Benoît GLAUDE, Écouter la bande dessinée, Impressions nouvelles, 2024, 248 p., 22 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782390701354
La lecture de la bande dessinée engage une expérience multisensorielle au sens où, loin de ne mobiliser que la vue, elle impliquerait une pluralité sensorielle (la vue, l’ouïe ou encore le toucher). Chercheur à l’Université de Gand, auteur de nombreux ouvrages sur la bande dessinée francophones (La bande dialoguée notamment), Benoît Glaude questionne dans son essai Écouter la bande dessinée l’histoire sonore du neuvième art, les multiples formes de mises en voix de la bande dessinée, de sa lecture à voix haute à son oralisation, son adaptation en productions sonores (audio livres, pièces radiophoniques, lectures publiques lors de festivals…). Qu’advient-il de la bande dessinée lorsqu’elle fait l’objet d’une réinterprétation, d’un processus d’adaptation sonore ? Quels sont les défis à relever lorsque sa narration visuelle donne lieu à un récit acoustique ? Analysant les enjeux narratologiques de la lecture orale, de l’enregistrement de la bande dessinée, Benoît Glaude défriche un immense corpus couvrant la bande dessinée européenne, française, belge et américaine. Continuer la lecture




Dans le sillage de la parution d’un ouvrage majeur, 
Anthropologue, économiste, chercheur et développeur en intelligence artificielle, auteur de nombreux ouvrages (La crise du capitalisme américain, La guerre civile numérique, Se débarrasser du capitalisme est une question de survie, Comment sauver le genre humain ? avec Vincent Burnand-Galpin, À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ?, Le capitalisme à l’agonie, Quelques considérations relatives au phénomène « provo »), Paul Jorion interroge en tant que penseur et artisan de la révolution technologique les enjeux, les conséquences, les dangers, les promesses de l’IA. La thèse qu’il développe nous dit que le point de bascule a eu lieu le 14 mars 2023, non pas le jour du dépassement de la Terre, mais la date à laquelle le modèle de langage multimodal, le Chat-GPT4, a signé l’avènement de la Singularité. 
Louable, très louable intention de la part des Éditions de la Province de Liège et du Musée de la Vie wallonne que de proposer deux petits précis de wallon liégeois, afin de clarifier les nombreux questionnements qui subsistent à propos de cet idiôme, jugé en danger par l’UNESCO même. Si le premier volume est tout entier consacré à l’aspect phonétique de la maîtrise, avec applications et exercices à l’appui, le second propose de reparcourir l’histoire et la culture de la langue wallonne, depuis ses origines les plus profondes jusqu’à ses illustrations littéraires du 20e siècle.
Sur la couverture, un aphorisme peint, lettres noires sur fond rouge, de et par François Jacqmin : « Pourvu qu’il n’arrive Rien ». Ce grand Rien, que pouvait-il représenter pour le poète des Saisons et du Domino gris ? On songe à « la Catastrophe », qui hantait les pages du seul roman de Christian Dotremont, La pierre et l’oreiller. Mais chez Jacqmin, qui n’a cessé de creuser par l’écriture ce puits sans fond qu’est la notion même d’exister, ce grand Rien reste un mystère. Les écrits publiés, inédits ou ébauchés de Jacqmin, déposés et inventoriés aux Archives et Musée de la Littérature (AML), font désormais l’objet d’une volonté de publication intégrale. C’est ainsi qu’
Une pluie de publications récentes fait la part belle aux écrits de Colette Nys-Mazure. Parmi celles-ci, Sans crier gare évoque son attachement pour l’univers ferroviaire. La Tournaisienne y dépeint un microcosme en miroir de la société.
« Les Saules, centre de jour pour adultes en difficulté psychiatrique, est à la recherche d’un(e) écrivain(e) pour animer deux heures par semaine un atelier d’écriture […] Il ne s’agit pas d’animer un atelier au sens de faire écrire, avec autant de talent que ce soit, mais plutôt d’incarner sa propre place d’artiste, et de transmettre la question de la création et de ses enjeux. » Tel est le message qui est adressé à la narratrice-autrice Nathalie Skowronek via une respectable librairie bruxelloise. Cette requête la fait doucement sourire : une institution littéraire qui a toujours tu ses parutions lui transmet un courriel concernant une activité qu’elle ignore, n’ayant jamais ni suivi ni animé d’atelier d’écriture. Pourtant, sans trop savoir pourquoi, elle qui se trouve en fragilité et en inquiétude à ce moment-là (comme à d’autres) de sa vie, accepte la proposition. Une réaction surprenant pour celle qui « préfèr[e] renoncer que risquer, garder la main plutôt que [s’] exposer ».
Destiné à ceux et celles qui écrivent ou que l’écriture de fiction tenterait, cet essai est nourri de la demande faite un jour à Thomas Lavachery d’animer un séminaire autour des « Pratique de l’écriture pour la jeunesse » dans le cadre d’un master consacré aux métiers du livre jeunesse créé par l’Université Charles de Gaulle, Lille 3.
Docteur en philosophie, maître de conférences à l’Université catholique de Lille, Tyler Reigeluth questionne les projets de « villes intelligentes », de « smart cities » qu’on nous impose de manière écrasante à travers le monde depuis les années 2000. Publié aux Éditions Météores dont on soulignera la force de la ligne éditoriale, L’intelligence des villes. Critique d’une transparence sans fin sonde les enjeux explicites et cachés, les fantasmes, la vision de l’urbanisation et du vivre ensemble que mobilise le « solutionnisme technologique » (Evgeny Morozov), la gestion technologique de l’espace urbain. Que recouvre le mot d’ordre actuel d’une intelligence artificielle censée « sauver » les villes des impasses écologiques, sociales qu’elles génèrent ?