Archives par étiquette : extrait

Le vol du chaman

Olivi­er DOMBRET, Notre mère la mon­tagne, L’Arbre à paroles, coll. « IF », 2015, 81 p.

Le nou­veau livre de l’excellent jeune auteur Olivi­er Dom­bret emprunte son titre à un album du musi­cien améri­cain de coun­try et folk Townes Van Zandt sor­ti en 1969, Notre mère la mon­tagne. Tout com­mence par la descrip­tion de son état, trem­blant et fiévreux, dans l’attente d’un signe en prove­nance de la Mon­tagne. Pris­on­nier, encer­clé, oppressé dans la ville creuse tel « un ani­mal vide, dans les pro­fondeurs d’une planète vide » il appelle cette force naturelle, bien décidé à laiss­er der­rière lui le monde mod­erne : Con­tin­uer la lec­ture →

Vers une poétique du droit des obligations

Un coup de coeur du Carnet

Lau­rent DE SUTTER, Mag­ic. Une méta­physique du lien, Paris, PUF, 2015, 110 p., 12 € / epub : 9,49 €

MagicInsai­siss­able Lau­rent de Sut­ter. Quand il n’enseigne pas à la VUB, le voici dans son bureau des PUF, où il a suc­cédé à Roland Jac­card pour diriger la pres­tigieuse col­lec­tion « Per­spec­tives Cri­tiques ». Et comme si ce n’était pas assez, il pub­lie, à tour de bras. Une lec­ture sur Deleuze et le droit. Une Méta­physique de la putain. Une Théorie du trou. Des pages sur le striptease vu comme « Art de l’agacement » (savoureuse for­mule). Aujourd’hui enfin, l’énigmatique Mag­ic. Con­tin­uer la lec­ture →

Retour aux sources

Amélie NOTHOMB, Le crime du comte Neville, Paris, Albin Michel, 2015, 134 p., 15 €/ ePub : 10.99 €

JAQ_RL_130x200Les romans d’Amélie Nothomb four­mil­lent de références lit­téraires. Celui qu’elle livre pour cette ren­trée 2015 ne fait pas excep­tion à la règle. Du titre à l’intrigue, Le crime du comte Neville peut en effet se lire comme un clin d’œil à Oscar Wilde et à sa nou­velle Le crime de lord Arthur Sav­ile. Con­tin­uer la lec­ture →

Duyckaerts, philosophe buissonnier

Un coup de cœur du Car­net

Éric DUYCKAERTS, Hegel ou la Vie en rose (et autres textes), Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2015, 144 p., 9 €, ISBN : 978–2‑930646–99‑2

duyckaertsPub­lié en 1992, Hegel ou la Vie en rose d’Éric Duy­ck­aerts fait l’objet d’une réédi­tion bien­v­enue en Espace Nord. Elle est suiv­ie de pro­pos tran­scrits depuis les con­férences-per­for­mances de l’auteur à la Bien­nale d’Art de Venise  en 2007 et de son texte Mesure pour mesure. L’ouvrage se con­clut sur une post­face de Julie Baw­in (ULg), sub­tile et mali­cieuse, à l’image de l’œuvre qu’elle com­mente.

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Les fins et le Moyen

Un coup de coeur du Carnet

Emmanuel GERARD, Widukind DE RIDDER, Françoise MULLER, Qui a tué Julien Lahaut ? Les ombres de la guerre froide en Bel­gique, Renais­sance du Livre, 2015, 350 p., 24,90 €/ epub : 13,99 €

lahautLes meilleures enquêtes crim­inelles se lisent, paraît-il, comme des romans. Un macchab, un (ou des) tueur(s), un modus operan­di, un mobile, des zones d’ombre, et voilà pour une intrigue qui devrait tenir le lecteur en haleine jusqu’au dénoue­ment. Mais dans le cas présent, l’affaire se com­plique d’une toile de fond labyrinthique. Car le 18 août 1950, le cadavre qui gît dans une mare de sang, abat­tu dans l’entrée de sa mai­son sise sur les hau­teurs de Seraing n’est autre que celui du charis­ma­tique leader com­mu­niste Julien Lahaut ; ses assas­sins sont sans doute des mil­i­tants, mais n’appartiennent-ils pas à son pro­pre bord poli­tique ? L’action se déroule en quelques min­utes à peine, avec la déter­mi­na­tion car­ac­téris­tique des com­man­dos ; le mys­tère demeur­era entier pen­dant des décen­nies. Con­tin­uer la lec­ture →

