Archives de catégorie : Nouvelles

Photos d’enfances

Chris­tine VAN ACKER, Ceux que nous sommes, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2016, 147 p., 14 €

van-ackerNous auri­ons pu inti­t­uler cet arti­cle « His­toires de retombances », en nous inspi­rant du néol­o­gisme que Chris­tine Van Ack­er a créé pour qual­i­fi­er la démarche de son nou­veau livre, Ceux que nous sommes, pub­lié aux édi­tions Weyrich. Con­tin­uer la lec­ture

L’art de voir double

Un coup de coeur du Carnet

Thier­ry HORGUELIN, Nou­velles de l’autre vie, Mon­tréal, L’Oie de Cra­van, 14 €, ISBN : 9782922399998

horguelinThier­ry Horguelin, le plus british des citoyens de la République Libre d’Outremeuse, nous revient après un large détour par Mon­tréal. Son recueil Nou­velles de l’autre vie, édité par l’enseigne au nom énig­ma­tique L’Oie de Cra­van, s’annonce en qua­trième de cou­ver­ture comme « l’exploration de quelques labyrinthes ». Égare­ment garan­ti. Con­tin­uer la lec­ture

Armel Job, au-delà de l’obscurité

Armel JOB, Sept his­toires pas très catholiques, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 137 p., 14 €   ISBN: 9782874893834

jobOn ne présente plus Armel Job, en tout cas comme maître du genre romanesque. Il restait à le décou­vrir en orfèvre de la nou­velle, et voici que les Édi­tions Weyrich nous en offrent l’opportunité, en pub­liant ces Sept his­toires pas très catholiques. Con­tin­uer la lec­ture

« Les projets naissent dans des cendriers »

Tom NISSE, Con­tre la tac­tique de l’horloge, édi­tions Dernier télé­gramme, 2016, 13€

nisseNe pas se laiss­er décourager par le texte un peu sim­pliste de la qua­trième de cou­ver­ture de ce nou­v­el ouvrage du poète brux­el­lo-lux­em­bour­geois Tom Nisse qui, par­lant d’une « oppor­tu­nité de pren­dre con­science de notre présent et de sa durée tou­jours frag­ile » ne rend, de mon avis, pas vrai­ment ni compte ni jus­tice au très beau con­tenu de Con­tre la tac­tique de l’horloge. Con­tin­uer la lec­ture

Des choses agaçantes du quotidien

Marc MEGANCK et Aurélie RUSSANOWSKA,  Au sud des jours ordi­naires, 180e édi­tions, 192 p., 19 €

meganckDepuis longtemps, on con­nait la qual­ité des ouvrages des édi­tions « 180° », prin­ci­pale­ment axées sur le beau-livre et le tourisme. Des ouvrages à la fois intéres­sants et de belle fac­ture. Ces dernières années, l’éditeur a décidé d’ouvrir son cat­a­logue à d’autres col­lec­tions, dont le roman polici­er ou la prose. C’est dans cette optique que vient de paraître Au sud des jours ordi­naires, de Marc Meganck (texte) et Aurélie Rus­sanows­ka (illus­tra­tions). Un livre qui a des accents de « pre­mière fois » puisqu’il s’agit là de leur pre­mière réal­i­sa­tion com­mune, mais qui témoigne déjà, dans sa réal­i­sa­tion, d’une pro­fonde maitrise artis­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Lecteur ébranlé

Éric DEJAEGER, Le petit Jésus et la vie sex­uelle des poètes, Cac­tus Inébran­lable édi­tions, 2016, 131 p., 15€

dejaeger jesusAprès Courts, tou­jours ! paru en 2015 égale­ment chez Cac­tus Inébran­lable édi­tions, Dejaeger s’étend davan­tage dans ce recueil de nou­velles aus­si drôle que dérangeant. Pas de quoi crain­dre les longueurs las­santes pour autant. Si vous cherchez une brique pour vous occu­per sur le transat durant vos deux semaines au bord de la piscine, passez votre chemin ! On est dans le réc­it bref, les nou­velles cour­tes. C’est rapi­de, et intense. Con­tin­uer la lec­ture

Un inventaire coloré

Col­ine MAURET, L’Origine du monde. Nou­velles éro­tiques, Brux­elles, ONLiT, 2016, 66 p., 10 €/ePub : 4.99 €

mauretCertes, on en voit de toutes les couleurs en lisant le recueil de nou­velles de Col­ine Mau­ret, L’origine du monde. Un ouvrage qui ne cache pas ses inten­tions puisqu’il fait, dès son titre, explicite­ment référence au tableau de Courbet, une com­mande privée du diplo­mate tur­co-égyp­tien Khalil-Bey, que tous peu­vent voir aujourd’hui au Musée d’Orsay à Paris. Le sous-titre éclaire mieux encore ceux qui n’auraient pas com­pris l’allusion pre­mière. Con­tin­uer la lec­ture

Pauvre Michaël !

