Archives par étiquette : Éric Brogniet (auteur de la recension)

Entre absence et magie

Un coup de cœur du Car­net

Marc QUAGHEBEUR, Labi­ales, Lieux-Dits édi­tions, coll. « Jour & Nuit », 2024, 72 p., 15 €, ISBN : 978–2‑493715–63‑0

quaghebeur labialesAuteur d’une douzaine de recueils de poèmes depuis 1976, Marc Quaghe­beur (Tour­nai, 1947) s’est voué en par­tie à une forme qui dom­i­na le paysage sous l’influence de la pen­sée de Barthes : la poésie min­i­mal­iste. Elle est moins une réponse à un épuise­ment de la lit­téra­ture, de la pos­si­bil­ité de faire un réc­it, qu’un moyen de dire le vide exis­ten­tiel de l’homme. L’écriture dite blanche est d’abord con­tre : con­tre la lit­téra­ture du passé qui char­rie des lour­deurs styl­is­tiques et nar­ra­tives, con­tre les belles-let­tres, le beau style… Il y aurait une écri­t­ure du non-écrit, a dit Mar­guerite Duras. Dans la plu­part de ses recueils, « […] la poésie de Marc Quaghe­beur s’avère […] sans aucune com­plai­sance sen­ti­men­tale ou descrip­tive ; une poésie ter­ri­ble­ment abstraite dans son objet, mais déli­cate et imagée dans son expres­sion ; trag­ique par les thèmes dev­inés mais sur­prenante de pudeur ou de retenue ; une poésie où l’authenticité per­son­nelle, tou­jours éton­nante et détournée, touche les points essen­tiels de l’existence […] »[1]

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Pour une poétique du lâcher-prise

Daniel CHARNEUX, En bref, Bleu d’encre, 2024, 100 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–80‑2

charneux en bref 1L’œuvre poé­tique de Daniel Charneux (Charleroi, 1955) est dis­crète : deux recueils de haïkus (Pru­ines du temps, 2008 et Si longues sec­on­des, 2010) et un vol­ume À bas bruit (2022). En bref s’inscrit dans la même veine : une écri­t­ure élé­giaque que je qual­i­fi­ais de « langue nar­ra­tive sans fior­i­t­ures, belle comme une ligne claire. » Car Daniel Charneux demeure économe de ses effets. Sous la sim­plic­ité du pro­pos et de la langue — ici le thème de la mémoire, de l’impermanence de l’existence ter­restre — perce tou­jours une réflex­ion méta­physique : « Pourquoi la nos­tal­gie / quand le présent suf­fit ? ». Voici un ton fam­i­li­er à celui des apo­logues boud­dhiques que con­nait bien cet ama­teur des civil­i­sa­tions ori­en­tales qui a pra­tiqué le zen. Con­tin­uer la lec­ture →

Le Top 2024 d’Éric Brogniet

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion d’Éric Brog­ni­et.  Con­tin­uer la lec­ture →

Un nouveau langage pour un monde nouveau

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry-Pierre CLÉMENT, Poésie fenêtre ouverte : essai, Pré­face de Myr­i­am Watthee-Del­motte, Sam­sa, 2024, 178 p., 22 €, ISBN : 9 782875 935755

clement poesie fenetre ouverteLe 9 octo­bre 1992, Thier­ry-Pierre Clé­ment et moi-même rece­vions à Namur le poète Ken­neth White pour un entre­tien sur la géopoé­tique, pub­lié avec divers textes sur le sujet dans le numéro 12 de mai 1993 de la revue Sources. White y déclarait :

[…] je pense qu’on ne peut plus par­ler en ter­mes de nations. […] on ne peut plus par­ler davan­tage en ter­mes d’identité. Je n’aime pas l’idéologie iden­ti­taire. Je peux la com­pren­dre, parce que l’identité quelque­fois, dans une sit­u­a­tion d’opposition, peut être utile. Mais on ne crée pas à par­tir d’une iden­tité, on crée à par­tir d’un jeu d’énergies. Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de met­tre en place, d’encourager un nou­veau jeu d’énergies. Con­tin­uer la lec­ture →

