Archives de catégorie : Rentrée littéraire 2021

rentrée litteraire 2021

Toute l’ac­tu­al­ité de la ren­trée lit­téraire d’au­tomne 2021.

De l’inconvénient d’être née fille

Sophie DEROISIN, Petites filles d’autrefois 1750–1940, Pré­face de Véronique Bergen, Académie royale de la langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2021, 340 p., 24 €, ISBN : 978–2‑8032–0060‑3

deroisin petites filles d'autrefoisL’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es pour­suit son tra­vail de (ré)édition d’œuvres du pat­ri­moine lit­téraire belge. Après L’herbe qui trem­ble de Paul Willems et le Théâtre de Jacques De Deck­er, l’institution pose un choix plus sin­guli­er en repub­liant Petites filles d’autrefois 1750–1940 de Sophie Deroisin.

Ce nom ne dira sans doute rien à la majorité. Sophie Deroisin, nom de plume de Marie de Rom­rée de Vich­enet (1909–1994), est pour­tant l’autrice d’une dizaine de livres. Des romans et des essais prin­ci­pale­ment, mais aus­si le recueil de nou­velles Les dames qui lui a valu le prix Rossel en 1975. Petites filles d’autrefois est son dernier ouvrage, paru en 1984. Con­tin­uer la lec­ture

Comment remédier à l’irrémédiable ?

Un coup de cœur du Car­net

Jacques VANDENSCHRICK, Avec l’é­carté et autres poèmes, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 218 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–553‑7

vandenschrick avec l ecarte et autres poemesTôt ou tard, il était fatal que le dis­cret Jacques Van­den­schrick fît son entrée dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord, aux côtés des grands Jacques Izoard, Claire Leje­une ou François Jacqmin. Depuis trente-cinq ans, en effet, il a pub­lié chez le très exigeant édi­teur Cheyne, en Haute-Loire, dix livres illus­trant une vérité peu con­testable : il n’est de grande poésie que celle qui crée sa pro­pre poé­tique. Et celle-ci, qui peut certes intimider le novice, emporte l’at­ten­tion et l’ad­hé­sion du lecteur expéri­men­té avant même qu’il ait pris le temps de démêler l’éche­veau des mots… Con­tin­uer la lec­ture

Comment perdre ses plumes

Cather­ine DESCHEPPER, Le com­plexe du gastéropode, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2021, 208 p., 15 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑87489–646‑0

deschepper le complexe du gasteropodePrenez qua­tre jeunes auteurs prêts à tout pour percer. Installez-les con­fort­able­ment dans l’aile d’un beau château. Don­nez-leur trente jours pour met­tre la dernière main à leur nou­veau pro­jet lit­téraire. Promet­tez à un seul d’entre eux la pub­li­ca­tion et les feux de la rampe. Atten­dez. Observez.

Voilà le principe act­if du dernier roman de Cather­ine Deschep­per. Sur cette trame apparem­ment ortho­doxe se tis­sera un réc­it par­faite­ment imprévu, objec­tive­ment décon­cer­tant et auda­cieuse­ment bur­lesque. Con­tin­uer la lec­ture

Amélie Nothomb dans la 2e sélection du Renaudot

nothomb premier sang

Les sélec­tions des grands prix d’au­tomne s’affinent pro­gres­sive­ment. Aujour­d’hui, c’est le jury du Renau­dot qui a com­mu­niqué sa deux­ième sélec­tion, dans les caté­gories Roman et Essai. Con­tin­uer la lec­ture

Danse au bord de l’abîme

Sophie PIRSON, Cou­vrez-les bien, il fait froid dehors… Con­ver­sa­tions avec Fati­ma Ezzarhouni, Cerisi­er, 2021, 105 p., 12 €, ISBN : 9782872672325

pirson couvrez les bien il fait froid dehorsSophie Pir­son nous donne à lire les frag­ments de ses nom­breuses con­ver­sa­tions avec Fati­ma Ezzarhouni, une femme ren­con­trée dans un pro­gramme de médi­a­tion. Rien n’est anodin dans l’espace de parole qui a per­mis une entre­vue sur­prenante entre les deux femmes, l’une étant une Brux­el­loise dont la fille a été blessée lors de l’attentat de Mael­beek, et l’autre, une Anver­soise d’origine maro­caine dont le fils rad­i­cal­isé est par­ti en Syrie. Con­tin­uer la lec­ture

L’ange de la mort sonne toujours deux fois

Paul EMOND, Don Qui­chotte avant la nuit et Grac­chus, Lans­man, 2021, 100 p., 12 €, ISBN : 9782807103245

emond don quichotte suivi de gracchusDeux textes de Paul Emond, Don Qui­chotte avant la nuit et Grac­chus, rassem­blés dans une même pub­li­ca­tion, met­tent en scène des êtres proches du tré­pas. L’ange de la mort rôde à chaque page. Cet entre-deux – entre vie et mort – est sym­bol­isé par une belle illus­tra­tion de Maja Polack­o­va en page 55.

