La rentrée littéraire 2021 se prépare

rentrée litteraire 2021

L’été est là et l’actualité édi­to­ri­ale, par­ti­c­ulière­ment chargée ces derniers mois, va se met­tre elle aus­si au farniente. Pour une courte péri­ode seule­ment : dès la deux­ième quin­zaine d’août, ce sera la ren­trée lit­téraire. Ampleur et défer­lement au pro­gramme.

Un pro­gramme que les maisons d’édition ont pré­paré de longue date et qui est aujourd’hui, pour une très large part, arrêté. Livres Heb­do, qui met chaque année la ren­trée lit­téraire en chiffres, annonce 521 romans, dont 379 romans français et 75 pre­miers romans. Des don­nées qui ne dis­ent bien sûr pas tout : le mag­a­zine n’envisage la ren­trée lit­téraire que sous l’angle des romans, à l’exclusion en out­re des œuvres de genre (thriller, fan­ta­sy…), et étudie la seule ren­trée des édi­teurs français, ne nous éclairant guère sur les ten­dances de l’édition en Bel­gique.

Du côté des auteurs et autri­ces belges, qu’ils pub­lient en France ou en Bel­gique, la ren­trée s’annonce aus­si foi­son­nante. Du roman à l’essai, de la nou­velle à la poésie, tour d’horizon des pub­li­ca­tions atten­dues du 18 août, date des débuts offi­ciels de la ren­trée, à la fin décem­bre.

Les romans et récits : découvertes et confirmations

Comme tou­jours, le roman occu­pera une place cen­trale dans cette ren­trée. En 2020, après une péri­ode de ralen­tisse­ment, voire d’arrêt, due à la longue fer­me­ture des librairies, les maisons d’édition avaient par­ié sur des valeurs sûres et le nom­bre de pre­miers romans était assez réduit. La ren­trée 2021, qui vient après des mois plus nor­maux, signe aus­si le retour des pri­mo-romanciers (10 de plus que l’année dernière selon Livres Heb­do).

Il est cer­taine­ment illu­soire de vouloir trou­ver un fil rouge entre des pub­li­ca­tions aus­si divers­es, mais quelques ten­dances ressor­tent néan­moins. Une absence tout d’abord : celle de la pandémie et du con­fine­ment. Alors que l’on annonce (et que d’aucuns craig­nent), depuis l’année dernière, un défer­lement de réc­its et fic­tions sur ce thème, force est de con­stater qu’il a très peu influ­encé les romanciers et roman­cières. La famille, l’exploration des racines famil­iales, des secrets et men­songes sem­ble par con­tre beau­coup plus inspir­er auteurs et autri­ces – que l’histoire famil­iale en ques­tion soit la leur, revis­itée par l’écriture, ou qu’il s’agisse d’une famille de pure fic­tion.

En France

Comme chaque année, Amélie Nothomb ouvri­ra le bal de la ren­trée en France. Son tren­tième roman, Pre­mier sang, paraitra le 18 août aux édi­tions Albin Michel. Elle y donne la parole à Patrick Nothomb, son père décédé en 2020, pour un réc­it où il évoque son enfance au Pont d’Oye et la prise d’otages à Stan­leyville, alors qu’il était con­sul de Bel­gique.

Amélie Nothomb lors de la présen­ta­tion de la ren­trée lit­téraire Albin Michel le 7 juin

Amélie Nothomb n’ouvrira pas seule la ren­trée des Belges : elle sera accom­pa­g­née par Sophie d’Aubreby, dont le pre­mier roman S’en aller, sort le 18 août aus­si, aux édi­tions Inculte. À tra­vers le per­son­nage de Car­men, de ses pre­miers pas dans la Résis­tance jusqu’à sa mort, le roman nous con­te l’histoire de l’émancipation fémi­nine au 20e siè­cle. Le même édi­teur pub­liera même deux auteurs belges pour cette ren­trée. Deux ans après Blues pour trois tombes et un fan­tôme qui lui avait valu une place de final­iste du prix Rossel 2019, Philippe Mar­czews­ki présente son deux­ième roman, Un corps trop­i­cal. La sor­tie est prévue le 26 août.

Une date à retenir, puisque qua­tre autres romans sont pro­gram­més ce jour-là.

moeschler alice et les autres

C’est le cas de celui de la lau­réate du prix Rossel 2019, Vin­ciane Moeschler. Après un roman pour ado­les­cents (À corps par­fait, Le Mus­cadier), l’autrice revient à la lit­téra­ture générale avec Alice et les autres. His­toire d’une femme atteinte d’un trou­ble dis­so­ci­atif, entre vie de famille et séjours en insti­tu­tion psy­chi­a­trique, le livre paraitra au Mer­cure de France.

wauters mamhmoud ou la montee des eauxChez Verdier, Antoine Wauters pub­lie Mah­moud ou la mon­tée des eaux. Trois ans après Moi, Marthe et les autres et Pense aux pier­res sous tes pas, ce nou­veau roman en vers nous emmène en Syrie, à la suite de la con­struc­tion d’un bar­rage. Un vieil homme se lance sur les eaux pour retrou­ver son vil­lage englouti et plonge en même temps dans ses sou­venirs.

crousse retour en pays natalAu Cas­tor astral, le jour­nal­iste et écrivain Nico­las Crousse opère un Retour en pays natal. Dans ce réc­it, il évoque sa jeunesse, ses sou­venirs. La fig­ure de son père, le poète Jean-Louis Crousse, est aus­si le point de départ d’une réflex­ion sur la pater­nité et la trans­mis­sion.

Chez Gras­set, ce sera Rien que le soleil. Le pre­mier roman de Lou Kanche évoque une pro­fesseure attirée par son élève, qui fuit ce désir en par­tant, d’abord pour Mar­seille où elle retrou­ve un ami, puis pour Alger.