Ophélie et le mythe de la fragilité féminine

Mali­ka EL MAÏZI, Marie, Bleu d’encre, 2024, 50 p., 14,95 €, ISBN : 9–782930-7257–27

el maizi marieMali­ka El Maïzi appré­cie les formes brèves ou mixtes : formes décloi­son­nées ou métis­sage entre écri­t­ure, oral­ité, musique et arts plas­tiques. Ses prob­lé­ma­tiques exis­ten­tielles et fémin­istes par­lent du rap­port au corps, à la sex­u­al­ité, à l’identité cul­turelle et au déter­min­isme psy­cho-social. Voici deux exem­ples con­crets de ses créa­tions, dont le livre imprimé n’est qu’un des sup­ports :
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Le poème comme délivrance

Michel DUCOBU, L’ombre de l’aube, ill. de Manu Hen­ri­on, Coudri­er, 2024, 18 €, ISBN : 978–2‑39052–056‑6

ducobu l'ombre de l'aubeL’ombre de l’aube, quinz­ième livre de poèmes du Namurois Michel Ducobu (1942), s’ouvre par un superbe fron­tispice (dont la repro­duc­tion orne aus­si la cou­ver­ture du livre) de l’artiste, lui aus­si namurois, Manu Hen­ri­on (1951). Ducobu résumait ain­si en 2021 la démarche de cet artiste diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Namur : Con­tin­uer la lec­ture →

Éloge de la fragilité

Anne BONHOMME, Atten­dre. Coudri­er, ill. de Cathy Devylder, 2024, 55 p., 16 €, ISBN : 978–2‑390520–57‑3

bonhomme attendreVoici le dix­ième et dernier recueil de poèmes d’Anne Bon­homme, his­to­ri­enne de for­ma­tion (née à Verviers en 1941 — décédée en sep­tem­bre 2024) dont l’œuvre a obtenu le prix de poésie Nicole Hous­sa  en 1960 et le prix de poésie Emma Mar­tin décerné par l’A.E.B. pour Ici là-bas en 2008. Con­tin­uer la lec­ture →

Nos abîmes intérieurs

Flo­rence NOËL, Sylvie DURBEC, Rup­tures d’étoile, Chat polaire, 2024, 77 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–33‑9

noel ruptures d'étoileNée à Ciney en 1973, Flo­rence Noël a une for­ma­tion en his­toire, en ori­en­tal­isme, en théolo­gie et en didac­tique. Ce livre est son neu­vième recueil de poèmes. Pour Solom­bre (Le Tail­lis Pré) elle a reçu le prix Dela­by-Mour­maux en 2019. Comme c’est le cas ici encore avec Sylvie Durbec, son tra­vail d’écriture se nour­rit régulière­ment de col­lab­o­ra­tions avec d’autres artistes. Sylvie Durbec, artiste plas­ti­ci­enne française, orig­i­naire de Mar­seille, est aus­si autrice (poésie, théâtre, lit­téra­ture jeunesse, romans). Elle est lau­réate du prix Jean Fol­lain pour Mar­seille éclats et quartiers paru chez Jacques Bré­mond en 2008. Son œuvre sen­si­ble est mar­quée par le tra­vail de mémoire, une forme à la fois épurée et col­orée de trans­fig­u­ra­tion lyrique et l’influence du pein­tre Chaïm Sou­tine qui depuis longtemps requiert son atten­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

D’incertaines mélancolies…

Jean JAUNIAUX, Lisières, Bleu d’encre, 2024, 93 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–74‑1

jauniaux lisieresTra­duc­teur et cinéaste de for­ma­tion, Jean Jau­ni­aux déploie son activ­ité dans dif­férents domaines : l’écriture – nou­velles, romans, chroniques lit­téraires – et la cri­tique – arti­cles, entre­tiens, inter­views et écri­t­ures sonores. Il a égale­ment écrit de nom­breuses con­tri­bu­tions à des ouvrages col­lec­tifs. De 2009 jusqu’au décès de son directeur Jacques De Deck­er, il a été rédac­teur en chef de la revue lit­téraire Mar­ginales. Engagé en faveur de la lib­erté d’expression, à tra­vers l’action du PEN Club, il est aus­si sen­si­ble à la con­di­tion des opprimés et des lais­sés-pour-compte, sou­vent présents dans ses nou­velles et réc­its. À pro­pos de son « écri­t­ure sonore », Jean Jau­ni­aux enreg­istre depuis de nom­breuses années des entre­tiens lit­téraires, mis en ligne sur une webra­dio lit­téraire et cul­turelle, L’ivresse des livres et sur ses chaînes Youtube et Sound­cloud. Il dis­pose ain­si d’un instru­ment de dif­fu­sion des entre­tiens avec des acteurs du livre et de la cul­ture et a enreg­istré à ce jour plus de 800 entre­tiens avec des auteurs et autri­ces de romans, nou­velles, ban­des dess­inées, essais, ce qui con­stitue une extra­or­di­naire banque de don­nées et d’informations sur la lit­téra­ture con­tem­po­raine. En même temps que se pub­lie chez MEO son plus récent roman, Le juge­ment des glaces, Jau­ni­aux pub­lie son pre­mier recueil de poèmes. Con­tin­uer la lec­ture →

