Archives par étiquette : poésie

“Ce qui fait décoller les poètes…”

Un coup de cœur du Car­net

Béa­trice LIBERT, illus­tra­tions de KOTIMI, Voy­ages à per­dre haleine, Motus, coll. « Pommes Pirates Papil­lons », 2023, 64 p., 13 €, ISBN : 9782360111275

libert voyages a perdre haleineDans Voy­ages à per­dre haleine, Béa­trice Lib­ert emmène en voy­age le vivant soit-il un humain, un ani­mal, un insecte volant ou ram­pant, un fruit et aus­si, avec brio, ceux qu’a pri­ori, le voy­age ne con­cerne pas : le chêne, le réver­bère, la fenêtre…

Les mots jouent, vire­voltent et s’enchaînent dans ce recueil abouti et effi­cace, tein­té d’absurde et d’humour. La poésie s’y con­jugue sans peine, et “Sans per­dre la bous­sole” : Con­tin­uer la lec­ture

À vos destins

Car­o­line LAMARCHE, Éme­lyne DUVAL, Le livre du des­tin, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2023, 64 p., 15 €, ISBN: 978–2‑87429–129‑6

lamarche duval le livre du destinNou­velle curiosité de la col­lec­tion « La petite pierre » aux édi­tions brux­el­lois­es La pierre d’alun, Le livre du des­tin ou la div­ina­tion par les cartes du Mar­quis de La Pierre d’Alun se veut aus­si bien ludique et léger qu’ésotérique. L’ouvrage, en effet, ne cam­ou­fle pas ses inten­tions. Il a pour voca­tion de prédire l’avenir en s’appropriant le plus libre­ment pos­si­ble les règles de la div­ina­tion.

En ouver­ture, la pré­face du Livre du des­tin décrit les pro­tag­o­nistes d’un curieux jeu de rôle. Un jour, un Mar­quis n’en étant pas vrai­ment un, ancien coif­feur puis déten­teur d’une galerie d’art, « [à] l’heure du par­fait ray­on­nement de son dou­ble des­tin, [éprou­ve] le besoin d’en prédire la tra­jec­toire future ». Le voilà donc qui com­mande à une col­lag­iste un jeu de cartes div­ina­toires. Parce qu’il est néces­saire d’user sans détours du lan­gage pour traduire les visions de l’avenir, une poète est à son tour enrôlée. Con­tin­uer la lec­ture

C’est un arbre, une forêt

Sara GRÉSELLE, Sil­va, Esper­luète, coll. « Cahiers », 2023, 20 p., 11,90 €, ISBN : 9782359841688

greselle silvaEn latin, Sil­va désigne le bois, le bosquet et, au fig­uré, une grande quan­tité, une matière abon­dante. Dans la langue de Sara Gréselle, le con­cret et l’imagé fusion­nent, et Sil­va évoque ain­si à la fois la femme-arbre et la femme-forêt. En ter­mes édi­to­ri­aux, Sil­va se con­cen­tre en une pla­que­tte, mince et allongée : 20 pages, seule­ment, à la sève épaisse et col­lante qui cir­cule irré­sistible­ment, irrigue pro­fondé­ment. Sil­va, plurielle­ment sin­gulière et sin­gulière­ment plurielle.

Dans ce texte puis­sant, Gréselle s’arrête sur une expéri­ence intime, qu’une femme sur qua­tre con­naî­trait, ce qui d’ailleurs « […] ne chang[e] rien à la soli­tude de l’expérience ». Un jour de Vénus pas très loin­tain donc, « une de [s]es branche a été arrachées. Non, ce n’est pas ça : une de [s]es branche est tombée. Ça n’a pas fait le bruit qu[’elle] avai[t] imag­iné ». Les mots posés soulig­nent la déli­catesse du moment et trahissent un mou­ve­ment qui ne souf­fre aucun retour en arrière : une fois que la branche, qui partage le flux vivant, les ter­mi­naisons nerveuses et la pul­sa­tion intérieure, se détache, elle retourne à la terre, qui accueille en silence. Il faut ensuite cautéris­er l’écorce blessée, accepter le temps de la cica­tri­sa­tion et « faire con­fi­ance aux racines, au réveil du print­emps, le temps que revi­enne, un jour, le chant des oiseaux ». Car le cycle, immuable, suiv­ra son cours. Con­tin­uer la lec­ture