Pre­mier roman encore aux édi­tions de l’O­gre avec Ici, la Béringie de Jere­mie Brugi­dou. Trois per­son­nes, à trois épo­ques dif­férentes, tis­sent l’his­toire de la Béringie, un ter­ri­toire aujour­d’hui dis­paru au large du Détroit de Bering (en librairie le 18 août). 

 

Passée des édi­tions Charleston à Robert Laf­font pour Made­moi­selle Papil­lon à la ren­trée dernière, Alia Car­dyn sor­ti­ra un deux­ième roman chez son nou­v­el édi­teur le 14 octo­bre : Archie.

Le même jour paraitra La garde-robe de Sébastien Min­istru. Trois ans après Appren­dre à lire, un pre­mier roman remar­qué (final­iste du Rossel, lau­réat de la bourse de la décou­verte de la Fon­da­tion Prince Pierre de Mona­co), Sébastien Min­istru reste chez Gras­set pour cette his­toire de deux femmes qui vident la garde-robe de leur tante décédée, dont chaque vête­ment est l’oc­ca­sion d’une plongée dans les sou­venirs.

À not­er encore : le 20 août, le qua­trième tome des Sen­tiers des astres, la saga de Ste­fan Plat­teau, paraitra à l’enseigne des Mou­tons élec­triques.

En Belgique

Du côté des édi­teurs belges, la péri­ode sera aus­si très active. Con­traire­ment aux édi­teurs français qui con­cen­trent leur pro­gramme de la mi-août à début octo­bre, les maisons d’édition belges étal­ent toute­fois leurs pub­li­ca­tions sur l’ensemble de la péri­ode autom­nale. De nom­breux romans sont atten­dus.

Les Impres­sions nou­velles ouvriront la sai­son lit­téraire et mis­eront autant sur le renou­veau que sur les valeurs sûres. Ces enfants-là, pre­mier roman de Vir­ginie Jor­tay, évoque une enfance à l’époque de la libéra­tion sex­uelle (19 août). Lau­réate du prix Goncourt de la nou­velle, du prix tri­en­nal de la prose et du prix quin­quen­nal de lit­téra­ture, Car­o­line Lamarche fera elle aus­si sa ren­trée aux Impres­sions nou­velles, avec L’Asturienne (2 sep­tem­bre). Elle y évoque son his­toire famil­iale, à l’époque de la révo­lu­tion indus­trielle, lorsque ses aïeux sont devenus pio­nniers de la métal­lurgie de zinc dans les Asturies.

Les édi­tions Weyrich annon­cent qua­tre nou­velles pub­li­ca­tions dans la col­lec­tion « Plumes du coq ». En sep­tem­bre, La fille sur le banc, le pre­mier roman de Bernadette de Rache réu­nit, autour du cadavre d’une jeune fille, une dame d’un cer­tain âge et le polici­er chargé de l’enquête. Autrice de deux recueils de nou­velles aux édi­tions Quad­ra­ture, Cather­ine Deschep­per pub­lie un roman, Le com­plexe du gastéropode, dans lequel des per­son­nages hauts en couleur se retrou­vent dans un château pour une rési­dence d’écriture au cours de laque­lle ils vont devoir écrire, mais aus­si cohab­iter. En décem­bre paraitra La mémoire du sable, pre­mier roman de Luc Devreese.

raucy les orages possibles

Aux édi­tions M.E.O., la ren­trée se déclin­era en deux temps : qua­tre romans sont pro­gram­més le 1er sep­tem­bre, et deux autres le 1er décem­bre. Dans la pre­mière vague, le poète et édi­teur Claude Don­nay pour­suit une œuvre romanesque entamée en 2017 avec La route des cen­dres et inté­grale­ment pub­liée aux édi­tions M.E.O. Dans L’heure des olives, son qua­trième roman, le per­son­nage prin­ci­pal décou­vre un man­u­scrit écrit par son père et est ten­té de le pub­li­er à son pro­pre nom. Déjà autrice d’Un amour de psy chez le même édi­teur, Anne Duvivi­er pub­lie Cen­dres. Une femme et ses deux cousines par­tent dis­pers­er les cen­dres du père de la pre­mière sur l’île d’Ischia, un voy­age qui leur réservera bien des sur­pris­es. La famille et ses secrets enfouis a aus­si inspiré Monique Bernier dans La cham­bre du pre­mier. Une femme, orphe­line de père et élevée par sa grand-mère pater­nelle, revient sur les lieux de son enfance après son divorce et voit soudain le passé sous un autre angle. Dans Les orages pos­si­bles, Claude Raucy nous plonge dans les années de guerre. Une veuve entrée dans les ordres est affec­tée à un orphe­li­nat. Sa vie, vouée aux enfants, est boulever­sée par l’arrivée d’un avi­a­teur de la RAF. La mal­adie, ses souf­frances, ses con­séquences, les réflex­ions qu’elle engen­dre seront au cœur des deux pub­li­ca­tions de décem­bre des édi­tions M.E.O. Les ailes bat­tantes est le réc­it de Mar­tine Rouhart du moment où un can­cer lui a été diag­nos­tiqué et du com­bat qui a suivi, au cours duquel l’écriture a été comme une bouée de sauve­tage. ARDS de Jean-Louis Van Her­weghem est le réc­it du séjour de l’épouse de l’auteur, lui-même médecin, aux soins inten­sifs à cause d’un Syn­drome de Détresse Res­pi­ra­toire Aigüe (ARDS).

Aux édi­tions du Cerisi­er, Daniel Adam dévoile Où dans le ciel?, roman qui con­te l’histoire d’une ami­tié (1er sep­tem­bre). Auteur assez rare, Daniel Adam avait notam­ment rem­porté le prix de lit­téra­ture Charles Plis­nier 2011 pour Une his­toire tue (édi­tions du Cerisi­er).

Mar­que belge pub­lie Le pseu­do de Hakim Ben­bouch­ta (10 sep­tem­bre), roman qui racon­te l’histoire de deux jeunes ado­les­cents qui inscrivent l’un sa mère, l’autre son père, tous deux céli­bataires, sur un site de ren­con­tres. 