“La lente chute de la banalité”

Isabelle BALDACCHINO, Les Blondes à forte poitrine, Lou­vain-la-Neuve, Quad­ra­ture, 2015, 118 p., 15€ / epub : 9,99 €

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Clap pre­mière : « Ce soir aus­si, elle entre dans le bar. Elle y va chaque semaine écouter la musique, écouter les piliers, écouter les ver­res plaqués sur les tables, les con­ver­sa­tions sans mots, les rires, les bour­don­nements des voix. » Ana s’installe sur une chaise haute près du zinc, vig­i­lante quant à sa pos­ture, très apprêtée pour par­er aux stig­mates de l’âge. Silen­cieuse, elle enfile les Mar­ti­ni, observe les clients, s’enfonce douce­ment dans les vapeurs de l’alcool et de pathé­tiques fan­tasmes. Con­tin­uer la lec­ture →

En lettres capitales

Thierry DETIENNE

Madrid ne dort pas

En 2005, parais­sait le pre­mier roman de Gré­goire Polet, qui entre à présent dans la col­lec­tion Espace Nord. Cette réédi­tion est l’occasion de mesur­er le chemin par­cou­ru d’un auteur dont l’oeuvre romanesque, forte à présent de six ouvrages, s’est imposée par sa per­son­nal­ité bien au-delà de nos fron­tières. Con­tin­uer la lec­ture →

Jan Baetens, pour tout au monde

Jan BAETENS, Ce monde, Les Impres­sions nou­velles, 96 p., 11 €

baetensMal­gré son écri­t­ure volon­taire­ment « dépro­gram­mée » – Jan Baetens expli­quant avoir voulu pren­dre, dans Ce monde, quelques dis­tances avec la lit­téra­ture à con­trainte dont il est cou­tu­mi­er – ce recueil s’avère moins évi­dent que Le Prob­lème du Sud (2013). Con­tin­uer la lec­ture →

Banaliser la Shoah?

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie SKOWRONEK, La Shoah de Mon­sieur Durand, Paris, Gal­li­mard, 2015, 59 p., 7,50 €

 

skowronekParu en 2013, Max en apparence représen­tait pour Nathalie Skowronek l’aboutissement d’une longue inter­ro­ga­tion sur sa sit­u­a­tion de petite-fille de déporté, une réponse à ses ques­tions lanci­nantes, dont cer­taines restaient pour­tant sans réponse. Dès le début de son essai, La Shoah de Mon­sieur Durand, elle mar­que cepen­dant sa décep­tion : Max en apparence n’arrivait-il pas trop tard ? Le dis­cours sur la Shoah n’est-il pas en train de chang­er com­plète­ment de nature ? Con­tin­uer la lec­ture →

Henry Bauchau, les jours et les rêves…

Un coup de coeur du Carnet

Hen­ry BAUCHAU, Dernier jour­nal. 2006–2012, Actes Sud, 2015, 690 p., 27, 50 €

bauchauLa fréquen­ta­tion d’un jour­nal intime con­stitue tou­jours une expéri­ence par­ti­c­ulière. En effet, le lecteur décou­vre, sans solu­tion de con­ti­nu­ité, le con­tenu événe­men­tiel d’une tem­po­ral­ité vécue par le diariste, alors que ce dernier, au moment de la rédac­tion, aura éprou­vé tout dif­férem­ment la dilata­tion des heures et des jours. Ce décalage, chronologique et qual­i­tatif, est d’autant plus trou­blant quand on a affaire à un per­son­nage de la stature d’Henry Bauchau. Con­tin­uer la lec­ture →

Au bout de la route il y a l’océan

Un coup de coeur du Carnet
Mélanie GODIN

babaLuc Baba a com­posé un long poème se présen­tant sous forme de con­te poé­tique. C’est l’histoire d’une femme, une grande sœur, qui tra­verse les étapes de la vie, écorchée par de pro­fondes blessures. Tout com­mence par la petite enfance, meur­trie, vio­lente, soli­taire. Seul le silence est un atout, un refuge, une bulle de pro­tec­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

L’iris noir

Un coup de coeur du Carnet

Michel DUFRANNE (dir.), Brux­elles Noir, Asphalte, 2015, 21 €/ePub : 9.99 €

dufranneBrux­elles Noir est un recueil de nou­velles qui enri­chit la série des édi­tions Asphalte. Celle-ci  explore sous l’angle du polar dif­férentes villes comme Paris, Los Ange­les, Mex­i­co, Mar­seille, Barcelone, Haïti, Brook­lyn… Con­tin­uer la lec­ture →