Quand l’amitié se propose…

Philippe LEUCKX et Christophe PINEAU-THIERRY, Ces mots ajustés au cœur, Cygne, 2023, 52 p., 10 €, ISBN : 9782849247297

leuckx pineau thierry ces mots ajustes au coeurLa col­lec­tion « Le chant du Cygne » dirigée par le jeune poète Ismaël Bil­ly avait accueil­li déjà dans son cat­a­logue des œuvres séparées de Philippe Leuckx et de Christophe Pineau-Thier­ry. Elle réu­nit ici  les deux poètes  dans un seul vol­ume où leurs textes s’inscrivent dans un échange éclairé du sceau de l’amitié. Chaque page explore l’énigme de ce lien que nouent les lignes dont, d’entrée, elles annon­cent que ce sera un bon­heur de dire.

Il y a la décou­verte pro­gres­sive de l’autre, les mains, les regards explorent les apparences, ce qui paraît. Ce sont les mots qui diront Con­tin­uer la lec­ture

Icare et encore

Guy GOFFETTE, L’oiseau de craie, choix anthologique et post­face Rossano Rosi, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2023, 291 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–573‑5

et cha­cun se tourne comme une fleur
avide vers la
flache de ciel chu
sur l’asphalte, ô vieux miroir de ben­zine

Guy Goffette L'oiseau de craieGuy Gof­fette, aujourd’hui et pour tou­jours, fait son entrée dans la pres­tigieuse col­lec­tion Espace Nord. Il se voit offrir l’une des antholo­gies du cat­a­logue, que l’on serait ten­té d’appeler trop rares, car cul­ti­vant depuis quelques années la fâcheuse habi­tude d’être très réussies. De Poésie/Gallimard à Espace Nord, la poésie au for­mat de poche con­sacre désor­mais tout à fait, en France et en Bel­gique, la dual­ité du Gau­mais de Paris et du Parisien de Gaume. Un Guy Gof­fette que l’on sait attaché à ce petit grand écart ; ter­ri­to­ri­al­ité du Nord par ailleurs partagée, prob­a­ble­ment de bonne grâce, avec les admirés Rimbe et Ver­laine. Con­tin­uer la lec­ture

Creuser la peau du poème

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Sous dial­y­ses précédé de Chan­vre et lierre, post­face Véronique Bergen, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 200 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–581‑0

lambert sous dialyses precede de chanvre et lierreSous une cou­ver­ture flam­boy­ante qui tient tant de la soupe pri­mor­diale que de la super­no­va, Espace Nord réédite les deux pre­miers recueils de la poétesse Char­line Lam­bert. Sous dial­y­ses et Chan­vre et lierre, tous deux parus en 2016 (l’un aux édi­tions L’Âge d’homme, l’autre au Tail­lis Pré), se font écho dans cette belle édi­tion assor­tie d’une post­face vir­tu­ose signée Véronique Bergen.

Un désir grouille, venu de plus loin encore que l’œsophage, un désir plus rond que l’ombilic, plus brûlant que l’urètre. Un désir sonore en canal, qui élar­git les digues des artères et érode l’épiderme. Devien­dra un chant plus tard, s’il n’est pas du chan­vre.

Entr­er en poésie comme Char­line Lam­bert, avec elle, c’est gliss­er dans une eau claire : le liq­uide ourle la peau comme les mots, détache net­te­ment des con­tours qui, à l’air libre, sem­blaient flous et s’affirment alors avec inten­sité, déter­mi­na­tion, pour se couler dans un monde auquel ils ont tou­jours appartenu. Entr­er en poésie comme on comble un vide avec un plein – le plein des mon­des pal­pi­tants qui four­mil­lent sous les vertèbres. Con­tin­uer la lec­ture

Dissolutions

Lau­rence VIELLE, Bil­lets d’où, Cas­tor Astral, 2023, 199 p., 9 €, ISBN : 9791027803477

vielle billets d'oùDans Bil­lets d’où, Lau­rence Vielle s’adonne, selon ce qui lui est cou­tu­mi­er, à une poésie entre­tenant des liens étroits avec la pra­tique de l’oralité. Elle y développe une pen­sée issue de la vie quo­ti­di­enne, de choses vues, vécues ou ressen­ties, qui se décline ensuite en élans fic­tion­nels qui ten­dent à la recherche de soi-même et de l’autre.

