont ten­té, avec des réus­sites divers­es, de témoign­er de l’horreur quand elle atteint de tels som­mets d’inhumanité. Avec Ain­si pleurent nos hommes, la Bel­go-Rwandaise Dominique Celis pro­pose un tout autre point de vue, celui d’une descen­dante de vic­times qui refuse la banal­i­sa­tion ambiante des faits. Dans une écri­t­ure ciselée pour l’occasion et adap­tée à son pro­pos. Con­tin­uer la lec­ture

Polyphonie du combat

Un coup de cœur du Car­net

Lucas BELVAUX, Les tour­men­tés, Alma, 2022, 352 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑36279–608‑1

belvaux les tourmentésSol­dat, avant d’être légion­naire puis mer­ce­naire, Skender ren­tre trau­ma­tisé de toutes ces guer­res où il a tué et vu mourir. Impos­si­ble pour lui de repren­dre la vie tran­quille qu’il menait avec sa femme et ses enfants. Sa vio­lence fait peur, il doit quit­ter le domi­cile con­ju­gal. Pour aller où ? Chez sa mère, les reproches sont sans fin. La haine est trop grande.  

Sans emploi ni mai­son. Sans rai­son d’être. Sans ver­gogne. Il erre dans les bois autour de la ville jusqu’à ce que Max le retrou­ve. Con­tin­uer la lec­ture

Les chantiers de l’amour ou de la mort

Sophie KESTER, Au-delà des ombres, 180°, 2022, 336 p., 20 €, ISBN : 9782940721122

kester au dela des ombres

Emi­ly Jensen, soci­o­logue fran­co-anglaise, met au monde une petite Sophia, après avoir vécu un mariage dif­fi­cile où elle était sans cesse rabais­sée. À la nais­sance de sa fille, elle lui fait la promesse de ne jamais l’abandonner, au con­traire de sa pro­pre mère, une jeune hip­pie qui avait pris la poudre d’escampette six mois après sa nais­sance et n’avait plus jamais réap­paru. Comme son père avec elle, la jeune femme élève seule son enfant. À la dif­férence que son père, ne s’étant jamais remis de la dis­pari­tion de sa moitié, avait som­bré dans l’alcool jusqu’à y être englouti. Emi­ly, bien entourée par trois amies dont la pétil­lante Emma, ne se laisse pas abat­tre, trou­ve un petit apparte­ment et fal­si­fie son cur­ricu­lum vitae pour pos­tuler à un poste d’assistante de direc­tion finan­cière dans une très grande société française, Aon, spé­cial­isée dans la con­struc­tion à l’international. Ces deux lignes mod­i­fiées vont pour­tant lui jouer des tours. Con­tin­uer la lec­ture

Il n’est pas interdit de fuir

Manon TERWAGNE, Emprise, Ker, 2022, 142 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–87586-313–3

terwagne empriseAvec Emprise, Manon Ter­wagne signe son pre­mier roman. Elle a 21 ans et vient de rem­porter le prix Lau­re Nobels 2022.

Le prix Laure Nobels

Ce prix est remis chaque année par la fon­da­tion du même nom à de jeunes auteur.ices (15–19 et 20–24 ans). Il a pour objec­tif de « financer et soutenir la pub­li­ca­tion et la pro­mo­tion d’œuvres lit­téraires en français ».

La fon­da­tion Lau­re Nobels a été créée par Isabelle Block­mans et Claude Nobels suite au décès leur fille, Lau­re, assas­s­inée à l’âge de 16 ans par son com­pagnon. Lau­re rêvait d’être autrice. Elle avait écrit un roman et trois nou­velles à l’origine de la pre­mière pub­li­ca­tion de la fon­da­tion : Tom­my. Con­tin­uer la lec­ture

À moins que

Bernard VISSCHER, Ren­dez-vous incer­tain, Mur­mure des soirs, 2022, 338 p., 22 €, ISBN : 9782930657868

visscher rendez-vous incertainPierre est un jeune homme. Il vient de pub­li­er son pre­mier roman et l’a adressé à son idole, Eduar­do Cal­don, le célèbre auteur argentin. Celui-ci lui répond, et l’invite à Venise où il réside pour con­vers­er. C’est le rêve de tout pri­mo-romanci­er. Pierre rassem­ble ses mai­gres économies, s’envole pour la cité des Doges, et fonce, fiévreux, tout droit vers l’hôtel de son men­tor. Mais dès les pre­miers mots échangés, Pierre com­prend que Cal­don ne l’a pas invité pour par­ler de son livre. Cal­don entend par­ler de lui, et racon­ter pas moins que sa vie qui, dit-il, est bien dif­férente de ce qu’on peut lire dans les biogra­phies autorisées. À moins que. Con­tin­uer la lec­ture

La fièvre révolutionnaire

Philippe BRANDES,En ce qui con­cerne Alexan­dre, Accro, 2022, 361 p., 22 €, ISBN : 9782931137048

brandes en ce qui concerne alexandreAlexan­dre More­au est un jeune homme qui désire effectuer des études d’architecture à l’académie de l’Ouvroir. Mal­gré la dés­ap­pro­ba­tion de son père, inqui­et de la répu­ta­tion lib­er­taire de l’école, le héros se lance à cœur per­du dans son cur­sus, porté par des pro­fesseurs pas­sion­nants et les man­i­fes­ta­tions estu­di­antines de gauche qui ont ponc­tué les années 1970 à Brux­elles.