Dans Don Qui­chotte avant la nuit, deux hommes se tien­nent côte à côte dans un grand lit, dernière rési­dence de leur pas­sage sur terre. L’un appré­cie par­ti­c­ulière­ment la lec­ture. L’autre est un grand bavard. Une femme, surnom­mée la passeuse, les accom­pa­gne dans leur dernier voy­age et leur prodigue des soins, notam­ment sa fameuse huile de pas­sage. Tous deux n’ont plus beau­coup d’appétit et s’assoupissent sou­vent. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires 2021 : le récapitulatif d’automne

La ren­trée lit­téraire d’au­tomne est aus­si la sai­son des prix. Alors que les grands prix lit­téraires ont livré leur pre­mière sélec­tion, voici un bilan des auteurs et autri­ces belges lauréat.e.s ou final­istes de prix lit­téraires en 2021. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire belge : une revue de presse

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Plus de 500 romans défer­lant vers les librairies de la mi-août à la fin sep­tem­bre, selon le cal­cul de Livres Heb­do. La ren­trée lit­téraire aura fait dans la démesure, cette année encore. Et con­damné à l’anony­mat les nom­breux livres qui n’au­ront pas la chance d’être des “têtes de gon­do­le”.

Les auteurs et autri­ces belges, nom­breux, qui ont par­ticipé à cette grande liturgie autom­nale des Let­tres ont béné­fi­cié, comme tous leurs con­frères, d’une expo­si­tion médi­a­tique vari­able. Tour d’hori­zon des jour­naux, mag­a­zines et blogs, sur papi­er ou en ligne, et de ce qu’ils écrivent de la ren­trée belge. Con­tin­uer la lec­ture

Prométhée post-moderne ?

Björn-Olav DOZO et Dick TOMASOVIC, Dark Vador, à feu et à sang, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2021, 140 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87449–905‑0

dozo tomasovic dark vadorDéjà, le nom ! « Dark Vador » en français, une tra­duc­tion qui n’est pas trop ban­cale : George Lucas, le créa­teur du per­son­nage, a con­fessé avoir con­stru­it le nom « Darth Vad­er » en écho à l’idée d’un « père som­bre » (« Dark Father » en anglais).

Ensuite, l’apparence :

 (…) surhu­maine, ténébreuse et menaçante, sa voix basse exp­ri­mant per­pétuelle­ment une colère qui gronde, le bruit lourd et métallique de sa res­pi­ra­tion arti­fi­cielle (…).  Con­tin­uer la lec­ture

Jeune, jolie, riche et morte

Bernadette DE RACHE, La fille sur le banc, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2021, 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782874896675

Sans doute est-ce une car­ac­téris­tique majeure et heureuse du roman polici­er actuel que de don­ner tout autant de place à la vie intime des enquê­teurs en charge d’élucider un crime qu’à la réso­lu­tion de l’énigme crim­inelle elle-même. En marge de l’enquête, d’autres enjeux per­son­nels exis­tent, qui inter­agis­sent avec celle-ci tout en for­mant un réc­it par­al­lèle. La fille sur le banc s’inscrit pleine­ment dans cette veine nar­ra­tive en nous inté­grant dans l’équipe poli­cière chargée de l’affaire sous la direc­tion de Steve, un taiseux tout entier voué à sa mis­sion qui le mobilise de jour comme de nuit, au point qu’il en oublie sa famille, ou nég­lige de dormir ou de manger. Sa volon­té de com­pren­dre les ressorts du crime et de dépass­er les apparences crée en lui un mou­ve­ment men­tal sans repos auquel Bernadette De Rache nous asso­cie tout en suiv­ant tour à tour les autres mem­bres de l’équipe : Marie l’impétueuse, qui fonc­tionne à l’instinct, Ange­lo, le magi­cien qui délie les secrets des ordi­na­teurs et porta­bles. Con­tin­uer la lec­ture

Liliana Cavani et Véronique Bergen : hérétiques et révolutionnaires

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Porti­er de nuit : Lil­iana Cavani. Impres­sions nou­velles, 2021, 224 p., 20 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87449–899‑2

bergen portier de nuit liliana cavaniVéronique Bergen pro­pose une réflex­ion éblouis­sante à par­tir de la trame thé­ma­tique d’un film-culte qui fit scan­dale au moment de sa dif­fu­sion (1974) : Porti­er de nuit de Lil­iana Cavani, réal­isatrice qui, dans la plu­part de ses films, s’at­tache à décrire la com­plex­ité des sen­ti­ments amoureux, les zones d’om­bre de l’être humain, englué dans des sit­u­a­tions his­toriques, poli­tiques ou sociales trou­blées.