Michel THAUVOYE, Un dernier ver ? , Cac­tus inébran­lable édi­tions, 2016

thauvoye « Que peut-il arriv­er à un pt’it black, vêtu de som­bre, (qui par­court) la cam­pagne par une nuit sans lune » ? [1]  Rien de bon assuré­ment, répon­drez-vous et vous aurez mille fois raisons.

Dans ces divers­es nou­velles, des pièges mul­ti­ples et insoupçon­nés  se refer­ment sur le pau­vre Michaël, per­son­nage cen­tral et récur­rent du recueil. Il est vic­time d’une fatal­ité aus­si implaca­ble qu’improbable, procé­dant selon un mécan­isme à ce point tor­du, qu’elle en devient absurde et drôle. Michaël est à sa façon une attachante reine des pommes, il meurt plusieurs fois dans le recueil, par­fois avec le sourire, parce qu’il croit, au moment de mourir, assou­vir une petite vengeance et obtenir une mai­gre con­so­la­tion.  Rien d’important, ni de cer­tain d’ailleurs, mais Michaël a appris, au fil des réc­its que lui fait vivre son auteur, à se con­tenter de peu. Con­tin­uer la lec­ture

Le regard de l’oiseau

Un coup de coeur du Carnet

Jean de BOSSCHERE, Les paons et autres mer­veilles, illus­tra­tions de Bernard Duhem, Klinck­sieck, coll. « De natu­ra rerum », 2016, 174 p., 17,50 €, ISBN : 9782252040195

bosschereEn 1924, Jean de Boss­chère quitte Lon­dres et s’installe non loin de Rome, sur la via Appia Anti­ca. Il com­mence à rédi­ger Marthe et l’enragé qui paraît en 1927. En 1933, il pub­lie Les paons et autres mer­veilles où il décrit les deux années de bon­heur passées à Due San­ti. Dans ce dernier livre, il n’évoque cepen­dant jamais la rédac­tion de Marthe et l’enragée. Les deux textes sont d’ailleurs dis­sem­blables. Autant Marthe est un roman som­bre et dra­ma­tique, autant Les paons est solaire et heureux. Là où le pre­mier roman décrivait la jeunesse de l’auteur en le dis­sim­u­lant sous le masque de son per­son­nage, le réc­it de 1933 est con­duit par un je totale­ment assumé. Mais surtout le dis­cours sur l’enfance change com­plète­ment entre les deux livres. Con­tin­uer la lec­ture

Brèves rencontres

Patrick DUPUIS, Enfin seuls ?, Avin, Luce Wilquin, 2016, 132 p.

Avec Enfin seul ?, son dernier recueil, Patrick Dupuis – fon­da­teur, par ailleurs, des édi­tions Quad­ra­ture con­sacrées exclu­sive­ment à la pub­li­ca­tion de nou­velles – donne à nou­veau cours à sa pas­sion pour ce genre lit­téraire. Et cela au gré de vingt-six textes courts, sou­vent de qua­tre ou cinq pages, que l’on peut qual­i­fi­er, à quelques excep­tions près, de « brèves ren­con­tres » qui pour être sans lende­main n’en sont pas pour autant sans reten­tisse­ment dans l’existence des pro­tag­o­nistes avec, en éter­nelle invitée, cette épice aigre-douce de la vie qui s’appelle l’ironie du sort. Con­tin­uer la lec­ture

De bonnes nouvelles du Congo

Richard ALI, Fred­dy KABEYA, Monique MBEKA PHOBA, Parole L.P. MBENGAMA, Bibish MUMBU, et Joëlle SAMBI, Nou­velles du Con­go,  Mag­el­lan et Cie, 2016, 146 p.

nouvelles_du_congoLes édi­tions Mag­el­lan et Cie décli­nent à l’envi une col­lec­tion forte déjà de près de quar­ante vol­umes qui rassem­blent des auteurs de nou­velles d’un pays, d’une région ou d’une ville, avec une prédilec­tion pour des des­ti­na­tions lit­téraires sou­vent oubliées. Ici, c’est du Con­go qu’il est ques­tion, autour de six auteurs dont le des­tin est lié à ce pays, par la nais­sance, l’origine ou le séjour long. Con­tin­uer la lec­ture

Brèves d’écritoire

Un coup de coeur du Carnet

Jacques STERNBERG, Divers faits. Con­tes ultra brefs (presque) inédits, Dessins de Siné, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 70 p.

Si Félix Fénéon inven­ta le con­cept des « nou­velles en trois lignes », manière de rubrique des chiens écrasés sur­com­pressée, Jacques Stern­berg a quant à lui anticipé le « con­te-SMS ». C’est du moins Éric Dejaeger qui nous en con­va­inc, dans sa présen­ta­tion du recueil Divers faits.

Jacques Stern­berg se redé­cou­vre sans fin tant son œuvre est foi­son­nante, à tel point que dans son cas, il ne serait peut-être pas hasardeux d’oser le néol­o­gisme d’« hyper­o­graphe ». Sa pro­duc­tion effrénée peut bien sûr s’expliquer par des raisons soci­ologiques (une ambi­tion de con­quérir le champ lit­téraire parisien) et est d’autant plus admirable qu’elle prend place dans un quo­ti­di­en âpre, Stern­berg s’étant épuisé en boulots abrutis­sants pour assur­er la sub­sis­tance de sa famille. Con­tin­uer la lec­ture

En humaine compagnie

Pas­cal BLONDIAU, Sept Nov­el­ettes (et quelque), Les Car­nets du Dessert de Lune, coll. « Demi-Lune », 2016

La Nuit porte deux valis­es.

Dans sa main gauche, la poignée de l’au­rore, et dans la droite, la lanière des cré­pus­cules.

À taille, dans une bourse de cuir qu’un lacet délie, les aubes.

J’en détaillerai cer­taines.

Con­tin­uer la lec­ture

Portraits de familles

Michel TORREKENS, Papas !, Zel­lige, 2016, 157 p., 14.90 €

torrekensCe matin-là, Sig­mund Zieger reçoit une let­tre inat­ten­due. Et sur­prenante. Un jeune homme lui annonce être son fils. Loin des effu­sions sen­ti­men­tales, cette déc­la­ra­tion est pleine de rage et de haine. Car l’adolescent en est cer­tain : le vieux pro­fesseur n’a même plus à l’esprit le vis­age de la jeune étu­di­ante qu’il a séduite voilà des années de cela. Pas le moin­dre sou­venir de cette femme qui l’a pour­tant aimé d’un amour dévo­rant, au point d’en oubli­er de vivre. Déroutante mis­sive. Con­tin­uer la lec­ture

Lire ou relire Jean Ray ? Oui et oui

Un coup de coeur du Carnet

Jean RAY, Les con­tes du whisky, Paris, Alma, 2016, 283 p., 18 €
Jean RAY, La cité de l’indicible peur, Paris, Alma, 2016, 253 p., 18 €

ray whiskyLa ques­tion de la disponi­bil­ité des droits ayant trou­vé une solu­tion, les édi­tions Alma se lan­cent aujourd’hui dans un néces­saire et ambitieux pro­gramme de réédi­tions de Jean Ray. Comme le dit Arnaud Hufti­er, maître d’œuvre de ce tra­vail, on a mal­heureuse­ment per­du une généra­tion de lecteurs. Il faut main­tenant ten­ter de réim­pos­er le nom de Jean Ray dans l’univers fran­coph­o­ne dont il était presque totale­ment absent depuis la fin des années 80 et les pub­li­ca­tions chez NéO, si l’on excepte les trois titres disponibles dans la col­lec­tion Espace Nord. Par con­tre, il n’a jamais cessé d’être édité dans d’autres langues et est encore con­sid­éré aujourd’hui, en dehors du domaine fran­coph­o­ne, comme un auteur majeur de la lit­téra­ture et pas seule­ment de la lit­téra­ture de l’étrange. Con­tin­uer la lec­ture

Les plus courts sont les meilleurs !

Éric DEJAEGER, Courts, tou­jours ! 150 con­tes élagués, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 2015, 89 p., 7€
Sarah et Éric DEJAEGER, Poèmes mignons pour petits capons, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2016, 34 p., 8€

Court toujours cover 3Ama­teurs d’aphorismes, ne bougez plus ! Vous êtes au bon endroit. Vous avez trou­vé votre prochaine lec­ture, votre nou­v­el auteur fétiche, peut-être même votre maitre. Mais si vous êtes un adepte du style, l’auteur de Courts, tou­jours ! ne vous est sans doute pas un incon­nu. Tan­tôt poète, tan­tôt romanci­er ou nou­vel­liste, Éric Dejaeger nous rav­it cette fois avec un style aus­si court que pos­si­ble. Et per­cu­tant. Con­tin­uer la lec­ture