Alexan­dre est un pas­sion­né : il met en place des pro­jets avant-gardistes et provo­ca­teurs afin de lut­ter con­tre l’urbanisation inquié­tante de la cap­i­tale dic­tée par les intérêts poli­tiques et financiers. Il entre dans la vie active en devenant assis­tant à l’académie et en s’installant avec sa copine Véronique, mais il prend rapi­de­ment con­science de son malaise dans une vie rangée : l’amour libre mar­quera désor­mais sa vie affec­tive, au point que le compte de ses con­quêtes devient dif­fi­cile. Con­tin­uer la lec­ture

Les petits papiers

Julia GALASKI, Le passe­port, Étaques, 2022, 368 p., 18 €, ISBN : 9782490205110

galaski le passeportUne jeune étu­di­ante en Sci­ences Po part un an à Jérusalem pour étudi­er le con­flit israé­lo-pales­tinien et appren­dre l’arabe. Née d’un père fran­co-israélien et d’une mère alle­mande, elle a des racines mul­ti­ples, notam­ment en Israël où vit la plus grande par­tie de sa famille pater­nelle. Elle a été éduquée en alle­mand dans les tra­di­tions chré­ti­ennes. Chaque été, elle part en Israël pour les vacances. Cette fois c’est dif­férent : elle voy­age seule. Elle apprend quelques jours avant son départ qu’en tant que fille d’Israélien, elle béné­fi­cie de la nation­al­ité israéli­enne et reçoit un passe­port. Ce bout de papi­er lui causera quelques soucis. Con­tin­uer la lec­ture

Magma solaire et nuits stambouliotes

Natol BISQ, Plein soleil, Le sabot, coll. « Du seum », 2022, 536 p., 17 €, ISBN : 9782492352072

bisq plein soleilDémesure nar­ra­tive, lumière d’un soleil noir, cal­ciné qui embrase l’écriture, les reg­istres styl­is­tiques, trame ambitieuse où se mêlent thriller de fac­ture ciné­matographique, mise en abyme de la lit­téra­ture et galerie de per­son­nages en proie au ver­tige exis­ten­tiel… Plein soleil, pre­mier roman ambitieux d’un jeune auteur féru de pseu­do­nymes (dont celui de Natol Bisq), nous entraîne dans un dédale d’actions, de quêtes qui inter­roge le principe de réal­ité.

Lancée sur les routes de l’Europe et d’Asie afin de retrou­ver un écrivain avec qui elle entend régler ses comptes, Léa fait l’expérience de mon­des souter­rains, par­al­lèles dans un cli­mat qui mêle Matrix et road movie à l’heure du virtuel. Éminem­ment sen­sorielle, l’écriture dresse une mul­ti­tude de scènes d’opéra dont les per­son­nages et le lecteur se doivent de rassem­bler les pièces du puz­zle. La boîte de Pan­dore que nous ouvre Natol Bisq libère la folie d’un monde où règne Lacis, une organ­i­sa­tion cyber­crim­inelle établie en Ital­ie, berceau de toutes les mafias. Les dédou­ble­ments, les dérives hal­lu­cinées de la fic­tion s’inscrivent dans une esthé­tique lynchi­enne qui dévoile l’envers du décor, les manœu­vres com­plo­tistes, le trem­ble­ment du vrai et du faux, les sous-sols de la con­science, la pro­duc­tion de vari­antes de clones. Con­tin­uer la lec­ture

Récupérer ses vaches

Nico­las HANOT, Les vach­es de mon­sieur Bur­bur, Edi­tions du Sablon, 2022, 304 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782931112250

hanot les vaches de monsieur burburC’est un pro­jet de haute tenue que celui des édi­tions du Sablon. Quand Olivi­er Weyrich s’est lancé dans l’aventure, pour repub­li­er des ouvrages men­acés de dis­pari­tion et pro­pos­er de nou­veaux titres qui lui sem­blaient cohérents, il pre­nait le genre de risques qu’on aime voir pren­dre aujourd’hui, à une époque où l’on con­sacre la toute-puis­sance de l’écran et de la vitesse : faire de livres pour lier les gens. Les édi­tions du Sablon ont cette ambi­tion : met­tre en avant des plumes belges orig­i­nales et faire voy­ager les lecteurs en Europe à tra­vers des textes forts. Après Sem­poux, Deutsch, Basile et Wijck­aert notam­ment, les édi­tions du Sablon pub­lient un pre­mier roman haut en couleurs : Les vach­es de mon­sieur Bur­bur, de Nico­las Han­ot. Con­tin­uer la lec­ture

Le cœur grenadin

Pierre ANDRÉ, Elle s’appelait Lucía, Gras­set, coll. « Le courage », 2022, 174 p., 17 €, ISBN : 978–2‑246–82797‑9

andré elle s appelait lucia« Tout a déjà été dit, mais pas par moi » : tel aurait pu être le leit­mo­tiv de Pierre André lorsqu’il écrivait son pre­mier roman, Elle s’appelait Lucía. Le livre, qui parait aujourd’hui dans l’élégante col­lec­tion « Le courage » (dirigée par Charles Dantzig) des édi­tions Gras­set, racon­te une his­toire éter­nelle – celle d’un ravisse­ment amoureux. Con­tin­uer la lec­ture