La col­lec­tion « Poche/Poésie » de la mai­son d’édition bor­de­laise Le Cas­tor Astral accueille à la per­fec­tion le cli­mat fon­da­men­tale­ment intime de ces bil­lets au titre calem­bour. Puisque le mes­sage d’un bil­let s’adresse à un des­ti­nataire (implicite­ment ou explicite­ment), un « tu », par­fois un « vous », se fait sou­vent le récep­ta­cle des con­fi­dences de la poétesse. Aus­si bien le lecteur anonyme, qu’un fam­i­li­er de la poétesse ou la poétesse elle-même, il est une omniprésence qui invite à se plonger sans pudeur dans une vie que l’on ques­tionne autant qu’elle inter­roge : Con­tin­uer la lec­ture

Un cœur fou sous un chapeau noir

Un coup de cœur du Car­net

Eugène SAVITZKAYA, L’amour de loin, dessins de l’auteur et de Muriel Logist, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2023, 64 p., 15 €,  ISBN : 978–2‑87429–127‑2

savitzkaya logist l'amour de loinLes années pas­sant, l’enchantement soudain et imprévis­i­ble que provo­quent les livres sin­guliers d’Eugène Sav­itzkaya réside encore et tou­jours dans le jeu formel de l’écriture, qu’il pra­tique avec la vivante sou­p­lesse de l’acrobate. Évi­tant de rester engoncé dans la car­i­ca­ture que peut con­stituer par­fois le man­teau de poète, plutôt prêt à se met­tre en retrait, à l’écart, ce « fraudeur » (pour repren­dre le titre d’un de ses romans) du monde lit­téraire s’avance tan­tôt déli­cat et tout en saveur, tan­tôt lassé des injus­tices per­pétrées au nom des règles et des normes, ce qui peut alors sus­citer de la part de ce « fou trop poli » (autre titre encore) les plus vio­lentes ripostes. Con­tin­uer la lec­ture

Une pluie d’alexandrins dans les poches

William CLIFF, Des des­tins, Table ronde, 2023, 352 p., 22 €, ISBN : 9791037112019

cliff des destinsDans les recueils de William Cliff, les vers font naître des étin­celles à l’instar de deux corps qui s’étreignent. Des étin­celles de vie, de beauté arrachée à la gueule du néant. D’une com­po­si­tion cir­ca­di­enne ryth­mée par vingt-par­ties qui sont autant de livres d’heures, Des des­tins des­sine une géo­gra­phie de l’aventure organique des élé­ments et des êtres (por­traits des proches, des amants, des garçons aimés, ren­con­tres, instan­ta­nés de vie, cig­a­rettes, lunettes, forêt, évo­ca­tions de Joseph Orban, de Paul Claudel, du print­emps…).

Tail­lés dans la forme du son­net, élisant l’alexandrin, les poèmes  accom­plis­sent un mou­ve­ment rétro­spec­tif, font de la réminis­cence, du retour vers le passé l’énergie catalysant l’écriture. Ils inter­ro­gent moins l’implacable joug du temps qui passe qu’ils ne ten­tent d’en arracher des frag­ments d’éternité. Avec Charles Baude­laire, un frère en élec­tion, William Cliff partage l’expérience d’une oscil­la­tion douloureuse entre le spleen et l’hymne à la beauté, à l’idéal. C’est sous l’horizon du « sou­viens-toi que le Temps est un joueur avide / Qui gagne, sans trich­er, à tout coup ! C’est la loi » (Baude­laire, « L’horloge ») que se tien­nent ces poèmes qui, sou­vent, s’adressent à des êtres qui ne sont plus, qui se tour­nent comme des tour­nesols noirs vers la ville de Gem­bloux, les émois de l’adolescence, les odeurs des corps, du sperme, du tabac de bonne-Maman, usant du vers comme d’un regard cristallisé qui sauve de l’oubli des trans­ports désir­ants, des regrets, des frag­ments du jadis. Con­tin­uer la lec­ture

Les spectres d’Albert

François DEGRANDE, Trois fan­tômes biodégrad­ables, Bleu d’encre, 2022, 168 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930725–52‑9

degrande trois fantomes biodegradablesOrné de dessins de Philippe Jois­son, de M. la Mine et de l’auteur, cette fable en vers de François Degrande s’ouvre sous une épigraphe on ne peut plus révéla­trice : Inspiré de faits réels basés sur une fic­tion…

Le recueil racon­te les mul­ti­ples ten­ta­tives man­quées de spiritisme aux­quelles se livre le nar­ra­teur. La pre­mière s’ouvre sur une inven­tion capa­ble de boule­vers­er l’équilibre économique des sociétés d’auteur dans le monde (nous n’en dévoilerons pas davan­tage ici pour ne rien divul­gâch­er). Con­tin­uer la lec­ture

Excavation du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Ful­gor, Cormi­er, 2022, 72 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87598–033‑5

szpilmann fulgor« Souf­fle », « désas­tre » et « embrase­ments » – nous sommes d’emblée, dès les pre­miers mots, en terre szpil­mani­enne. D’un livre à l’autre du poète, le même noy­au, les mêmes champs lex­i­caux, le même labour du verbe, le même refus de l’enclos… et des fir­ma­ments, jusque-là demeurés incon­nus, éclosent. Chaque livre de Szpil­mann est un réseau vas­cu­laire de mots et un cristal d’images tou­jours appréhendés sous un nou­veau prisme. Pub­lié au Cormi­er, Ful­gor, dont le titre con­dense tant la ful­gu­rance de l’éclair que l’or du feu, est une suite, déser­tique autant que mag­ma­tique, de courts frag­ments dens­es, den­si­fiés par l’ « Obscur ».

À nos genès­es en l’instant glo­ri­fié, en l’instant glo­ri­fi­ant, ont présidé d’innombrables eaux et d’innommables astres. En remon­ter le cours, en déclin­er la source, voilà la tâche généra­trice qui nous requiert, et nous exauce.  Con­tin­uer la lec­ture

Tableaux-sonnets

Denis DE RUDDER, Brève his­toire de l’art en son­nets, Let­tre volée, 2022, 192 p., 20 €, ISBN : 9782873176068

de rudder breve histoire de l'art en sonnetsArtiste pein­tre, Denis De Rud­der délivre dans sa pre­mière pub­li­ca­tion des tableaux textuels qui, emprun­tant la forme du son­net, retra­cent les jalons de l’histoire de l’art occi­den­tal de la Grèce antique à nos jours. Ponc­tué de repro­duc­tions d’œuvres, le voy­age se tient à la croisée de divers­es matières abor­dées sous un fais­ceau de manières. Déroulant un fil chronologique qui pro­duit un effet de dia­pos­i­tives, Brève his­toire de l’art en son­nets choisit de con­vo­quer des noms d’artistes davan­tage que des courants, des mou­ve­ments, des ten­dances. S’ouvrant sur le fameux duel entre les pein­tres grecs Zeux­is et Par­rha­sios, le recueil abor­de les muta­tions du regard, la ques­tion de l’imitation du réel, de la mimè­sis, les bougés dans l’expérience per­cep­tive, les con­textes socio-his­toriques, économiques, géo­graphiques de la pro­duc­tion d’images. Sous-ten­du par l’érudition, porté par un par­ti-pris résol­u­ment sub­jec­tif, l’ouvrage dresse en creux les moments, les tour­nants, les aven­tures, les motifs, la gram­maire des formes qui scan­dent l’histoire des arts plas­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

De profundis clamat Menu

Marc MENU, Pol­lu­tions noc­turnes, Tail­lis Pré, 2023, 80 p., 13 €, ISBN : 9782874502002

menu pollutions nocturnesMarc Menu crie depuis les pro­fondeurs. De ce cri écrit sourd un imag­i­naire théâ­tral, sym­bol­iste, baude­lairien, déca­dent, fan­tas­tique. En forme de poèmes en prose, les soix­ante-cinq textes de Pol­lu­tions noc­turnes, tels qu’en eux-mêmes, ont tout pour mérit­er leur titre.