Aux édi­tions Mur­mure des soirs, la ren­trée se déclin­era en trois salves et six romans. Le 15 sep­tem­bre, on décou­vri­ra Tak­la­makan du jour­nal­iste et doc­u­men­tariste Michel Hel­las. L’histoire nous emmèn­era pré­cisé­ment au Tak­la­makan, aux con­fins de la Chine, à la suite d’un lin­guiste qui y décou­vre des man­u­scrits écrits dans une langue incon­nue et d’une jeune marine améri­caine venue chercher la guéri­son dans ces ter­res reculées. Le même jour paraitra Sal­ly de Nathanaëlle Pirard. Ce roman, qui vise en pre­mier lieu un pub­lic ado­les­cent, narre l’histoire d’une ado vivant avec sa mère alcoolique. La dis­pari­tion mys­térieuse du fils de la voi­sine con­duit la jeune fille à des décou­vertes inat­ten­dues, et notam­ment sur sa mère. Le 15 octo­bre, Soleil rouge sur Badenyabougou de Vin­cent Litt nous emmène au Sahel, dans les pas d’un médecin européen volon­taire dans un hôpi­tal dont le quo­ti­di­en bas­cule avec l’arrivée d’une bande armée. Auteur de théâtre mul­ti-primé, Stanis­las Cot­ton fera sa ren­trée sous le signe du roman avec Mon cœur en habits du dimanche, his­toire d’un écrivain qui se plonge dans les sou­venirs de son ado­les­cence et des ami­tiés d’alors. Mur­mure des soirs pour­suiv­ra avec deux autres livres prévus le 15 novem­bre. Après le sin­guli­er Dico-tomies, Jean-Marc Defays s’essaie au roman avec Deux fau­teuils au bal­con, his­toire de la rela­tion entre un fils et sa maman. Avec Testostérone, Jean-Luc Renard évoque lui le des­tin de deux femmes qui bien que dif­férentes, ont toutes deux subi l’oppression mas­cu­line.

Aux édi­tions Mael­ström reEvo­lu­tion, deux romans sont prévus début octo­bre. Luc Baba, dont Chroniques d’une échap­pée belle, paru chez le même édi­teur, avait rem­porté le prix Mar­cel Thiry, revient cette année avec L’arbre du retour. Francesco Pit­tau sera lui aus­si de la par­tie, avec Longtemps et des pous­sières…

Acad­e­mia pub­liera cinq romans en cette ren­trée lit­téraire. En sep­tem­bre, Après la pinède de Deak Csil­la nous con­duit à Majorque, pour une évo­ca­tion de la vie avant et après l’arrivée du tourisme de masse. Comme un boomerang de Jacques Menassé évoque un écrivain d’une cinquan­taine d’années qui revient sur sa jeunesse au Por­tu­gal. En octo­bre, Agathe Gosse racon­te, dans Tranch­er la nuit, l’histoire d’un jeune migrant venu du Séné­gal en Bel­gique où il retrou­ve son père. Rega le sym­pa­thique  de Lau­rent de Wouters nous emmène dans les Pays-Bas autrichiens au 18e siè­cle. Retour dans le temps aus­si avec Thilde Bar­boni, mais dans les années 1960 et 1970 cette fois : Les enfants de Cinecit­tà évoque l’histoire d’un jeune homme devenu scé­nar­iste et pro­duc­teur à Cinecit­tà, qui tente de retrou­ver un amour de jeunesse par­ti à Hol­ly­wood.

En sep­tem­bre, les édi­tions Lamiroy pub­lient Tribu­la­tions de Pierre Guyaut-Genon, roman où de mul­ti­ples per­son­nages se croisent, au gré des joies et cha­grins de la vie quo­ti­di­enne.

Onlit prévoit trois pub­li­ca­tions pour cette ren­trée. Ste­fan Liber­s­ki, dont ce sera le pre­mier livre chez cet édi­teur, signe Une grande actrice. Aliénor Debrocq est quant à elle une habituée des édi­tions Onlit, où elle a déjà pub­lié Cent jours sans Lily et Lisières (avec Philippe Mailleux). Pour cette ren­trée lit­téraire, c’est Le tiers sauvage, son pre­mier roman pub­lié en 2018 aux édi­tions Luce Wilquin, qui reparaitra au for­mat de poche. Les deux livres sont pro­gram­més pour le 13 octo­bre. Onlit diver­si­fie résol­u­ment les for­mats en cette ren­trée. Fort de son beau suc­cès – il a rem­porté le prix Mar­cel Thiry, était final­iste du Rossel et du grand prix du roman de l’Arllfb –, Judas côté jardin, le dernier roman de Juan d’Oultremont, sor­ti­ra en livre audio cet automne.

Si Le tiers sauvage intè­gre le cat­a­logue Onlit, la jeune mai­son d’édition du Sablon pour­suit quant à elle un tra­vail plus sys­té­ma­tique de réédi­tion de livres issus du cat­a­logue de Luce Wilquin. Fin sep­tem­bre reparaitra, côté roman, Un lutin sur l’appui de fenêtre de Nadine Fab­ry.

Chez Genèse édi­tion, Michel Claise fera coup dou­ble le 8 octo­bre. Crime d’initiés nous emmène de Rome à Anvers, dans une enquête sur le crime organ­isé où Cosa Nos­tra fait affaire avec la mafia chi­noise. Sou­venirs du Rif, qui parait dans la col­lec­tion « Poches belges », est un autre roman de genre, qui au départ d’une his­toire de traf­ic de drogue, dévoile, avec de nom­breux rebondisse­ments, un monde de blanchi­ment d’argent et de mon­tages financiers.

Qua­tre romans sont au pro­gramme des édi­tions F. Dev­ille. La riv­ière et la mer de Dominique Kesteloot est une chronique famil­iale qui se déroule sur plus de deux siè­cles (21 octo­bre). Dans La com­plainte d’Isabeau de Brigitte More­au (4 novem­bre), nous suiv­ons une ado­les­cente en vacances dans la mai­son famil­iale, où elle reçoit d’étranges vis­ites noc­turnes. Ces visions la con­duisent à remon­ter le cours du passé famil­ial, tu par sa mère et sa grand-mère. À suiv­re chez le même édi­teur : Songe de cèdre d’Anna Lau­ra Rucin­s­ka (25 novem­bre) et Meurtres en trois cou­plets, un polar de Didi­er Van­den Heede (10 décem­bre).

Aux édi­tions Esper­luète, Pas­cal Gof­faux (texte) et Lau­rent Quil­let (pho­togra­phies) tra­vail­lent de con­cert pour La nos­tal­gie de l’aile. À paraitre le 22 octo­bre, ce roman est l’histoire d’un homme qui aurait préféré ne pas être et observe sa pro­pre exis­tence comme en dehors de lui-même. Mari­ant volon­tiers texte et image, les édi­tions Esper­luète pub­lient aus­si le même jour Au-delà de la mort, le con­te du Naufragé. Signé par Eddy Devold­er (texte) et Aimé Mpane (dessins), ce livre est la réécri­t­ure d’un con­te tra­di­tion­nel égyp­tien, où il est ques­tion de tem­pête, de naufrage, mais aus­si du monde d’aujourd’hui.

Les édi­tions Tra­verse annon­cent Comme un tan­go, un roman de Loren­zo Cec­chi dans lequel un homme racon­te l’histoire de son père, immi­gré ital­ien venu tra­vailler dans les mines en Bel­gique et mort à quar­ante-huit ans.

Ecchy­moses, un roman d’Alice de Vleeschouw­er, paraitra aux édi­tions Ker.

Au Cac­tus inébran­lable, Jean-Philippe Con­vert pro­pose Tout reste à voir, livre inclass­able où tout fil con­duc­teur s’étiole au prof­it d’une esthé­tique de la brisure et du détourne­ment.

La nouvelle : les fleurons au rendez-vous

La nou­velle béné­fi­cie tra­di­tion­nelle­ment d’un remar­quable dynamisme en Wal­lonie et à Brux­elles, pro­mue par des maisons d’édition qui ont investi un genre pour­tant réputé peu com­mer­cial.

bruno maree grenailles errantesQuad­ra­ture, édi­teur dédié au genre, pub­liera Grenailles errantes de Bruno Marée (10 octo­bre), recueil qui a obtenu (sur man­u­scrit) le prix Jean Lebon de la Ville d’Aubange en 2019. Le 10 décem­bre, c’est un recueil de Lil­iane Schraûwen qui paraitra. Habituée de la fic­tion courte (on lui doit récem­ment Ailleurs, À deux pas de chez vous, ou encore Exquis­es petites morts), l’autrice pub­lie son deux­ième livre chez Quad­ra­ture, un recueil de vingt-six nou­velles dont les vingt-six héros ont pour prénom Alex­ia, Benoît, Camille, Didi­er etc. jusque Zlotan.

Les édi­tions Lamiroy pour­suiv­ront l’aventure des « Opus­cules », pro­posant chaque semaine une nou­velle pub­liée dans un petit for­mat. Le suc­cès de la col­lec­tion a con­duit la mai­son à la déclin­er en « Cré­pus­cules », « Ado­pus­cules » et, plus récem­ment, en « Apéro­pus­cules ».

« Bel­giques », l’incontournable col­lec­tion de recueils de nou­velles des édi­tions Ker, s’enrichira cette année de qua­tre nou­veaux vol­umes. En octo­bre, Luc Del­lisse, Lau­rent Demoulin, Tuyêt-Nga Nguyen et Colette Nys-Mazure livreront leurs regards sur la Bel­gique. 

Les édi­tions Tra­verse illus­treront elles aus­si le genre de la nou­velle en cette ren­trée. Récent lau­réat du prix Gauchez-Philip­pot pour son recueil de nou­velles Fugi­tives paru déjà chez Tra­verse, Tris­tan Alle­man pub­liera en octo­bre Même les pier­res, où l’auteur tente de saisir quelques bribes de la vie telle qu’elle va. En novem­bre, Cari­no Buc­cia­rel­li révélera ses Petites fables des­tinées au néant. Ces textes très brefs déploient un univers où la logique s’est absen­tée, où l’étrange et l’insolite règ­nent.

Le Cac­tus inébran­lable sera à nou­veau très act­if dans le domaine de la nou­velle, avec pas moins de trois recueils prévus pour la ren­trée. Grand habitué de la mai­son, Éric Dejaeger pro­pose avec Chroniques de fin de mil­lé­naire de brèves his­toires qui évo­quent l’actualité du monde du 31 décem­bre 2999 au 31 décem­bre 3000. Auteur d’aphorismes sous le pseu­do­nyme de Miris, Patrick Henin dévoil­era les textes très courts et incisifs d’En un clic (titre à con­firmer). Fabi­enne Lorant et ses piquantes nou­velles réu­nies dans Odeurs de bes­ti­aire com­plè­tent le trio.

Les édi­tions du Chat polaire présen­tent Abonné(e)s absent(e)s, un recueil où Jean-Louis Mas­sot donne corps à des anonymes, pour des tranch­es de vie tan­tôt banales, tan­tôt extra­or­di­naires, sur un ton qui alterne ten­dresse et mal­ice.

Si la ren­trée de Mur­mure des soirs est surtout romanesque, la nou­velle y est aus­si présente par la voix de Dominique Maes. Après son Bes­ti­aire de mon jardin secret, il pub­lie cette fois Gour­man­dis­es.

Dans leur entre­prise de réédi­tion des titres du cat­a­logue Luce Wilquin, les édi­tions du Sablon n’oublient pas la nou­velle. Deux recueils sont au pro­gramme de cette ren­trée lit­téraire : Ça ressem­ble à de l’amour de Line Alexan­dre et Le grand cha­peau sur ma tête d’Emmanuèle San­dron, recueil qui avait tout d’abord été édité sous le titre Je ne te mangerai pas tout de suite.

La rentrée de la poésie

La poésie sera elle aus­si au ren­dez-vous de la ren­trée, soulig­nant cette année encore la vital­ité du genre en Bel­gique fran­coph­o­ne, tant du point de vue des auteurs et autri­ces que de celui des maisons d’édition.

Qua­tre livres sont au pro­gramme des édi­tions L’arbre à paroles le 24 sep­tem­bre. Deux d’entre eux sont des recueils inédits de poètes « mai­son » récem­ment dis­parus : Les éléphants clairs tra­verseront les fenêtres du matin de Serge Noël, décédé en octo­bre dernier et Matière noire de Cee­jay, mort en novem­bre 2020. Le pro­gramme de L’arbre à paroles com­prend aus­si Camille Albach, un recueil d’Aline Dethise. Le poète et slam­meur Dominique Mas­saut pub­liera quant à lui Lieux, liens, langues, recueil qui con­joint poésie, prose et illus­tra­tion.

L’arbre de Diane pub­liera Cail­lass­es, un recueil de Joëlle Sam­bi (10 sep­tem­bre).

yerles elegies paisibles

En octo­bre, deux recueils sont au pro­gramme des édi­tions Bleu d’encre. Élé­gies pais­i­bles de Pierre Yer­lès est un recueil écrit dans l’urgence, celle de l’adieu à la vie et à ceux que l’on aime, avec lucid­ité et émer­veille­ment pour ce qui a eu lieu. Pour humer ton corps.  Ode à l’amant imag­i­naire est le pre­mier recueil de Dominique Penez. La poétesse y évoque l’amour et le besoin du corps de l’autre qu’il induit.

Les édi­tions du Cormi­er pub­lieront trois recueils. Après son essai Marie-Jo Lafontaine. Tout ange est ter­ri­ble et son roman Icône H., Véronique Bergen pour­suit sa pro­lifique année 2021 en poésie avec Lud­isme précédé de Gains­bourg et Bam­bou, recueil où l’autrice explore la ren­con­tre entre l’univers musi­cal de Gains­bourg et le monde secret de Bam­bou (août). Jacques Richard, dont l’œuvre romanesque parait, comme celle de Véronique Bergen, prin­ci­pale­ment aux édi­tions Onlit, pub­liera comme sa con­sœur un recueil poé­tique aux édi­tions Le Cormi­er (sep­tem­bre). Sur rien mes lèvres a pour thème l’inadéquation de l’être au monde. Véronique Bergen et Jacques Richard seront accom­pa­g­nés par Serge Meu­rant pour cette ren­trée lit­téraire. Empreintes sor­ti­ra en sep­tem­bre. 

Les édi­tions du Coudri­er pub­lieront Femme qu’on aime, recueil de Luc Del­cor. Habitué de la mai­son d’édition, l’auteur y a notam­ment signé Le souli­er du désir en 2017.

Après Trébuchet et Enter­re­ment du Mex­ique, Ivan Ale­chine évoque une nou­velle fois les Hui­chols, dans un recueil poé­tique, Divinités, à paraitre le 16 sep­tem­bre aux édi­tions Galilée.

Aux édi­tions Mael­ström reEvo­lu­tion, deux recueils poé­tiques enrichi­ront la nou­velle col­lec­tion « Rootlegs ». Créée lors du dernier fIes­ti­val, cette col­lec­tion de poche accueille des inédits, tous gen­res con­fon­dus. Sont prévus le 24 sep­tem­bre L’île quim­boiseuse de Mor­gane Eeman et La fille de la riv­ière de Tarek Essak­er.

Après une ren­trée 2020 passée du côté de la bande dess­inée avec Manuel de civil­ité bio­hard­core, Antoine Boute explor­era le ter­ri­toire poé­tique en 2021 avec On peut boire la tran­spi­ra­tion d’un cheval, pro­gram­mé le 28 octo­bre aux édi­tions Les petits matins

Les édi­tions du Tail­lis pré pro­gram­ment trois recueils pour la ren­trée. Déjà présent lors de la dernière ren­trée lit­téraire avec De but en blanc, Jean-Marie Cor­busier revient cette année avec Ordon­nance du réel. Éric Brog­ni­et est lui aus­si un fidèle de la mai­son. Auteur notam­ment de Bloody Mary. Road movie pour Mar­i­lyn Mon­roe en 2019,  il pro­pose cette année Lumière du livre. Spé­cial­iste des approches lit­téraires de la Bible, Jean-Pierre Son­net signe La ville où tout homme est né. Au Tail­lis pré, il avait pub­lié Mem­bra Jesu Nos­tri. Ce que Dieu ne dit que par le corps en 2010.

Le théâtre : des livres et des salles de spectacle

De l’aveu de beau­coup d’éditeurs, le com­merce du livre a plutôt bien repris après la mise à l’arrêt occa­sion­née par la fer­me­ture des librairies. Le con­stat est moins posi­tif pour les édi­teurs de théâtre. Dans leur cas, les ventes de livres dépen­dent moins de l’ouverture des librairies que de l’activité des théâtres. Et l’on sait que l’activité de ces derniers a été bien plus longtemps inter­rompue que celle des librairies. Mal­gré cette fragilité, plusieurs pièces de théâtre sont au pro­gramme de la ren­trée lit­téraire. Alors que les édi­tions Lans­man ont longtemps été la seule mai­son d’édition belge dédiée à ce genre, un nou­v­el acteur tente désor­mais de se faire une place dans ce champ par­ti­c­uli­er : les édi­tions des Oiseaux de nuit.

emond don quichotte

Les édi­tions Lans­man pré­cisent que leur cal­en­dri­er est tou­jours sus­cep­ti­ble de mod­i­fi­ca­tions, mais trois pièces d’auteurs belges devraient paraitre à l’automne. Tous les dra­maturges ont déjà pub­lié chez l’éditeur. En sep­tem­bre, René Bizac, Paul Emond et Vin­cent Zabus signeront respec­tive­ment Comme une lance, Grac­chus / Don Qui­chotte avant la nuit et La femme hibou.

Aux édi­tions des Oiseaux de nuit, cinq ouvrages sont prévus en sep­tem­bre : Descen­dre de François Badoud ; Tu te sou­vien­dras de ce que tu lui as dit d’Angélique Burnotte, voy­age d’une Arlon­naise durant la Deux­ième guerre mon­di­ale ; Rétro­spec­tive de Bernard Cog­naux, qui inter­roge l’utilité de l’art dans un monde où les gens meurent de pau­vreté ; C’est lorsque le glaçon a totale­ment fon­du que l’eau est la plus froide de Del­phine Per­aya, regard sur le monde d’aujourd’hui à tra­vers trois généra­tions ; un recueil col­lec­tif de pièces cour­tes. En décem­bre, deux autres livres ver­ront le jour : La véri­ta­ble his­toire de Sig­mund Freud de Susann Hee­nen-Wolff et La ques­tion qui fauche, ou l’autre Oth­el­lo d’Aurélie Vau­thrin-Ledent.

Les aphorismes, inébranlablement

Les édi­tions du Cac­tus inébran­lable se sin­gu­larisent par un impor­tant tra­vail sur les apho­rismes, dont elles pub­lient régulière­ment des recueils dans la col­lec­tion « Les p’tits cac­tus ». Trois nou­veaux titres enrichi­ront le cat­a­logue en cette ren­trée lit­téraire. Avec Un esprit vert dans un cor­saire, Michaël Lam­bert livre un recueil « qui fera rire, sourire et grin­cer des dents ». Pour La vie du poète, Éric Allard s’est inspiré de son obser­va­tion du petit monde des Let­tres belges. Quant à André Stas, il pour­suit avec Tout est relatif (et ton­du) la veine sur­réal­iste, humoris­tique et irrévéren­cieuse qui est sa mar­que.

Des essais, beaucoup d’essais

La « non-fic­tion » fait elle aus­si sa ren­trée et ici plus encore qu’ailleurs, la diver­sité est de mise, même si quelques lignes de force se dessi­nent.

Les entretiens

Étudiés dans le pas­sion­nant Secrets d’écrivains de David Martens et Christophe Meurée (Les Impres­sions nou­velles, 2014), les entre­tiens lit­téraires con­nais­sent, out­re leurs décli­naisons médi­a­tiques, une vie édi­to­ri­ale non nég­lige­able. Les édi­tions Diag­o­nale et Esper­luète leur accor­dent même une place de choix.   

david le tapis volant de patrick devilleD’abord dédiées aux pre­miers romans, les édi­tions Diag­o­nale ont récem­ment élar­gi leur spec­tre d’activité en pub­liant des entre­tiens sur l’écriture. Deux vol­umes ont déjà vu le jour, l’un présente des entre­tiens avec Jérôme Fer­rari, l’autre avec Lau­rent Mau­vi­g­nier. Le 19 août, un troisième tome, Le tapis volant de Patrick Dev­ille, sera co-édité avec Le Seuil, édi­teur habituel de Patrick Dev­ille. Comme les précé­dents, ces entre­tiens seront menés par Pas­ca­line David, co-fon­da­trice et –direc­trice des édi­tions Diag­o­nale.

Les édi­tions Esper­luète ont inau­guré en 2017 « Orbe », une col­lec­tion entière­ment dévolue aux entre­tiens avec des per­son­nal­ités du monde des arts. Tous sont menés par Frédérique Dol­phi­jn, qui sera à nou­veau à la barre pour Vin­ciane Despret : fab­ri­quer des mon­des hab­it­a­bles, à paraitre le 5 novem­bre. Le livre met­tra à l’honneur la récente lau­réate du grand prix Moron de l’Académie française.

dolphijn vinciane despret

Tout autre type d’entretiens aux édi­tions du Cerisi­er, avec Cou­vrez-les bien, il fait froid dehors. Con­ver­sa­tions avec Fati­ma Ezzarhouni. Il sera ques­tion, ici, de don­ner la parole aux proches de jeunes rad­i­cal­isés. Sor­tie prévue le 1er sep­tem­bre. 

Les biographies

verdussen naim khader

Les édi­tions Sam­sa pub­lieront une biogra­phie de Naïm Khad­er (pre­mier représen­tant de l’OLP, assas­s­iné à Brux­elles), Naïm Khad­er, mort pour une idée. Une his­toire pales­tini­enne (1939–1981), signée Robert Ver­dussen. À paraitre le 17 août, ce livre se veut aus­si une manière d’interroger la sit­u­a­tion de la Pales­tine aujourd’hui. En même temps que ce livre, Sam­sa pub­lie Let­tre à mon frère de Bichara Khad­er.

mouchart edgar p. jacobs

Mai­son d’édition de Pierre Mertens. Le siè­cle pour mémoire, la somme de Jean-Pierre Orban, les Impres­sions nou­velles se pro­fileront à nou­veau comme l’éditeur de biogra­phies de référence en cette ren­trée. Le 19 août paraitra Edgar P. Jacobs : un pacte avec Blake et Mor­timer, un livré signé Benoit Mouchart et François Riv­ière qui parait à l’occasion des 75 ans de la série Blake et Mor­timer. 

Les arts

Par­mi les thé­ma­tiques présentes dans les essais de cette ren­trée, les arts  et artistes se tail­lent une part impor­tante.

Au pre­mier rang desquels la lit­téra­ture. Éric Brog­ni­et évoque La lec­ture silen­cieuse aux Édi­tions de l’Arllfb. Daniel Sal­va­tore Schif­fer s’intéressera à Dante dans La con­stel­la­tion Dante : le chant du sub­lime (Eric Bon­nier, 23 sep­tem­bre). Récent lau­réat du prix tri­en­nal de l’essai (avec Tan­guy Habrand), Pas­cal Durand con­vo­quera quant à lui Daniel Defoe, Alexan­dre Dumas et Jules Verne, Zola et Léon Bloy, Mar­cel Thiry, Robert Desnos et Georges Simenon pour une Leçon de chose, sous-titrée Tech­niques imag­i­naires de Daniel Defoe à Georges Simenon. Un livre qui paraitra à La let­tre volée le 8 octo­bre. Les édi­tions des Midis de la poésie pour­suiv­ent la pub­li­ca­tion de leurs meilleures con­férences. Sont annon­cés pour cet automne Han­nah Arendt ou le mal comme absence de pen­sée de François De Smet et Les sœurs Lovel­ing / De Zussen Lovel­ing. Les édi­tions Lamiroy pub­lient quant à elles tou­jours à un rythme men­su­el leur col­lec­tion « L’article », dont chaque livrai­son est un livre très court con­sacré à un écrivain. Le 1er sep­tem­bre, Xavier Huber­land évo­quera Marc Lévy, tan­dis que François Crunelle célébr­era le clas­sique du fan­tas­tique Jean Ray (1er octo­bre). Le numéro autom­nal de la revue de lit­téra­ture belge Textyles, pub­lié chez Ker, portera quant à lui sur Penser la bib­lio­thèque.

textyles penser la bibliotheque

Le 21 octo­bre, les édi­tions Luc Pire pub­lieront Théâtre du parc, un beau-livre sur l’institution brux­el­loise signé Thier­ry Debroux.

Le ciné­ma donne lui aus­si lieu à nom­bre d’essais. La col­lec­tion « La fab­rique des héros » des Impres­sions nou­velles s’enrichira d’un vol­ume inspiré par la saga Star Wars : Dark Vador à feu et à sang est signé par Björn-Olav Dozo et Dick Tomaso­vic et sor­ti­ra le 1er octo­bre. Chez le même édi­teur, Super­po­si­tions. Col­lec­tion par­ti­c­ulière d’un ciné­ma brux­el­lois, en librairie le 2 sep­tem­bre, évoque la manière dont le ciné­ma brux­el­lois ABC a joué avec la cen­sure pour présen­ter ses pho­tos d’exploitation. Les Impres­sions nou­velles con­fir­ment la place impor­tante du 7e art dans leur cat­a­logue avec la sor­tie de Porti­er de nuit de Véronique Bergen, analyse du chef‑d’œuvre et film con­tro­ver­sé de Lil­iana Cavani sor­ti en 1974, autour du cou­ple incar­né par Char­lotte Ram­pling et Dirk Bog­a­rde.

bergen martha argerich

Du ciné­ma à la musique, Véronique Bergen sera, comme sou­vent, sur plusieurs fronts en cette ren­trée. Aux édi­tions Sam­sa, elle pub­lie Martha Arg­erich : l’art des pas­sages (14 octo­bre), essai sur une musi­ci­enne qu’elle évo­quait aus­si dans l’une des nou­velles de son recueil Bel­giques. D’autres formes musi­cales seront à l’honneur aux édi­tions Lamiroy, avec AAA Access All Areas, les chroniques de Rudy Léonet et Clarke, et l’essai de Marc Meganck sur le Nev­er­mind de Nir­vana.

lambert paul klee jusqu au fond de l'avenir

Art tou­jours avec Stéphane Lam­bert. Qu’il évoque Goya, Spilli­aert ou Her­man Melville, l’écrivain déploie depuis plusieurs années une œuvre qui plonge dans l’intimité de l’œuvre et les inter­stices biographiques des artistes et écrivains. En cette ren­trée, il se penche sur Paul Klee, cher­chant à nouer la vie et l’œuvre du pein­tre bernois dans Paul Klee jusqu’au fond de l’avenir (Arléa, 26 août). Plus général­istes, La Renais­sance du livre pub­lie 1500 ans d’arts et de musique en Bel­gique de Bernard Wodon (24 sep­tem­bre) et Sam­sa, Guide théorie et pra­tique de l’art roman en Bel­gique de Jacque­line Lecler­cq-Marx (17 août).

wodon 1500 ans d'art et de musique en belgique

À not­er encore, la paru­tion chez Mur­mure des soirs de Thés du Japon, un beau-livre de David Vinal­mont (15 octo­bre) et à la Renais­sance du livre, la suite de la série de Thier­ry Luthers sur les tombes de per­son­nal­ités : Derniers domi­ciles con­nus- En Flan­dre et dans le monde (21 octo­bre).

Spiritualité

ringlet va ou ton coeur te mène

Fidèle aux édi­tions Albin Michel, Gabriel Ringlet y pub­lie son nou­v­el opus, Va où ton cœur te mène. En librairie le 2 sep­tem­bre, ce livre invite à une vision renou­velée de la foi à par­tir de la fig­ure du prophète Elie.

L’état du monde

La société, l’écologie, l’économie : autant d’angles sous lesquels les essay­istes inter­ro­gent le monde d’aujourd’hui.

La Renais­sance du livre enri­chit sa col­lec­tion « Dis, c’est quoi… ». Dans chaque vol­ume, un spé­cial­iste évoque de manière acces­si­ble un con­cept-clé. Trois nou­veaux titres sont annon­cés : Dis, c’est quoi la laïc­ité ? de Nadia Geerts le 16 sep­tem­bre, Dis, c’est quoi l’islam ? de Radouane Attiya le 24 sep­tem­bre et Dis, c’est quoi le genre ? de Sarah Sepul­chre le 7 octo­bre.

chevalier terre en vueLes ques­tions écologiques sont au cœur du nou­veau livre des col­lap­so­logues Pablo Servi­gne et Gau­thi­er Chapelle, L’ef­fon­drement expliqué à nos enfants (et à nos par­ents), à paraitre au Seuil le 23 sep­tem­bre, et de l’essai de Cédric Cheva­lier, Terre en vue vue — Pour un pacte social écologique (Luc Pire, 16 sep­tem­bre).