Au bonheur des dames


Eva KAVIAN, Le tré­sor d’Hugo Doigny,  Brux­elles, Luc Pire, 2015, 135 p., 10 €/ePub : 6.49€

kavianC’est au cœur de Namur que l’auteure mal­on­noise Eva Kavian trans­porte le lecteur. On y suit Hugo, his­to­rien n’ayant jamais obtenu le moin­dre diplôme, pas­sion­né de sa ville et de lec­ture et guide saison­nier depuis cinq ans à la majestueuse Citadelle. Mais Le Tré­sor d’Hugo Doigny, c’est aus­si l’histoire de femmes, de beau­coup de femmes ! Il y a d’abord Char­lotte, ensuite Vin­ciane, Laeti­tia, Ginette, Brigitte et enfin Axelle. Leur point com­mun : toutes sont tristes, seules ou aban­don­nées par leur mari. Con­tin­uer la lec­ture →

De l’équité de la langue française

Jean-Marie KLINKENBERG, La Langue dans la cité. Vivre et penser l’équité cul­turelle, Brux­elles, Impres­sions Nou­velles, 320 p., 21 €/ePub : 13.99 €

klinkenberg_saenenIls sont légion, les « – isme » mal­menés par Jean-Marie Klinken­berg dans un essai qui a tout d’une somme et vient couron­ner un bril­lant par­cours de passeur de savoir et d’agitateur d’idées. « Purisme », « cen­tral­isme », « essen­tial­isme », « con­ser­vatisme », « com­mu­nau­tarisme »… Les voici pointés et dénon­cés, les mots / maux qui sclérosent notre rap­port à la langue, et plus par­ti­c­ulière­ment au français. Car si Klinken­berg plaide pour la mise en œuvre glob­ale de poli­tiques lin­guis­tiques effi­caces, assumées par les États, l’ère cul­turelle qu’il prob­lé­ma­tise est bien celle de la fran­coph­o­nie, avec son tro­pisme hexag­o­nal (sinon parisien), ses périphéries, ses domin­ions d’Empire et ses reli­quats d’Ancien Régime. Con­tin­uer la lec­ture →

La mémoire-refuge face au monde en déroute

Michel JOIRET, Le Car­ré d’Or, M.E.O., 2015, 160 p., 16 €

joiret_ghysenPour col­or­er, réchauf­fer « le silence de la vie », une vie qui lui glisse entre les doigts, vide de joie, d’émotions, de sens, depuis la mort d’Hélène, son épouse chérie, l’avocat Maxime Dubreuil s’enveloppe du sou­venir des jours enfuis. Con­tin­uer la lec­ture →

“Au royaume des fous, les clowns sont rois”

Nadine MONFILS, Maboul Kitchen, Paris, Bel­fond, 2015, 288 p., 19€/ePub : 12.99 €

monfils_hammamiInternée « Aux Joyeux Grelots » après son fias­co sen­ti­men­tal avec Jean-Claude Van Damme, Mémé Corne­muse jette son dévolu sur l’aristo vous­soy­ant Gilber­to Van Pin­der­lock. Ou plutôt sur le domaine famil­ial de cet homme en pom­pes cro­co car cette mangeuse d’hommes à ten­dance cougar, qui n’aime « que la chair fraîche et les mus­clés de la mem­brane. Pas les mous du bulbe », tire des plans sur la comète pour dor­er son avenir : ouvrir un palace sur la Riv­iera et le diriger… en mante religieuse ! À l’aide d’arguments con­va­in­cants (gâter­ies pour l’amant cré­d­ule boosté au via­gra et pis­to­let braqué sur la tempe pour le directeur du nid de coucous), elle quitte l’asile avec son futur ex-mari, direc­tion… Saint-Amand-sur-Fion ! Là, notre Per­rette déchante à la vue d’un édi­fice de style goth­ique inter­na­tion­al, certes, mais surtout com­plète­ment délabré et per­du dans une cam­brousse où il y a « trois vach­es et un mou­ton qui s’emmerdent dans un pré ». Le cadre est bien moins fun que Saint-Tropez, sa prom­e­nade des Anglais et ses Gen­darmettes. Con­tin­uer la lec­ture →