Une voix vers l’inconnaissance

Un coup de cœur du Car­net

Roland LADRIÈRE, Encres & Trem­blé, Édi­tions de Cor­levour, 2024, 80 p., 15 €, ISBN : 978–2‑37209–133‑6

ladriere encres et tremblésRoland Ladrière (1948) est l’au­teur de recueils poé­tiques, de livres d’artistes, de réc­its et de textes cri­tiques. Par­mi ses tra­duc­tions de la poésie ital­i­enne con­tem­po­raine : une ver­sion com­plète des Œuvres poé­tiques de Sal­va­tore Qua­si­mo­do (prix Nobel 1959) ain­si que des recueils d’Elisa Biagi­ni (Depuis une fis­sure et Fil­a­ments), Sil­via Bre (La fin de cet art) et Fran­co Mar­coal­di (Le temps désor­mais comp­té et Pièges). Comme cri­tique lit­téraire, il col­la­bore aux revues La forge (France) et Le jour­nal des poètes (Bel­gique). Son œuvre pose une inter­ro­ga­tion con­stante sur les pou­voirs du lan­gage poé­tique à tra­vers une écri­t­ure peu bavarde, musi­cale, très phénoménologique et sou­vent apho­ris­tique. La sur­réal­ité des poèmes de Ladrière n’est nulle­ment automa­tique. Elle sem­ble sur­gir d’un indéter­miné de la langue, d’où provi­en­nent des éclats, des aperçus vers le noy­au de ce qui est. Une forme de mys­tique y est opérante. Comme l’écrit Philippe Jones : « La poésie […] n’a pas pour mis­sion d’être le compte ren­du, plus ou moins sub­limé, des faits et gestes du poète ; elle est un moyen de se situer et de se con­naître, d’extraire du vécu le pou­voir d’en reculer l’horizon[1] ». Con­tin­uer la lec­ture →

L’amour est à réinventer

Un coup de cœur du Car­net

Elya VERDAL, L’amour en creux : là où est mon vide est ta place, Bleu d’encre, 2024, ISBN : 978–2‑930725–68‑0

verdal l'amour en creuxRési­dant à Brux­elles, Elya Verdal offre en ce pre­mier ouvrage poé­tique une explo­ration auda­cieuse de l’érotisme, mêlant sub­tile­ment la poésie, la nar­ra­tion et la psy­chothérapie. Née à Limo­ges en 1978, elle se con­sacre désor­mais à l’expression artis­tique et à l’écriture. Ce recueil de prose libre célèbre l’amour dans toute sa com­plex­ité, offrant une vision où l’érotisme se fond har­monieuse­ment avec le spir­ituel et le sen­suel. La prose poé­tique d’Elya Verdal cap­ture l’intensité des émo­tions humaines, offrant une expéri­ence de lec­ture immer­sive et émou­vante. Con­tin­uer la lec­ture →