Bergen, dont l’œuvre elle-même explore depuis ses débuts des per­son­nal­ités en rup­ture et des états lim­ites, traite de manière arbores­cente de l’histoire du ciné­ma ital­ien, des par­al­lélismes entre l’art de Cavani et de Pasoli­ni, de ce qui les dif­féren­cie ou rap­proche des autres réal­isa­teurs de leur généra­tion ; du con­texte socio-poli­tique de l’Italie et de l’Europe d’après-guerre ; de l’essence du Troisième Reich[1] ; de la psy­cholo­gie des bour­reaux et des vic­times ; de la psy­cholo­gie  indi­vidu­elle et de masse ; de la fonc­tion de l’art et de la nature de la fonc­tion scopique, de l’image et du ciné­ma. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix Filigranes 2021

damas prix filigranes 2021

La librairie Fil­igranes remet son prix lit­téraire aujour­d’hui. Ou plutôt ses prix lit­téraires, puisque trois auteurs sont récom­pen­sés. Con­tin­uer la lec­ture

Le roman d’un destin

Claude RAUCY, Les orages pos­si­bles, M.E.O., 2021, 146 p., 15 €, ISBN : 9782807002920

raucy les orages possibles

Cer­tains livres nous don­nent le bon­heur de renouer avec le plaisir sim­ple de la lec­ture d’une his­toire. Le dernier roman en date de Claude Raucy appar­tient à cette caté­gorie, don­née par ces écrivains qui nous immer­gent lit­térale­ment dans la fic­tion. Coleridge évo­quait cette néces­saire démarche sol­lic­itée chez le lecteur de fic­tion : « la sus­pen­sion volon­taire de lincré­dulité ». Avec le roman Les orages pos­si­bles, le lecteur renoue, au fil des 146 pages du réc­it, avec cette sen­sa­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Tout est bien qui finit bien…

Claude DONNAY, L’heure des olives, M.E.O, 2021, 280 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8070–0296‑8

donnay l'heure des olivesLes écrivains passent sou­vent pour des obsédés sex­uels, à tort ou à rai­son, mais moi je n’écris rien… Je ne fais rien… je ne suis rien… Par­fois je me demande si mon faux burn out n’est pas en train de muter comme un virus asi­a­tique.” Tels sont les pro­pos désen­chan­tés de Nathan Riv­ière, « héros » de L’heure des olives, dernier roman de Claude Don­nay. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Décembre : la première sélection

wauters mamhmoud ou la montee des eaux

Les jurys des prix lit­téraires con­tin­u­ent de dévoil­er leurs sélec­tions et lauréat.e.s. Aujour­d’hui, c’est le prix Décem­bre qui révèle le nom de ses onze final­istes. Con­tin­uer la lec­ture

Les idées, la poésie : sœurs ennemies ?

Roger BODART, Orig­ines. Poésies com­plètes, Sam­sa, coll. “Les Évadés de l’Ou­bli”, 2021, 431 p., 30 €, ISBN : 978–2‑87593–342‑3

Roger BODART, Dia­logues. Europe, Afrique, Amériques, Israël, Sam­sa, coll. “Les Évadés de l’Ou­bli”, 2021,  255 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–340‑9

bodart originesAidé par Flo­rence Richter et François Ost, Chris­t­ian Lutz réédite en deux épais vol­umes une part notable des écrits de Roger Bodart, écrivain, jour­nal­iste, per­son­nage-clé de notre milieu lit­téraire (1910–1973). Curieuse­ment inti­t­ulé Orig­ines, le pre­mier rassem­ble les neuf livres de poèmes pub­liés entre 1930 et 1968, à quoi s’a­joutent deux recueils posthumes et des extraits de presse. Se trou­ve ain­si mis en lumière, avec ses faib­less­es et ses réus­sites, ses con­stantes et ses inno­va­tions, le par­cours du poète en quar­ante-trois ans d’écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture