Archives par étiquette : extrait

Marie-Arsule sur la route

Luc DELFOSSE, Impasse du 30 févri­er, ONLIT, 2015, 202 p., 14 €/ePub : 6,99€, ISBN : 978–2‑87560–060‑8

delfosse_begonNée dans la touf­feur d’une colonie en déliques­cence, affublée d’un prénom bizarre, Marie-Arsule est la fille d’une pas­sion­née de Giono et d’un père à peu près insignifi­ant. Venue au monde un 30 mars et déclarée à un ser­vice de l’état civ­il des plus approx­i­mat­ifs, la petite se retrou­ve, dans la dis­trac­tion générale, inscrite un 30 févri­er. Ain­si débute le roman Impasse du 30 févri­er que Luc Delfos­se pub­lie aux édi­tions ONLIT. Con­tin­uer la lec­ture →

Un soleil qui tanne les âmes

Victoire de CHANGY

lazlo_changyDif­fi­cile de se fig­ur­er autrement, en par­courant Les trem­ble­ments essen­tiels, le vis­age d’Alma Sol ressem­blant traits pour traits à celui de l’auteur qui l’a fait naître de sa plume. Alma Sol, comme Vik­tor Laz­lo, a le teint tan­né, des cheveux d’ébène. Alma Sol, comme Vik­tor Laz­lo, impose au pub­lic son nom par une représen­ta­tion à l’Eurovision.  Le per­son­nage, comme l’auteur, sem­ble se mou­voir au moins aus­si aisé­ment sur la scène que dans les mots et la philoso­phie. Gageons que les per­son­nal­ités de ces deux-là se rejoignent, elles aus­si, à bien des endroits. Con­tin­uer la lec­ture →

Une traversée en suspens

Jeannine PAQUE

emmanuel_paqueCom­ment tra­vers­er l’épreuve de la mort qua­si annon­cée, red­outée et que l’on veut repouss­er mal­gré l’impuissance ? C’est ce qu’a cher­ché à com­pren­dre et à com­mu­ni­quer François Emmanuel, dans son dernier roman, Le som­meil de Grâce. Con­tin­uer la lec­ture →

Les joies du tandem

BIEFNOT-DANNEMARK, La route des coqueli­cots, Cas­tor Astral, 2015, 312 p., 17,90 € /ePub : 12,99 €
BIEFNOT-DANNEMARK, Au tour de l’amour, dessins et lavis de Véronique Biefnot, Cas­tor Astral, 2015, 126 p., 15 €

biefnot-dannemark_coquelicots« Ensem­ble » est bien le mot qui régit depuis quelque temps déjà la rela­tion fusion­nelle entre Véronique Biefnot et Fran­cis Dan­nemark. Et c’est ensem­ble qu’ils pub­lient deux livres que cha­cun d’eux a mar­qués de son empreinte, à l’enseigne de l’auteur bicéphale Biefnot-Dan­nemark. La route des coqueli­cots est un roman où l’on recon­naît bien la pat­te de velours du nou­veau Fran­cis Dan­nemark, plus proche aujourd’hui des beaux et bons sen­ti­ments que des errances poé­tiques du cheval ombrageux de naguère. Véronique Biefnot partage ce pas de deux qui engage ensuite le cou­ple dans la choré­gra­phie d’un échange pas­sion­né avec Au tour de l’amour, long poème lyrique et sen­suel, illus­tré, lui aus­si, d’encres et lavis de la roman­cière, comé­di­enne et   artiste. Con­tin­uer la lec­ture →

Où l’on meurt puis l’on renaît en fou

Un coup de coeur du Carnet

Eugène SAVITZKAYA, À la cyprine, Paris, Minu­it, 2015, 104 p., 11,50 €/ePub : 7.99 €
Eugène SAVITZKAYA, Fraudeur, Paris, Minu­it, 2015, 168 p., 14,50 €/ePub : 9,99 €

savitzkaya_tholomeOn pour­rait lire les romans et les recueils énig­ma­tiques de Sav­itzkaya comme une vaste auto­bi­ogra­phie. Une vaste saga où compteraient moins, pour nous, lecteurs, l’ex­ac­ti­tude des faits rap­portés, la vérac­ité de ce qui nous est dit, que l’in­ven­tion ou la réin­ven­tion d’une réal­ité passée au tamis d’une langue sin­gulière, mag­ique, généreuse, enchan­tée, enchanter­esse. Une vaste saga met­tant, entre autres, en scène des « fig­ures » famil­iales. Le père. Les frères. La mère. Le fou – Sav­itzkaya lui-même, à dif­férents âges –, écrite dans une langue qua­si cos­mique, ten­tant d’embrasser, en tout cas, l’ensem­ble du vivant. Plantes. Ani­maux. Humains. Pier­res. Arbres. Eaux. Con­tin­uer la lec­ture →

Benoit D. cherche son chat

Edgar KOSMA, Com­ment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat, Brux­elles, ONLiT Édi­tions, 2015, 200 p., 12€/ ePub : 5,99 €

kosma_deschampsChaque dimanche depuis deux ans, Benoit D. s’entend avec las­si­tude deman­der par sa mère s’il a « enfin retrou­vé quelqu’un ». Deux ans avant, Patri­cia est par­tie. Avec son meilleur ami, mais en lais­sant son chat der­rière elle. Con­tin­uer la lec­ture →

Joyeux chaos

Séverine RADOUX

boute_radouxLe réc­it s’ouvre sur un por­trait laconique du héros. « Fred­do est un drôle. Il élève des ser­pents dans sa cave, il marche cour­bé, il mange des orties. Ce type, quand on le voit, on se dit : ʺCelui-là, il doit sûre­ment lui arriv­er des aventures.ʺ Et c’est vrai. » D’entrée de jeu, le ton est don­né. Notre héros se promène dans la forêt à côté de laque­lle il habite avec son chien, Jean-Jacques, et cherche une idée de roman qui le ren­dra riche. Il veut écrire « une saloperie de polar com­plète­ment dégénéré […] pour son­der l’âme humaine, utilis­er toutes les saloperies qui y traî­nent pour tout purg­er ». Con­tin­uer la lec­ture →

Créer à deux

Un coup de coeur du Carnet

Luc DARDENNE, Au dos de nos images, II, 2005–2014. Paris, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siè­cle », 2015, 390 p., 21 €/ePub : 14.99 €

dardenne_larocheEn 2005 parait au Seuil un livre de témoignage inti­t­ulé Au dos de nos images (1991–2005), suivi de deux scé­nar­ios : Le fils et L’en­fant (voir dans Le Car­net et les Instants n° 139 l’en­tre­tien de Daniel Arnaut avec l’au­teur, Luc Dar­d­enne). Dix ans plus tard, voici un 2e vol­ume, cou­vrant les années 2005 à 2014, et que com­plè­tent deux autres scé­nar­ios : Le Gamin au vélo et Deux jours, une nuit. Con­tin­uer la lec­ture →

L’itinéraire d’Ivan Alechine au pays des Indiens Huichols

Pierre MALHERBE

alechine_delaunoisDans Oldies (Galilée, 2012), Ivan Ale­chine était remon­té à la source de ses années d’enfance, à Sauvage­mont en Bra­bant wal­lon, puis nous avait entraînés à sa suite dans un voy­age sou­vent tumultueux, celui de son ado­les­cence et de son entrée dans un monde adulte où il peinait à trou­ver sa place. Proche par ses par­ents, Pierre et Micky Alechin­sky, de toute une com­mu­nauté intel­lectuelle et artis­tique extrême­ment viv­i­fi­ante, curieuse de tout, Ivan Ale­chine a racon­té dans Oldies com­bi­en il lui avait été dif­fi­cile de pren­dre ses pro­pres mar­ques. Tar­di­ve­ment, il s’était aperçu qu’il lui fal­lait absol­u­ment abor­der un nou­veau con­ti­nent, un ter­ri­toire men­tal et émo­tion­nel qui lui appar­ti­enne en pro­pre, où il allait lui aus­si pou­voir expéri­menter, trac­er des lignes, dessin­er des cer­cles, danser et sautiller autour d’un feu cen­tral, sans crainte de lâch­er des mains. Con­tin­uer la lec­ture →

L’inquiétante étrangeté de l’autre

Séverine RADOUX

wiart_radouxLa nar­ra­trice, dont nous ne con­naîtrons pas le prénom, vient d’assister à un con­cert avec Pierre, son mari. Elle con­gédie la baby-sit­ter et accom­plit des gestes rou­tiniers avant d’aller dormir. S’ensuivent une nuit agitée et une journée ponc­tuée d’une migraine. L’alcool ayant coulé à flots la veille, on ne s’inquiète pas plus que ça. La vie reprend son cours habituel, mais les nuits agitées per­sis­tent. Le trou­ble et l’anxiété gag­nent peu à peu la nar­ra­trice. C’est que la source de son agi­ta­tion noc­turne est une voix famil­ière, dont les insultes revi­en­nent par bribes pen­dant la journée. « Vicieuse, sournoise. Avec tes airs de sainte-nitouche. » Cette voix est-elle réelle ? Qui dit cela ? Pourquoi ? Con­tin­uer la lec­ture →

Tant de vie‑s dans une ville

Un coup de coeur du Carnet


Gré­goire POLET, Barcelona !, Paris, Gal­li­mard, 2015, 478 p., 22 €/ePub : 7.99 €

polet_romanQua­tre copines au seuil de leur vie d’adultes, un jour­nal­iste sportif, un vieux libraire bib­lio­phile, un gamin des rues, une artiste pein­tre, un cou­ple de Français expa­triés, un nav­i­ga­teur soli­taire, sa mère, son chien, une jeune pho­to reporter, un homme poli­tique ambitieux, une jeune mar­iée en robe blanche, un inspecteur de police, un prof de let­tres à l’Université, un vieil homme guide bénév­ole pas­sion­né, un chirurgien alle­mand en col­loque, …. à Barcelone. Con­tin­uer la lec­ture →

Où l’on apprend qu’un poète se vêt aussi d’un tissu d’eau

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE, Meuse fleuve nord, Tétras Lyre, coll. « Let­trim­age », 144 p., 18 €

delaive1Par­lons bien et par­lons peu : Meuse fleuve nord est for­mi­da­ble. Capa­ble, si on se laisse aller, si on se laisse bercer par ce long « poème-fleuve », de nous emporter bien loin, tout du long de ses 50 pages et de ses 1284 vers. C’est que Serge Delaive n’a pas ménagé sa peine. Con­tin­uer la lec­ture →

Là où des choses nouvelles peuvent avoir lieu

Char­ly DELWART, Chut, Paris, Le Seuil, 2015, 171 p., 17 €/ePub : 11.99 €

delwartCe n’est un secret pour per­son­ne – ce serait même enfon­cer des portes grandes ouvertes : nos mon­des sont en muta­tion. Nous don­nent par­fois – sou­vent – l’im­pres­sion de vivre dans une époque au bord du gouf­fre, où tout s’ef­fon­dre, nos croy­ances et aspi­ra­tions col­lec­tives, nos façons de penser l’É­tat, le « vivre ensem­ble », notre con­fi­ance jusqu’alors, dis­ons, aveu­gle dans nos insti­tu­tions sociales, poli­tiques, économiques, judi­ci­aires, etc.

Con­tin­uer la lec­ture →

Stéphane Lambert redévoilé

Stéphane LAMBERT, Char­lot aime Mon­sieur, Brux­elles, Les Impres­sions Nou­velles, coll. « Espace Nord », 2015, 192 p., 8.50 €

lambertLa col­lec­tion « Espace Nord » réédite ce mois-ci, fort oppor­tuné­ment, un des pre­miers textes de l’écrivain Stéphane Lam­bert, Char­lot aime Mon­sieur ain­si que deux autres réc­its : Ensem­ble, Simone et Jean sont entrés dans la riv­ière et Mes morts. Con­tin­uer la lec­ture →