Après Mur­mures du chardon (2016) et Ce soir c’est relâche (2020), Pol­lu­tions noc­turnes est le troisième livre de Marc Menu pub­lié au Tail­lis Pré. Hors le champ poé­tique, Marc Menu est notam­ment con­nu pour de très brèves fic­tions (Quad­ra­ture, Cac­tus inébran­lable) au lud­isme cynique et à l’efficacité red­outable. Le nou­vel­liste de poche et le poète dés­abusé sem­blent ici se rap­procher à la faveur d’un ouvrage qui prend lui aus­si la forme de fic­tions d’une page, sortes de poèmes de l’effondrement, cauchemardesques et han­tés. Con­tin­uer la lec­ture

François Jacqmin en ses premiers états

François JACQMIN, Œuvres com­plètes 1. L’amour la terre, 1946–1956, édi­tion cri­tique et géné­tique établie par Gérald Pur­nelle, AML Edi­tions, coll. « Archives du Futur », 2022, 344 p., 28 €, ISBN : 978–2‑87168–091‑8

jacqmin oeuvres completes 1Il y a un peu plus de trois décen­nies, le 13 févri­er 1992, s’éteignait François Jacqmin, essen­tielle­ment recon­nu de son vivant pour quelques dis­crets mais éblouis­sants recueils poé­tiques, tels Les saisons (Phan­tomas, 1979) et Le livre de la neige (La Dif­férence, 1990, tous deux réédités en Espace Nord en 2016). Si la recon­nais­sance cri­tique et publique fut tar­dive, on le doit en par­tie à l’écrivain lui-même. L’œuvre poé­tique de Jacqmin, l’un des « Sept types en or » réu­nis en 1953 par l’amitié au sein de la revue Phan­tomas de Théodore Koenig et Joseph Noiret, était en apparence rel­a­tive­ment peu abon­dante. Lui-même, volon­taire­ment, ne livrait qu’avec parci­monie ses textes, alors même qu’il était de notoriété publique à cette époque que l’écriture, celle de poèmes en prose, de réflex­ions sur le lan­gage et le silence, la méta­physique de l’être, les rela­tions entre l’humain et la nature… emplis­sait une grande par­tie de ses jours et de ses nuits. Con­tin­uer la lec­ture

Une bonhomie intense

Jean-Louis MASSOT, Opus­cules poé­tiques 1995–1998, Gros Textes, 123 p.,  9 €, ISBN: 978–2‑35082–524‑3

massot opuscules poetiquesPour le dire sim­ple­ment, en poésie coex­is­tent le flux  et le goutte-à-goutte. En une bonne trentaine d’années, c’est lente­ment, de façon pré­cise et ent­hou­si­aste que Jean-Louis Mas­sot a semé des recueils de tous for­mats où la poésie s’enchante du quo­ti­di­en, de la nature et de cette magie qui est de porter un regard sur le monde sans le restrein­dre, le plain­dre ou le pleur­er. Sa poésie trace des sen­tiers où il va sou­vent ébloui par les péripéties d’un réc­it com­posé des épisodes sim­ples et sou­vent ver­tig­ineux de la vie. Con­tin­uer la lec­ture

La fine pointe du ressenti

Olivi­er NORIA, Ren­dre grâce, Tail­lis pré, 2022, 90 p., 14 €, ISBN : 9782874501999

Tôt ou tard, tout reflet se blesse
À ce qui n’est pas clarté

noria rendre graceLe Tail­lis Pré ouvre la voie à un nou­veau poète, en nous don­nant à décou­vrir le pre­mier livre d’Olivi­er Noria. L’auteur y appa­raît pluridis­ci­plinaire : musi­cien et poète d’après sa notice biographique, plas­ti­cien d’après le fron­tispice orangé, océanique et dis­cret, qui prélude au texte.

Né à Brux­elles en 1980, Olivi­er Noria est musi­cien et poète. Indis­so­cia­ble de son inspi­ra­tion, sa vie se con­jugue au fil des ren­con­tres, au pas à pas, de lieux en lien. Il partage son art sous la forme de con­certs et d’accompagnements dédiés. Ren­dre Grâce est son pre­mier recueil pub­lié. Con­tin­uer la lec­ture