Effet-miroir

Un coup de cœur du Car­net

Jan BAETENS et Marie-Françoise PLISSART, Mon jardin des plantes : poèmes et pho­togra­phies, Impres­sions nou­velles, 2024, 136 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN :978–2‑39070–145‑3

baetens plissart mon jardin des plantesJan Baetens (1957) est l’auteur de vingt recueils de poésie, dont récem­ment Après, depuis (2021, prix Mau­rice Carême de poésie 2023) et Tant et tant (2022). Styles et thèmes de ses livres vari­ent mais leur point de départ est tou­jours le même : la vie quo­ti­di­enne repen­sée par l’art et la lit­téra­ture. Auteur de nom­breuses études sur les rap­ports entre textes et images, dont Le roman-pho­to (avec Clé­men­tine Mélois) ou Adap­ta­tion et bande dess­inée : éloge de la fidél­ité, dans son essai Illus­tr­er Proust, il présen­tait et dis­cu­tait les répons­es suc­ces­sives don­nées depuis plus d’un siè­cle par les artistes et leurs édi­teurs au désir et à la dif­fi­culté d’illustrer Proust. Il a pub­lié le remix d’une col­lec­tion privée de ciné-romans-pho­tos, Une fille comme toi (2020) et un essai con­tre l’oralisation de la poésie : À voix haute. Poésie et lec­ture publique (2016). Marie-Françoise Plis­sart (1954) est l’une des fig­ures majeures de la pho­togra­phie belge. Comme Baetens, elle s’est intéressée très tôt aux rap­ports entre un texte et une image, réal­isant avec Benoît Peeters le livre Cor­re­spon­dance (Yel­low Now, 1981), début d’une bib­li­ogra­phie abon­dante. Pho­tographe free-lance depuis 1987, elle a réal­isé de nom­breux travaux dans de mul­ti­ples domaines tels que l’architecture, le théâtre, le por­trait et l’illustration. Ses pho­togra­phies ont été notam­ment exposées à Brux­elles, Liège, Paris, Genève, Ams­ter­dam, La Haye, Rot­ter­dam, Berlin et Vienne. Elle est aus­si une vidéaste cap­tivée par l’exploration du tis­su urbain et par ses trans­for­ma­tions. Con­tin­uer la lec­ture →

Écrire ou parier sur les possibles…

Ludi­vine JOINNOT, Sans las­si­tude des paysages, Arbre à paroles, 2024, 112 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–749‑5

joinnot sans lassitude des paysagesDans le précé­dent recueil de Ludi­vine Join­not, Nous vivons encore, « une phrase extraite de La cloche de détresse de […] Sylvia Plath sonne le glas. L’impact d’un gong comme pour mieux accom­pa­g­n­er les dis­parus aux­quels s’adresse l’autrice dans la pre­mière par­tie du livre inti­t­ulée Faire le deuil. » Dans Sans las­si­tude des paysages, Ludi­vine Join­not cite Ale­jan­dra Pizarnik et Manuel Vilas. Celui-ci, écrivain et poète né en 1962 à Bar­bas­tro en Espagne, est une fig­ure de l’avant-garde de la lit­téra­ture espag­nole. Il a écrit : « la joie qui m’intéresse se con­quiert». La pre­mière, poète mys­tique sans dieu, « peu con­nue et célébrée en France, est presque l’objet d’un culte dans sa patrie, l’Argentine, mais aus­si dans le monde his­panophone. Sa noirceur, ses invo­ca­tions amères, son sui­cide, auraient pu en faire un poète mau­dit. Il n’en fut rien […]. Mais la bar­rière, faite des tes­sons de la mort, édi­fiée dans son œuvre, effraie et tient en respect sans doute. Un voile noir cou­vre ses mots, elle glace et elle boule­verse tout à la fois. » Para­doxale­ment au des­tin trag­ique de Pizarnik, c’est à une cita­tion volon­tariste — auto­sug­ges­tive ? — de celle-ci que fait appel Join­not dès l’entame de son recueil : mais je veux me savoir vivante / mais je ne veux pas par­ler / de la mort / ni de ses étranges mains. On notera néan­moins tout de même que, dans les références à des fig­ures de femmes ici mis­es en avant, Join­not fait la part belle à deux sui­cidées. On voit d’emblée que le pro­pos de l’ensemble poé­tique sera à la fois exis­ten­tiel et méta­physique. Con­tin­uer la lec­ture →

Mélancolie et résilience

Philippe LEUCKX, Ce frag­ile chemin des choses, Bleu d’encre, 2024, 15 €, ISBN : 978–2‑930725–69‑7

leuckx ce fragile chemin des chosesPhilippe Leuckx (Havay, 1955) écrit abon­dam­ment : une soix­an­taine d’ouvrages poé­tiques depuis 1994, lit-on dans la notice biographique. C’est à la fois une force et une fragilité : en témoigne ici Ce frag­ile chemin des choses, un ensem­ble com­por­tant deux par­ties à la fois dis­tinctes et com­plé­men­taires, l’une à valeur mémorielle à pro­pos de l’enfance, la sec­onde trai­tant de la vie et de la perte. Com­plé­men­taires sont les poèmes de ce dip­tyque en ce qu’ils évo­quent les proces­sus de la mémoire et du temps qui passe, en une déplo­ration par­fois mélan­col­ique et avec l’aveu des con­fi­dences. C’est un chemin de vie que nous expose ici le poète, à la fois sem­blable à celui de tout homme et dif­férent par ce qu’implique une sen­si­bil­ité blessée, source de l’écriture. C’est sans doute, dans l’abondante pro­duc­tion de l’auteur, le recueil le plus intime et le plus exposé : Con­tin­uer la lec­ture →

Appel d’air…

Un coup de cœur du Car­net

Cécile MIGUEL, Où jamais per­son­ne n’arrive (antholo­gie), fron­tispice de Wolf­gang Oster­held, choix et pré­face d’Yves Namur, Tail­lis Pré, coll. « Ha ! », 2024, 184 p., 19 €, ISBN : 978–2‑87450–221‑7

miguel où jamais personne n'arriveLe Pre­mier man­i­feste du sur­réal­isme a cent ans (1924). L’exposition His­toire de ne pas rire, à Bozar, offre un riche aperçu de ce mou­ve­ment lit­téraire. Il en est une fig­ure « oubliée », qui s’est volon­taire­ment tenue à dis­tance à par­tir du milieu des années soix­ante : une œuvre pic­turale et poé­tique, dont Yves Namur, son légataire et con­nais­seur le plus aver­ti, fidèle à son ami­tié pour l’artiste, a pris divers­es ini­tia­tives pour la faire mieux décou­vrir. En atten­dant le cat­a­logue de l’exposition Cécile Miguel : au creux des apparences, au Musée de la Bover­ie à Liège, le lecteur se reportera aus­si au Tail­lis Pré pour la mono­gra­phie Cécile Miguel, une vie oubliée et à Cécile Miguel et L’âge d’or, là je dors : regard sur un tableau de Béa­trice Lib­ert. Con­tin­uer la lec­ture →

L’amour et le poème comme viatiques

Philippe COLMANT, À la marge du ciel, Pré­face de Philippe Leuckx, ill. de Philippe Col­mant, Coudri­er, 2024, 97 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–058‑0

colmant a la marge du cielNé en 1964 à Brux­elles, Philippe Col­mant est tra­duc­teur de for­ma­tion et de pro­fes­sion. Depuis 2012, il exerce ses com­pé­tences de tra­duc­teur-réviseur au sein de l’u­nité française de la Cour des comptes européenne à Lux­em­bourg. Auteur d’une dizaine de recueils de poèmes, il a obtenu le prix Jean-Kobs 2021 pour Cette vie insen­sée et le prix Dela­by-Mour­maux 2023 pour Tec­tonique du temps. Il a égale­ment signé à ce jour qua­tre romans policiers mais con­sid­ère la poésie comme son prin­ci­pal champ d’expression. Il est mem­bre de l’Association des écrivains belges de langue française (AEB), de l’Association royale des écrivains et artistes de Wal­lonie (AREAW) et du Gre­nier Jane Tony. Il a égale­ment pub­lié un recueil à qua­tre mains avec Philipe Leuckx, Frères de mots. Ce n’est pas leur seule col­lab­o­ra­tion, puisque Philippe Leuckx a signé et signe encore ici une  pré­face aux poèmes de Philippe Col­mant tan­dis que ce dernier fait béné­fici­er de son art pho­tographique l’édition du recueil de Leuckx, Matière des soirs. C’est d’ailleurs une car­ac­téris­tique de la mai­son d’édition Le Coudri­er que de pub­li­er des livres qui sont le fruit des divers tal­ents des pro­tag­o­nistes de son cat­a­logue, soit comme auteurs et autri­ces, pho­tographes, dessi­na­teurs et dessi­na­tri­ces, pein­tres ou pré­faciers. Le Coudri­er favorise ain­si en son sein les dia­logues mul­ti­fonc­tion­nels de ses mem­bres. Con­tin­uer la lec­ture →