À La let­tre volée, Léo Peeters signe L’o­rig­i­naire dans le vivant. Au-delà des causal­ités déter­min­istes, en librairie le 20 août, tan­dis qu’Eti­enne de Callataÿ et Luc Leruth co-diri­gent Quand l’é­conomie nous est con­tée, ouvrage dans lequel des écon­o­mistes offrent une lec­ture économique d’une œuvre de la lit­téra­ture qu’ils ont choisie (17 sep­tem­bre). 

Chroniques et écrits intimes

gilbert juste un passageQuelques écrits intimes paraitront lors de cette ren­trée. Le 7 sep­tem­bre, Mar­ius Gilbert, le sci­en­tifique bien con­nu depuis la pandémie, fait paraitre Juste un pas­sage au JT et on ren­tre aux édi­tions Luc Pire. Un livre qui est un retour sur ces derniers mois de crise san­i­taire.  Chez 180°, Marc Meganck revient lui aus­si sur la pandémie et le con­fine­ment. Marcher Noir. Chroniques du monde con­finé est un recueil de quar­ante-cinq chroniques écrites entre avril 2020 et avril 2021.

Tout autre est le Jour­nal de stage de Bruno Migdal : à paraitre en sep­tem­bre chez Lamiroy, ce livre est le réc­it des Petits bon­heurs de l’édi­tion vécus pen­dant led­it stage.

Alors qu’un recueil paraitra posthume à L’arbre à paroles, les édi­tions du Coudri­er adressent elles aus­si un salut au poète Cee­jay, alias Jean-Claude Crom­me­lynck.  Dans Sou­venir d’un ami, à paraitre en sep­tem­bre, Michel Van den Bogaerde évoque la fig­ure de l’écrivain et l’homme qui fut son ami.

Patrimoine : les classiques font leur rentrée

Bien que ren­trée rime sou­vent avec nou­veautés, l’édition pat­ri­mo­ni­ale sera elle aus­si très active au cours du deux­ième semes­tre.

Peu après la récente édi­tion des essais La vie des abeilles et L’intelligence des fleurs, la col­lec­tion « Espace Nord » con­tin­uera de met­tre Maeter­linck à l’honneur. Qua­tre vol­umes paraitront le 19 août, con­sacrés au théâtre du seul lau­réat belge du prix Nobel de lit­téra­ture : La princesse Maleine, Pel­léas et Mélisande, Trois petits drames pour mar­i­on­nettes et Petite trilo­gie de la mort. Le 2 sep­tem­bre, Salud cama­ra­da ! de Math­ieu Cor­man fera le réc­it de l’expérience de l’auteur, par­ti com­bat­tre en Espagne en 1936. Le 16 sep­tem­bre, Espace Nord célébr­era son 400e vol­ume. Sous le titre Fenêtres sur court, il présen­tera une sélec­tion de nou­velles parues dans le cadre de la Fureur de lire (qui fêtera elle-même ses 30 ans).

À côté de l’important tra­vail réal­isé par Espace Nord, Maeter­linck fera aus­si l’actualité chez Arfuyen. Sous le titre Ain­si par­lait Mau­rice Maeter­linck. Dits et maximes de vie, l’éditeur pro­posera un recueil de cita­tions de l’auteur de Ser­res chaudes. La sélec­tion est élaborée par Yves Namur.

Les édi­tions Sam­sa œuvreront à la réédi­tion des écrits de Roger Bodart. Deux vol­umes sont annon­cés pour le 17 août. Orig­ines reprend l’ensemble des recueils poé­tiques de l’écrivain, tan­dis que Dia­logues : Europe Amérique Afrique Israël regroupe Mes Amériques (1956), Dia­logues africains (1952) et Dia­logues européens (1950). Le 14 octo­bre, Mon­sieur Peper­bol, pièce de théâtre de Joris d’Hanswijck qui con­nut un suc­cès énorme en son temps, sor­ti­ra en librairie. Le même jour, Georges Roden­bach. 100 arti­cles, recueil élaboré par Joël Gof­fin, don­nera à (re)découvrir les chroniques parisi­ennes de l’auteur de Bruges-la-Morte.

Pour celles et ceux qui préfèrent la veine fan­tas­tique, les édi­tions Terre de brume repub­lient La cave aux cra­pauds et autres con­tes étranges de Thomas Owen.

Aux édi­tions Weyrich, la col­lec­tion « Regains » est con­sacrée à la repub­li­ca­tion de romans anciens, essen­tielle­ment région­al­istes. Dure Ardenne d’Arsène Sor­eil et L’envol de l’émouchet de Jules Boulard sont au pro­gramme de cette ren­trée.

Les édi­tions de l’Arllfb, qui ont con­nu un net regain de vital­ité ces derniers temps, pour­suiv­ent aus­si une poli­tique d’édition de textes pat­ri­mo­ni­aux. Cet automne, elles fer­ont paraitre La fab­u­la­tion, un roman de Jacques-Gérard Linze, L’ornement des mois, chroniques de Mau­rice Des Ombi­aux et Petites filles d’autrefois de Sophie Deroisin. Por­trait d’enfances des 18e et 19e siè­cles, ce livre inclass­able oscille entre la fic­tion et l’essai sur l’éducation, dénonçant par ailleurs de nom­breux abus et mon­trant la com­plic­ité des femmes dans une édu­ca­tion qui asservit les indi­vidus.

La rentrée belge avec Le Carnet et les Instants

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-août à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée sont à suiv­re sur notre blog, sous l’on­glet “Ren­trée lit­téraire”.

Nau­si­caa Dewez