Benoît GOFFIN, Lueurs d’ermitage, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2024, 260 p., 17 €, ISBN : 9782874899188
Nos auteurs auraient-ils une fascination particulière pour les ermites ? Après Macaire le Copte (François Weyergans, Gallimard, 1981, Prix Rossel et des Deux magots) et Vie et mort de saint Tercorère le Maudit d’André-Joseph Dubois (Weyrich, 2023), voici que Benoît Goffin nous fait vivre quelques années aux côtés d’un autre reclus, le père Elisée qui s’est établi dans la région de Malmedy. Mais ce moine n’a que peu de points communs avec ses cousins du désert. En fait, il n’a opté pour la vie en solitaire qu’à la suite d’un drame qui a touché la communauté monastique dont il était responsable. Une forme d’exil consenti pour tenter de retrouver la paix et ruminer le désastre qui a fait l’objet d’un premier roman du même auteur, Messes amères (Weyrich, 2022). Au centre de ses pensées, la tension irréductible entre la justice divine et celle des hommes. La première, fondée sur le secret de la confession puis le pardon, et la seconde, publique, liée elle à la recherche de la vérité, à sa mise en lumière, puis à la contradiction des points de vue et à la sentence et à la peine qui l’accompagne éventuellement. Conscient de s’être soustrait au regard des autorités, Elisée nourrit peu à peu le projet de reprendre contact avec l’inspecteur de police qui fut son interlocuteur, sans toutefois passer à l’acte avant d’apprendre le décès du policier en lisant une coupure de presse. Il lui reste à porter son fardeau et surtout à accueillir ceux des humains qui viennent frapper à sa porte. Continuer la lecture →